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Fig. 110. — Ile SaÎDt-Paul, vue prise par le travers de la Roche Quille à un mille du bord (croquis de M. Charlbs Vélain).

Palaea Kameni (97 a. Chr.), de Mikra Kameni (1573) et de Nea Kamenî (1707). A l'Etna, par contre, le cône volcanique récent est excentrique par rapport à la caldeira, qui ici a reçu le nom de Val del Bove, et il dépasse de beaucoup la hauteur de l'ancien cône. Il y a donc eu, dans ce cas, déplacement du centre éruptif.

Toutes ces caldeiras ont coupé comme à l'emporte-pièce les couches superpoisées de laves et de projections qui ont édifié le cône volcanique; aussi leurs parois permettent-t-elles une étude détaillée de la succession des divers produits.

Des explosions plus formidables encore ont quelquefois entraîné l'effondrement de toute une moitié du cône volcanique. C'est ce qui s'est produit le 27 août 1883, lors de l'explosion finale de l'éruption du Krakatoa. La moitié nord de l'île s'abîma dans la mer. Un phénomène analogue a probablement amené l'affaissement de la partie nord-est de l'île de Saint-Paul, de sorte que la mer a pu pénétrer dans le cratère central de ce volcan depuis longtemps éteint (fig. 109, 110). Les parois verticales et rectilignes ainsi formées fournissent d'admirables coupes naturelles à travers le volcan et rendent possible l'étude de toute son architecture interne [XVIII, 7].

Divers types de structure des cônes volcaniques. — L'étude des coupes naturelles fournies soit par l'action des agents atmosphériques, soit par l'érosion marine, soit par les explosions permet de grouper les cônes volcaniques suivant plusieurs types, correspondant d'ailleurs, dans une certaine mesure, aux types d'éruptions.

C'est ainsi qu'aux éruptions du type hawaïen correspondent les cônes de lave, très surbaissés, résultant de la superposition de coulées nombreuses et puissantes, issues de fissures latérales. Les projections font entièrement défaut. Le cratère immense, qui occupe le sommet du cône, est dû probablement, non à une explosion, mais à des affaissements répétés (fig. 111). On ne connaît pas de volcans anciens dont les cratères puissent être comparés à celui du Kilauea, mais il est probable que les coulées immenses de « basalte des plateaux », formant les planaises d'Auvergne et les Coirons, dans l'Ardèche, sont dues en grande partie à d'immenses épanchements de lave très fluide, les projections jouant, par contre, un rôle relativement insignifiant.

Au type strombolien correspondent principalement des cônes de débris, formés exclusivement d'entassements de bombes et de lapilli. Ces projections sont disposées en couches inclinées vers la périphérie du volcan, avec les pentes normales des talus d'éboulement (fig. 112, a). Les cratères, à parois abruptes, sont d'ordinaire égueulés sur l'un des côtés. C'est par cette dépression que s'épanchent des coulées de laves plus ou moins étroites. Les volcans éteints à cratères de la chaîne des Puys (pi. XXVII, 1) et du Vivarais ont conservé encore ces divers caractères, souvent avec une netteté et une fraîcheur qui révèlent leur âge récent [1].

Les éruptions du type vulcanien édifient principalement des cônes de cendres (pi. XXIV, 2), qui diffèrent des cônes de débris, à part la nature des projections, par la double pente très régulière suivant laquelle les couches de cendres sont disposées. Sur les flancs du cône elles forment des pentes douces, sur le pourtour du cratère le talus est beaucoup plus ralde (fig. 112, i).

On a vu plus haut qu'un même volcan peut présenter successivement des phases d'activité strombolienne et d'activité vulcanienne; le cône est alors constitué par des alternances de coulées de laves et de couches de lapilli ou de cendres, simulant la stratification de couches sédimentaires, d'où le nom de strato-volcans ou de cônes mixtes que l'on donne à ces appareils éruptifs (fig. 112, c). Le cratère est généralement une caldeira et l'on aperçoit, sur les parois verticales qui entourent le cirque, les tranches des couches succès-

É. Haug. — Trailé de Géologie.

Pl. XXVII.

Cliché Emile Haug.

LA CHAIiNR DES PUYS

vue de la vallée de la Sioule.

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