SÉRIE ÉRUPT»VE MODERNE
§1 Pi.ATEAU CENTRAL DE LA FRANGE
Le Plateau central de la France a été, depuis l'époque aquitanienne jusque vers la fin des temps quaternaires, le théâtre d'une grande activité éruptive. Cette activité a fait naître, sur une base granitique ou gneissique de 600 à 900 mètres d'altitude, des montagnes qui, de nos jours encore, malgré les érosions qu'elles ont subies, atteignent près de 1500 mètres comme le Puy de Dôme, de 1800 mètres comme le Mézenc, de 1900 mètres comme les cimes du Cantal et du Mont Dore. Nous étudierons les manifestations volcaniques de la région dans les quatre districts où elles sont surtout concentrées, le Cantal, le Mont Dore, la chaîne des Puy s, enfin l'ensemble du Velay et du Vivarais (2).
(1) Kjerulff Géologie de* tûdlichen Norwegen, 1880.
(2) Voir Lccoq. les Epoques géologiques en Auvergne; Rames, Géogénie du" Cantal; Poulett Scrope, les Volcans d'Auvergne; Amiot, Fouqué, Notices pour T Exposition de 1878, et divers Iravaux de M. A. Julien.
Cantal. Basaltes ancleBs. DomKe. Brèehes aaMsitIqves. — La roche
éruptive la plus ancienne du Cantal (i) est un basalte à grain fin, riche en pyroxène et en péridot, passant quelquefois à lapéridotite et formant, aux environs d*Aurillac comme dans la haute vallée de TAlagnon, une coulée de 43 ou 45 kilomètres, immédiatement superposée au calcaire à Belix RamoruU. D*ailleurs, au Puy Courny, ce basalte est recouvert par un gravier à Dinotherium et Bipparîon. Aussi l'épithète de basalte miocène lui convient-elle parfaitement. A Garzat, la coulée a 6 mètres d*épaisseur et présente un aspect scoriacé.
La sortie du basalte miocène a été suivie, après une période de repos pendant laquelle le relief de la contrée s*était modifié par érosion, d'épanchements visqueux, de nature domitique, offrant leur relief maximum au Lioran. Dans la vallée de la Gère, à Thiézac, on les voit, sur iOO mètres de puissance, superposés soit au gneiss, soit au calcaire miocène. La domiie est exploitée comme pierre de construction à la Fage et à la Vernière. Ensuite un cratère s'est ouvert un peu au-dessous de la digue qui séparait le lac de Murât de celui d'Aurillac et a rejeté, avec des andésites amphiboliqueSf de nombreux blocs qui ont formé une brèche andésitique {conglomérat trachy tique des auteurs), épaisse de
É^ 200 mètres à Thiézac (fig. 566), de 50 mètres 8 à Murât.
A ces projections ont succédé d'épaisses coulées ^ d'un basalte porphyroïde^ à grands cristaux d*au- Q gite et d'olivine, puissant de 30 mètres et traver- ^ sant la brèche andésitique en filons épais, divisés ^ transversalement en prismes hoiizontaux. Pendant 3 l'épanchement de ce basalte , des forêts se déve- I loppaient sur les flancs de la montagne, offrant
Fig. 566. — Coupe da flanc droit de la les associations végétales quo nous avons décrites [d^prés m! Fou^^Sé^'' "' '^''*^"' «« P»r^«"^ <^es tufs pliocènes d'Auvergne. C'est i, gneiss; 2, argile sableuse ei calcaire alors qu'un cratcre analogue aux Caldeiras s'ouvrit
à poiaraides; 3, doinite; 4, brèche . rPiPta iimmi'A 90 Pf m^mP ^(\ IcilomAtrPS dp
andésitique inférieure; 5, basalte ^^ rejeia, jusqu a ^u Cl même ùv Kiiomcires ae porphyroide; 6, cinériie; 7, brèche distance, Une pluie de ceudres oui , en enseve-
andésitique supérieure; K, andésite ' ^
amphiboiique; 9, basalte des pia- lissant la végétation du voisinage, donna naissance
aux cinérites du Gantai. Ge sont des cendres andésitiques, avec quelques fragments de l'ancien sol de basalte et de domite, accumulées sur des épaisseurs de 15 à 50 et même 80 mètres et où, comme à Fontanges , on observe quelquefois des troncs d'arbres encore debout. Ces cendres, agglutinées par l'eau, ont formé en quelques points des roches grises compactes, très analogues aux gores blancs du terrain houiller.
A l'éruption de cendres a succédé, après un intervalle de repos, une nouvelle émission de blocs, qui s'est traduite par un second dépôt de brèche andésitique, épais de 250 à 400 ou 500 mètres. Cette brèche, plus dure et de couleur plus
(1) La plupart des données relatives au Cantal sont empruntées au cours de M. Fouqué.