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LA MÉA OU PAIN DE SUCRE

Vue des Agneliers, près Barcelonnette.

Anticlinal de Jurassique supérieur à noyau liasique

refoulé sur le Flvscb.

E. Havg. — Traité de Ciéologie.

Pl. X.

Cliché Kmile Haug.

FENÊTRE DE LA MINE DE SEL DE IIALLSTATT (Autrichc).

Apparition de la nappe du Sel sous la nappe du Dachstein.

Cliché l'uni Curiiin.

LA PETITE SKOLANE.

Vue du col des Agneliers, près Barcclonnelte.

Témoin d'une nappe de charriage plissée en anticlinal (Jurassique sur Nunnnulitique).

Au col : cargneules triasiques intercalées entre la nappe et le Flyscb noir autochtone;

h droite : paroi de la Orande Soolane (v. pl. viii, 2).

LES PLISSEMENTS

Fig. 63. — Surface structurale d'un brachyanlîclinal dissymétrique.

Dans ce qui précède nous avons supposé que nous étions en présence de plis droits, mais il est évident qu'il suffirait de modifier très légèrement nos définitions pour qu'elles s'appliquent à des plis diss}Tnétriques. Dans nos croquis il faudrait rapprocher les courbes de niveau (fîg. 63), ou amincir les bandes d'affleurement sur le côté qui correspond au flanc abrupt du pli.

La représentation de la surfaces tructurale d'un pli déversé et, à plus forte raison, d'un pli couché devient difficile, voire impossible. Un pli-faille pourra être figuré par une ligne droite, le long de laquelle les courbes de niveau se rencontreront sans se raccorder. Sur une carte géologique on représentera sa ligne d'intersection avec la surface topographique; cette ligne de contact anormal présentera des angles rentrants au passage des vallées, des avancées à la traversée des xrétes; son tracé ne sera rectiligne que dans le cas d'une surface topographique entièrement plane. Il va sans dite que la ligne de contact anormal correspondant à un plan de charriage plus ou moins horizontal sera une ligne sinueuse dont le tracé se rapprochera sensiblement de celui d'une courbe de niveau (fig. 74). On conçoit alors aisément que, si les agents atmosphériques n'ont plus laissé subsister d'une nappe de charriage qu'un témoin isolé, ce lambeau de recouvrement se présentera avec l'aspect d'un témoin d'une couche reposant normalement sur son substratum. C'est ainsi que Marcel Bertrand a signalé au Beausset, dans le Var, des lambeaux de calcaires triasiques posés comme des chapeaux sur des couches crétacées et qui ne sont autre chose que des témoins, épargnés par l'érosion, d'un grand pli couché à flanc inverse étiré. Depuis, les exemples de lambeaux de recouvrement se sont beaucoup multipliés dans les Alpes, oCi on leur a donné quelquefois le nom allemand de Klippen, car ils se dressent souvent comme des écueils de roches dures au milieu d'un paysage aux formes adoucies (pi. VIII, 2, IX).

Inversement, on a appelé fenêtres des ouvertures ménagées par l'érosion dans des nappes de charriage et qui permettent d'apercevoir le substratum de couches plus récentes (pi. X, 1).

On observe souvent, le long de la ligne de contact anormal d'un pli-faille ou d'une nappe de charriage, des lambeaux de terrains quelconques, intercalés entre le substratum et la masse charriée, qui

LES PHÉNOMÈNES GEOLOGIQUES

représentent des restes du flanc inverse ou d'un pli indépendant

sous-jacent, étiré en chapelet. Ce sont les lambeaux de poussée.

Mais revenons à notre point de départ, la représentation en plan d'un pli ou d'un groupement de plis. Nous avons supposé ces accidents rectilignes et c'est le c-as le plus fréquent, mais beaucoup de plis sont incun'és, déviés, voire sinueux. Si nous figurons par une ligne leur axe, qui est — il importe de le répéter — non pas l'intersection du plan axial avec la surface topographique, mais son intersection avec un plan horizontal choisi arbitrairement, cette ligne sera tantôt droite, tantôt brusquement déviée de sa direction, qu'elle pourra

reprendre ensuite (fig.

64, a), tantôt incurvée, tantôt sinueuse*.

