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CHAPITRE II

PRINCIPAUX TYPES DE GÎtES MINÉRAUX ET MÉTALLIFÈRES

gItes d'émahatioh directe, gîtes stamhifêres

Les gites d^émanation directe sont ceux dont la production peut être attribuée à la sortie d'une roche éruptive, qui aurait ainsi détermiué à la fois l'ouverture des fentes et leur remplissage immédiat. Cette circonstance parait avoir été réalisée surtout par certaines éruptions granitiques ou plutôt granulitiques, accompagnées d'abondantes émissions fluorées et siliceuses, qui ont produit les gites stannifères,

Saxe, Bohênie. — Les gites stanniféres de la Saxe paraissent à l'état d*amas enchevêtrés (Stockwerk) et d'imprégnations dans le granité et le greisen. Mais

GITES STANNIFÈRES. H 75

il est aisé de voir que ces amas et imprégnations ne sont que des réseaux de fentes très voisines, ouvertes dans le granité granulitique à mica blanc et dans le greisen (hyalomicte) qui lui est associé. Il en résulte une roche tout à fait spéciale, à laquelle les mineurs saxons ont donné le nom de Zwitter ou Zwittergettein et de Stockwerksporphyr.

A Geyer, le granité est traversé par d'innombrables petits filons de 0",06 à 0°*,10 de puissance, avec quartz, topaze, mispickel et oxyde d*étain ou cassitérite, cette dernière disséminée en particules très fines dans le quartz. Les veines ont la môme direction que la schistosité du gneiss encaissant, dans lequel elles s'appauvrissent (1 ). Sur plusieurs centimètres de part et d autre des filons, le gneiss est imprégné des mêmes substances minérales.

D*ailleurs le granité stannifére de Geyer forme, au milieu du gneiss, une sorte de dôme conique à section elliptique, venant affleurer au jour sous la forme d'un ovale de 150" sur 200". Entre cette calotte granitique et le gneiss s'étend une zone dite Stockscheider, dont l'épaisseur varie de O^jSS à 3" et où les éléments du granité ont très largement cristallisé.

Des circonstances semblables s'observent à la mine Weisse-Andreas, où une galerie a recoupé deux dômes analogues (fig. 570) dont un seul arrive jusqu'à la

Fig. S70. — Gtte stannifére de Weisse-Andreas (d'après Cotta). 1, micaachiste ; 2, granité stannifére; 3, stockscheider.

surface. La roche encaissante est un micaschiste et la plus grande des deux calottes granitiques stanniféres, qui a 180" sur 150", est recouverte par une auréole de Stockscheider, dont là puissance atteint, juste au sommet, son maximum, qui est de 4". Ce Stocktcheider est un granité à très grands éléments, où le feldspath est changé en kaolin^ qu'on exploite pour la porcelaine, et où les cristaux de quartz, implantés à angle droit dans le schiste et tournant leur pointe vers le granité, atteignent plusieurs décimètres de longueur (2).

A Zinnwald, c'est le greisen qui est la roche-mère. Les filons, peu inclinés, parallèles au dôme elliptique que forme extérieurement le greisen, ont une puissance variable entre 0",01 et 1",50, et renferment quartz, mica lithique et cassitérite. Leur espacement varie de 4 à 12". La roche est en outre imprégnée de cassitérite et de wolfram.

A Graupen, en Bohème, ainsi qu'à Altenberg, la roche stannifére est un elvan contenant fluorine, apatite, mica, kaolin, wolfram, molybdénite, mispickel.

A Schlaggenwald apparaît un véritable granité à mica blanc, dit Zinngranit ou granité à étain. Le kaolin se rencontre également dans ce gisement.

(i) Daubrée, Annales des Mines y 3* série, XX, p. 65. (2) GotU, Gangstudien, I, p. 41.

un GITES MÉTALLIFÈRES.

ComonalUes. — En Gornouailles, les gisements d*étain forment de petit» filons au contact du granité à mica blanc avec un schiste dévonien, auquel on a donné le nom de killais, La jonction des deux roches est marquée par un grand nombre de fissures, ouvertes dans Tune et l'autre, mais surtout dans le granité, et remplies de quartz avec cassitérite et autres minéraux; souvent on y observe des roches tout à fait analogues au zwilter des mineurs saxons.

Dans la mine de Garclaze, près Saint- Austell, le granité, friable et kaolinisé, est parcouru par de nombreuses veines orientées de Test à Touest et dont la puissance est ordinairement inférieure à 0'°,i5 (1). Ces veines sont remplies par du quartz, de la tourmaline et de Toxyde d'étain.

