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EXPÉRIENCES RELATIVES AUX DISLOCATIONS

commençaient les premières convulsions alpines, si bien accusées par la manière d'être des sédiments mollassiques. Enfin le paroxysme volcanique a coïncidé avec le pliocène, c'est-à-dire avec le moment où les Alpes venaient d'acquérir leur relief définitif.

EXrÉRIEMCBB RELATIVES AUX DI8LOCATIOM8. MÉTAMORPHISME MÉCAMIQUE

Idé« ffondamentalc des expérJernees. — L'idée générale du rempli, avec les cassures, les glissements et les écrasements latéraux qui en sont la suite, rend compte implicitement de tous les genres de dislocations dont les couches de l'écorce sont affectées. 11 n'en importe pas moins de préciser davantage l'analyse de ces accidents, afin de reconnaître, s'il est possible, à quelles causes doit être attribuée leur infinie variété. C'est ici que l'expérience vient utilement à l'aide de l'observation et du raisonnement ; mais avant d'indiquer les résultats auxquels elle conduit, il ne sera pas hors de propos de rappeler conunent cette idée s'est peu à peu introduite dans la science.

C'est dans Içs travaux de Descartes qu'on trouve le premier germe de la notion si simple des écrasements latéraux. Voici ce qu'écrivait en 1644 ce grand philosophe, dans un passage où il représentait la surface terrestre par une couche £, superposée à une autre couche C. a Or, y ayant plusieurs fentes dans le corps £, lesquelles s'augmentaient de plus en plus, elles sont enfin devenues si grandes qu'il n'a pu se soutenir plus longtemps par la liaison de ses parties, et que la voûte qu'il composait se crevant tout d'un coup, sa pesanteur l'a fait tomber en grandes pièces sur la superficie du corps C; mais parce que cette superficie n'était pas assez large pour recevoir toutes les pièces de ce corps en la même situation qu'elles avaient été auparavant, il a fallu que quelques-unes soient tombées de côté et se soient appuyées les unes contre les autres (1) ». T>e son côté, en 1795, parlant de la structure des montagnes voisines de Grindelwald, Saussure y voyait « un bel exemple des refoulements, que je regarde comme la cause générale du redressement des couches originairement horizontales (2) ».

C'est en 1815 que sir James Hall imagina de vérifier cette conception par des expériences demeurées célèbres (5). 11 empilait sur une table des morceaux d'étoffes diverses, laine, coton ou toile et les comprimait latéralement, après avoir chargé d'un poids leur surface supérieure. D'autres fois il employait des couches d'argile et réussissait à leur donner des formes contournées, offrant beaucoup d'analogie avec celles de certaines régions disloquées d'Ecosse. En

(1) OEuvreê de Descarieê. Paris, 48M, t. III, p. 366, § 42. — Cité par Alph. Fatre, Bibl. univ. de Genève, Arch. des sciences, LXII, p. 197.

(2) Voyages, % 1677, in Alph. Favre, toc, eit,

(3) Transaction» ofthe Royal Soc. ofEdinbwgh, VU, 1813. i

BE LAPTAISn, nUklTi M GtOLOWl. 78

1878, H. Alphonse Favre devait obtenir le même succès en remplaçant la compression latérale directe par le retrait d'une bande de caoutchouc préalablement étirée et à laquelle adhéraient des couches de terre glaise. La surface de cette glaise, laissée libre, prenait des formes semblables à celles qu*on remarque dans les pays à stratification bouleversée.

Expériences de H. Daabrée. — Mais les expériences les plus nombreuses et les plus variées sont celles dont H. Daubrée, dans cette même année i878, a fait connaître les résultats à TAcadémie des sciences (1). L*auteur s'est d'abord occupé de prouver que, malgré leur apparente rigidité, les couches terrestres obéissaient aux efTorts de compression comme pourraient le faire des substances plastiques. En se servant de la machine avec laquelle M. Tresca avait déterminé V écoulement de divers corps solides, H. Daubrée a mis en évidence les change» ments de structure et les déformations auxquelles la, compression donne lieu. Dans les corps suffisamment malléables, il naît un feuilleté suivant des plans perpendiculaires à la direction de Teffort, ou, ce qui revient au même, parallèlement à la direction dans laquelle les molécules peuvent s'échapper, s'il y a un orifice de sortie. Ce laminage entraine le tronçonnement des corps solides, s'il en existe, expliquant ainsi les bélémnites tronçonnées du Has des Alpes, avec leurs fragments ressoudés par du quartz ou de la calcite. En même temps le mica ou les minéraux en menus fragments qu'on a mélangés au préalable à la pâte plastique s'y alignent en faisant naître de véritables schistes.

C'est sans doute au laminage dont la formation des montagnes a été accompagnée qu'est due la division en bancs^ si fréquente non seulement dans les gneiss et les schistes cristallins, mais encore dans un grand nombre de massifs granitiques. Cette division est parfois si régulière, qu'on a été tenté d'y voir un indice de stratification. Hais, dans le granité, il est visible que ce phénomène purement mécanique ne correspond à aucune orientation spéciale des éléments minéralogiques et, dans les schistes cristallins, par exemple dans les schistes protoginiques des Alpes occidentales, on peut s'assurer que la division en strates, poussée presque jusqu'au feuilleté, est souvent indépendante de la stratification véritable, facile à apprécier par la succession des zones d'inégale composition.

La structure en éventail, là où elle ne résulte pas d'un pli dénudé, peut aussi trouver son explication dans le laminage d'une masse rocheuse, poussée à travers une sorte de boutonnière, produisant sur elle l'effet d'un lien sur une gerbe.

Plasttetté des eorps solides. — En somme il n'est aucun corps qui, soumis à une pression suffisante, se montre rebelle aux efforts de ploiement. Cela résulte-t-il, comme le pense M. Heim, d'une plasticité intrinsèque , que toutes les roches pourraient acquérir dans la profondeur, en raison de la pression qu'elles

(1) Comptes rendus, 23 mars, 8 et 15 avril 1878. — Voir aussi Étudeê sifrUhéliquei de Géoio- Oiè expérimentale.

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