‹ Traité de géologieChapitre 34 sur 79 · IF · texte numérisé non relu

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Hauo, Traité de Géologie.

des chaînes, où des plis primitivement parallèles peuvent se relayer dans le rôle de chaînons externes (fig. 69, c). Sur le versant méridional

des Alpes, plusieurs faisceaux de plis sont successivement coupés en sifflet par le bord de la plaine du Pô. Dans TA tlas également, les chaînes intérieures de TAtlas saharien deviennent littorales vers Test, relayant en Tunisie l'Atlas tellien, et, sur le bord méridional de la chaîne, les plis sont presque tous très obliques, formant sur la limite du désert comme autant de redans. C'est ce que Suess appelle la disposition en coulisses.

Signalons encore les déviations que peuvent présenter les plis ou les faisceaux de plis au voisinage d'un dôme ou d'une cuvette. Ils en épousent quelquefois assez régulièrement les contours, comme le montrent plusieurs exemples signalés par Kilian et par Léon Bertrand dans la Haute-Provence.

Fig. 60. — a, Yirgntion; 6, faisceau amygdaloïde; e, relaieinent d'un faisceau de plis par un autre.

Fi^. 70. — Ondulations longitudinales des axes de trois plis appartenant à un même faisceau, projetés sur un même plan vertical.

2, 2', 2", sarélcvations dos axes; E, E', E*, onnoyages.

Aires de surélévation et aires d'ennoyage. — De même qu'un pli isolé peut présenter des ondulations longitudinales de son axe, qui se traduisent par des points surélevés ou par des points bas, de même un faisceau de plis peut présenter des parties surélevées et des

LES PLISSEMENTS

parties abaissées, résultant de ce que les axes de tous les plis constituant le faisceau sont surélevés ou abaissés sur une même ligne

Pig. 71. — Coupes transversales à travers ud faisceau de plis (i-^) subissant successivement une surélévation (a) et un cnnoya^e (c).

transversale (fig. 70). On peut distinguer ainsi des aires de surélévation, où les axes des plis appartenant à un faisceau déterminé sont

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Fig. 72. — Oscillations longitudinales de l'oxe d*un pli du massif des Grandos-lloussos [pointillé] (d*aprcs P. Termier).

Lo trait plein indiqae le profil de la surface topographique actuelle.

portés à leur altitude maximum, et des aires é!enno\ja(je, où les axes plongent, s*ennoient, de manière à se trouver à leur minimum d'altitude. Si, pour une couche donnée, on suppose une surface tan-

gente à toutes les charnières anticlinales du faisceau, cette surface affectera la forme d'un dôme dans Taire de surélévation (fig. 71, a,)

Fig. 73. — Carte des plis des massifs des Grandes-Rousses et du Pelvoux (diaprés P. Termibr).

Échelle 1 : 500 000. plis synclinaux d'âge tertiaire.

■¥ '^ + '¥-¥ plis antétriasiques. ..... ondulations transversales.

Les surfaces barrées correspondent aux aires amygdaloïdes de soréléTation.

d'une cuvette, dans Taire d'ennoyage (fig. 71, c). Dans Taire de surélévation,les couches les plus anciennes de la région seront amenées à l'affleurement; dans Taire d'ennoyage, ce seront les plus récentes, soit

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Fig. 7i. — i et de TUbaye.

Hauo, Traité de Géologie.

LES PLISSEMENTS 213

quelles aient été elles-mêmes plissées, soit qu'elles se soient déposées dans la dépression, postérieurement au plissement, de sorte que les plis du faisceau s' c ennoient » sous cette couverture, comme aussi ils peuvent plonger sous les eaux d'une mer qui aurait envahi la dépression correspondant à l'aire d'ennoyage.

P. Termier a décrit dans les Alpes occidentales un exemple remarquable d'un faisceau de plis, celui des Grandes-Rousses, qui forme plusieurs aires de surélévation, séparées l'une de l'autre par des zones d'ennoyage, telles que la dépression de la Romanche, qui simulent des plissements transversaux (fig. 72). L'ensemble vient s'accoler au massif amygdaloïde des Ecrins (6g. 73).