Dans la mine du mont Saint-Michel, c*est dans le killas, au voisinage du granité, que sont les filons quartzeux. Le remplissage comprend la cassitérite, la topaze, le mica, Tapatite, le wolfram, Témeraude et l'argent rouge. La tourmaline abonde dans le granité voisin.

Diaprés les observations de H. Ch. Thomas, Torientation des filons stanniféres riches, en Gornouailles, varie de 56"^ à 96<^. C'est justement dans ces limites que tombent les directions des systèmes de soulèvement les plus anciens, dont le dernier, celui du Land's End, parait correspondre au passage de la période dé- Tonienne à la période carbonifère.

LimonsiB, Armoriqne. — Les gisements d*étain du Limousin se rencontrent sur les deux versants de la chaîne de Blond, formée d'une granulite à mica blanc (2), dont Tépanchement est antérieur à l*époque anthracifère.

Sur le versant nord, à Vaulry, les veines quartzeuses, de 0"»,03 à 0",05, inclinent de 70<» à 80* vers l'ouest et sont dirigées vers 5» à 10*. Elles forment dans la granulite un vrai stockwerk et se prolongent, sans dérangement, dans les gneiss et les amphibolites. Le quartz des veines est grisâtre; le minerai est placé près des épontes, où la granulite est cariée et passe au greisen, imprégné de wolfram et de cassitérite. Les minéraux des filons sont : wolfram, cassitérite, mispickel, fluorine, apatite très rare, barytine, cuivre natif ou oxydé, enfin For, disséminé partout, mais invisible à Tœil nu.

Sur le versant sud, à Cieux et Monsac, les filons contiennent, avec les minéraux de Vaulry, de la tourmaline. Un elvan à quartz bipyramidé les accompagne.

A Montebras, dans la Creuse, d'anciens travaux oubliés, reconnus en 1859 par H. Mallard pour des fouilles d'étain, ont donné lieu à une nouvelle exploitation, où Ton a constaté que l'apparition du minerai est liée à celle du granité à deux micas de Saint-Sylvain et Yersillat. Les filons sont accompagnés de granulite, de greisen et d'elvan. Le quartz avec cassitérite est d'un blanc laiteux et Ton observe dans le voisinage des fiuophosphates d'alumine plus ou moins lithiniféres (wavellite, amblygonite, montebrasite).

La présence de l'étain a encore été reconnue dans les carrières ouvertes à

(i) Danbi-ée, Annales des Mines, 5« série, XX, p. 89. (2) Mallard, Annales des Mines, 6« série, t. X (1866).

GITES STANNIFÈRES. H 75

Chanteloube (Haute-Vienne) pour Texploitation du feldspath d*une pegmatite qui perce le granité à deux micas. La cassitérile y est tantalifère, avec wolfram, émeraude, grenat, apatite, uranite et divers phosphates de fer et de manganèse.

A Saint-Léonard, la cassitérite apparaît en petite quantité dans un gisement de quartz avec wolfram, pyrite, mispickel et un peu d'or. En outre, on observe dans la contrée de nombreux groupes d'anciennes fouilles, qui suivent généralement le pied des chaînes de granulite à mica blanc et où l'on peut toujours recueillir du quartz, de la pyrite et du mispickel. Ces fouilles sont connues dans le pays sous le nom A^Aurières (1).

Le gisement de la Yilleder, dans le Morbihan, se compose de trois filons de quartz de i à5 mètres, dirigés 160» et formant une bande de 55 mètres de large dans le granité à mica blanc. Avec la cassitérite se rencontrent la tourmaline, l'émeraude, la topaze et le mispickel ; les alluvions stanniféres contiennent aussi des paillettes d'or.

A Piriac, l'étain apparaît dans un gneiss kaolinisé, avec zircon, spinelle, ' tourmaline et émeraude.

Indes, AwstMOIe, He^d^ve. — L'étain est connu depuis longtemps dans les Indes néerlandaises, où les alluvions stanniféres de Bangka sont activement exploitées. Le gisement d'où ces alluvions tirent leur origine a été étudié en 4852 par M. de Groot. Il se compose de trois filons parallèles, où le minerai est disséminé dans un elvan. Dans la même région, en 1854, M. Akkeringa a trouvé un filon contenant à la fois de l'étain et de la tourmaline.

