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SYSTÈME TÉTRAÉDRIQUE

dition de réunir ensemble TAfrique et TEurope et de restituer, entre cette dernière et rAsie» la séparation qui existait autrefois, alors que, le long de la dépression sibérienne, la mer Glaciale pouvait communiquer avec la Caspienne.

TorstoB dv tétmédre terrestre. — 11 est vrai que, jusqulci, deux choses demeurent inexpliquées : d'une part, la séparation de tous les continents en deux massifs par la grande dépression méditerranéenne (1), d* autre part la singulière déviation vers Test que subit la partie méridionale des continents. Ainsi TAmérique du Sud est presque tout entière à TEst de TAmérique du Nord, l'Afrique australe n'est pas moins déviée, et l'Australie, considérée comme le prolongement méridional du continent asiatique, n'en occupe évidemment que la partie orientale. Mais c'est justement le mérite du système de M. Green d'avoir su faire rentrer ces anomalies apparentes dans le cadre même de la symétrie téti*aédrique.

En effet, il ne faut pas oublier que le tétraèdre terrestre est animé d'un mouvement de rotation autour de l'axe polaire. Au début, quand les effets de l'écrasement ne s'étaient pas encore fait sentir, les divers points du sphéroïde avaient des vitesses concordantes. Mais à partir du jour où les quatre protubérances A, B, G, D, ont commencé à s'accentuer, les trois premières, s'écartant de l'axe de rotation D E, n'ont plus possédé qu'une vitesse insuffisante, eu égard à leur nouvelle distance à l'axe. La zone du sphéroïde qui les contenait s'est donc trouvée en retard relativement à la zone équatoriale et a dû être, par suite, sollicitée à une déviation en sens contraire du mouvement. Tout autre était le cas des parties voisines de la pointe australe D. A mesure que l'écrasement les rapprochait de l'axe D E, il devait s'y manifester un excès de vitesse, avec tendance à la déviation de la zone australe vers l'est. Ainsi l'hexatétraèdre terrestre a été soumis à une véritable torsion, qui a dû faire naître, entre sa partie boréale et sa partie australe, une ligne de rupture continue, et cette ligne a constitué une nouvelle zone de dépression venant s'ajouter à celles que marquaient les trois masses océaniques. Pacifique, Atlantique et océan Indien.

€)oii«é4aeiiees dlTerMs. — Quant à la position absolue de cette ligne, qui n'est pas parallèle à l'équateur terrestre, M. Green a cherché à la justifier par des considérations astronomiques, en faisant intervenir les marées produites au début, dans la masse fluide interne, par l'action combinée du soleil et de la lune, alors que l'écorce était encore assez mince pour obéir à une action de ce genre. L'auteur est allé plus loin et s'est efforcé de rattacher à la même cause l'inclinaison de l'axe terrestre sur le plan de l'écliptique. Observant que les trois protubérances boréales sont du même ordre que le renflement équatorial, auquel est due la précession des équinoxes, il en a conclu que l'inclinaison de l'écliptique avait pour cause l'excès de l'attraction lunisolaire sur ces trois protubérances; et des considérations analogues à celles qui viennent d'être indiquées l'ont amené à calculer, pour la valeur de cette inclinaison, un chiffre à peu près identique avec celui que constatent les astronomes.

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Résmné de l'hTpothèae. — En laissant à H. Green la responsabilité de ces derniers rapprochements, qui soulèvent des questions très délicates de mécanique et d'astronomie, nous pensons que les coïncidences géographiques signalées plus haut peuvent suffire pour imprimer à Thypothèse tétraédrique un assez haut degré de vraisemblance. Sans doute cette hypothèse n*embrasse que les grands traits de la surface terrestre et ne donne pas encore la clef des détails, comme prétendait faire le réseau pentagonal. Cependant H. Green a indiqué la prédominance, dans la région du Pacifique, de plusieurs systèmes de directions qui concordent assez bien avec les lignes d*un réseau ternaire ou tétraédrique ef cette analyse peut être poussée plus loin par la suite. Quoi qu'il en soit, c'est déjà un résultat considérable d'avoir groupé, autour d'une même idée très simple, les données fondamentales de la géographie de notre globe. Une chose ajoute encore, à nos yeux, au mérite de cette hypothèse; c'est qu'elle rattache le développement du relief terrestre à un plan unique, dont les grandes lignes ont dû se dessiner dès l'origine. La géologie nous a appris que le plan des masses continentales était' partout de très ancienne date et que, généralement, la terre ferme s'était constituée par des adjonctions successives de couches sédimenlaires autour de noyaux cristallins primitivement émergés. Très rarement la régularité de cet accroissement a été interrompue par de grands changements survenue dans le domaine réciproque de la terre et des eaux. Or rien n'est mieux d'accord avec l'idée d'une symétrie tétraédrique qui, dessinée dès le début du phénomène d'écrasement, n'aurait fait que s'accentuer par la suite sans qu'il y eût ni bouleversements de l'axe terrestre ni de ces cataclysmes extraordinaires auxquels la fantaisie a eu trop souvent recours.

Terminons en signalant la possibilité d'expliquer, par la constitution tétraé* drique du globe, une des particularités de la distribution de la pesanteur à la surface. Nous avons dit(l) que, malgré l'excès d'attraction que les masses con* tinentales sembleraient devoir exercer sur le pendule, ce dernier accuse plutôt un excès de pesanteur au-dessus des océans largement ouverts. Or si Ion admet la forme tétraédrique, il n'est pas surprenant que la mer soit attirée par les trois protubérances boréales, tandis que sa surface tendrait à s'aplatir au milieu de chacune des dépressions océaniques. La surface de ces dépressions serait donc plus rapprochée du centre de la terre, ce qui expliquerait l'excès d'attraction observé.

(i) V. atUè, p. 46.

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