AGE RELATIF DES DÉPOTS
Europe, le tertiaire est la formation la plus récente et le gneiss laurenticn la plus ancienne, par conséquent la plus inférieure de toutes. Mais il peut nous être indifférent de savoir si, par exemple, la formation dévonienne de l'Amérique du nord a ({uclques millions d'années en plus ou en moins que le dévonien de nos pays : dans l'histoire du développement de la terre nous n'avons aucun point de départ pour calculer la valeur absolue d'une période quelconque.
^ / . Points de départ pour restimation de ràg;e géologique de complexes de couches. — 11 ressort de ce que nous venons de voir que nous avons deux moyens pour arriver à connaître l'âge géologique d'un système de couches ou d'une couche isolée, c'est-à-dire pour pouvoir les ranger dans une des formations qui partagent toute la série des dépôts. Le premier de ces moyens est donné par les fossiles (caractère paléontologique), le second par les rapports de stratification. Comme ce dernier ne peut souvent servir que là où plusieurs formations sont réunies, ce sont le plus souvent les restes organiques qui sonl employés dans ce but. Mais, comme les changements de caractère des flores et des faunes anciennes ne se faisaient pas brusquement et par le remplacement complet des espèces jusque-là existantes par des formes nouvelles, mais bien par le remplacement des espèces éteintes une à une par des formes voisines, tous les fossiles d'une formation ne sont pas caractéristiques pour elle. On réserve le nom de fossiles caractéristiques pour ceux dont l'existence est limitée à des périodes isolées, qui appartiennent exclusivement, par conséquent, à des systèmes de couches déterminés. Ainsi, les Nummulites caractérisent le tertiaire, les Hippurites caractérisent le crétacé, les Bélemnites sont propres au jurassique et au crétacé, les Sigillariées et les Stigmaria au dévonien et au carbonifère, les Graptolithes au silurien.
On avait d'abord pensé trouver dans les distinctions pétrographiques des formations des données suffisantes pour les caractériser. Cela est vrai pour les observations locales, mais il n'en est pas de même pour les formations étendues, et l'on a reconnu que le faciès pétrographique d'une série de couches n'avait aucune valeur en soi pour l'estimation de son âge relatif. D'un côté, par exemple, les mêmes grès et calcaires et aussi les marnes, les argiles, les conglomérats, se répètent exactement dans presque toutes les formations depuis la plus ancienne jusqu'aux plus récentes, et n'ont, par consé(juent, rien de caractéristique pour un étage déterminé; d'un autre côté, le faciès pélrographique d'un même déj)ôt, lorsqu'il est étendu, n'est pas constant et est souvent même très-variable dans ses différents points. Ainsi, une série de couches de conglomérats peut passer à des grès, ceux-ci à des schistes argileux et à des marnes, et les marnes, enfin, peuvent devenir des calcaires. La variété