En plus grand, le massif Armoricain et le Plateau Central sont deux aires de surélévation, amenant à l'affleurement des terrains primaires et séparées par une aire d'ennoyage, qui est le détroit du Poitou, occupé par des terrains secondaires plissés. Le bassin de Paris est une immense aire d'ennoyage, comprise entre les massifs surélevés de r Armorique à l'ouest, des Vosges et de l'Ardenne, à l'est, massifs dont les plis, quoique très atténués, se retrouvent, avec les mêmes directions, dans les terrains tertiaires de la cuvette.

Plus au nord, le massif Pinno-Scandinave est par excellence une aire de surélévation, séparée des massifs anciens de la Grande- Bretagne par une aire d*ennoyage dont la mer du Nord est un dernier vestige.

Les aires d'ennoyage étant des points bas dans les zones de plissement, peuvent être débordées, en vertu de la poussée au vide, par des nappes de charriage, qui ont leurs racines dans une zone tectonique plus interne de la chaîne. L'auteur a décrit [12] l'exemple de l'aire d'ennojrage de l'Embrunais, comprise entre les deux aires de surélévation du Pelvoux et du Mercantour, dans laquelle ont pénétré plusieurs nappes de charriage superposées, originaires du bord de la zone du Briançonnais (6g. 74).

Plissements dans des masses hétérogènes. — Nous n'avons tenu aucun compte, dans ce qui précède, de la matière plissée, de la composition des couches qui ont subi des déformations, et nous avons supposé implicitement ces couches homogènes, alors qu'en réalité elles se présentent comme hétérogènes, aussi bien dans le sens vertical, des masses de plasticité différente se trouvant superposées; que dans le sens horizontal, une couche donnée pouvant modifler latéralement sa nature minéralogique et son épaisseur.

Hétérogénéité dans le sens horizontal. — Les changements d'épais-

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Fi^. 75. — Reproduction expérimentale de plissements, par compression latérale de lames de plomb amincies au centre (a, 6) ou vers Pun des bords (c-e) (d'après DAUBRiB, Études synthétiques de Géologie expérimentale)»

LES PLISSEMENTS

seur des couches dans le sens horizontal jouent un rôle important dans la localisation des phénomènes de plissement.

Un amincissement constituera une ligne de faiblesse le long de laquelle les plis se produiront de préférence et avec une intensité plus grande que dans les régions voisines. Une curieuse expérience de Daubrée, réalisée au moyen de feuilles de plomb amincies soit au centre, soit vers Tun des bords et soumises à une compression laté-

Fi;?. 76. — a, Anticlinal érodé. — 6, Le môme plus accentué et chevauché, les forces tangentielles et les agents atmosphériques continuant leur œuvre (d'après Bailey Willis).

raie (fig. 75), a montré que les plis déversés prennent naissance dans la région amincie, tandis que dans la région à épaisseur normale dominent les plis droits.

Bailey Willis a établi [8] que certains chevauchements {érosion Ihrusis) prennent naissance le long de plis dont la charnière a été érodée par les agents atmosphériques. Les poussées qui ont donné lieu au pli continuant à agir, une rupture, suivie de chevauchement, se produira à l'endroit attaqué par l'érosion (fig. 76).

Enfm, on a constaté souvent, en particulier dans les Alpes, que les grands accidents tectoniques, tels que dômes, plis-failles, surfaces de charriage, coïncident comme emplacement avec les changements de faciès dans le sens horizontal. Dans les Basses-Alpes, la limite du

faciès dauphinois et du faciès rhodanien * est presque partout marquée par une importante ligne de contact anormal. Dans les Préalpes [11], dans TUbaye [12], dans le Salzkammergut, chacune des nappes de charriage superposées est caractérisée par un faciès spécial des terrains secondaires.

Hétérogénéité dans le sens vertical. — Si une masse stratifiée est homogène dans le sens vertical, c'est-à-dire si les couches superposées ont toutes la même composition mînéralogique et partout la même plasticité, les plis formés par compression latérale décriront en général des sinuosités parfaitement parallèles entre elles; on dira que le plissement est harmonigtie. Si, par contre, la masse plîssée est hétérogène dans le sens vertical, si plusieurs couches de composition minéralogique différente, c'està-dire d'inégale plasticité, se trouvent soumises en même temps à l'effort de plissement, lès replis des diverses couches ne coïncideront plus, ils varieront de l'une à l'autre, quant à leur nombre et quant à leur rayon de courbure. Les couches les moins plastiques, comme par exemple les calcaires non stratifiés, décriront des plis de grande amplitude, souvent

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