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ACTION DE L'ATMOSPHÈRE

§1 ÉROSIOMS BT TRANSPORTS ATMOSPHÉRIQUES

Principe de inaction atmospliérique. — L*atmosphère agit directement sur les parties solides du globe par sa température, par sa composition et par sa masse.

L'action de la température consiste à désagréger les roches, soit par dessiccation et retrait sous Tinfluence de la chaleur, soit par fendillement sous Tin- /lueoce du froid. Ce dernier effet peut être considérablement facilité par Teau dont la plupart des roches sont plus ou moins imbibées et qui, en se congelant la nuit dans les fissures que le retrait a fait naître, produit, par sa dilatation, reflet d'un coin pour séparer les parties fendues. C'est la succession, plusieurs fois répétée, du chaud et du froid, qui provoque la désagrégation rapide de la surface des roches et les réduit en menus fragments. Sur les hautes montagnes, où le froid de l'hiver est intense et où, la plupart du temps, les phénomènes de dislocation ont, à l'avance, préparé les plans de division, les flancs des cimes sont le plus souvent jonchés d'amas chaotiques de blocs ainsi détachés sous l'influence des variations de la température. Seulement, dans ce cas, l'atmosphère est loin d'être seule en jeu et il convient de faire une part très importante à l'action de la neige et de l'eau qui sont venues remplir les fissures.

Dans les pays de plaines, les alternatives de chaud et de froid, susceptibles de produire quelquefois, dans l'espace de douze heures, des différences de près de <;ent degrés, réduisent peu à peu la surface des roches en éléments assez minces pour qu'un faible effort mécanique suffise à les déplacer. C'est alors que, sur ces particules désagrégées, l'atmosphère devient capable d'agir par sa masse en produisant des effets de transport souvent très intenses.

fadi«eace die 1a séchereave. Béserui. — Mais pour que ces effets puissent se produire, il est nécessaire que les particules détachées des roches demeurent sèches, c'est-à-dire que l'action atmosphérique ne soit pas effacée par celle, beaucoup plus puissante, de la pluie et des rivières. C'est dans ce sens qu'intervient la composition de l'air, considérée du moins au point de vue de sa richesse en vapeur d'eau. C'est pourquoi, partout ailleurs qu'au bord de la mer, où la force du vent est assez grande pour qu'aucun obstacle n'entrave sa manifestation, le travail mécanique qu'on peut attribuer en propre à la masse de l'atmosphère ne se produit que quand l'air est exceptionnellement sec. D'une part, la sécheresse de l'air a pour conséquence l'absence des cours d'eau, qui 'ne peuvent s'alimenter que par les précipitations atmosphériques et le vent n'a plus à redouter la concurrence d'un instrument de transport d'une efficacité supérieure. D'autre part, cette sécheresse réagit directement sur l'état physique du sol en donnant naissance au phénomène des déserts.

Un désert n'est pas nécessairement un ancien fond de mer ou de lac desséché, sur lequel l'action calorifique du soleil s'est exercée avant qu'aucune végétation ait pu s'y développer. Une atmosphère sèche succédant, par suite d'un changement de climat, à un air suffisamment pourvu de vapeur d'eau, peut transformer en désert ime région jusqu'alors occupée par la végétation. En effet les plantes ne peuvent vivre que dans un air contenant une certaine proportion d'humidité et ce n'est qu'à la faveur de ce véhicule aqueux qu'elles puisent dans le sol certains principes nécessaires à leur alimentation. La sécheresse de l'air entraîne

DTÏIAMIQIIE EXTERNE.

donc la suppression de toute végétation et ainsi rien ne protège plus la terre contre l'ardeur du soleil et les alternatives de la température. Dès lors, sous l'action d'un ciel obstinément pur, les sonunets des montagnes se dégarnissent des neiges qui les couvraient, les pentes perdent leur parure de forôts et sur les plaines, devenues arides, le sol acquiert une mobilité qui le livre sans défense à l'action mécanique du vent. C'est de cette manière que le territoire du Colorado et le bassin du grand Lac Salé, compris entre les Montagnes Rocheuses et la chaîne côtière du Pacifique, ont vu, sous l'influence d'un changement radical survenu dans l'humidité de l'atmosphère au début de la période actuelle, leurs lacs tarir et leurs plaines se transformer en déserts de sables ou de pierres.

D'après cela, le pouvoir mécanique du vent, comme agent de modification de la surface terrestre, doit dépendre à la fois de la sécheresse et de la vitesse des masses d'air en mouvement. C'est-à-dire que la source première en doit être cherchée dans les phénomènes qui président à la circulation atmosphérique et que nous avons précédemment analysés dans leurs traits généraux, en montrant dans quelle large mesure ils sont influencés par la distribution relative des terres et des eaux. Mais en outre l'effet dont les vents sont capables est puissamment modifié en chaque lieu par les circonstances topographiques ; on peut donc dire en toute sûreté que l'action mécanique de l'atmosphère est principalement réglée par les conditions géographiques actuelles du milieu dans lequel elle est appelée à s'exercer.

Vitesse du vent. — La masse de l'atmosphère, quand elle est mise en mouvement, s'augmente des particules solides qu'elle transporte et qui en font ainsi, dans certains cas, un puissant agent d'érosion. Comme cet effet est lié à la ^^tess4» du vent, il importe de se faire une idée de la valeur que peut atteindre cet élément.

La vitesse des vents ordinaires varie depuis 0'",50 par seconde jusqu'à 28 mètres, limite à laquelle on peut faire commencer la catégorie des ouragans. Voici, d'après M. Czerny (i) , les vitesses et les pressions correspondantes des diverses espèces de vents.

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