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HONGRIE. TRANSYLVANIE

des inclusions à bulles mobiles, et c*est sur ce caractère que M. de Richthofen s'est fondé pour leur appliquer la désignation de propylites. Mais, suivant M. Szabè (1), Fétat particulier du grûnstein-trachyt résulte d'une puissante action solfatarienne qui a accompagné la sortie de cette roche.

Après la consolidation de cette première série d'épanchements, remarquable par sa richesse en émanations métallifères, des dacites sont venues au jour, qui coupent les andésites à Rodna et en renferment des débris à Kisbanya. Le quartz de ces dacites contient surtout des inclusions vitreuses et leur épanchement a eu lieu certainement à Tépoque miocène. C'est dans les dacites qu'est comprise la riche zone métallifère de Yôrôspatak.

Ensuite sont venues des andésites, généralement amphiboliques, qui forment de nombreux filons dans les roches des deux premiers groupes, à Kapnik et Lapos-banya, et contiennent, dans la vallée du Kôrôs, des blocs de dacite. A ces andésites sont subordonnés des tufs certainement miocènes, mais dont la place exacte n'est pas encore déterminée, les uns les considérant comme inférieurs et les autres comme supérieurs au calcaire de la Leitha. Les andésites amphiboliques de Hongrie, identiques avec celles d'Auvergne, ont été décrites par H. de Richthofen comme trachytes gris.

Bbyoïitiies, Uparltes, Basaltes. — La sortie des andésites a été suivie par celle de rhyolithes, c'est-à-dire de liparites trachytoîdes très acides, à grands cristaux de sanidine, avec pâte riche en microlithes de sanidine et matière vitreuse saturée de silice. Ces roches, qui contiennent du quartz en grands cristaux bipyramidés, comprennent les porphyres molaires et les perlites de la contrée. On les voit couper en filons la dacite du Ylegiasza et les tufs subordonnés à cette formation ne sont jamais recouverts que par les tufs basaltiques ou les dépôts quaternaires. Les rhyolithes ont d'ailleurs une tendance marquée à former des cimes isolées, qui représentent sans doute les tètes d'épanchements visqueux sortis par des fissures.

Pour M. Szabè, les rhyolithes de la région de Tokay sont des épancliements sous-marins, dus à la réaction mutuelle d'une roche trachytique acide et d'un type plus basique tendant à sortir dans la profondeur. Plus on approcherait de cette roche basique et plus la modification rhyolithique serait accentuée, donnant lieu à des obsidiennes et à des rétiniles. Les obsidiennes de Tokay, généralement noires, paifois rouges, contiennent des grains ou des cristaux de feldspath et de quartz, qui leur donnent par places l'aspect des vitrophyres.

Les tufs rhyolithiques de Hongrie ont été pénétrés en tous sens par d'abondantes émanations geysériennes, qui ont déterminé la formation d'opale. Tantôt l'opale est noble, comme à Veresvagas et à Nagy Milahy, tantôt elle est brune, jaune ou bitumineuse, soit en nids, soit en couches quelquefois très puissantes et à stratification parfaite (2), rappelant alors la structure du bois pétrifié. L'altération

(1) As4oc. française, session d* Alger, 1881, p. 564.

(2) Szab6, loc, cit.

1164 ROGHKS ÉRUPTIVES.

de Topale donne du silex m^nilite. En outre, des émanations sulfuriques ont, en divers points, développé de ïalunite aux dépens des roches trachyliques et parfois, mais rarement, il s'est formé de la bai^tine et du soufre natif.

La série éruptive se termine en Transylvanie par des coulées peu développées de basalte, dont les tufs recouvrent le calcaire de la Leitha et quelquefois les couches sarmatiques à cérithes, tandis qu'ils supportent les graviers quaternaires. M. Szabô pense que le basalte a coulé pendant ou môme après le dépôt des couches à congéries (1).

En résumé, l'activité volcanique, dans le massif des Carpathes, s'est fait jour depuis l'éocéne supérieur jusqu'au pliocène. Ses manifestations ont donc été, dans l'ensemble, antérieures aux phénomènes volcaniques du Plateau central de la France.

Grande-Bretagne. — Mac Culloch et, après lui, M. Zirkel (2) ont signalé, dans l'Ile de Skye, une nappe de trapp intercalée entre le bathonien et l'oxfordien. Si cette intercalation n'est pas le fait d'une intrusion, ce serait le seul exemple connu d'une éruption contemporaine de la période oolithique. Aussi nous semble-t-il préférable d'admettre que le trapp s'est insinué entre deux assises oolithiques et que sa sortie a eu lieu à la même époque que celle du basalte compact ou amygdaloîde de Skye.

La même ile renferme des massifs d'une syénite quartzifère, passant par places au porphyre et qui surgit au milieu des calcaires du lias. Ces derniers sont transformés en marbre au contact de la syénite et l'on peut suivre de proche en proche les progrès de ce métamorphisme, depuis le calcaii*e avec ammonites et gryphées jusqu'au marbre dépourvu de toutes traces de fossiles ainsi que de stratification.

