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DÉPÔTS DE PU6ES

mouyement soit son essence, cherche néanmoins toujours requilibre et le repos, a fondé au milieu des eaux un barrage naturel, qui établit une limite entre les atterrissements formés par les tempêtes de la mer et ceux qui résultent des dépôts fluTiatiles. »

En même temps nous avons rencontré, dans l'étude de ce phénomène, un nouvel exemple de la complexité des actions naturelles; car dans la formation des cordons littoraux et le comblement des lagunes situées en arrière, il nous a fallu reconnaître à la fois l'intervention de la mer, celle de l'atmosphère, celle des eaux douces, celle des organismes et enfin nous avons dû nous préoccuper aussi des influences internes qui peuvent modifier plus ou moins la stabilité du rivage. Toutefois la part de la mer y est prépondérante et c'est pourquoi il convenait de placer ici l'examen de l'appareil littoral, réservant à un chapitre ultérieur l'étude détaillée des dépôts que les fleuves produisent sous la protection des levées de sable et de galet.

DÉrÔTS DE PLAttES

Disposition des dépôts de plair«s* — L'ensemble des galets, des graviers et des sables provenant de la destruction d'une côte, lorsqu'il n'est pas employé à la construction d'un appareil littoral, se dépose, au pied même de cette côte et spécialement dans les points où l'agitation des vagues est le plus facilement amortie, en donnant naissance à des dépôts cô tiers dont la distribution est intéressante à étudier. Cette distribution est l'effet d'une véritable préparation mécanique opérée par le flot sur un ensemble de matériaux d'inégale grosseur.

Nous avons dit comment la lame déferlait en plongeant sur le rivage. Si maintenant nous étudions l'action mécanique qu'elle exerce, non plus sur la côte plus ou moins escarpée dont elle poursuit la destruction, mais sur les plages doucement inclinées où sont répartis les matériaux arrachés à la côte, nous verrons que la puissance de transport des vagues atteint son maximum au moment où elles se brisent et où, grâce à la chute violente de l'eau se déversant par-dessus leur crête, elles acquièrent une vitesse qui leur permet de remuer des cailloux. Comme d'ailleurs nous savons que c'est dans le voisinage de la haute mer que l'action plongeante est le plus intense, il en résulte que, de tous les matériaux détritiques susceptibles d'être tenus en suspension dans la mer agitée, les plus gros seront ceux que la lame poussera le plus loin vers la terre ferme. Ainsi les galets s'accumuleront à peu près au niveau de la haute mer, et même plus haut, si la côte est exposée à de violentes tempêtes.

A peine la lame a-t-elle ainsi jeté sur la plage les galets qu'elle tenait en suspension, qu'elle se retire pour laisser pendant quelques instants le rivage à sec. Au moment où ce mouvement de recul va commencer, la vitesse est nulle et les

galets retombent par leur propre poids les uns sur les autres, en formant un amas dont la pente est celle du talus naturel d*éboulement de ces cailloux. Mais l'eau acquiert de plus en plus de vitesse en glissant sur ce talus ; elle entraîne donc les galets les plus petits ainsi que les gra\iers et les force à glisser en bas d'une pente progressivement adoucie, jusqu'à ce qu'elle ait atteint le niveau à partir duquel elle va recommencer sa marche en avant. Là, étant de nouveau, pendant un instant, réduite au repos, elle laisse tomber sa charge de sable. Ainsi se forme peu à peu, quand les circonstances topographiques le permettent, une plage de sable fin, d'abord très doucement inclinée, puis se relevant biusquement en un talus de graviers et de galets. La limite entre ces derniers et le sable est généralement très nette; car, une fois la plage constituée, le pied de la pente de galets et graviers marque le point où le frottement ralentit assez la lame en voie de recul pour qu'elle ne puisse plus transporter que du sable. C'est aussi vers cette limite que sont concentrées les coquilles apportées par le flot et dont les fragments seuls se retrouvent dans le sable plus fin.

Ainsi, contrairement à ce qui aurait lieu dans un liquide en repos, l'action marine littorale dispose les matériaux suivant un ordre vertical inverse de celui que ferait prévoir leur dimension, les gros galets au sommet, les graviers ensuite, enfin les sables à la base. Ces derniei's, généralement quartzeux, sont remarquables par l'uniformité de leur grain ; car ils représentent tout ce que le flot de retour, coulant sur une plage régulière, avec une vitesse sensiblement constante» est capable d'entraîner. Ils sont d'ailleurs roulés, à cause du frottement mutuel auquel le va-et-vient de la lame les soumet. Quant aux matériaux plus fins, capables de rester constamment en suspension dans l'eau agitée, ils échappent à ce frottement et conservent la vivacité de leurs arêtes. L'expérience indique que cette condition est réalisée pour les fragments de quartz qui ont moins de -^ de railliraètre (1). Leur dépôt ne peut avoir lieu sur le rivage môme ; il s'accomplit au large, dans le voisinage de la région des vases, là où le mouvement des flots est concentré à la surface. Ces circonstances rendent bien compte, comme l'a remarqué M. Daubrée, de l'uniformité habituelle du grain des sédiments arénacés, ainsi que de l'existence de sables quartzeux à éléments tantôt roulés, tantôt anguleux.

Le profil normal de l'ensemble du dépôt littoral forme une courbe concavs vei*s le ciel, débutant par un talus de galets dont l'inclinaison, près de la crête, s'élève à 18 ou 20 degrés et atteint quelquefois 55 degrés ; ce talus s'adoucit progressivement pour se raccorder avec une plage sableuse, dont la pente varie d'ordinaire entre 1 et 2 degrés.

Telles sont les circonstances habituelles sur les côtes où l'amplitude de la marée est peu sensible et où, 'par suite, la ligne du maximum d'action de la lame ne varie presque pas de hauteur. Il en est autrement quand, par suite d'un jeu de marées considérable, la plage est exposée à de fréquents remaniements.

(1) Oaubrée: Géologie expérimentale^ p. 256.

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