TOURBE
uléfiant). Mais, outre les hydrocarbures gazeux, la décomposition des végétaux provoque aussi la formation de combinaisons solides et liquides de carbone et d'hydrogène, comme la napthc, le pétrole et l'ozokérite. Beaucoup de sources d'huiles minérales n'ont pas d'autre origine et beaucoup de roches doivent à cette même cause le bitume qu'elles contiennent. D'autres matières bitumineuses paraissent provenir de la décomposition des matières animales. On ne peut élever aucun doute sur l'origine de ces matières carbonées lorsqu'on les voit transsuder directement de la masse du charbon, ou même s'en écouler comme dans les puits de Dawleyei The Dingle dans leShropshirc oîi les mineurs sont obligés de se garantir de l'huile minérale par un planchéiment.
Les dépôts et amas de végétaux qui formeront plus tard la houille peuvent appartenir à des époques géologiques très-diverses ; ils peuvent donc provenir de flores très-différentes et se présenter avec des caractères variés.
La formation de la tourbe est due à ce que les algues et autres plantes des eaux stagnantes laissent tomber sur le sol leurs parties détruites. A la longue, il peut se former de celle manière un dépôt d'épaisseur considérable. En même temps les roseaux, les prêles, les joncs, les carex, d'abord limités aux berges, s'avancent progressivement et de toutes parts dans la nappe d'eau, traversant le sol en tous sens par le réseau de plus en plus serré de leurs racines. Pendant toute l'année, les feuilles et tiges mortes des nénuphars, renoncules, lentilles d'eau, etc., tombent, s'enfoncent et viennent se joindre aux amas de racines, feuilles et branches déjà réunies et traversées de racines et rhizomes ; ils prennent ainsi la place de l'eau, jusqu'à ce qu'il se forme un feutrage dense reposant sur un fond boueux. C'est sur cette couche de débris peu ferme, oscillante, que s'établissent les sphaignes, linaigrettes, ményanthes, bruyères et autres plantes. Les débris végétaux recouverts ainsi et préservés de l'action de l'air se décomposent, mais non plus complètement :, l'oxygène, l'hydrogène, l'azote, continuent à se dégager, mais le carbone reste et s'accumule, la masse qui doit former la tourbe augmente aussi par le haut. Tandis que les parties inférieures, ducs principalement à la longue accumulation des sphaignes, vont en se détruisant, les parties supérieures croissent avec vigueur et retirent l'eau du fond en agissant à la manière des éponges. La masse, qui formait primitivement une sorte de bouillie, devient ainsi, avec le temps, de plus en plus compacte jusqu'à ce qu'enfin elle ait acquis la consistance de la tourbe solide. Les sphaignes, toutefois, maintiennent humide le fond sur lequel elles croissent, ce qui entretient sur la tourbe une végétation luxuriante que favorise encore l'abondance de l'humus. Plus tard, il s'établira là des arbres et des arbrisseaux, saules, aunes