Les déviations dans le tracé des plis doi~ vent être vraisemblablement attribuées à desinégalités dans l'intensité des poussées agissant en chaque point. De même que des plis déversés se résolvent brusquement en

1. Lorsque l'on veut figurer, sur un schéma tectonique, un pli couché, on peut toutefois éprouver certaines difficultés, car, bien que son axe soit rectiligne, sa charnière anticlinale pourra être incurvée ou sinueuse, Tintensité du recouvrement n'étant pas la même partout. On représentera alors par un figuré spécial la charnière frontale d'une couche déterminée.

Fig. 64. — a, Plis déviés représentés en plan. 6, Décrochement horizontal affectant deux plis parallèles ultérieurement nivelés.

Fig. G5. — Décrochements multiples afTectant un même pli.

LES PLISSEMENTS

plis-failles, lorsque la plasticité des couches est insuffisante, de même un pli peut présenter, au lieu d'une déviation brusque, une rupture transversale, qui reçoit le nom de décrochement horizontal ou de Blatt (fig. 64, b). Plus ou moins perpendiculaire à l'a direction de Taxe, cette rupture se traduit par un rejet latéral des couches. Les flancs du pli ne sont plus en contact de part et d autre du décrochement (fig. 64, 65) et, pour retrouver au delà de cet accident le prolongement soit de la charnière, soit de laffleurement un d'e couche prenant part au pli, il est nécessaire de se déplacer transversalement, souvent de plusieurs centaines de mètres, en suivant la trace du décrochement. Dans le Massif Armoricain, par exemple, la continuité des plis est constamment interrompue de cette manière. Les décrochements affectent aussi bien les plis droits que les plis déjetés, déversés ou couchés; aussi bien les plis normaux que les plis à flanc inverse étiré.

Groupement des pus. — Il arrive „ i t ' 1 !• 1» 4 Fi(f. 66. — a, b, c, rf, Divers modes de

quelquefois que les plis d un même ^ raccordement de deux plis.

massif montagneux restent parallèles

entre eux sur de grandes longueurs ; mais, presque toujours, on les voit se rapprocher, se réunir deux à deux, soit brusquement (fig. 66, a), soit en convergeant insensiblement, formant entre eux un angle aigu (fig. 66, 6), ou encore opérant leur jonction par une courbe insensible, largement ouverte (fig. 66, c)\ Dans le cas du raccordement à angle aigu il importe de distinguer la réunion de deux plis déversés dans le même sens et celle de deux plis dont les charnières se font face. Un raccordement de deux plis s'opérant de cette manière est appelé par Suess une jonction (en allemand Schaarung), mais on peut aussi l'envisager comme un rebroussement dans la courbe décrite par un seul et même pli (fig. 66, d). Les festons ou guirlandes avec angles de rebroussement sont un des traits les plus caractéristiques de certains systèmes de plissements. Depuis l'Asie Mineure jusqu'en

1. Ces divers modes de raccordement des plis ont été étudiés par Ph. Zûbgbbr [9].

Indo-Chine les plissements de TAsie méridionale décrivent ainsi des arcs successifs à concavité ouverte au nord, qui se raccordent par des angles de rebroussement très aigus, ouverts vers le sud, c'est-à-dire dans la direction vers laquelle les plis sont déversés (fig. 67).

Plusieurs plis peuvent se grouper, de manière à former un faisceau ou zone tectonique. Lorsque le faisceau s'épanouit comme une gerbe,

Fig. 67. — L*arc du Séistan, exemple de guirlande de TAsie méridionale (diaprés Ia feuille 44 de V Atlas de Géographie de Vivien de Saint-Martin cIFr. Schradbr, dessinée par G. Bagge, épreuve communiquée par MM. Hachette et G**, éditeurs).

les divers plis s'écartant et se perdant dans la plaine voisine, on dit, avec Suess, qu'il y a virgation (fig. 69, a). Si les plis du faisceau se réunissent de nouveau, après s'être momentanément écartés, le faisceau est qualifié (ïamygdaloîde^ disposition propre à certains massifs anciens des Alpes occidentales (fig. 69, b).

Rarement les faisceaux sont continus sur de très grandes longueurs; lorsqu'ils s'arrêtent, un faisceau voisin subit une déviation et vient se placer dans le prolongement du précédent. C'est ce que l'on appelle un relaiement. Le phénomène est très fréquent sur le bord

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