‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 456 sur 483 · PARTIES RICHES DES FILONS · texte numérisé non relu

PARTIES RICHES DES FILONS

Or cet alignement n*est autre que celui que le filon affecte de préférence dans la traversée des roches favorables.

Inflaenee de l'incllaaUoB. — > Les principes qui viennent d*étre posés conduisent à des résultats différents, suivant que les cassures plongent ou ne plongent pas dans le même sens que les strates du terrain encaissant (i). Dans le premier cas, lorsque la cassure affecte des roches tendres ou schisteuses, elle met en jeu la tendance des feuillets à glisser les uns sur les autres et, de cette manière, le parcours du filon dans les strates défavorables tend à s^allonger. L'inverse a lieu quand Tinclinaison du filon est contraire à celle des strates encaissantes, et alors l'exploitation se trouve dans des conditions meilleures.

CcMmonaUles, ^mj» de «ailes. — Dans le district de Cornouailles, le granité stannifére est divisé en bancs; il en est de même des schistes dévoniens au milieu desquels il a été injecté et qui forment^ autour de chaque mamelon granitique, une sorte d*auréole. Le nombre de ces protubérances granitiques étant considèrable, il en résuite qu'un même filon, non seulement change souvent de strates encaissantes, mais encore peut passer plus d*une fois de la condition de filon conforme à celle de fUon inverse. De là peuvent résulter, dans sa richesse, d'importantes variations.

lien est tout autrement dans le pays de Galles, où le relèvement du sol a eu lieu sous k forme de plis parallèles, alternativement synclinaux et anticlinaux. Cette circonstance suffirait, toutes choses égales d'ailleurs, pour justifier la grande «Kfférence d'allure qu'on observe entre les gisements de Cornouailles et ceux de l'autre district. En tout cas, on peut poser en principe que l'allure et le remplissage des fentes dues à un même système de fractures ne seront pas les mêmes dans les diverses régions que ces fentes pourront traverser.

■■naeaeeehiBil^iie du terrain. — Nous venons d'étudier l'influence exercée sur la richesse des filons par les circonstances mécaniques de la cassure. Mais il est des cas où la nature de la roche encaissante ne se borne pas à déterminer la direction et le degré d'ouverture des fentes; elle intervient encore en facilitant plus ou moins le phénomène chimique du remplissage. En effet, quelle que soit la source de ce dernier, la manière dont les minerais et les gangues se séparent des eaux qui les contiennent, pour s'appliquer sur les parois des fentes, ne peut manquer d'être, jusqu'à un certain point, en rapport avec la nature de ces parois. La composition minéralogique des roches, leur conductibilité, soit pour la chaleur, soit à l'égard des courants électriques, entrent en jeu lorsque les substances métalliques se précipitent, et cela peut suffire pour déterminer, dans le plan d'un filon, une certaine répartition de la richesse métallifère, conforme aux variations du terrain encaissant.

Cette influence est surtout visible lorsqu'un filon, après avoir travt»rsé dos roches siliceuses, passe tout d'un coup dans des calcaires. Dans ce cas, le calcaire se montre, à droite et à gauche, attaqué et imprégné de minerai, en môme temps

(1) Mo sscnet, op. cit.

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GITES MËTALLIFÈRES.

Fig. 581. ~ Gtte calaminaire de Dickenbusch. SS', schistes; CO, calcaire; G, calamine.

que la fente s*élargit an point de perdre absolument le caractère d*un filon, donnant naissance à un amas de minerai, qu*une étude attentive permet seule de rattacher aux filons voisins. Le type de ces élargissements des fentes métallifères est réalisé par les gîtes calaminaires, dont il convient de dire ici quelques mots. dites caïaminaires. — Soit FF' (fig. 581) Taffleurement d*un filon de galène et de blenfle, traversant une couche de calcaire G, comprise entre deux massifs

schisteux S et S'. Dans les schistes, on n*observe qu*un filon ordinaire, très mince, avec remplissage métallique de sulfures ; mais à peine ce filon rencontre-t-il le calcaire qu*il disparait au milieu d*un amas ABA'B', rempli de minerais oxydés, silicates et carbonates. Evidemment les eaux qui, dans les schistes, déposaient des sulfures, ont attaqué et dissous le calcaire ; Tespace accessible aux émanations minérales s*est considérablement élargi et en même temps le milieu réducteur a lait place à un milieu oxydant. La coupe qui vient d'être donnée est justement celle du gîte calaminaire de Dickenbusch. Pour avoir la représentation du gftede Bleiberg, il suffirait de doubler la figure, le calcaire carbonifère foimant un fond de bateau, avec schiste houiller au milieu et sur les deux bords. La figure 582 (1) représente la coupe verticale du célèbre gisement de calamine

de Horesnet. Ce gite se

trouve à la rencontre d*un filon de blende, de 0«,25 de puissance, avec Textrémité d*un fond de bateau formé par le calcaire carbonifère. Dans la traversée du calcaire, Télargissement du gîte atteint 150 mètres. De nombreux blocs inaltérés de calcaire sont disséminés au milieu d'une argile imprégnée de calamine ; entre cette argile et la dolomie qui la sépare de la grauwacke s'étend une zone de calamine pure, ayant de 2 à 5 mètres d'épaisseur.

Les circonstances sont les mêmes en Sardaigne, où, à Monteponi, la calamine forme, dans les parties les moins compactes du calcaire silurien encaissant, des amas lenticulaires, dont le principal a 40 mètres de puissance.

(1) Cette figure et la précédente ont été communiquées à Tauteur par M. Edmond Fucbs, ingénieur en chef des mines.

Aœt^ du^fUon/

Fig. 582. — Diagramme du gîte de calamine de Moresnet.

1, terrain houiller; 2, calcaire carbonifère; 3, dolomie quartzeuse;

i, schistes et grauwacke; 5, calamine.

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