La colonie de Victoria renferme des gîtes d'étain avec quartz et un granité euritique, évidemment de la nature de l'elvan. Dans la Nouvelle-Galles du Sud, l'étain est dans un granité tournant au greisen, avec wolfram, béryl, topaze et tourmaline. Enfin, au Queensland, la cassitérite se trouve avec le quartz dans un granité rougeàtre à mica blanc.

Ajoutons qu'en Chine, dans les célèbres mines de topaze et d'émeraude d'Adontsche-lon, sur la frontière sibérienne, on trouve quelquefois la cassitérite et le wolfram, avec du mica blanc.

On cite encore à Durango, au Mexique, un gisement où l'étain est en société de la topaze et d'un arséniofluorure appelé durangite.

CmwmmUiwe» fénérawc des gîtes stauiiféres. — De cette rapide étude des principaux gisements stanniféres, on peut, avec M. Daubrée (2), tirer les conclusions suivantes :

Tout amas de minerai d'étain se compose d'un ensemble de veines, dont chacune est essentiellement constituée par du quartz. Après le quartz, les satellites les plus constants de l'étain sont des composés fluorés, principalement des fluosilicates, quelquefois des fluophosphates ou des fluorures. Le mica des gîtes stanniféres se distingue par sa richesse en fluor qui, à Altenberg, est de 3,47 7o>

(1) Voir Daubrée, Exploit, des métaux dans la Gaule, Revue archéologique, 1881. (S) Annales des Mines, 3* série, XX, p. 90.

H76 GITES MÉTALLIFÈRKS.

tandis qu'à Zinnwald elle varie entre 4,94 et £,0i7o- La topaze et 8a variété la picnite sont encore plus fluorées que les micas. Enfin on se rappelle que, dans les descriptions précédentes, nous avons cité plus d'une fois Tapatite, la fluorine et les fluophosphates d*alumine. La fluorine et les fluorures de cerium et d*yttrium accompagnent la cassilérite dans le filon granitique de Finbo, près de Fahlun. De plus les échantillons d'oxyde d'étain du Groenland proviennent de la même localité que la cryolithe ou fluorure double d'aluminium et de sodium.

La tourmaline, qui contient à la fois du fluor et de l'acide borique, ce dernier jusque dans la proportion de 5,74 <*/o, existe dans presque tous les gisements stannifères. Le wolfram ou tungstate de fer et de manganèse est presque partout associé à l'étain; la pyrite arsenicale ou mispickel n'est pas moins fréquente.

Mais ce n'est pas tout, et on a vu qu'un très grand nombre d'amas stannifères sont en relation directe avec des gisements de kaolin, enfin que toujours l'étain apparaît en compagnie d'elvan ou de granité à mica blanc.

Une telle uniformité de caractères est remarquable et oblige à considérer le minerai d'étain comme un produit, non seulement lié d'une manière intime à la variété de granité que caractérise le mica fluoré, mais venu au jour, avec cette roche, à la faveur d'un puissant agent de minéralisation qui ne peut être que le fluor.

Bôie du flnor. KaoïiB. FIIobs titanifères. — Le fluorure d'étain étant un composé stable à toutes les températures et en même temps très volatil, il est tout à fait légitime d'admettre que le métal est arrivé à l'état de fluorure; comme d'ailleurs l'expérience enseigne que le bore et le silicium accompagnent toujours le fluor, rien n'est plus naturel que cette association, si souvent réalisée, de l'oxyde d'étain avec les oxydes du silicium et du bore. M. Daubrée a d'ailleurs obtenu l'oxyde d'étain en petits cristaux par l'action, à haute température, de la vapeur d'eau sur le perchlorure d'étain, corps très analogue au fluorure et plus facile à préparer.

La puissance avec laquelle le fluor attaque les silicates donne à penser que l'arrivée de l'étain, à l'état de fluorure, n'a pu manquer de réagir puissamment sur les roches encaissantes. Dès 1824, de Buch émettait l'opinion que le kaolin de Halle, en Prusse, devait son origine à l'altération d'un porphyre par l'acide fluorhydrique. Cette manière de voir a été pleinement adoptée par M. Daubrée. D'après lui, le kaolin de Saint-Âustellen Cornouailles ne résulte nullement de la décomposition quotidienne du feldspath ; mais il porte la date précise de son origine, en même temps que l'indice de l'agent de décomposition, data les crhtaux de feldspath auxquels la tourmaline est venue se substituer. Cette hypothèse s'appliquerait également au kaolin de l'Auersberg et à celui de Zinnwald. Les kaolins du Limousin sont tous en relation intime avec des pegmatites et ceux de l'Allier dépendent d'une roche de même nature, à mica lithinifère. Ils contiennent d'ailleurs de 50 à 80 7o de quartz en petits grains à inclusions liquides.

