ACTION DE U FOUDRE
non encore protégées par la végétation, va sans cesse en augmentant. Il peut donc arriver qu*une dune, depuis longtemps consolidée, se couvre de nouveaux sables et redevienne mobile. Or des oscillations se produisent certainement dans les lignes de côtes et si faibles qu'elles soient de nos jours, elles peuvent influer sur le phénomène des dunes et rendre plus ou moins efficaces les efforts tentés pour en arrêter le développement.
Pour tous ces motifs, il nous semble difficile de considérer les dunes comme offrant un moyen d'évaluer exactement la durée des périodes. Non seulement la formation en peut être intermittente; mais en outre elle est locale et chacune des diverses parties du littoral d'un continent ayant son histoire distincte, les conclusions qu on en tire ne sauraient avoir une portée générale.
Ce qui vient d'être dit ne suffit pas pour faire apprécier le rôle géologique des dunes littorales ; si considérables que soient les accumulations de sables et les étendues qu'elles recouvrent, ce n'est peut-être que la moindre partie du travail accompli par le phénomène atmosphérique. En se dressant sur les rivages à une grande hauteur, les dunes isolent de l'océan une partie de la plage qui devait, au moins dans les grandes marées, appartenir au domaine maritime. De là ces étangs, si souvent situés en arriére de la ligne de dunes et qui, comblés peu à peu par des apports fluviaux, finissent par être définitivement incorporés à la terre ferme. Mais ici la liaison de l'œuvre des dunes avec celle de la mer est trop évidente pour que ces deux ordres de choses ne soient pas confondus dans une même étude. Ce n'est plus comme un produit des vents, mais bien à titre d'appareil littoral que les collines de sable mouvant contribuent sous cette forme à l'accroissement des continents. Aussi réserverons-nous l'examen de ce mode spécial d'activité pour le chapitre où il sera question des effets dynamiques dus à l'océan.
ACTION DS LA rOUDRE
FMi«;arites. — Un effet qu'il convient de rattacher directement aux actions dynamiques de l'atmosphère et qui d'ailleurs, s'exerce souvent de préférence sur les dunes, est la formation des fulgurites. On donne ce nom à des vitrifications qui prennent naissance sur certaines roches par l'effet de la foudre. Ce phénomène est particulièrement fréquent sur quelques cimes culminantes des Pyrénées, <!omme le pic Posets, où les roches atteintes par la foudre se recouvrent d'un enduit scoriacé noirâtre, affectant la forme de gouttelettes. Mais c'est surtout sur les dunes et les terrains sablomieux bien découverts que les fulgurites abondent. Elles y forment des tubes plus ou moins contournés, dont la longueur peut atteindre plusieurs décimètres et sur le pourtour desquels le sable a subi une véritable vitrification. Il n'est pas douteux que cet effet np ^oit dû à la foudre et
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d'ailleurs on peut le reproduire artificiellement en faisant agir sur du sable une forte batterie électrique.
M. Rœmer a signalé en Silésie un riche gisement de fulgurites dans le sable. En reportant sur une carte les points où s'observent les tubes vitrifiés, on reconnaît qu'ils s'alignent de préférence suivant deux directions déterminées, qui sont sans doute celles que suit le plus souvent, dans les orages, la propagation du fluide électrique.
Le point du globe le plus riche en fulgurites paraît être le petit Ararat. La cime de cette montagne est foniiée par un calcaire compacte que l'action de la foudre a changé en une masse caverneuse perforée, remplie de cannelures et de tubes vitrifiés.