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TERRAIN ERRATIQUE DD NORD. H

quenterre, large en quelques points de 4 à 5 kilomètres, n*est qu*à ii" au-dessus du niveau des mers moyennes, et telle est aussi raltilude des anciennes plages du Pas-de-Calais. Il suffirait, pour que ces dépôts fussent remaniés par les vagues de nos jours, que le niveau des hautes mers se relevât de S». Or, en réfléchissant à la hauteur exceptionnelle que la marée atteint dans Tanse de Saint- Malo, il paraîtra vraisemblable qu*une surévélation du même ordre se soit produite quand le détroit du Pas-de-Calais n'existait pas. A ce moment, la Manche d'un côté, la mer du Nord de l'autre, formaient cul-de-sac, et les vagues, venant battre le rivage de Tisthme qui reliait l'Angleterre au continent, pouvaient facilement y déposer des galets à la hauteur où on les observe aujourd'hui (1). L'existence de ces plages, qui paraissent immédiatement antérieures au loess à Elephas primigeniits, indiquerait que la rupture de l'isthme anglo-français est de date relativement récente. C'est au reste ce que confirme la similitude des mammifères quaternaires anglais avec ceux du continent.

DÉFéTS QUATERHAIRBS DU HORD DE L'EUROPE

Terrain emtlqae dm Nord. — La surface de la grande plaine du nord do l'Europe, depuis la Hollande jusqu'en Russie, est entièrement couverte d'un revêtement de sables, de graviers et de vases, où sont disséminés des blocs et des cailloux de provenance scandinavienne ou finlandaise. La limite méridionale de ce diluvium ou terrain erratique du Nord {diluvium Scandinave d'Élie de Beaumonl) esta peu près un grand cercle dont le centre serait aux environs de Stockholm et dont le rayon aurait plus de mille kilomètres.

Des blocs de roches de Finlande ont été transportés, sans perdre la vivacité de leurs arêtes, jusqu'à Moscou, à 600 kilomètres du lieu d'origine ; d'autres sont arrivés jusqu'en Pologne. D'autres, rencontrés à Memel, proviennent du lac Onega, à iOOO kilomètres de distance. En général, les blocs erratiques de Russie proviennent exclusivement de la Finlande ; ceux de Pologne offrent un mélange de cailloux finlandais et Scandinaves ; ceux de l'Allemagne du Nord viennent de la Scandinavie et des bords de la Baltique. Vers l'est, le terrain erratique s'élève à 400"" d'altitude, tandis qu'à l'ouest il s'abaisse progressivement jusqu'au niveau de la mer.

Certains blocs erratiques ont des dimensions considérables; tels sont la « grande pierre » de grès de Belgard en Poméranie, qui mesure 840 mètres cubes, et le piédestal de granité de la statue de Pierre le Grand, à Saint-Pélers- . bourg, qui pèse 1500 tonnes. 11 est évident que de tels blocs n'ont pu être transportés que par des ice-bergs détachés des glaciers Scandinaves ou finlandais et

(1) Carte géologique de France, notice de la feuUle de Nontreuil (M. A. Potier).

flottant sur une mer qui occupait remplacement actuel de la Baltique, mais en empiétant considérablement sur l'Europe septentrionale.

Ainsi des galets de provenance Scandinave ont été observés dans la Lusace jusqu'à 407"» au-dessus de la mer (1). Déjà on en qvait trouvé dans la Suisse saxonne à STO"* d'altitude. Ces chiffres donnent la mesure de la submersion de l'Europe à l'époque quaternaire.

On constate d'ailleurs que la dimension des pierres diminue avec la latitude; les blocs de granité et de diorite, qui ont souvent plusieurs métrés de diamètre à Saint-Pétersbourg, atteignent rarement l"» près de Moscou.

Béates organtiimes. — La rareté des restes organiques est remarquable dans le diluvium du nord. Elle s'explique d'ailleurs par le faible degré de salure d'une mer intérieure, constamment parcourue par les glaces flottantes. On ne trouve guère que quelques exemplaires de Cardium edule et Buccinum reiiculatum. Le bassin de la Vislule est plus riche et contient les espèces suivantes : Oslrea edulis, Cardium edule, Tellina solidula, Corbula gibba, Cyprina islandicaj Buccinum reticulatum, etc., c'est-à-dire un mélange de formes actuelles de la Baltique et de la mer du Nord avec d'autres plus nettement arctiques (2).

Quelques coquilles d'eau douce sont assez répandues dans certaines marnes subordonnées au diluvium. La plus abondante est Paludina diluviana ; on peut citer encore Neritina fluviatilisy Pisidium amnicum, Cyclas cornea et même Cyrena fluminalis, cette dernière trouvée à Halle et à Bromberg.

Composition et Age da terrain erratique. — Gomme exemple de la composition du diluvium du nord, nous citerons la coupe des environs de Rùdersdorf, près de Berlin (3) ;

6. Marnes supérieures à blocs erratiques, riches en blocs du nord, avec coquilles d'eau douce*

mais sans paludines; décalcifiées au sommet et donnant un limon. 5. Sables et graviers diluviens supérieurs, avec nombreux galets et coquilles d'eau douce comme

4. Marne inférieure à blocs erratiques, avec Paludina diluviana (10 à 20"). 3. Sable diluvien moyen, pauvre en blocs, avec Paludina diluviana (45-). 2. Argile de Glindow, grise, plastique, pauvre en galets, avec paludines (7 à 50"). 1. Sable diluvien inférieur, gris, micacé, feldspathique (10 à 18-).

Ajoutons que, pour MM. Berendt et Lossen, les assises 2 et 5 ne sont que deux faciès, l'un sableux, l'autre argileux, d'une même formation.

Partout, dans l'Allemagne du Nord, le terrain erratique offre ce caractère, que les gros blocs en occupent surtout la partie supérieure. 11 est donc évident que la principale extension des ice-bergs et, par conséquent, des glaciers Scandinaves, s'est produite à la fin de la période. D'autre part, c*est au sommet du diluvium du nord qu'abondent les ossements de renne (4), et nous avons dit que ces derniers faisaient défaut dans les kjœkkenmoeddings du Danemark, qui reprê-

(1) Crediier, yeuei Jahrb,, 1876, p. 90.

(2) Berendt in Credner, Traité de géologie, p. 628.

(3) Eck, AbhattdL zurgeol. Specialkarle von Preussen, 1872.

(4) Struckmann, Zeii*. d, d, geol. GculUchafl, XXXH, p. 728.

PRÉCIPITATIONS ATMOSPHÉRIQUES QUATERNAIRES. HOo

sentent les traces de Thabitation de Thomme dans les contrées Scandinaves aussitôt après la retraite des glaces et Témersion du sol. 11 parait donc naturel d'admettre que la partie supérieure du terrain erratique du nord s*est déposée en même temps que le dernier boulder-clay anglais, c'est-à-dire après l'extinction des grands pachydermes. 11 est vrai qu'on a quelquefois prétendu que le loess allemand recouvrait le terrain erratique (1). Mais cette superposition, là où elle peut être observée, n'a lieu sans doute que sur le diluvium ancien, à moins qu'elle ne doive s'expliquer par le glissement ultérieur d'une masse aussi facile à déplacer que la boue du loess. D'ailleurs les géologues belges ont établi d'une manière péremptoire (2) que le sable de la Campine, équivalent du diluvium sableux de la Néerlande et de l'Allemagne du Nord, reposait sur le limon hesbayen à Elephas primigenius et ne pouvait, par conséquent, appartenir qu'à l'âge du renne.

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