AGE RELATIF DES DÉPOTS
dans la nature des roches d'une même formation est encore plus tranchée quand leur dépôt se fait en des points séparés : le crétacé est un exemple de cette diversité de faciès selon les régions. Sur l'île Rûgen, à Calais et à Douvres, il est représenté par la craie blanche avec des silex ; dans la Suisse Saxonne par des grès ; dans le Hanovre et le Brunswick, ces roches sont remplacées par de la craie marneuse et des argiles plastiques ; en France, en Belgique et à l'est de l'Amérique du Nord, par des marnes glauconieuses; dans l'ouest de la Californie, les schistes cristallins sont l'élément prédominant de la formation crétacée : on ne peut donc trouver caractère moins constant. Cependant tous ces dépôts sont reliés par des caractères communs : ils contiennent des formes animales et végétales identiques et d'autres, en grand nombre, étroitement alliées ; on y rencontre, par exemple, certains Céphalopodes comme les genres Scaphites, Crioceras, Ancyloceras.Baculites et Tùrrilites. Il faut donc reconnaître ces différents dépôts comme appartenant à une même phase du développement de la terre, à une même formation. En général, les fossiles de différents dépôts montrent d'autant plus de ressemblance qu'ils appartiennent à des époques plus voisines. Ainsi le jurassique et le crétacé ont en commun les Ammonites et les Bélemnites, le silurien etledévonien, beaucoup de genres de Trilobites et de Céphalopodes , mais le silurien et le crétacé n'offrent pas la moindre ressemblance. Dans ces exemples, l'importance des restes organiques d'une formation pour l'évaluation de son âge et la comparaison avec d'autres dépôts éloignés saute aux yeux.
Ces caractères paléontologiques si décisifs et si importants pour fixer la position d'un système de couches dans la série nous manquent en certains cas. Il est des complexes de couches qui peuvent même avoir une puissance extrême, pondant le dépôt desquels la vie organique n'existait pas encore ou ne jouait qu'un très-faible rôle, et il n'y a pas, en tous cas. dans les plus anciennes formations de la croûte terrestre, de traces sur l'origine organique desquelles on ne.conserve pas de doutes. Ici, le caractère paléontologi(iue fait défaut, mais les rapports de gisement, leur présence à la base de toutes les formations, joints à leurs caractères pétrographiques, permettent de les caractériser avec certitude.
Il en est de même pour de nombreux complexes de couches qui, ou n'étaient pas convenables pour conserver des restes organiques, ou donf le dépôt s'est effectué sous des conditions qui' excluaient la vie. Dans ces cas, la situation dans la série de ces couches dépourvues de fossiles est donnée par leurs rapports avec les couches fossilifères. Cette manière d'interpréter l'âge des dépôts est basée sur ce fait que la succession des formations est partout la même, que, par conséquent, les formations équivalentes occupant la même situation dans la série ont le même âge rela-
lif. Si, par exemple, il s'agit d'une série de couches puissantes sans fossiles, située entre le silurien supérieur et le carbonifère inférieur, elle doit représenter le dévonien, caractérisé en d'autres points par sa richesse en certains Coraux (Calceola, Cystiphyllum, etc.) et Brachiopodes (Strigocephalus, Spiriler, Uncites), et ailleurs encore par la présence exclusive de Poissons aux formes bizarres (Ccphalaspis, Pterichtys, Iloloplychius).
§ 8 . Division de l'iiistoire du développement de la croûte terrestre et des séries de eouclies correspondantes en périodes et formations. — Comme
nous l'avons déjà dit, principalement au paragraphe 1. les changements qui ont modiBé les rapports physiques de la surface terrestre pendant son développement progressif et lui ont donné sa conformation actuelle se sont exprimés par la multiplication continue du nombre des types et par le perfectionnement des caractères généraux des habitants de la terre. D'après les modifications les plus essentielles de ces derniers, on a divisé l'histoire du développement de la terre et des animaux et des plantes en un certain nombre de péi iodes correspondant à autant de formations, que nous avons indiquées dans les tableaux suivants : les lignes verticales représentent les types animaux et végétaux les plus impor tants, et les cases horizontales correspondent aux divisions du temps dans lesquelles ces types sont successivement apparu?.
A mesure que se mon Irent progressivement des formes organiques plus élevées, on voit les caractères généraux propres aux êtres des époques anciennes se rapprocher de ceux du monde actuel. Il ne nous est resté que des traces trop peu sûres de la vie au sein des vieux océans qui ont déposé les éléments du gneiss laurentien, pour nous permettre d'en tirer des conclusions générales, mais la terre aux époques silurienne, dévonienne, carbonifère et dyasique, était certainement bien différente de ce qu'elle est de nos jours. Des formes bizarres comme les Trilobites, les Graptolithes, les Cyslidées, les Ganoïdcs cuirassés hétérocerques, peuplaient les océans, tandis que les continents .étaient d'abord nus et mornes. C e>t seulement plus tard que ceux-ci se couvrirent d'une végétation luxuriante de Fougères et de Prèles gigantesques. Le développement des Reptiles, la prédominance des Cycadées et des Conifères, la diminution et la disparition des Cryptogames vasculaires, l'apparition des premiers Mammifères et des Oiseaux, nous préparent l'époque qui précède celle de l'arrivée de l'Homme, caractérisée par les Palmiers, les Dicotylédones angiospermes et les Mammifères gigantesques. D'après la ressemblance paléontologique plus ou moins grande des formations avec le monde vivant actuel, on les a partagées en quatre groupes :
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