TRANSPORT DES SUBSTANCES MINÉRALES
la fonte des neiges prédominent de beaucoup sur celles des sources, les éléments minéraux diminuent et sont remplacés par les particules en suspension.
La quantité des matières minérales transportées à la mer semble à première vue très-peu considérable ; mais si l'on prête attention à la masse énorme des eaux qui courent à la mer, on se convainc bien vite du contraire. Des fleuves comme le Rhin, le Danube, le Uhône et l'Elbe contiennent au moins 1/8000 de substances minérales en solution; ils conduiraient donc à la mer, sur un espace de 8000 ans, une masse égale à celle des eaux qu'ils y déversent annuellement.
Abstraction faite des' substances organiques, de l'oxygène et de l'hydrogène, on a reconnu jusqu'ici les minéraux suivants dans l'eau de la mer : le chlore, qui, après les parties constituantes de l'eau, forme la plus grande partie de ces matières étrangères, le brome, l'iode, le fluor, le soufre (à l'état d'acide sulfurique et d'acide sulfhydrique), le phosphore, le carbone (libre ou à l'état de carbonate combiné avec la chaux et la magnésie), le silicium (comme acide silicique), le bore (à l'état d'acide borique), l'argent (à l'état de chlorure d'argent), le cuivre, le zinc, le plomb, le cobalt, le nickel, le fer, le manganèse, l'aluminium, le magnésium (après le chlore, l'acide sulfurique et le sodium sont les plus fréquents), le calcium (le plus souvent à l'état de carbonate, de sulfate et de phosphate de chaux, ou comme fluorure de calcium), le strontium, le baryum, le sodium, le potassium, et enfin, très-vraisemblablement, l'arsenic et le lithium. De ces 29 éléments, le chlore, l'acide sulfurique, le calcium, le potassium, le magnésium et le sodium sont les plus importants et forment entre 5,21 et 5,84 pour 100 de l'eau de la mer. La teneur de l'eau de mer en parties solides est constante et n'oscille que localement, selon que l'évaporation est plus ou moins forte aux diverses latitudes : la fusion de grosses masses de glaces aux zones polaires et le déversement des grands fleuves ont aussi une certaine influence. La mer Baltique doit être considérée comme perdant beaucoup par l'évaporation : son contenu en sel augmente avec la profondeur; aussi son poids spécifique s'accroît- il de même. C'est pour la même raison que les côtes de l'Océan sont moins salées; que, d'un autre côté, la Méditerranée l'est plus que l'océan Atlantique. La différence de salure entre l'Océan et ces mers intérieures est flue à ce que celles-ci ont bien des affluents, mais n'ont pas d'écoulement et ne maintiennent leur équilibre que par l'évaporation : leurs eaux se concentrent alors de plus en plus. C'est le cas du grand Lac salé dans l'Amérique du Nord et aussi de la mer Morte. L'eau de cette dernière contient environ 24,5 pour 100 de sels dissous, parmi lesquels le chlorure de magnésium prédomine de beaucoup; tandis que le chlorure de sodium, le chlorure de