‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 437 sur 483 · PYRÉNÉES. ESTEREL · texte numérisé non relu

PYRÉNÉES. ESTEREL

Des cailloux de granité existent dans les conglomérats siluriens de la vallée de la Ségre ainsi que dans les poudingues triasiques ou permiens du val de fiaigorry (1).

Au nombre des épanchements pyrénéens qui paraissent devoir être rattachés à la période granulitique, nous rangerons la pegmatite à grands cristaux de feldspath et à mica souvent palmé de Bagnéres de Luchon et d*Ax. Cette roche, qui est tourmalinifére» pénètre en filons nets, non seulement dans les schistes d*apparence gneissique du cambrien ou du silurien inférieur de Luchon (route du Portillon), mais aussi dans les schistes noirs de la montée de Superbagnères, que plusieurs auteurs attribuent au silurien supérieur.

Dans le massif de la Maladetta, la tourmaline se montre en masses assez considérables, pénétrées de cristaux hexagonaux d*apatite.

#phltes mmUcmmeu. — Peut-être conviendrait- il de réserver ici une place aux épanchements de la période triasique. En effet, plus d*un auteur incline à considérer une partie au moins des ophiles pyrénéennes comme formant des coulées subordonnées aux marnes bariolées keupériennes, et représentant, dans la région, l'équivalent des mélaphyres du nord. Même, pour quelques-uns (2), il y aurait des ophites antérieures au dévonien, d'autres carbonifères, d'autres enfin triasiques. En présence des grandes divergences d'opinion qui régnent encore à •cet égard entre les géologues, nous croyons qu'il serait prématuré d'accepter dès aujourd'hui, comme définitive, l'existence d'éruptions triasiques dans les Pyrénées. Mais en traitant de la série moderne, nous aurons soin d'indiquer les arguments très sérieux sur lesquels cette opinion peut être appuyée. Quant à l'hypothèse •d'après laquelle les ophites résulteraient du métamorphisme d'un calcaire du trias ou du lias, nous ne la mentionnons que pour ajouter qu'elle nous semble insoutenable, en raison des caractères microscopiques si franchement éruptifs de la roche et du succès avec lequel MM. Fouqué et Michel-Lévy l'ont reproduite par fusion ignée.

Porphyres et mélaplijres de l'Esterel. — Les éruptions porphyriques et mâaphyriques de l'Esterel appartiennent en entier à l'époque permienne (3). li esi des points où le porphyre quartzifère, à pâte brune et à texture fiuidale, est interstratifié, en bancs horizontaux, au milieu des schistes foncés et des grès micacés à Wakhia. D'autres nappes porphyriques se montrent contemporaines du poudingue permien à galets de gneiss. Il y a d'ailleurs de nombreux passages du porphyre à desargUolithes panachées de vert, de rouge et de violet et de ces dernières à une roche schisteuse, rubanée, verte ou violette, dont les feuillets contiennent des nodules de quartz radié, qu'entoure une auréole feldspathique.

Les mélaphyres vacuolaires de la plaine de Fréjus sont en blocs au milieu d'un ^s qui repose sur des schistes rouges, que traverse la pyroméride. A la base des

(1) Zirkel, ZeiU. d. deulsch. geol, GeselUchaft, XIX, p. 100.

(2) Oieulafait, CompUê rendus, XCIV, p. 657.

(3) Potier, Bull. Soc. géoi. de France, 3* série, V, pp. 745, 734.

1140 ROCBES ÉRUPnVES.

schistes rouges s'observe un grés à cristaux de quartz et de feldspath, d'origine porphyrique. Les pechsteins du Colle de Grane datent de la même époque.

firanlte, prot^^tae et pe^aiatlte des Alpes. — Le granité forme des filons considérables au milieu des gneiss et des micaschistes du Dauphiné. Dans la même contrée, on rencontre aussi des traces du granité fondamental^ intimement lié au terrain primitif. Mais cette roche est surtout développée dans le massif do Simplon, dont elle constitue la base» supportant les gneiss et micaschistes par rintermédiaire du gneiss granitoîde.

Dans une notable partie des Alpes, la grantdite parait être représentée par la protogine, i

Le massif du Pelvoux offre, selon M. Lory (i), le passage progressif de la pro^ togine à une véritable granulite à deux feldspaths et deux micas (parmi lesquels le mica blanc est le plus rare). La granulite domine du côté des gneiss et la protogine du côté des chloritoschistes. Il semble que la granulite ait été injectée entre les feuillets des schistes chloriteux, où sa transformation en protogine aurait été d'autant plus complète qu'elle serait en nappes plus minces. Mais il reste à savoir si cette injection est contemporaine de la formation des chloritoschistes ou si elle lui est postérieure.

C*est aussi à la granulite que semble devoir être rattaché, malgré la i*areté du mica blanc, le beau granité de Baveno, sur le lac Majeur, à feldspath tantôt blanc, tantôt rose. A ce^te roche est subordonnée une pegmatite tourmalinifére, connue pour le beau développement des cristaux d'orthose, dont beaucoup offrent une macle caractéristique de cette localité.

Porphjreu. ValorslBe, liVfaao. — Les roches porphyriques sont assez rares dans les Alpes proprement dites. 11 existe cependant à Valorsine, en relation avecun affleurement houiller, une microgranulite de couleur grise, avec cristaux de quartz bipyramidé.

En revanche, sur le versant méridional de la chaîne, aux environs de Lugano,. on observe un beau développement de porphyres^ qui s'enchevêtrent, en quelque sorte, les uns dans les autres, tant par l'effet de dislocations relativement récentes^ que par suite des circonstances de leur éruption (2). La roche la plus ancienne est un porpliyre noir magnétique, identique avec les porphyres anthraciféres du Plateau central en France. Ensuite vient un porphyre rouge, analogue aux porphyres houillersdu Morvan et traversant en filons minces le porphyre noir. Enfin les épanchements les plus récents sont ceux des porphyres bruns à texture fluidale de Cugliate, absolument semblables aux porphyres permiens de l'Esterel.

Le poudingue quartzifère de Manno, au nord de Lugano, ne contient sucmb caillou porphyrique, tandis qu'il s'en trouve beaucoup dans les conglomérats triasiques voisins (3). Or le poudingue de Manno est anthracifére et contient

(1) Bull. Soc. géol. de France, 5* série, X, p. 143.

(2) Michel-Lévy, Bull, de la Soc. géol. de France, 3« série, IV, p. 111,

(3) Carie géolog, du Tesein, par Negri, SpreaÛco et Taramelli. Matériaux pour la carie giol^ de la SuUee, 18^0.

Page 1