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PYRÉNÉES. OPHITES

jusqu'à celles où des cristaux foncés se détachent sur une pâte claire, apparaissent en de nombreux points de la chaîne, notamment sur la côte de Biarritz, près de Bayonne, au pied de la Rhune, aux environs de Saint-Béat, dans diverses localités de l'Ariège, etc. Leurs affleurements sont toujours très limités et, la plupart du temps, accompagnés de sources salines plus ou moins thermales.

Tandis que Leymerie considérait la plupart des ophites comme s'étant épanchées vers la fin de Téocène, d'autres géologues ont essayé d'y distinguer plusieurs types d*âges distincts et quelques-uns beaucoup plus anciens. D'autres enfin, remarquant la fréquente association de Tophite avec des marnes bariolées triasiques et des gîtes de sel et de gypse, l'ont regardée comme une variété mélaphyrique- propre à la région pyrénéenne et épanchée à l'époque du Keuper, en attendant que des dislocations l'amenassent au jour avec les couches encaissantes.

Cependant il est des points, tels que la falaise de Biarritz, où cette opinion semble difficile à défendre, car un pointement ophitique y surgit entre la craie et les couches nummulitiques, dont les fragments anguleux se retrouvent au milieu des argiles, bariolées et gypsifères, qui accompagnent la roche éruptive. Les auteurs qui ont décrit les ophites d'Espagne (i) ont d'ailleurs été à peu près unanimes à les attribuer au tertiaire.

D'autre part, il est difficile de méconnaître le lien pétrographique intime qui unit les ophites aux euphotides triasiques ainsi qu'aux mélaphyres de la région alpine, et l'on a fait valoir que les roches des Pyrénées offraient souvent des phénomènes à^ourcditisationt c'est-à-dire de transformation du pyroxéne en amphibole, qui d'habitude sont spéciaux aux roches anciennes. Enfin il arrive souvent qu'un district où se montrent les ophites possède un substratum triasique.

Caractère spéelal des afflearemeiite ophitlqaes. »- En réalité ces roches, partout où leurs relations peuvent être déterminées avec quelque précision, apparaissent comme des pointements anomaux, qui accompagnent des failles ou des bouleversements singuliers des couches (2). Leur association assez constante avec des marnes triasiques peut n'avoir pas d'autre causç ; car on ne les observe jamais en compagnie des grands affleurements réguliers du trias, mais seulement aux points où ce système disloqué apparaît au milieu de couches bien plus récentes. Quant aux conglomérats où l'on a signalé des cailloux roulés d'ophite, et que divers auteurs ont attribués au crétacé, M.Stuart-Henteath a recueilli des observations qui tendraient à les faire ranger dans l'éocène supérieur.

En Portugal, M. Choffat (5) a constaté que l'ophite apparaît dans des vallées de dislocation, auxquelles il a donné le nom de vallées tiphonùiues et où, par suite de failles, le système oolithique supérieur est en contact direct avec le rhëtien. En certains points, l'ophite, ou du moins sa venue au jour, a certaine-

(1) Voir notamment les travaux de MM. Macpherson et de Yarza.

(2) Stuart-MenteaUi, Bull. Soc. géol. de France, 3« série, IX, p. 528. (5) BulL de la Soc. géol. de France., 3» série, X, p. 267.

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ment disloqué des couches ptérocériennes. Cette roche est d'ailleurs associée à des épanchements d'une sorte de teschénite ou de syénite éléolithique, qui a percé les couches infracrélacées. Les vallées tiphoniques sont en outre remarquables par le grand nombre des sources thermales, sulfureuses ou salines, qui s'y font jour.

Dans les Pyrénées, les calcaires sont souvent cristallins et chargés de couseranite au voisinage des ophites. Si cette transformation n'est pas simplement le résultat de la chaleur développée par les efforts mécaniques auxquels la roche a été soumise, on en pourrait conclure que la sortie des ophites a dû être au moins postérieure au lias, qui manifeste en plus d'un point ce genre de métamorphisme.

Age probable des ophites. — En résumé, sans nier l'analogie du phéno* mène ophitique pyrénéen avec celui des eupholides alpines, dont H. Lory a démontré l'âge triasique, il nous semble assez difficile d'admettre que l'ophite ne se présente jamais dans ses conditions originelles de gisement et qu'elle apparaisse constamment dans les Pyrénées à l'état de roche passive, poussée au jour avec une auréole triasique^ conmie le granité fondamental surgit dans les Alpes avec son auréole de gneiss. Les Pyrénées sont, comme nous le verrons, exactement du même âge que les Apennins. Or cette dernière chaîne abonde ai épanchements ophiolithiques, c'est-à-dire de serpentine, d'euphotide, d'hypèrite, etc., toutes roches intimement liées à l'ophite et faisant partie du même groupe. Les géologues italiens ne paraissent pas hésiter sur l'attribution de ces serpentines à l'éocéne supérieur, où certaines couches sont entièrement constituées de leurs débris et ont toutes les allures de tufs. Aussi et tout en rec<Hinaissant les difûcultés du sujet, sommes-nous porté à séparer l'histoire des^ Pyrénées de celle des Alpes pour la réunir à celle de l'Apennin, en attribuant à ces deux chaînes, au moment de l'éocéne ligurien, un mode spécial de manifestations internes, caractérisé par les roches ophiolithiçues. Dans ce cas, la même conclusion s'appliquerait à la Iherzolithe de l'Ariège, dont les conditions propres de gisement ne permettent pas de déterminer l'âge avec quelque {vobabilité. Mais il doit rester bien entendu que cette manière de voir n'exclut pas d'une manière absolue l'existence, dans la région pyrénéenne, de roches dioritiques ou euphotidicpies d'un âge plus ancien. Même pour les ophites proprement dites, leurs relations, dans les I^yrénées, n'étant jamais d'une indiscutable ndteté, ce n'est pas, nous le reconnaissons, un argument sans valeur que celui qui consiste à se prévaloir de la place non contestée que les roches de même nature occupent, dans les Alpes, au sonunet du trias.

Tolcans modernes de la Catalogne. — Les environs d'Olot, en Catalogne, offrent un ensemble de cônes et de cratères volcaniques, au nombre de quatorze, aussi bien conservés que ceux d'Auvergne et ayant pour substratum les assises nummulitiques, relevées par le soulèvement pyrénéen. Les cônes sont formés de scories et de cendres et les laves, souvent basaltiques et colomnaires.

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