GITES CUPRIFÈRES. 1177

C'est encore une pegmatite qui contient les gisements de kaolin d*Itsatsou et de Louhoussoa dans les Basses-Pyrénées.

H convient de mentionner ici les filons iitanifères, dont M. Daubrée a fait ressortir Tétroite parenté avec les gîtes d*étain (1). Ces filons, caractérisés par la présence des trois oxydes du titane, rutile, anatase, brookitey traversent en petites veines les gneiss, micaschistes et chloritoschistes du Saint-Gothard, du Haut-Yalais etdeFOisans. Les minéraux titanifèresy sont accompagnés de quartz, d'orthose adulaire, d'albite, de chlorite, et fréquemment on y trouve aussi du sphéne,de Tapatite, de la fluorine, de la tourmaline et deTaxinite, ce qui atteste rintenrention du bore et du fluor dans la production de ces gîtes.

dites siaimiffères modemes. — Nous avons fait ressortir Tassociation constante de Tétain au granité à mica blanc, et nous savons de plus que, partout où on a pu se faire une idée de Tàge des gîtes slannifères, on trouvait que leur formation avait dû coïncider avec la fin de Tépoque dévonienne, qui est celle où la granulite à tourmaline s*est généralement épanchée.

Or, sachant qu'il s'est manifesté, au début de la période tertiaire, une récurrence des éruptions pegmatoïdes, on peut se demander si cette seconde venue n*a pas ramené avec elle Tétain oxydé et quelques-uns des minéraux qui lui font habituellement cortège.

C'est ce que l'expérience confirme. Ainsi, en Toscane, près de Campiglia Maritima, se trouve un filon d'étain qui perce le terrain jurassique sous forme d'une veine verticale de 0",20 (2). De plus, dans Tîle d'Elbe, des échantillons de cassitérite ont été trouvés, en relation avec les pegmatites tertiaires, et M. Daubrée a reconnu que ce granité stannifère récent renfermait de la tourmaline, du mica lépidolithe et de Témeraude.

«ItES de départ. atTES CUPRIFÈRES

Béflnitloa des fîtes. — Nous avons donné le nom de gîtes de départ à une catégorie de gîtes métallifères ordinairement en amas, et où la richesse métallique, après avoir été, selon toute apparence, amenée au jour avec une roche éruptive, s'est concentrée en lentilles près du contact de celte dernière avec le terrain encaissant. Ce type est réalisé par un grand nombre de gîtes cuprifères, qui forment en quelque sorte la contre-partie des glles stannifères, car ils sont tous en relation avec des roches basiques et de couleur foncée, tandis que Tétain accompagne des roches acides et de couleur claire. Les diorites, les gabbros, les serpentines, les trapps, etc., paraissent avoir été les véhicules les plus habituels du minerai de cuivre et de ses analogues.

(1) Géologie expérimentale, p. 41.

(2) Charlon, Annales des Mines, 7* série, IX, p. 119.

4178 GITES MÉTALLIFÈRES.

Par ce seul fait que le minerai accompagne une roche basique, on peut préroir qu'il ne doit pas exister sous forme d*oxyde. En effet, c'est à l'état de sulfure qu'on le rencontre. Seule, la partie supérieure des gisements, depuis longtemps exposée à l'action oxydante des eaux d'infiltration et, peut-être aussi, venue au jour avec un certain cortège de vapeurs aqueuses, offre des oxydes, parmi lesquels domine la limonite, d'où b nom qui lui a été donné de chapeau de fer (Eisemerhut) des filons.

Italie, Espagae, etc. — L'un des meilleurs types de ce mode de gisement est le célèbre gîte cuprifère de Monte Catini en Toscane. Sa forme est celle d'un coin, finissant en pointe près de la surface, dans le sein du terrain nummulitique, mais s'élargissant dans la profondeur au point d'atteindre 45 mètres. La roche encaissante est un gabbro verdâtre ou rougeâtre, produit vraisemblable d'une éruption boueuse, de nature serpentineuse et le remplissage de la fente est formé par une argile onctueuse, stéatiteuse, au milieu de laquelle le cuivre pyriteux, le cuivre panaché et le cuivre sulfuré sont disséminés en blocs plus ou moins volumineux. Le toit de la fente est assez régulier et généralement pauvre; mais le mur offre des renflements irréguliers, où le cuivre panaché est tout particulièrement concentré en lentilles de 0"»,40 à 2">,20 d'épaisseur, parfois longues de 45 à 20 mètres en direction.

