SO
des Alpes occident&les.
des Alpes principales.
de l'Etna-Ténare.
1184 GITES MÉTALLIFÈRES.
A Przibram, en Bohème, il paraît y avoir eu d'abord une vernie $ulfuree (1), dont les fentes sont dirigées 24^ et qui est composée de sulfures, d*arséniures et d'antimoniures de plomb, de zinc, de fer, de cuivre, de nickel, de cobalt et d'argent, avec quartz et fer carbonate. La blende apparaît la première sur les salbandes ; ensuite viennent la galène et le quartz. Ce premier remplissage, une fois consolidé, a subi une dislocation violente et une vernie barytique s*y est alors introduite par simple réouverture, bientôt suivie Hun^venue de cakite. La grande venue sulfurée serait contemporaine du trias.
Tialas. — Un champ de fracture très remarquable par Textréme multiplicité des fentes métallifères est celui de Yialas, dans la Lozère. Une étude attentive des rejets mutuels a porté M. Rivot à classer les filons, par ordre d'ancienneté, conformément au tableau suivant, où sont indiqués les systèmes de dislocations dont les fentes paraissent avoir été contemporaines (2) :
1» Fractures hora 6 à 7 de la boussole, dir. =
Quant aux remplissages, ils paraissent avoir pénétré aux époques suivantes :
1" Quartz etpyriles des fllons A. 4, avec ces fentes ou è peu près.
2<* Galène pauvre, quartz et calcite, probablement avant A. 8 à 9.
3** Quartz laiteux avec pyrites, blende et galène pauvre, avec ou peu après A. 8 à 9.
4'* Quartz ferrugineux, peu après les fentes A. 3.
5** Barytine au moment des fentes A. 6 ou peu après.
e*" Galène areentifère avec calcite opaque, après A. 3.
7** Galène riche avec calcite cristallisée et barytine rose, lors des fentes A. 8.
Les filons à. 8 à 9 sont les plus importants comme puissance et comme continuité. Ensuite viennent, sous ce rapport, les filons h. 3.
D'après cela, les sources minérales qui ont amené les galènes argentifères de Vialas seraient contemporaines des assises les plus élevées du groupe tertiaire; celles môme qui ont déposé les minerais les plus riches seraient post-tertiaires. Ces remarquables résultats n*ont pu être déduits que de Tétudc des réouvertures et de la comparaison des directions ; car les filons de Vialas ne traversent d'autres terrains que celui des micaschistes. Il est vrai que, dans le voisinage, les mêmes matières de remplissage sont connues dans les sédiments carbonifères et jusque dans le lias. Ajoutons que la mollasse des environs de Thoune offre de petites dislocations où les fentes sont remplies de spath calcaire avec barytine disséminée (3). Ainsi, dans les Alpes, la venue de ces minéraux serait essentiellement moderne. En outre, d'après les observations de H. Julien, les filons de
(1) Michel-Lévy et Choulette, Ann, des Mine», 1869.
(2) Rivot, Ann, des Mines, 1863.
(5) Bacliniann in Ernest Favre, Revue géoL suisse^ XII, p. 23.
GITES DIVERS.
barytine d*Auvergne, dont les beaux cristaux existent dans toutes les collections, remontent jusque dans le calcaire à Potamides Lamarcki.
Deux époques d'émanalions plomblfères. — D'après tout ce qui vient d*être indiqué, il y a eu en Europe, à partir de Tépoque triasique, une période métallifère très générale, pendant laquelle les fentes de l'écorce terrestre ont reçu, sous la forme de filons concrétionnés, des minerais principalement plombifères. Les dissolutions qui amenaient ces minerais s'épanchaient parfois au milieu des sédiments triasiques ou infraliasiques, comme dans le Morvan, à Tarnowitz (Haute- Silésie) et en Prusse rhénane.
Plus tard, les dislocations qui ont donné naissance aux Pyrénées et aux Alpes principales ont ramené une seconde période métallifère, très analogue à la première. 11 est remarquable que ces deux périodes aient été caractérisées, Tune et Tautre, par d'abondants dépôts de chlorure de sodium et de sulfate de chaux (1). Cette concomitance, depuis longtemps signalée par Elie de Beaumont pour la période triasique» semble fournir un puissant argument en faveur de l'origine interne des principaux dépôts de sel gemme et de gypse.
«frES HIIIÉRAUX DIV.BR4
«Iles solfatarieiis. Comstoek Iode. Colorado. — Nous décrirons dans ce paragraphe un certain nombre de gîtes minéraux qui ne se relient pas nettement à l'une des catégories précédentes. Les plus importants sont les gisements, riches en métaux précieux, dont le type existe en Californie et qu'on pourrait appeler solfatariens^ parce qu'ils résultent évidemment de puissantes solfatares, venues au jour avec des roches trachytoïdes. Ces gisements se rapprochent beaucoup des gites d'émanation directe, avec lesquels nous les aurions décrits s'ils ne présentaient pas aussi un certain nombre des particularités des filons concrétion nés.
