BASALTE DES PLATEAUX
Lobes du plateau basaltique des Coirons, Saint-Jeaii-Ie-Centenier (Ardèche).
sives de lave et de projections. Le volcan éteint du Cantal, celui du Mont Dore (fig. 113) constituent de beaux exemples de cùnes volcaniques mixtes. 11 est infiniment probable que le Vésuve et TEtna possèdent une structure analogue.
Enfin, les éruptions péléennes sont caractérisées par des cumulovolcans, où le cône doit son origine à l'extrusion d'un culot de lave visqueuse. Les exemples de ce type particulier ne manquent pas parmi les volcans éteints.
Coulées. — Les coulées des anciens volcans sont bien plus souvent consen'ées que les cônes volcaniques, de sorte qu'il n'est pas toujours possible d'indiquer leur lieu d'origine . Il est d'autant plus nécessaire d'être en possession d'un certain nombre de caractères permettant de reconnaître qu'une masse rocheuse est bien une portion de coulée, en d'autres termes, qu'elle doit être envisagée comme une roche d'épanchement et non comme une roche de profondeur.
Dans le cas des volcans éteints d'âge relativement récent, les coulées occupent le fond des vallées, mais le cours d'eau actuel est d'ordinaire encaissé dans un lit étroit, creusé soit dans la coulée même, soit sur l'un de ses bords (pi. XXVIII, 1). Les coulées des volcans plus anciens occupent, par contre, des plateaux que les vallées récentes entament profondément (pi. XXVIII, 2). Dans l'un et l'autre cas, des parois abruptes permettent d'étudier l'intérieur delà masse épanchée.
Abstraction faite des parties superficielles vitreuses et vacuolaires, cette masse est plus ou moins homogène, les régions centrales de la coulée présentant en général un aspect moins finement cristallin que la périphérie. Quelquefois on n'observe aucune trace de division dans la roche, qui forme, sur de grandes surfaces, une épaisse lame
V'ig. 112. — Coupes schématiques de trois types de cAnes volcaniques.
a, Cône do débris; 6, Côno do condres; c, Cdno mixte.
parfaitement continue. Mais très souvent la coulée est débitée en
colonnes prismatiques juxtaposées, verticales (pi. XXIX, 1), lorsque la coulée s'étend sur un substratum horizontal ; inclinées et perpendiculaires à la surface de la coulée, lorsque celle-ci s'est épanchée sur un plan fortement incliné. Les axes des prismes sont donc toujours perpendiculaires à la surface de refroidissement, de là quelquefois une disposition des colonnes en gerbes (pi. XXIX, 2). Les dimensions des prismes sont variables, leur section a la forme de polygones irréguliers de 4, de S ou de 6 côtés. Exceptionnelr« " ffi^^t r*^ ^ S'a. l^n^cnt ils sont coupés par des plans
perpendiculaires à leur axe.
On s'accorde aujourd'hui à attribuer cette division en colonnes au retrait causé par un refroidissement brusque; mais on ne peut souscrire sans réserves à l'opinion d'après laquelle elle aurait pris naissance exclusivement dans les cas où les coulées s'épanchaient sous l'eau d'un lac ou dans la mer. De même, les colonnades, tout en étant particulièrement fréquentes dans les coulées basaltiques, peuvent se rencontrer chez la plupart des roches d'épanchement, même chez les plus acides.
L'Auvergne et le Vivarais fournissent des exemples célèbres de coulées basaltiques, les unes occupant le fond des vallées (pi. XXVIII, l)et provenant d'éruptions de l'époque Quaternaire (Basalte des Vallées), les autres formant de grands plateaux (pi. XXVIII, 2) entamés par les vallées et datant de la fin de l'ère Tertiaire (Basalte des Plateaux). Les unes et les autres présentent à cha(|ue pas de magnifiques colonnades.
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Les coulées basaltiques de l'Ecosse et de l'Irlande sont non moins célèbres; on a donné, dans ces pays, aux colonnades le nom de < chaussées des géants » (gianU causeways).
On employait autrefois, avant que leur composition exacte fût bien déterminée, pour désigner toutes les roches foncées à pâte fine, le terme de trapp, et on l'appliquait surtout aux très vieilles coulées formant des plateaux dont les bords sont disposés en escaliers.
Dans rinde, tout le Nord-Ouest de la péninsule est constitué par d'immenses plateaux de trapp d'âge très ancien. Ce sont probablement les plus vastes coulées du Globe.
