SICILE. SANTORIN. H
unes d*eatre elles sont des verres volcaniques, parfois ponceux, et contenant 74 7o ^6 silice, comme ce qu'on a appelé Vobsidienne et la ponce de Lipari. Les véritables liparites ont une densité de 2,53 et sont formées d'environ 77 7o ^^ sanidine, 18 7o ^^ quartz et 5 7o d'hornblende ou de mica. Le passage de ces roches au type vitreux se fait par des variétés perlitiques, à globules radiés de feldspath et par des obsidiennes porphyriques,
La structure interne des laves de Vulcano démontre, par les contournements multipliés qu'on y observe, que les coulées devaient être dans un état de fluidité très imparfait. L'une d'elles, qui date de 1775, s'est consolidée sur une pente de 55 degrés. Sa surface est hérissée comme celle des cheires.
Sicile. — C'est en Sicile, à Palagonia, que se trouve le type des tufs palagonitiques. Ces tufs, dans lesquels la palagonite brune sert de ciment à une brèche stratifiée, composée de lapilli, de scories et de blocs, sont traversés par des filons de basalte et abondent en zéolithes ainsi qu'en calcite. Ils sont d'origine ^us-marine, comme le prouvent les fossiles qu'on y recueille dans le Val di Noto, et qui paraissent appartenir soit à la fin de la période pliocène, soit au •début de l'époque quaternaire.
Les tufs sous-marins de la Sicile sont la formation volcanique la plus ancienne ■de la contrée. Aux environs de Catane, on les voit s'élever jusqu'à 200"» d'altitude, quelquefois môme, comme à Catera, jusqu'à près de 400"» (I). Au-dessus commence le volcan proprement dit de l'Etna, dont la formation s'est poursuivie pendant toute l'époque quaternaire et qui n'a pas cessé depuis de donner des preuves d'une grande activité. Les laves de l'Etna ont toujours offert une remar- <]uable constance. Ce sont surtout des labradorites^ c'est-à-dire des laves basaltiques dépourvues de péridot.
SantoHn. — Les éruptions de l'île de Santorin, dont M. Fouqué a retracé l'histoire avec de grands détails (2), ont débuté, comme celles de l'Etna, à la fin de la période pliocène. Elles étaient sous-marines et leurs produits sont des andésites à hornblende et des dacites. Pendant la sortie de ces roches, la partie méridionale de l'Ile se relevait d'environ 200°*.
Les éruptions suivantes, qui se sont prolongées presque sans interruption jusqu'à l'époque actuelle, ont eu lieu à peu près exclusivement à l'air libre. Les premières ont été très basiques ; elles ont fourni des labradorites, presque des basaUes, à anorthife. Ensuite sont sorties des ïabradorites à labrador, des andésites amjitiques et des andésites avec cristaux de pyroxène, mais sans microlithes augitiques, antérieures au creusement de la baie.
Ces diverses éruptions avaient donné naissance à une grande île de forme arrondie, habitée en dernier lieu par une population industrieuse qui, bien que se servant surtout d'outils de pierre (silex, lave, obsidienne), connaissait déjà l'usage du cuivre. C'est alors qu'eurent lieu l'explosion et l'effondrement de la
(1) Lyell, Eléments, 1865, p. 190.
(2) Santorin et seê éruptions, Paris, 1879.
lïCO ROCHES ÉRDPTIVES.
partie centrale, avec projection de tuf ponceux. Plus tard, les laves turoéûées reparurent au centre de la baie sous la forme des Kaménis (i), dont les éruptions n'ont presque jamais donné d'autres roches que des andésites k microlithes d'oligoclase et d'albile, avec cristaux anciens de pyroxène, de labrador et de magnétite.
Ainsi» suivant la remarque de M. Fouqué, les laves de Santorin, très basiques au début, sont devenues, avec le temps, de plus en plus acides.