Au Terriccio, dans la Castellina Haritima, un gros bloc de chalcopyrite a été trouvé, entouré d'argile stéatiteuse, dans un gabbro d'âge nummulilique, et H. Goquahd a observé un fait analogue au milieu des serpentines de la pointe de Ceuta, au Maroc. Enfin, à Rio-Tinto, dans la province de Huelva, en Espagne, la pyrite cuivreuse, mêlée de pyrite de fer, forme des gîtes lenticulaires de 45 à 400 mètres de puissance, sur 80 à 700 mètres de longueur, au voisinage de porphyres dioritiques.

C'est donc une association très constante que celle des roches vertes avec des sulfures cuivreux. Elle se vérifie encore en Lombardie, dans le Val Trompîa, où se répètent les circonstances de la Toscane (4) et en Scandinavie, où le nickel se montre souvent associé au cuivre et toujours au voisinage des anciens gabbros.

Gbessy. — Le curieux gisement de Chessy et de Saint-Bel, dans le Rh6ne, consiste dans une argile ferrugineuse remplie des produits d'oxydation do cuivre, cuivre oxydulé en beaux cristaux, malachite, azurite, cuivre oxydé noir, formant le chapeau de fer d'un gîte de pyrites de fer et de cuivre.

Les minerais oxydés sont aussi à l'état d'imprégnation dans un grès triasique ou permien, mis en contact, par une faille, avec une roche amphibolique, qualifiée'de diorite, et c'est seulement dans cetle dernière que se trouve la pyrite, sous la forme d'une seule grande masse lenticulaire, paraissant synchronique de l'éruption.

(i) Edmond Fuchs, Ânn. des Mines, 4868.

GITES CUPRIFÈRES.

ii79

iVorrése, NasMiii, Onimi. — Le gîte Cuprifère de Vigsnes (flg. 571) est situé , sur la côte sud-ouest de la Norvège (1). H forme un filon irrégulièrement ramifié dans les schistes cambriens, à leur jonction avec un massif de gabbro à saussurite. Des fragments de schiste complètement isolés, de &" de long sur i»* de «large, se rencontrent au milieu de la masse du minerai, qui les imprègne sur une portion de leur épaisseur. Le minerai lui-même consiste en pyrite de fer cuprifère, contenant 40 7o ^^ cuivre et accompagnée de quartz, de calcite et de blende.

Une coupe horizontale du gisement ferait ressortir des inflexions assez nombreuses et une véritable incertitude de délimitation entre le minerai et la roche encaissante, imprégnée à son contact.

Le gite de nickel d*Erterlien (fig. S72) suit assez exactement, en direction conmie en profondeur, le contact

Pig. 571. — Coupe verticale du gîte de pyrites de Vigs- , ... . . ^ ^^* (d'après M. Paske).

dun quarlzite schisteux avec un massif de gabbro à i^^^rHes; % roche imprésaussurite qui Ta percé en formant un dôme (2). La dis- ^^« ^« py"<«' '. roche

,, , y encaissanle stérile.

tribution du minerai, consistant en pyrite magnétique

nickélifère, est très îrrégulîère; quelquefois le gabbro en est assez fortement

imprégné pour qu*on puisse le traiter a.vec avantage. Du reste, en beaucoup

d^autres points de la Norvège, le gabbro et la norite se

montrent accompagnés de minerai de nickel, de cobalt

et de cuivre, et presque toujours les gîtes sont concentrés

au contact de la roche éruplive et du terrain encaissant.

Dans le Nassau, d*après M. Burat, le nickel sulfuré existe dans la pâte même de la diabase de Dillenburg.

A Bogoslowsk , dans TOural, les minerais de cuivre forment des gîtes de contact entre une diorite et un porphyre, ou encore entre une diorite et un calcaire. Le minerai est un mélange de pyrite et de chalcopyrite, avec chapeau de malachite et de limonite. A Gumeschewsk les sulfures sont dans un filon de diorite, tandis que les carbonates marquent le contact du filon avec un calcaire.

Dans la même catégorie doivent être rangés les minerais de platine de TOural, où le platine, associé au fer chromé, a pour gangue ime serpentine.

i.ac Snipérienr. — Les célèbres gîtes de cuivre du lac Supérieur, en Amérique, étant contenus dans les roches cristallines ou cambriennes, leur âge est

(i) Kjppulf, Géologie des sûdlichen yorwegen, p, 307. [2) Mûller in Kjeruif, op. cit., 510.