A celle famille appartient le célèbre Fig. 577. — Coupe verticale du Comstocu iode.
filnn <-nnmi qaikî 1p nom rfp Cnmitlnrk t syénite; 2, propylite 6n masse; 3. propylile en mon connu sous le nom ae LOmStOCK aion; l, andésite; 5, quarU et minerais ; p,p',p',
locle et qui, sur une longueur de 7 kilo- P"'»^ d'extraction. mètres, alimente, dans le Colorado,, les trois districts de Gold Hill, de Virginia et d'Ophir. Ce filon, dont la coupe est représentée dans la figure 577, est une (i) Michel-Lévy et Choulette, Ann. des Mines, 1871.
DE UPPARERTf TRAITÉ DE GEOLOGIE. i<5
^ûû^
1186 GITES MÉTALLIFÈRES.
fente irrégulière, ouverte au contact d'une syénite avec une andésite amphibo^ liqiie, qualifiée par M. de Richthofen de propylite. Après Téruption de cette dernière roche, une andésite ordinaire s'est fait jour, amenant avec elle de puissantes émanations solfatariennes, qui ont décomposé la propylite et Vont imprégnée de minerai, pendant que, tout autour, se déposaient d*énormes masses de quartz gris ou rose.
Le filon, puissant de 200 à 500°° aux affleurements, se coince dans la profondeur, où il se poursuit alors, au moins à Gold Hill, sous la fcHiue d'une fente ordinaire, à parois parallèles, de 20" de puissance. Les parties riches forment, au milieu du quartz, d'énormes lentilles irrégulières dites bananxas^ et dont chacune n'est qu'un morceau altéré de propylite, devenue spongieuse, argileuse et pénétrée de psaturose (argent rouge), ^'argent sulfuré, d'argent natif, de galène riche, avec de l'or, de la pyrite et de la blende. La principale bonanza de Gold Hill avait plus de 300°^ de longueur sur 250" de hauteur moyenne et, dans les cinq premières années de sa mise en exploitation, le Comstock Iode a fourni pour 340 millions de francs de métaux précieux. La formation et le remplissage de cette remarquable fente datent de la fin de la période miocène.
Il est à remarquer que l'activité des émanations ne parait pas complètement éteinte dans le Comstock Iode où, dès le début, des sources chaudes ont souvent gêné le travail des mineurs.
Les filons aurifères du Colorado offrent, à la puissance près, des caractères analogues à ceux du Comstock Iode. C'est ainsi que la plupart d'entre eux sont formés par un remplissage de quartz et de feldspath surchargé de silice, où les minerais riches se concentrent- en veines de sulfures de fer et de cuivre, avec un peu de galène, de blende et de mispickel. L'or se trouve en mouches au milieu des pyrites (i). Dans les monts Calaveras, en Californie, l'or et Targent sont associés au tellure.
■oacric. TraasylTMiie. — Les filons du district de Schemnitz, en Hongrie, offrent l'association des caractères propres aux filons concrétionnés avec ceux qui appartiennent aux gîtes d'émanation. Leur relation avec les andésites amphiboliques de la période miocène est évidente et l'on peut saisir sur le fait rallération de la roche encaissante sous l'influence des émanations solfatariennes. Mais ce n'est que plus tard que les fentes se sont remplies de sulfures de plomb et d'argent, ce dernier métal étant plus ou moins aurifère. L'allure des filons est celle de veines entrelacées, s'enrichissant en leurs points de rencontre. Les directions principales sont 15° et 35°. Le pendage est faible, oscillant d*ordinaire entre 40» et 70».
On distingue (2) les filons contenus dans les andésites amphiboliques et ceux qui traversent la syénite et les schistes anciens. Le premier groupe, le plus important, se compose de sept filons, dont chacun est plutôt un ensemble de
(1) Hague, Geol. exploration of tke 40'^ parallel, 1870.
(2) Zeiller et Hem7, Ann. de$ Mines, 7« série, III, p. 207.
GITES DIVERS. il87
fentes qu'un filon proprement dit, la distance entre les deux veines extrêmes d*un même ensemble pouvant atteindre 40 mètres. Dans l'intervalle de ces deux veines, ainsi que sur ime certaine épaisseur à droite et à gauche, l'andésite est toujours imprégnée de cristaux cubiques de pyrite de fer, preuve des émanations solfatariennes ; mais c'est dans les fentes que sont concentrés les métaux pré-' cieux, dont la venue parait avoir exactement coïncidé avec l'épanchement des phyolithes; car, d'après M. de Richthofen, c'est seulement au vôièinage de ces roches acides que les andésites de la Hongrie et de la Transylvanie renferment des gîtes argentifères et aurifères. Le remplissage date donc de la fin du miocène ou des débuts du pliocène. D'autre part, la direction des filons est en moyenne de 35», ce qui est, à 2 degrés près, Torientation du système des Alpes, transportée à Schemnitz. 11 y a donc ici un précieux accord entre les données de la stratigraphie et celles que fournit la considération des directions.
