EFFETS DE TRANSPORT DES GUCIERS
de la boue glaciaire qui est venue s'appliquer contre leur surface et dont Tenlèveraent, nécessité par la construction de la basilique, a mis à découvert, dans toute leur fraîcheur, ces parois de marbre finement burinées.
Les stries des parois d*un glacier, en un point donné, sont toujours parallèles entre elles et dirigées suivant le sens que le mouvement de la glace affectait en ce point. En général donc, elles sont descendantes; mais il peut aussi arriver qu'elles soient horizontales et môme qu'elles aillent en montant, car lorsque la glace est obligée de gravir un obstacle, les matériaux qu'elle enchâsse et à l'aide desquels elle strie son lit, participent à ce mouvement d'ascension.
Boehes moatonnées. — Sur le fond, le poids de la glace et des blocs, agissant par l'intermédiaire des sables fins et des graviers, fait l'office d'une meule, polissant tout ce qui s'oppose au mouvement de progression. Aussi, quand le glacier recule et laisse apercevoir son lit, on reconnaît que toutes les saillies tournées vers l'amont sont arrondies et mamelonnées, si bien qu'elles produisent une impression analogue à celle d'un troupeau de moutons endormis; d'où le nom de roches moutonnées, donné à cette structure, éminemment caractéristique des glaciers et d'autant plus facile à distinguer de l'œuvre des torrents que les roches en saillie ne sont moutonnées qu'à l'amont, leur face d'aval conser\'ant la netteté de ses contours.
Boae ^«claire. -^ Le produit final de cet écrasement que les glaciers opèrent sur leur fond est une boue d'un gris d'ardoise, qui résulte de l'usure et de la trituration des roches et dont les particules extrêmement fines, tenues en suspension dans l'eau issue des glaciers, lui donnent cet aspect laiteux par lequel elle se distingue toujours. Quand cette boue trouve un espace tranquille Où elle puisse se déposer, elle forme une argile compacte, dite houe glaciaire, que la finesse de son grain permet, en général, de distinguer des troubles charriés dans les torrents ordinaires. Sa couleur, tirant sur le bleu, accuse une formation qui s'est accomplie à l'abri de l'action oxydante de l'air et contraste avec la teinte généralement ocreuse des limons déposés par les eaux courantes.
HarmitcM de %éwmt9. Callloax striés. — En outre, les torrents qui, surtout en été, se frayent un passage sous le corps du glacier, peuvent produire sur son lit quelques-uns des effets ordinaires des eaux torrentielles. En particulier, ils sont susceptibles d'y creuser, avec le secours des cailloux, des marmites de géants semblables à celles que nous avons déjà décrites.
Les cailloux dont le glacier s'est servi pour opérer le polissage de son lit n'accomplissent pas ce travail sans recevoir souvent, des parties dures de la roche, des blessures plus ou moins profondes. Ainsi se forment les cailloux polis et striés, tout à fait caractéristiques des formations glaciaires lorsqu'on les recueille en place, dans un amas non stratifié de débris de toutes grosseurs. Ces cailloux ayant souvent changé de position dans le glacier, les stries et les entailles peuvent s'y croiser dans tous les sens. Comme celles des roches en place, elles peuvent s'effacer par simple exposition à l'air; mais leur disparitio^i est surtout
rapide quaijd les cailloux sont remaniés par des eaux couraiih-s. K<l. ^^ollomb a mstaté qve si Ton agitait, dans un cylindre, des cailloux sir its a\»M- un mélange eau et de sable, quelques heures suffisaient pour enlever d.- l'uv surface toute 'ce d'inci'sions.
ft^r-siuné de 1* action mécaiilqae éem placiers. — Les eilV'ts iiiér.'iiiiques qui
ment d'être décrits sont les seuls qui puissent être impuhs à Iju- lion propre
glaciers. Nulle part, jusqu à présent, on n*a vu ces d^Tiiif is neuser ou
iller un lit composé de roches dures, ni découper leurs parois ««unnie font
tes torrents. Sans doute, en parlant du régime variable d»'s placiers, nous
verrons que leur extrémité inférieure peut se déplacer en re|MMissafit devant elle
sa moraine terminale et en labourant profondément Tobstacl** qui s'oppose à sa
progression. Mais cet obstacle est toujoui's une ancienne nioraiii«\ d»*posée par
le glacier dans une période antérieure, en sorte que celui-<-i ii»' déplace, en
réalité, que ce qu'il avait lui-même apporté. D'ailleurs, tous hs UUh'< t[ii il charrie
à sa surface proviennent d'éboulements dans lesquels sa puissaii»*^ |»rt>pre n'est
pour rien. En entraînant ces débris dans ses moraines, il se borne à enlever de
.son lit ce que le travail des agents atmosphériques tendait à y aremnuler et,
pendant ce temps, par le polissage des parois et du fond, il rend «•»• lil de moins
en moins accessible à toute dégradation ultérieure ; au point «piapivs bien des
siècles écoulés, les surfaces polies par le passage des anciens «ilae.iers défien t
encore, dans les Alpes, des intempéries assez puissantes pour dêhih'r les cimes
voisines en fragments déchiquetés.
Un glacier n'est donc pas, comme un torrent, un instrwneni eftira«:e d'érosion; c'est, pourrait-on dire, un merveilleux outil de nettoyaijr, «{ui excelle à déblayer une vallée et à en dresser convenablement les parois ; e'^-sl en outre un remarquable instrument de transport, unique en son jL^eine pour faire cheminer des blocs que nulle eau courante ne pourrait entraîner ei pour apporter, jusque dans le domaine des fleuves, les matériaux provenant àe^ hautes cimes. Mais, autant qu'on en peut juger par ce qui se passe aujourd'hui sons nos yeux, un glacier ne crée pas sa vallée; il se borne à remplir, en la débarrassant d** tous les éléments meubles, une gorge dont le creusement a exijiê d'autret. influences.
aisonde ce nettoyage que les glaciers opèrent entre lespar«»istMMaissantes,
ion des vallées glaciaires doit offrir une certaine différenee avec celle des
\ d'érosion. Dans celles-ci (à supposer, bien entendu, qu'^'lles aient une
torrentielle, ce qui est le cas du thalweg de tous les ghMÎeis) le travail
ssellement fait ébouler les versants et les façonne en tahis qui viennent se
dre au thalweg même, en sorte que le profil en travers alTeeie la forme
^. Au contraire, un glacier emportant, pour les jeter dans s.* moraine
aie, tous les matériaux meubles qu'il rencontre, les parois d«* sa vallée sont
abruptes et le fond présente une partie plate ou doucemeut aiiondie ; la
iOn transversale a donc plutôt la forme d'un U. Cette différene.* offre une
RÉGIME DES GLACIERS. 2.i
certaine impoi i.iii*-.» el peut quelquefois permettre de distinguer les ravinements qui sont I»* pnMlnii exclusif de Térosion de ceux à la formation desquels raclion glaciaire ;* *'ii p.ir!.