Quelquefois des roches d'épanchement sont prises dans les plissements et se comportent alors comme des roches sédimentaires. Dans les Alpes françaises, les mélaphyres et les spilites, qui ne sont autre chose que des basaltes datant du début de l'ère Secondaire, ont pris part aux mouvements orogéniques les plus intenses. Leur origine volcanique est attestée par l'aspect vacuolaire de la roche. On peut en dire autant des mélaphyres dévoniens du massif schisteux Rhénan, qui sont d'ailleurs accompagnés de tufs fortement altérés, connus sous le nom de c Schalstein ».
Dykes. — On a vu plus haut que les dykes sont le remplissage de fissures par où la lave s'épanchait au dehors. Le démantèlement de l'appareil volcanique les sépare presque toujours de la coulée à laquelle ils ont donné naissance, mais la continuité est quelquefois respectée. Il y a d'autre part des dykes qui n'ont pas atteint la surface, la lave s'étant consolidée dans la fissure sans arriver au jour. Les dykes sont presque toujours limités par deux plans plus ou moins parallèles, verticaux ou obliques. Ils rayonnent souvent du centre du cratère, mais ils peuvent aussi affecter des directions quelconques, se coupant parfois les uns les autres. Leur épaisseur est extrêmement variable, elle peut descendre à quelques centimètres, comme aussi elle peut atteindre plusieurs centaines de mètres. Ils traversent soit des amas de projections, soit des terrains sédimentaires dont ils ne dérangent pas les strates, soit encore des roches métamorphiques. A leur contact les roches ne subissent que de légères modifications dues à l'action de la chaleur. Ce métamorphisme ne s'exerce que sur quelques mètres d'épaisseur et il est entièrement nul dans le cas des filons dont l'épaisseur est minime. Ainsi, au col de l'Escrinet, dans l'Ardèche, on peut recueillir des Ammonites jurassiques au contact même de dykes de basalte (pi. XXX, 1). Leur état de conservation est absolument le même que
celui des échantillons que Ton trouve loin de toute roche volcanique. Les éponles du dyke, c'est-à-dire ses régions externes, voisines des deux surfaces qui le délimitent, possèdent souvent une texture plus fine que le centre, qui peut renfermer d'assez gros cristaux. Leur composition minéralogique est aussi quelquefois assez diiïéren te de celle du centre. Nous reviendrons là-dessus dans le chapitre suivant.
Comme les coulées, les dykes peuvent présenter une division en prismes, dont l'axe est alors perpendiculaire à la surface.
Sous l'action des agents atmosphériques, les dykes sont déchaussés
et mis en saillie, surtout lorsqu'ils traversent des roches meubles. Ils forment alors comme des murs (pi. XXX, 2), que l'on suit en ligne droite sur de grandes longueurs, franchissant les crêtes et les vallées. Mais quelquefois c'est l'inverse qui se produit. Lorsque le dyke est
altéré et qu'il traverse une roche résis-
^ ^= tante, il est remplacé par une dépression, par un véritable fossé.
Fig. 114. -- Jet de lave à la surface d'une coulée {hornito) du Mokua- Weo-Weo, Hawaï (d'après Dana, cliché communiqué par M. Ch.
ViLAIN).
CÔNES ADVENTiFS. — Outre Icur cône principal avec leur cratère, beaucoup de volcans possèdent, soit sur les flancs de ce cône central, soit au pied du cône, dans la caldeira, soit encore sur les flancs de l'ancien cône, transformé par explosion en une caldeira, des cônes adventifs ou parasitaires, généralement de faibles dimensions, irrégulièrement dispersés ou, plus fréquemment, alignés suivant des lignes qui rayonnent du centre du volcan vers la périphérie et qui ne sont autre chose que des cassures injectées de lave, par conséquent des dykes. Ces cônes adventifs sont édifiés par des projections et donnent quelquefois aussi naissance à des coulées de lave. Leur nombre est très variable; l'Etna en possède environ 900, dont une centaine atteignent plus de 10 m de hauteur.
Il ne faut pas confondre ces cônes parasitaires avec les homitos, qui sont de simples boursouflures des coulées, où les gaz en s'échappant ont donné naissance à des intumescences coniques, parfois assez élevées (fig. H4).
É. Hauc. — Trailé de Géologie.
Pl. XXX.