Toutefois on remarquera que les silicates calcaires et alumineux, si fréquents au contact des roches granitoîdes et des calcaires dans le Tyrol et le Banat, font ici entièrement défaut. Dès lors, si l'on réfléchit que l'île de Skye porte la trace de dislocations énergiques, qui ont amené au jour le granité et les roches carobriennes, il ne paraîtra pas téméraire de supposer que le métamorphisme du lias peut être d'origine mécanique comme celui des coins calcaires du gneiss de rOberland (3) et qu'il est la conséquence des efforts que le lias a subis lorsqu'il a été percé par des massifs syénitiques d'ancienne consolidation. S'il en était autrement et qu'il fût impossible de considérer la syénite de Skye comme une variété de banalité, le fait signalé par Mac Culloch et admis par M. Zirkel, c'està-dire la pénétration, à l'état fluide, d'une syénite quartzifère de type ancien dans les calcaires du lias, serait absolument exceptionnel.

lies écossaises, Islande, ete. — A l'époque miocène, ime activité volcanique considérable s'est fait jour à Touest de l'Europe, depuis l'Irlande, l'Ecosse et les

(1) Congi'èê inteimational de géologie, 1878.

(2) ZeiU, d, deuUch. geoL GeselUckaft, XXHI, \.

(3) V. infrà^ livre quatiûème, première section.

ISLANDE. AMËRIQUE. 1165

Hébrides, par les îles Feroêr et Tlslande, jusqu'au Groenland. Dans ces régions, les ligniles miocènes (mrturbrand des Islandais), sont recouverts par des nappes de dolentes et d*anamésites (trapps) passant au basalte, accompagnées de tufs et de conglomérats et remarquables par leurs magnifiques séparations colomnaires, qui ont rendu célèbre la grotte de Staffa. Un véritable basalte et, parfois, des massifs trachytiquesy se sont épanchés à une date plus récente.

L'absence de formations sédimentaires en Islande ne permet pas de déterminer l'âge absolu, d'ailleurs miocène ou postmiocène, des épanchements volcaniques de cette île. On peut seulement chercher à en établir l'ordre de succession. Le voici, tel qu'il résulte des observations de M. R. -Bréon (i) :

1* Longue suite d'éruptions de laves labradoriques et de doiérites ophitiques.

2« Andésiles à pyroxène.

5* Andésites acides.

4* Roches trachytiques, Rhyolithes passant aux perlites et aux obsidiennes.

5" Laves actuelles, labradoriques et augitiques, avec péridot assez fréquent.

Les tufs palagonltiques, qui couvrent une grande surface en Islande, se rencontrent à des hauteurs qui doivent les faire considérer comme antérieurs au creusement des vallées.

Amérique I montagnes Roehenses. — Le versant occidental des Montagnes Rocheuses a été, à l'époque tertiaire, le théâtre d'épanchements éruptifs considérables, qui offrent une grande analogie avec ceux de la Hongrie. La série des éruptions, établie par M. de Richthofen et confirmée par les travaux des géologues américains (2), est la suivante ;

A une époque, certainement postérieure au crétacé, que les circonstances locales ne permettent pas de préciser d'une manière absolue, mais qui a probablement précédé le miocène, a eu lieu une sortie de propyliiCy c'est-à-dire d'une andésite amphibolique parfois quartzifère (5) et venue au jour avec d'abondantes émanations sulfureuses. Il est à présumer que cette éruption a été la conséquence de mouvements du sol succédant à la grande période d'affaissement de l'éocène, dont la puissance, dans cette région, dépasse 1000". Ensuite sont veues des andésites, les unes, amphiboliques, antérieures au miocène, les autres, pyroxéniques, contemporaines de ce système, et des daciles. Leur sortie a été suivie par celle de trachytes à sanidine, contenant de Tamphibole et du pyroxène, et alternant avec des tufs qui renferment une flore miocène.

Au début du pliocène ont apparu les rhyolithes, qui sont de beaucoup les roches les plus abondantes de la région. Depuis le méridien de 114^ jusqu'aux rivages californiens, elles couvrent un espace considérable, formant, dans le voisinage du mont Moïse, un massif dont l'épaisseur varie entre 600 et 2000°» (4). Les premières couches pliocènes contiennent des produits de la plus ancienne

(1) Bull, de la Soc. géol. de France, 5« série, IX, p. 334.

{-i) Clarence King, U. S.geoL explor, of the 40»* parallel, 1870, 1878.

;5) V. anlè, p. 589.

(i) Clarence King, op, cit.

1166 GITES MINÉRAUX.

éruplion rhyolithique, épanchée à travers le miocène disloque el Tétagede Humboldt renferme des nappes, des tufs et des couches puissantes de lapilli, attestant que le phénomène a occupé tout le premier tiers de la période. Au début, les rhyolithes sont plutôt vitreuses et bréchiformes ; plus tard elles deviennent porphyroîdes; quelques variétés sont poreuses ou perlitiques, d'autres se divisent en belles colonnes. Les couleurs sont vives et variées, comprenant le rose, le vert, le brun chocolat. Un basalte à néphéline, épanché en nappes de plus de 300°* d'épaisseur et associé à une dolérite, parait avoir clos la série des épanchements; il a coulé, dans le bassin dldaho, sur le pliocène non dérangé, perçant la rhyolithe déjà dénudée. Mais iJ existe aussi un basalte plus ancien, perçant le crétacé en dykes et servant d*appui, en discordance, aux couches pliocènes du North Park.

En résumé, dans Téruption qui nous occupe, les produits acides sont en excès considérable relativement aux produits neutres ou basiques, et il parait que le même fait se reproduit dans toute la Cordillière de rAmérique du Nord.

Quant à la remarquable série trachytique et andésitique des Andes de rAmérique du Sud, les documents qu'on possède à cet égard sont encore trop incomplets pour que nous en puissions donner ici un résumé.

DEUXIÈME SECTION

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