PARTIES RICHES DES FILONS
Ouest
de mines dans lamine^ forment, dans le plan du filon, tantôt une colonne couchée (course oforé), tantôt une série d*aroas alignés (bunches), dont l'ensemble équivaut à une colonne interrompue. D*autres fois, il y a, comme à Snailbeach, une série de colonnes inclinées ou shoots^ parallèles les unes aux autres (fig. 578).
II est aisé de s*assurer que cette disposition est en général tout à fait indépendante de la rencontre du filon
principal par des filons croiseurs, bien Fig. 578. — DisposiUon des parties riches dans un
que, dans certains cas, le croisement mon de Snaiibeach (ComouaiUes).
j, ,. ^ ^ .. ,, ... (Les parties riebes sont marquées par des hachures).
de plusieurs fentes entraîne 1 enrichissement du remplissage. On en a trouvé Texplication en étudiant concurremment les variations de la richesse des filons et celles de la nature des terrains encaissants, C*est ainsi qu'on a pu poser les règles suivantes :
!• Les parties riches d un filon sont celles qui correspondent à la rencontré du plan du filon par certaines strates du terrain encaissant. Ces strates, dont la réapparition permet de bien augurer de la richesse du gîte, méritent d*étre appelées strates favorables.
2<^ Les parties riches des filons plongent en général dans le même sens que le terrain encaissant.
A ces deux lois, dont la seconde est la conséquence de la première, l'observation de la direction et de Tinclinaison a permis d'en ajouter deux autres.
3^ Les parties les plus riches d'un filon sont celles où l'inclinaison est le plus Toisine de la verticale.
4^ Dans un même filon, les parties riches ne sont pas orientées au hasard ; leurs alignements forment, d'un côté ou de l'autre de la direction moyenne du filon, une série d'élé-
ments parallèles entre -^g^^:^^;^;**^^^^^::^;^,!*? ■f.:^^:^^2r;^^ér^^^^^=:i:^;;;^T^' — eux et dont la direction
, Fig. 579. — Orientation des parties riches r dans un filon FF*.
commune est ce qu on
peut appeler la bonne orientation. Ainsi, dans la figure 579, les parties riches r du filon FF' sont parallèles entre elles et leur orientation diffère un peu de la moyenne générale FF'.
CoBsIdératloB de la dareté do terrain encaissant. — Les règles ainsi posées sont purement empiriques; mais il est possible de leur donner un autre caractère en se reportant, comme l'a fait M. Moissenet (1), aux phénomènes généraux de la formation et du remplissage des fentes métallifères.
En effet, tout filon est le résultat d'une fracture qui a fait naître, dans l'écorce terrestre, des canaux à travers lesquels des sources ou des émanations minérales se sont frayé un passage. Dans ces canaux, sous diverses circonstances de tem-
(1) Parties ricket des filons. Paris, 4874, i vol. avec atlas.
ii90 GITES MÉTALLIFÈRES.
péiature, de pression et d*état électrique, les vapeurs ou les eaux minéralisées ont produit des dépôts, variables avec la nature des dissolvants et aussi avec celle des roches encaissantes, plus ou moins aptes, suivant les cas, à subir Faction de ces dissolvants.
Mais, à égalité de circonstances pkysiqties et chimiqueSy ce qui domine tout, c'est le phénomène mécanique de la fracture, duquel dépend VéUU de conservation des canaux souterrains. Cela étant, il est de toute évidence que les canaux n*ont pu se bien former et se maintenir en bon état que dans des roches assez tendres pour se fendre sans difficulté, mais en même temps assez résistantes pour que le produit de Téboulement des parois ne vint pas combler le vide des crevasses. M. Moissenet a donc pu substituer avec avantage la notion de la dureté des strates à celle de leur convenance intrinsèque et dire :
Les parties riches des filons sont celles où la fente est encaissée dans des strates de dureté moyenne.
Conséquences de la variation des roehes enealssantes. — Les deux premières lois empiriques, conséquence Tune de Tautre, étant ainsi rattachées à la notion de la dureté des roches, il est aisé de rendre compte de la troisième. En effet, supposons (fig. 580) un terrain composé de couches moyennement dures
de grès quartzeux, alternant avec des cou-
■ - '-=- — ^"*1^ "TT'""^ '^ ^**®^ ^® schiste tendre. Si une fente tend à "* 4:Cl..-..-.-.-l.--...---..ff ®'y produire suivant une direction moyenne
.:;;::::!p>>:;>^x.;;ç^^ FF', ccttc feuto sc composcra nécessai-
• *' ■ ■ '■ ■ "•'M'- ■ '"••••'•'•••^^ rement d'éléments d'inéirale inclinaison.
p - yy^ n Dans les schistes, la résistance de la roche
fe- "^ - .:^ -=^:^S étant faible, la cassure se produira à peu
-- ~^-:'i^--^W'^MWmMWïïm. près dans le sens de Teffort général ; mais,
''\ ' ■ ''••^'•'•''•'''^^^==^^^^,1 II, ^ dans le grès, elle se déviera en se lappro-
^ chant de la perpendiculaire aux strates,
Fig. 580. — DisposiUon en gradins d'un filon direction Suivant laquelle il y a le moins
rT."^TXr./„a."''''""*™"' de résistance à rencontrer. La fente s.
formera donc en échelons. Dans les parties schisteuses peu inclinées, le toit glissera en restant appliqué sur le mur et la fente sera très peu ouverte. Au contraire, ce glissement fera naîlre, dans la traversée de toutes les couches de grès, des espaces vides propres à la circulation des eaux et à Taccumulation des remplissages minéraux. Ainsi s'explique la disposition en gradins d'un riche filon plorabifère à Alslon-Moor (Cumberland). Mais on voit aussi qu'il faut que la hauteur de chute du toit sur le mur ne dépasse pas une certaine limife; d'une part, pour ne pas faire' naître un vide trop grand et diffîcile à maintenir ouvert, d'autre part, pour ne pas amener en contact une paroi do grès solide avec une autre de schiste tendre.
Le fait dominant qu'exprime la quatrième loi, c'est l'existence, pour les parties riches, d'un alignement déûni, distinct de la direction moyenne dos filons.