ÉRUPTIOMS MODERNES DIVERSES
Eifel. Lae de L«a«h. — Dans l'Eifel, les schistes et quartzites du dévonieu sont percés par des roches volcaniques diverses, dont Tâge ne peut être déûni avec certitude, vu l'absence de toute assise sédimentaire postérieure à réocène. Cependant Taspect scoriacé des laves et la bonne conservation des cratères donnent à penser que les manifestations volcaniques de TEifel ont été contemporaines des dernières émissions de l'Auvergne. En tout cas, la lave basaltique et leucitique du Papenkaule est certainement postérieure au dernier creusement de la vallée de la Kyll et, dans la vallée de l'Ues, une coulée de lave basaltique en prismes a obligé la rivière à se creuser un nouveau lit.
Les leticitophyres et les néphéliniles sont fréquents parmi les laves de l'Eifel. Il en est dans le nombre, comme les laves de Niedermendig, qui contiemient assez d'haûyne pour avoir été qualifiées d'haûynophyres. Cette composition rapproche beaucoup les émissions de l'Eifel des épanchements anciens de l'Italie centrale.
Les tufs volcaniques occupent une place importante dans l'intéressante région du lac de Laach. On distingue des tufs de scories, contenant de petits morceaux de scories celluleuses, avec nombreux cristaux d'augite, des fragments nitrifiés de schistes et grès dévoniens, ainsi que du granité et du gneiss : des tufs leuci- Mquesy des tufs trachytiques et des tufs ponceux ou trass ; ces derniers garnissent* 6ur 20"° d'épaisseur, les flancs du thalweg de la vallée de BrohI. Ils alternent avec le loess, dont ils sont évidemment contemporains, tandis que les coulées de lave et les cimes phonolithiques de la région de Laach seraient antérieures à l'époque quaternaire.
Sieben^ebirse. — Le massif des Sept-Montagnes ou du SiebengebirgCy qui se dresse, auprès de Bonn, au-dessus de la plaine du Rhin, forme un groupe éruptif dont la venue au jour a précédé de très peu le commencement de la formation lignitifère aquilanienne de la région rhénane, car c'est dans l'étage moyen de cette formation qu'apparaissent des conglomérats à éléments empruntés aux
(1) V. antè, p. 428.
ÀLLEMiGKE. 1161
trachyles de la région (1). Ces trachytes, qui forment des massifs et non des coulées, comprennent diverses variétés plus ou moins enchevêtrées, dont les principales sont le trachyte à sanidine (sanidophyre) du Drachenfels et Yandésite à pâte claire de la Wolkenburg.
Le conglomérat trachytique intermiocène occupe surtout le pourtour des massifs éruptifs et il est traversé par des filons de trachyte ; mais ceux-ci s'arrêtent sans avoir atteint l'assise lignitifère supérieure, laquelle repose sur un basalte, dont plusieurs sappes alternent avec les conglomérats trachytiques et d'autres conglomérats à cailloux basaltiques. Les plantes fossiles de ces dépôts sont à la fois celles du grès moyen miocène et celles des lignites supérieurs, au milieu desquels le basalte est rare. Ainsi Téruption basaltique, postérieure, quant à sa masse principale, à celle du trachyte, l'a du moins suivie de très près. Elle ^st d'ailleurs contemporaine de la sortie des premiers basaltes d'Auvergne, subordonnés aux couches aquitaniennes.
L'activité éruptive s'est de nouveau réveillée, dans le pays, après le dépôt des premières alluvions quaternaires. C'est alors que s'est formé le petit cratère du Roderberg, dont les éruptions ont en partie vitrifié les alluvions, tandis que, plus tard, un dépôt de loess est venu combler la cavité volcanique.
Heissnep, Hohgaa, BrUipaii. — Au mont Meissner, dans la liesse, ime coulée basaltique, puissante de 100 m. et percée elle-même par des filons de dolérite, recouvre une couche de lignite épaisse de 35 m. L'exploitation du combustible a permis de recouper les cheminées par lesquelles s'est fait l'épanchôment. Au contact du basalte, le lignite a pris une structure bacillaire et a été transformé en anthracite (2).
Les basaltes et \q$, phonolUhes du Hôhgau, au nord de Schaffouse, sont accompagnés de tufs dont les uns contiennent des fragments de nagelfluh et les autres des intercalations de roches fossilifères de l'âge des couches d'Œningen. Ces épanchements datent donc vraisemblablement de l'époque pliocène (5).
