CANTAL. MONT DORE
sombre que celle de la base, ne contient jamais de fi*agments de granité ni de gneiss ; on n'y observe pas de calcaire ni de silex. Des lahradoritea ou andésites amphiboliques (anciens trachytes des auteurs), plus ou moins enchevêtrées, au Plomb du Cantal, avec les brèches, ont recouvert ces dernières, dans la vallée de la Gère, d'une nappe de 100 mètres de puissance et, peu après, des phonoUthes, accompagnées de rétiniteSf A'ohsidienne et d'émissions d*aragonitej sont venues constituer quelques cimes culminantes, comme celle du Puy Grioux. Une traînée rectiligne de phonolilhe, souvent interrompue, se poursuit, depuis la cime du Cantal par Chastel jusqu'à la pointe de la Corrèze, où elle s'élale à 900 mètres d'altitude en donnant naissance, sur le bord de la Dordogne, à la belle colonnade des Orgues de BorL
Basalte des plateaux. — Enfin avec le pliocène supérieur a coïncidé une véritable inondation basaltiqve, donnant lieu, sur 15 à 20 kilomètres, à la formation d'une coulée de basalte en beaux prismes, de 25 à 50 mètres de hauteur. Parfois, comme dans la haute vallée de la Marse, six coulées se superposaient sur une épaisseur de 120 mètres (1). Ce basalte des plateaux, qui forme le sommet du Plomb, est évidemment du même âge que celui qui a recouvert le massif du Cézallier, entre le Mont Dore et le Cantal. Or H. Julien a constaté que le basalte du Cézallier s'est épanché sur une argile que la chaleur de la coulée a transformée en porcelanite, à environ 6 mètres au-dessus du gisement de plantes fossiles pliocènes de Boutaresse. Ainsi le basalte des plateaux est pliocène. Ajoutons qu'on y a découvert des traces nettes d'appareils cratériformes.
Le manteau basaltique du Cantal forme, à l'ouest, le plateau de Salers et de Mauriac et, au sud, le plateau de IsiPlanèze, qui s'étend par Saint-Flour jusqu'aux monts de la Margeride. La nappe de basalte déborde considérablement les brèches et conglomérats andésitiques, franchissant parfois la Dordogne. Elle est alors directement superposée au gneiss ou au micaschiste, dont la sépare une couche d'argile souvent colorée en rouge vif. C'est un contraste remarquable que celui de la fertilité des prairies auxquelles donne lieu l'altération superficielle du basalte, avec l'absolue stérilité des landes de bruyères assises sur les affleurements du micaschiste.
Les éruptions du Cantal paraissent s'être produites par un orifice unique, qui a laissé échapper successivement les masses andésitiques et les phonolithes, en attendant que tout le cône se recouvrît d'une enveloppe de basalte. Aussi ce massif, avec les vallées divergentes et profondes qui l'entament jusqu'au centre, est-il d'une remarquable simplicité.
Hoiit Dore. Fremléres éraptions. — La plus grande partie du massif du Mont Dore est formée par des tufs et des conglomérats trachytiques ou ande'siti' ques, au milieu desquels sont intercalées, à divers niveaux, un certain nombre de masses solides, dont les unes sont de véritables coulées et les autres des culots de nature visqueuse et comme tuméfiés.
(\) Rames, Géogénie du Cantal.
1148 ROCHES ÉRUPnVES.
A la base du système sont des épanchements domitiques et des tuf$ ponceux^ remarquables par le grand nombre des débris de roches anciennes, gneiss, granulite, micaschiste, diorite, etc., qu*ils contiennent. A la Bourboule et au Mont Dore, ces tufs sont blancs et accompagnés dCobnidienne et de perlite. On y trouve du bois carbonisé de conifères. Au-dessus se présente une coulée à' andésite augitique à amphibole, visible à la base de la Grande-Cascade du Mont Dore. Cette assise, épaisse de 6 à iO*" et à structure prismatique, est celle d*où sortent les sources minérales de la localité. C'est le greystone de Poulett Scrope. Elle est recouverte, d*après H. Fouqué, par 50 à 50"* de brèche andésitiqucy que surmonte une nouvelle coulée A' andésite augitique^ épaisse de 6°* et prise par la plupart des auteurs pour du basalte porphyroïde. 50 mètres de cinérites et de tufs ponceux séparent cette coulée d'une nappe de trachyte à samdine^ avec gros cristaux de feldspath vitreux et fendillé, puissante de 15 à 40" et recouverte par de ïandésite amphibolique, qui forme le rocher du Capucin et les masses exploitées au Rigolet liant. A la Grande-Cascade, Tandésite, épaisse de 10", est recouverte par une nappe de basalte.
Le sommet du Pic de Sancy est constitué par un trachyte à cristaux de sanidine, superposé à des cinérites et à un basalte qui recouvrent 200" de roches trachytoîdes, transformées en alunite par des émanations solfatariennes. Enfin le trachyte du mont Dore est certainement antérieur aux épanchements de phonolitlie des Roches Tuilière et Sanadoire, qui forment des masses remarquables par leur facile division en feuillets.
Les diverses roches éruptives du mont Dore ne sont pas nettement séparées les unes des autres. On n'observe d*ailleurs dans la région aucune trace d*un cratère unique; il semble qu'il y ait eu plusieurs oriOces d'éruption, devenus méconnaissables. On peut admettre, avec M. Julien, que, la première cheminée ayant été obstruée par les émissions trachytiques, de nouvelles bouches se sont ouvertes qui ont produit les épanchements phonolithiques des Roches Tuilière et Sanadoire et ceux des environs de Vic-le-Comte.
Le basalte des plateaux s'est épanché sur les flancs du mont Dore comme au Cantal et au Cèzallier. On le retrouve dans la vallée de la Couze, où il supporte les graviers pliocènes de Perrier.
Bemléres éraptloBs du massif du Mont Dor«. — Tandis que, dans le Cantal, les manifestations volcaniques ont pris fin avec l'épanchement du basalte, un réveil de l'activité éruptive s'est fait sentir, sur les flancs du Mont Dore, à une époque extrêmement voisine de la nôtre. Ainsi s'est formé, au pied de Murols, le cratère de scories du Tartaret, encore remarquablement conservé. Des flancs de ce cratère est sortie une coulée de lave, qui a suivi pendant plus de 20 kilomètres la vallée de la Couze et à la surface de laquelle on peut voir une série de petits cônes adventifs. La lave repose sur une argile sableuse rouge, renfermant des ossements de cheval avec des mollusques actuels, Cydostoma elegans. Hélix hortoisisy H, nemoralis, etc. Néanmoins, si la coulée du Tartaret