SOURCES MINÉRALES
litres d'eau, comme on le voit dans les environs de Burgbrôhl, nécessite pendant ce temps la décomposition complète de 24'', 80 de feldspath sodique, soit pour une année plus de 900 kilogr. Comme les eaux chargées de carbonates alcalins sont extrêmement abondantes, on peut se faire une idée de la part énorme qu'elles ont, de ce chef, dans les modifications que subit la croûte solide du globe.
Après les chlorures, il faut ranger les sulfates parmi les substances minérales solubles dans l'eau pure et comme les plus fréquentes. Le sulfate de soude se trouve dans certaines sources renommées, le gypse est très-fréquent. L'acide phosphorique combiné aux alcalis ou à la chaux se rencontre assez souvent; il n'est pas rare, en quantité moindre toutefois, dans les eaux minérales sous forme de phosphate d'alumine. Les silicates alcalins se rencontrent en beaucoup de sources qui tirent leur origine d'un sous-3ol granitique, gneissique ou porphyrique ; les silicates de chaux, de magnésie, d'alumine ou d'oxydule de fer sont beaucoup plus rares.
Selon que les eaux séjournent plus ou moins longtemps dans des roches solubles, elles en dissolvent une quantité plus ou moins grande. On ne connaît cependant de dissolution saturée que pour le gypse et le chlorure de sodium.
On a reconnu jusqu'ici les matières suivantes dans les eaux de la surface du globe ; toutes ont été extraites des roches :
1. Bases salifiahles : soude, potasse, lithine, chaux, magnésie, strontiane, baryte, alumine, oxydule de fer, oxydule de manganèse, oxyde de zinc, oxyde de cuivre; élain, plomb, argent, antimoine, arsenic, nickel, cobalt, vraisemblablement aussi comme oxydes.
2. i4at/es : acides carbonique, sulfurique, azotique, phosphorique, borique, silicique, sulfliydrique.
3. Halogènes et métalloïdes : chlore, brome, iode, fluor, soufre.
Les dépôts de carbonate de chaux par les sources comptent parmi les phénomènes les plus fréquents que nous offre la nature. Les régions riches en calcaire en présentent des exemples innombrables; mais il n'est peutêtre pas de contrée qui possède des dépôts de cette nature. plus caractérisés que l'Italie, où la chaîne riche en calcaire des Apennins fournit les matériaux de la formation des travertins. La plus abondante et la plus grandiose de ces formations se montre aux cascades de Tivoli. On rencontre aussi des dépôts d'hydrate d'oxyde de fer en de nombreux points, comme par exemple dans la région de l'étang de Laacli. On a calculé que les sources minérales de cette petite contrée pouvaient amener en mille ans un dépôt d'environ | de mille carré sur * de mètre de puissance. De la source salée de Neusalzwerk en Westphalie, dont nous avons déjà parlé, il se forme aussi un important dépôt de calcaire et d'oxyde de fer.