Au même groupe se rattachent les trachytes et les phonolithes du Brisgau, qui se font jour au Kaiserstuhl, dans la plaine du Rhin, en compagnie d'une limburgite à hyalosidérite.
Bohème, Saisse saxoiiBe. — Les roches volcaniques de la Bohême (4) ont percé les couches crétacées et éocènes ; de plus, toutes se sont épanchées antérieurement au creusement des vallées, c'est-à-dire avant la fin du pliocène; c'est tout ce qu'il est actuellement possible de dire sur l'époque de leur sortie.
Ces roches se répartissent en quatre catégories qui sont, en commençant par les plus anciennes :
1<» Des leucitites et des leucotéphrites ;
(1) Von Dechen, Geognostiscker Fûhrerin das Siebengebirge. Bonn, 1861. {% Noesta in Credner, Traité de géologie^ p. 619. (3) Scbaich m Revue géoL suisse, IV, p. 48.
(4} Nous devons ces renseignements, ainsi que ceux qui concernent la Hongrie et la Transylvanie, à une obligeante communication de M. Fouqué.
2<> Des leucitites et des néphélinites passant aux phonolithes ;
5^ Des phonolithes riches en sanidine et en noséane ;
40 Des basaltes.
Les roches du premier groupe sont très basiques et assez riches en olivine pour que M. Boricky et les auteurs allemands en aient fait des basaltes à leucite. Le second groupe est un peu moins basique que le précédent. Quant aux phonolithes, elles sont identiques avec celles d'Auvergne. On les voit, notamment à Bilin, surgir sous la forme de dômes, comme les noyaux d'anciennes cheminées d'éruption dont le revêtement meuble aurait été enlevé par Térosion.
Les basaltes, bien visibles sur la rive droite de TElbe et sur les bords du Bolzen, tandis que les leucitites et les néphélinites occupent surtout la rive gauche du fleuve ainsi que les bords de la Biela et de TEger, sont parfois rugueux, grisâtres et poreux, d'où le nom de trachy-basalt, que ne justifient d'ailleurs ni la composition ni la structure microscopique.
Les centres éruptifs du premier groupe, alignés N. E. — S.O, se rattachent aux massifs similaires de la Saxe, du Fichtelgebirge, de la Forét-Noire et du Kaiserstuhl. Ceux du second groupe ont la même direction, tandis que le troisième et le quatrième affectent l'orientation N.O. — S.E et se relient aux centres de même nature du Thûringerwald, de Gassel et de Gôttingen.
Plusieurs pointements basaltiques, avec la séparation prismatique accoutumée, s'observent au milieu des grès crétacés de la Suisse saxonne. A leur contact, le quadersandstein a été calciné et le retrait y a fait nattre une structure colomnaire.
MoraTie, Sliésle, Banat. — La teschénite de la Moravie et de la Silésie perce le crétacé et l'éocène. Celle du Caucase a pour roche encaissante l'oolithe jurassique : mais elle est certainement plus récente (i).
Les banatites, avec variétés syénitiques dominantes, du Banat autrichien, ont percé les couches jurassiques et crétacées de la région. Elles sont fréquemment métallifères et leurs variétés granitoîdes ont exercé, sur les calcaires encaissants, de remarquables effets de métamorphisme, avec production de marbre cristallin, de wollastonite, de grenat, d'idocrase, etc.
■oniprie, Transylvanie. Labradorltes, Andésites, Baeltes. — Un centre érupiif très bien défini est celui de la Hongrie et de la Transylvanie, où l'on peut distinguer cinq catégories d'épanchements, de nature surtout trachytique, qui paraissent s'être succédé dans Tordre suivant :
1<» Le dépôt de l'éocène supérieur transylvanien a été interrompu par des èpanchements de roches très particulières, désignées par M. de Bichthofen (i) sous le nom de grûnstein-trachyL Ce sont des labradorites et des andésites à augile, parfois un peu quartzifères, mais assez basiques dans l'ensemble et riches en microlithes d'augite et de labrador. Le quartz de ces roches contient souvent
(1) Choffat, Bull, de la Soc, g/oL de France, 5- série, X, p. 280.
(2) JaJwbuch d, k. k, geol. Reicfuatutalt, 1860.