Il convient également de rattacher au type californien les gîtes aurifères du dialirict de Vôrôspatak-Nagyag, en Transylvanie, étroitement reliés aux éruptions de dacitede laceiàlrée. L'or, répandu dans le quartz avec les pyrites, soit à l'état natif, soit en combinaison avec le tellure, occupe des filons irréguliers dans la roche étupHve elle-même ou dans un conglomérat tertiaire au milieu duquel les fentes semblent se perdre. Les parties puissantes des gîtes sont, conune au Comstock Iode, de véritables brèches, où des morceaux de dacite et d'andésite ont subi l'action des émanations sulfureuses. Dans le conglomérai* on remarque que la richesse .en minerai noble est d'autant plus grande que les filons sont plus intimement fondus avec la roche encaissante et que les galets quai^zeux de cette dernière sont plus gros (1).
Par une exception peu commune, l'or de Vôrôspalak est souvent en cristaux, qui contiennent une proportion sensible d'argent.
Australie. — L*or australien se trouve surtout dans des filons de quartz, qui traversent en grand nombre les schistes siluriens. Une forme particulière est celle des veimileft horizontales de quartz aurifère, apparaissant sur toute la hauteur d'un filon presque vertical de diabase. La venue de l'or date de deux époques distinctes : une époque ancienne» probablement contemporaine du silurien supérieur, et une époque moderne» sans doute de la fin de l'ère tertiaire. Grâce à la venue ancienne, les conglomérats permo-carbonifères contiennent de l'or natif. Mais la principale richesse est concentrée dans les alluvions pliocénes et actuelles, formées aux dépens des filons de la venue la plus récente.
Oiifflste. Fer oxydnié. — Le fer oligiste qui, dans la nature actuelle, s'offre à nous comme un produit de la décomposition du chlorure de fer des volcans par la vapeur d'eau, accompagne souvent les massifs granitiques, auxquels il forme une sorte d'auréole. C'est ainsi qu'on l'observe au voisinage du granité du Rehberg, près de Saint-Andreasberg au Hartz, et sur la limite des
(1) Hôfer, Zeitê, d. é. ^êqU GeulUchaft, XVII, p. SS5
1188 GITES MÉTALLIFÈRES.
massifs granitiques de Norvège (1). Le gîte si célèbre d*oligiste de Rio, dans l'île d'Elbe, quoique très voisin des serpentines et des gabbros de la région, parait lié à répanchement granitique tertiaire de Tile (2).
Quant au fer oxydulé, celui de la Scandinavie est presque toujours en amas enclavés dans le terrain primitif, au voisinage des amphibolites.
iNamant. — Le gisement du diamant a beaucoup exercé la sagacité des observateurs. La plupart du temps ce précieux minéral se rencontre, à Tétat remanié, dans des alluvions. Mais il en est autrement au Gap, où la rocbe-mère du diamant est ime sorte d'ophite bréchoide, occupant, à la surface du sol, des cavités elliptiques en forme d*entonnoirs. Dans cette gangue, qui a toutes les apparences d une boue éruptive, le diamant existe en octaèdres très nets, à faces légèrement courbes, séparées de la roche encaissante par un mince enduit de calcite. On a également signalé du diamant dans une serpentine platinifère de Bornéo.
Dans la province de Minas Geraes, au Brésil, le diamant se trouve dans des alluvions, en compagnie d'oxydes de titane, de fer titane, de tourmaline, de quartz, de martite, etc., en échantillons roulés. Or, d'après M. Gorceix, le diamant se rencontre aussi en place, dans des argiles provenant manifestement de la décomposition in situ de schistes anciens, et où l'on voit des filons de quartz avec rutile, anatase, oligiste et martite. Dans ce gisement, ni le diamant, ni les autres minéraux ne présentent de traces d'usure.
11 y aurait encore bien des choses intéressantes à dire sur le gisement d'un grand nombre de matières diversement précieuses. Mais une telle description nous entraînerait au delà du cadre de cet ouvrage, où nous avons simplement voulu donner un aperçu des principales variétés géologiques de gîtes minéraux.
§5 ;distributioii dbs parties riches dars les filors.
«ETES CAX.ARIRAIRES
liOis empiriques. — La distribution du remplissage est loin d'être uniforme dans l'étendue d'un même filon. La nature des substances et la richesse des minerais peuvent varier, aussi bien suivant la direction d'un filon que suivant sa pente. Dans les pays où l'exploitation des mines est d'ancienne date, on s'est depuis longtemps préoccupé de préciser le caractère de ces variations et, dans le district de Gornouailles, l'expérience des mineurs a amené MM. Carne, Fox, Henwood et Gh. Thomas à formuler un certain nombre de lois empiriques, applicables tout au moins aux fiions d'étain et de cuivre de la région. . On a reconnu d'abord que les parties riches, qui constituent comme autant
(1) Kjerulf, Géologie des millleren Norwegen, 1880, p. 81.
(2) Delaiioûe, Buil. Soc. géol. de France, 2» série, XXY, p. 834.