Fig. 572. — Coupe prise dans le gîte nickélifère d'Erlerlien (d'après M. Fr. MOIler).

1, gabhro % quarlxiie schisteux ; 3, minerai.

H80 GITES MÉTALLIFÈRES.

difficile à fixer avec certitude. Néanmoins on ne peut manquer d*étre frappé de leur constante association avec des trappsplus ou moins amygdaloïdes, analogues aux mélaphyres permiens et qu*un véritable pechstein accompagnée File Royale. Le cuivre est souvent à l'état natif, et M. Rivot en a vu en place une masse dégagée sur plus de 30" de hauteur, avec 8 à 12"» en direction. Le métal forme aussi des veinules ou des lamelles irrégulières, intimement unies à la masse du trapp verdàtre. L'argent natif y est fréquent, soudé au cuivre, mais non mélangé avec lui ; Tun et l'autre sont disséminés péle-méle avec de beaux cristaux de spath calcaire, dans les conditions d'une véritable galvanoplastie naturelle et. comme le trapp agit fortement sur l'aiguille aimantée, M. Rivot a émis l'idée que cette roche avait dû exercer une action électromagnétique sur les dissolutions cuivreuses épanchées en même temps qu'elle. Rammeisberg, Dncktown. — Gitons encore, parmi les remarquables gisements cuprifères, celui du Rammelsberg, au Hartz, puissante lentille, de 600™ de long avec 60" de puissance, formée de pyrites de fer et de cuivre avec galène et blende, et celui de Ducktown dans le Tennessee (fîg. 575). Ce dernier, intercalé dans les schistes huroniens, forme des noyaux massifs de pyrite de fer et de cuivre, ayant 500" de long et jusqu'à 150" de puissance. La chalcopyrile domine en profondeur; ensuite vient '^'^îte'^û^rirére^ de '^ VW^^^ P^^s un étage formé de cuivre oxydulé (cuprite) et Ducktown (d'après de cuivrc carbouaté (malachite), précédant le chapeau supera^^ZTée limo- «^^^^ ^e limouite.

nite; b, zone de la Èj^€Hiaem d'énMuaaUoiis enprlfféres. — De même que pOUr

cuprite et de la ma- ., . ., . . , • , . . • i.

lachite; c. zone de l étain, il paraît y avoir eu deux époques prmcipales d épan-

rf%one de la^pyrue cliemeuts cuivreux, Tiine liée aux éruptions mélaphyriques de

usTr^sTaïUns^^eir ^'^P^^"® permienuc ou triasique, l'autre subordonnée aux épan-

caissants, impré- chemeuts serpcutineux de Téocène supérieur. Cette dernière

est attestée par les gîtes de la Toscane. Quant à la première, ^

elle ressort avec une non moins grande netteté de l'intercalation d'assises stra-

tifiées cuprifères au milieu de l'étage permien. Nous avons déjà mentionné la

couche si constante des schistes bitumineux cuivreux à la base du zechstein de

la Saxe. Des particules extrêmement fines de chalcopyrite, de phillrpsite, de

chalcosine, y sont disséminées dans le schiste avec cuivre et argent natifs et

nickel arsenical. On peut penser que l'arrivée des dissolutions métallifères dans

le bassin où se déposait le schiste a été la cause de la mort des poissons, dont

les restes s'y retrouvent en si grand nombre.

On sait que le cuivre abonde dans le permien russe, au point d'y former, par ses carbonates, le ciment d*un grès dit grès cuprifère. Un grès semblable, avec phillipsite et malachite, s'observe dans le permien des environs de Toulon. Le trias et les arkoses du Morvan présentent de nombreuses taches de cuivre carbonate. Il en ^i^e aussi dans le grès vosgien des environs de Saint-Avold et de Vaudre-

FILONS GONGRËTIONiXfiS.

yange/dans le grès bigarré d'Angleterre, dans le conglomérat permien de la Mûrtschenalp (Glaris), avec cuivre panaché argentifère, cuivre gris, cuivre sulfuré, etc., enfin dans le trias de iNew-Jersey et du Connecticut, où un grès , raétamorphisé par un trapp, contient, dans ses fissures, du cuivre panaché, du cuivre sulfuré et de la malachite.

