‹ Traité de géologie et de paléontologieChapitre 150 sur 278 · BARRES · texte numérisé non relu

BARRES

beaucoup de fleuves qu'ils entourent en demi-cercle, de sorte qu'il se forme des lacs complètement fermés ne communiquant avec la mer que par un canal coupé dans la barre.

Les bancs cùtiers ou barres ne sont nulle part plus nettement accentués que sur la côte est de l'Amérique du Nord, où ils son4 complètement séparés du continent par une bande d'eau peu profonde depuis Long- Island jusqu'à la Floride et ils sont surtout développés au voisinage du cap Ilatteras. Leur formation se laisse très-bien rapporter à l'action alternative des marées et des fleuves et aux courants très-nombreux en ce point. Le flot entre, les dépasse, inonde le pays plat voisin et s'y arrête quelque temps pendant l'étal des eaux. Par suite, les matières argileuses et sableuses qu'elles tenaient en suspension se déposent. Lorsque commence le reflux, les eaux reprennent leur mouvement, fouillent de nouveau lears dépôts et les reportent à la mer. Sur les zones de côtes plates, elles s'étalent, ont à lutter contre les vagues et perdent ainsi leur vitesse ; aussi laissent-elles déposer les matières qu'elles tenaient en suspension, et c'est là l'origine des barres mouvantes. Leur éloignement de l'embouchure du fleuve dépend de la largeur et de la pente de celui-ci, de la hauteur et de la force du flot. L'intérieur des lagunes récemment formées va toujours se comblant ; c'est ainsi qu'ont pris naissance les côtes plates de l'océan Atlantique et du golfe du Mexique. Si cependant les eaux de la marée en soi"tant du fleuve forment un courant très-forfdans la lagune, elles rongent et détruisent la partie intérieure de la barre, en même temps que la mer, par son action ininterrompue, continue à la fortifier. C'est ainsi que les barres reculent lentement dans l'Océan et sont suivies des marais latéraux aux fleuves qui vont toujours s'aggrandissant. De cette manière les continents s'augmentent gn certains points, tandis qu'en d'autres, ils sont sans cesse minés par les vagues.

En certains pays, les éléments de la barre sont soudés en conglomérat par des eaux calcaires et transformés ainsi en roches solides, mais, d'ordinaire, ils restent dans un état si meuble que les vents soufflant de la mer séparent le sable fin des graviers et des galets et en forment des dunes qui progressent dans les terres. Les dunes sont des collines stériles nues, ou des séries de monticules disposées parallèlement les unes aux autres; elles ont 10, 20 et même 60 mètres de haut et se fondent du sable sec soulevé par le vent de mer à marée basse et chassé à l'intérieur des terres. Les dunes sont dans un mouvement de progression continuelle; elles peuvent changer en déserts de sable des contrées fertiles et ensevelir des villages.

D'une manière générale, on voit que la disposition actuelle de la surface delà terre n'est qu'un stade passager de son évolution, un groupe-

Page 1