On peut donc dire que rien ne semble mieux démontré que Tintime liaison des gîtes cuprifères avec des roches basiques et leur récurrence ù deux époques principales, l'époque permienne et celle de Téocène supérieur. Ajoutons que le mercure, à l'état de cinabre, parait, en Californie (t), en relation étroite avec des serpentines associées à des coulées trachytiques, tandis qu*à Almaden, en Espagne, le gisement, qui semble dater de l'époque permo-carbonirère, s*observe au voisinage d'amphibolites.

«iTBS COKCRÉTIOIIIIÉS. FILOUS PLOSBIFÈRES

DéflBlUoa des filons esBcrétioaaés* — Les filons concrétionnés remplissent des fentes bien définies, offrant parfois, comme à Przibram, une régularité presque géométrique. Dans l'intérieur de ces fentes, dont la largeur moyenne se tient aux environs de i ou 2*», les gangues et les minerais forment des zones parallèles aux parois (fig. 574) et où les matières, plutôt concrétionnées que cristallisées, sont implantées normalement aux épontes et d'une manière très symétrique. Quelquefois il subsiste dans l'intérieur des vides ou driises où les cristaux parviennent à se développer avec des faces terminales. Souvent l'intérieur des filons contient des morceaux anguleux de la roche des parois et ceux-ci sont également revêtus (ûg. 575) de couches concentriques de gangues et de minerais (Ringelerze), Il est évident que des eaiix minérales ont circulé avec lenteur dans les fentes, en y déposant, d'une paroi à l'autre, les matières dont elles étaient chargées, jusqu'à ce que rintervalle fût entièrement comblé. De cette façon, l'âge des diverses zones minérales peut

se conclure de leur distance aux épontes. Fréquemment on constate que des druses cristallisées ont été, après coup, remplies par de nouveaux apports, et ainsi du quartz a pu venir se mouler sur des cristaux cubiques de fluorine, dont

Fig. 574. — Coupe d'un filon métallifère en exploitation.

1, 1, épontes du flion (roche encaissante); 2, 2, salbandes; 3, quai'tz; i, pyrite de fer; 5, calcite; 6, quartz et bai^tine; 7, blende et galène.

(i) UoUand, Annales des

GITES MÉTALLIFÈRES.

Fig. 575. — Eiemples de filons bréchiforroes dans les mines de Claustbal (d'après y. Groddeck).

a, fragments de la roche encaissante; b, galène; c, quartx.

il a gardé Tempreiiite en creux. D'autres fois, le remplissage déjà consolidé a été fracturé, la fente s'est ouverte de nouveau et une venue minérale tardive y a

formé un système de veines réceqtes, disloquant les veines anciennes.

Filons da Marts. — L'un des types les plus nets et les plus anciennement connus d'un champ de filons concrétionnés est celui qui s'étend dans le llartz autour de Clausthal, traversant à la fois les couches dévoniennes et celles du Culm. On y distingue une dizaine de groupes de fissures, plus ou moins enchevêtrées, dont chacun offre un filon principal {Hauptgang), qui contient des fragments anguleux des roches encaissantes. Mais le remplissage est surtout formé d'une matière schisteuse tendre, noire, bitumineuse, au toucher gras et se débitant sous le choc en lamelles courbes douées d'un éclat très vif. Cette roche, dite Gangthonschiefer^ paraît résulter de l'écrasement et de l'altération des parois lors

de la formation de la fente. Elle est traversée par de nombreuses veines ou veinules métallifères, atteignant parfois plusieurs mètres de puissance, remplies de galène, de blende, de chalcopyrite et aussi de cuivre gris, avec quartz, barytine, carbonates de chaux et de fer, etc.

La figure 576 montre comment le Pisthaler Gang^ l'un des principaux filons du Hartz, remplit une fissure des schistes dévoniens, au voisinage d'une faille qui les met en contact avec la grauwacke du Culm. Cette faille elle-même est occupée par un autre filon moins puissant, le Neuer gruner Lindener Gang, et le rejet qu'elle produit ne saurait être évalué à moins de 500*°. Ces circonstances donnent , «, „ , . . j à penser que les filons de Claiisthal sont postérieurs

At fllon Neuer gràner Ltnaener; r ~i r

B, Pisiiiaier Gang ; a, grauwacke à l'étage Carbonifère; d'autre part, ils ne pénètrent

à spirifères; b, schistes à calcéo- . ., , . ...... ^ % o

les; c, calcaire Kramenzei ; d, janiais dans le pcnnieu. Amsi 1 âge de la formation ";l;uw.ckê;ircuim: "'"•" "' ^c. fentes se trouve assez étroitement déflni. Le

remplissage concrétionné , dont le dépôt ne parait avoir exercé aucune action sur les parois encaissantes, est évidemment d'une date postérieure. En étudiant les environs d'Availon, dans le Morvan, M. de Beust (1) fut frappé, dés 1840, de voir les imprégnations de galène, de carbonates de cuivre, de quartz et de barytine qui, dans cette région, pénètrent (1) Kritische Beleuchtung der Wernerschen Gangtheorie.

Fig. 5*76. — Conpe passant par le puits Johann Friedrich à Bockswiese (Hartz) (d'après v. Groddeck).

FILONS CONCRÉTIONNÉS. 1I8Ô

au milieu des sédiments du trias et du lias. G*est ainsi qu'on y observe des gryphées arquées dont l'intérieur est rempli de sulfure de plomb. D^ailleurs, dans le voisinage immédiat de ces épanchements, le granité contient, à Chitryles-Mines, de véritables filons eoncrétionnés avec galène, quartz, barytine et fluorine. L*émanation plombifère se trouve ainsi datés au même titre que celle du cuivre dans les schistes permiens du Nansfeld. M. de Beust émit donc le premier l'idée que le remplissage plombeux, barytique et quartzeux des filons de TErzgebirge et du Uartz était Tœuvre des périodes qui ont immédiatement suivi le dépôt des couches permiennes. Cette conclusion, aujourd'hui pleinement acceptée, fait du remplissage métallifère des anciens filons concrétionnési'œuvre d'une activité thermale et, sans doute aussi, solfatarienne, qui, succédant aux épanchements de la série éruptive ancienne, a marqué les premiers temps de l'ère secondaire.

A un autre district appartiennent» dans le Hartz inférieur, les filons de Saint- Andreasberg, remarquables par leur gangue de calcite, hexagonale ou rhomboédrique, et contenant galène, blende, argent rouge, arséniures et antimoniures d'argent, arsenic natif, avec de nombreuses zéolithes, apophyllite, harmotome, stilbite et de la fluorine. La roche encaissante est formée de schistes et de grauwackes du silurien inférieur; mais les filons sont exactement concentiés à l'intérieur d'une ellipse criblée de fentes puissantes et stériles, dites faule Ruscheln, dont le remplissage est constitué par une matière argileuse grasse avec fragments du schiste argileux encaissant.

Ersipebirge, Prmlbram. — L'Erzgebirge saxon est depuis longtemps célèbre par ses districts miniers, dont Freyberg occupe le centre. Les émanations métallifères en ont été classées comme il suit par MM. Michel-Lévy et Choulette (1) :

d* Venue sulfurée ancienne, de l'époque du système du Rhin (direction, 24^), composée de :

blende noire, galène argentifère, mispickel, pyrite, chalcopyrite, quartx blanc laiteux et vitreux

cristallin, dolomie et manganèse carbonate ; coïncidant avec Téruption des eurites et des pech-

steins.

2* Venue barytique, ferrugineuêe, fluorée et cuprifère, entre le Thuringerwald et le mont Viso.

— Bournonite, galène pauvre, chalcopyrite, cuivre gris, oliglste, limonite, manganèse, quartz,

barytine, dolomie, fer carbonate, fluorine. 5' Venue sulfurée, arsenicale et antimonifh'e, contemporaine des Pyrénées (dir. 1140}. — Galène,

cobalt, nickel, bismuth, avec quartz saccharoide. 4* Venue de barytine, fluorine et pyrites concrétionnées, s'échelonnant des Pyrénées aux Alpes

occidentales.

5» Venue de dolomie et de calcite, contemporaine des Alpes occidentales (dir. 33®). 6<* Venue de pechblende et d'argent rouge, avec chalcolithe, de l'âge des Alpes principales (dir.

790), associée à l'épancheraent des basaltes et des phonolithes.

Le nombre des filons reconnus dans le gneiss des environs de Freyberg dépasse mille, dont cent cinquante forment ce qu'on appelle la formation quartzeuse noble, caractérisée par l'association au quartz de l'argent rouge, de l'argent sulfuré et de l'argent natif. L'activité éruptive se traduit d'ailleurs encore dans l'Erzgebirge par le grand nombre des sources thermales.

(1) Ann. des Mines, 1871.

79» . Système du Finistère.

du Westmoreland.

de la Côte-lOr.

im

des Pyrénées.

de Corse et Sardaigne.

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