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FORMATION SILURIENNE

On désigne sous ce nom une série de couches de plus de 6000 mètres de puissance formée principalement de roche argileuses, sableuses et calcaires, ces dernières jouant un rôle secondaire. Elle repose sur les gneiss laurentieas et les schistes huroniens, sous la formation devonienne et est parfois riche en restes organiques. Les fossiles sont formés exclusivement de Fucoides, Coraux, Graplolilhes, Crinoïdes, Brachiopodes, Céphalopodes et Trilobites ; les organismes terrestres et les habitants des eaux douces n'étaient point encore apparus.

Le caractère pétro graphique des couches siluriennes n'est nullement constant ; bien plus, il varie dans les diverses contrées, mais on peut admettre d'une manière générale que les grès, les schistes argileux, les grauwackes et leurs schistes, quelquefois aussi les calcaires forment ses roches prédominantes; il s'y ajoute, mais en sous-ordre, des conglomérats, quarzites, schistes siliceux, schistes aluneux, marnes et dolomies. La variabihté du facios silurien selon la localité, est due*à la multiplication ou au retrait plus ou moins complet de roches qui, ailleurs, jouent un rôle tout à fait opposé.

Le silurien, en général, est assez riche en minerais ; même leur formalion, surtout dans l'Amérique du Nord, parait être un caractère de cet âge et la continuation de ce qui se passait pendant le huronien. Ce sont principalement divers minerais de fer et des minerais de cuivre, de plomb et de zinc disposés en lits, sous forme d'imprégnations ou de dépôts irréguliers, intercalés et par conséquent de même âge que le silurien. Ici se rangent les lits de minerai de fer ooliihique du silurien de Bohême et de New-York, les amas de sidérose des Alpes du Nord (fig. 115), les lits nombreux et étendus de limonite dans la dolomie silurienne de la grande vallée des Appalaches, les gisements de calamine et de blende, de Friedensville, en Pennsylvanie, les lits de galène de Austin, en Virginie. Ces derniers forment trois dépôts de 3 et 7 mètres de puissance dans la dolomio stratifiée; ils présentent à la base de la dolomie réfractaire avec des nodules, des veines ou des nids de quarz, de calcaire cristallisé et de galène,

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Uindis que les couches sous-jacentes présentent toujours des lits de blende qui atteignent parfois un mètre de puissance. Vers la surface , la galène

En:l>erg

, Fig. 413. — Coupe du Erzberg (Ëisenerz en Steicrmark). a, schistes argileux ; b, grauwacke ; c, calcaire; rf, sidérose ; e, brèche calcaire; f, schistes louges.

se décompose en céruse et en pyromorphite, la blende en calamine et en smithsonite. Le complexe des couches auxquelles appartient ce banc de dolomie riche en minerais est courbé en selle de manière que ladolomie affleure six fois et forme de chaque côté de l'axe anticlinal trois ailes tombant en direction opposée.

La présence de lits d'anthracite entre les schistes siluriens à Graptolithes d'Ecosse, d'Irlande et de Portugal, n'est pas sans intérêt. Les éléments de celte roche charbonneuse ne peuvent provenir que de Fucoides, car, à cet âge, les plantes élevées en organisation n'existaient pas encore. On ne peut non plus douter de l'existence de grands dépôts de sel gemme au sein de la formation silurienne, à cause des nombreuses sources salées auxquelles elle donne naissance (Salina et Syracuse dans l'Etat de New- York, Saginaw dans l'État de Michigan).

Entre les roches vraiment élastiques du silurien dont nous avons parlé et au-dessus d'elles, l'on voit en certains districts, des séries découches au caractère cristallin si caractérisé, que l'on ne peut plus les distinguer, pétrographiquement, des gneiss, micaschistes et schistes amphiboliques laurentiens et huroniens. — Il y a là un phénomène difficile à expliquer au point de vue pétrographique, qui ne s'observe pas seulement en Ecosse, mais aussi en Scandinavie oîi, près de Kjerulf et de Tôrnebohm, l'ensemble puissant des schistes cristallins qui forment le pays montajjneux de la Norwége centrale, doit être considéré comme représentant le groupe silurien supérieur si riche en fossiles sur d'autres points, puisque ces schistes recouvrent en concordance le silurien inférieur. Dans la partie nord de la Suède et principalement dans le Jemtland, près de Tôrnebohm, on voit, reposant en concordance sur une série de couches qui représente le silurien Scandinave jusqu'à la base du silurien supérieur, un système de couches formé de quarzites, de halleflint, de gneiss, de schistes amphi-

SILURIEN. 3C9

boliques, de niicnschistes et de calcaires crisUillins subordonnés, d'une puissance de 4500 mètres et.qui, d'après ces rapports de situation, appartient indubitablement à l'âge silurien.

La place de la formation silurienne à la base des formations sédimentaires fossilifères résulte déjà de ses rapports de stratification. Comme nous l'avons montré par des coupes faites en Scandinavie et dans l'Amérique du Nord (fig. 102, 104, 109 et 110), la série silurienne repose sur les formations laurentienne et huronienne et est par conséquent plus récente qu'elles. Sans doute, dans la plupart des cas, cette superposition est discordante, mais quelquefois cependant, comme enNas?au, en Bohème et même aussi en Angleterre, les schistes argileux du huronien sont si étroitement liés au silurien qu'il n'est pas possible de tirer une ligne de démarcation entre eux. Le silurien est limité, à la partie supérieure, par la formation dévonienne, mais on trouve en Europe aussi bien qu'en Amérique un passage insensible de l'un à l'autre des deux groupes de couches.

Sous le rapport archilectonique, la formation silurienne ne présente que peu de concordance dans les diverses régions où on la rencontre. En certains pays, comme dans les plaines de la Russie, dans le territoire dépendant du Mississipi, en Suède, les couches siluriennes n'ont point perdu leur disposition primitive. Elles se présentent là, sur une étendue de plusieurs milliers de milles carrés, en situation horizontale : elles n'ont donc subi qu'un simple changement de niveau par suite d'un soulèvement séculaire, en d'autres termes, après leur dépôt au fond de l'océan silurien, elles ont été soulevées lentement au-dessus du niveau de la mer sans qu'il y ait eu de changement essentiel dans la situation des couches. Dans la plupart des cas, cependant, la formation silurienne par suite de bouleversements puissants a été redressée, plissée, brisée, ou bien de grandes dislocations ont déterminé la formation de failles et, par suite, de zones disposées en bassin, en selle, en éventail, ou redressées perpendiculairement, des formes et des dimensions les plus diverses. La schistosité transversale, si caractéristique pour certaines formations paléozoïques, rend 'plus embrouillés et souvent complètement méconnaissables ces rapports architectoniques.

Caractères paléontologiques de la formation silurienne. — Abstraction faite de quelques rares plantes terrestres extrêmement localisées (Lepidodendron dans le silurien supérieur de Bohême, dans le Harz, dans le Yoigtland, en Angleterre), la flore et la faune de l'époque silurienne sont exclusivement marines. Les représentants du règne végétal, très-rares, si on les compare aux formes animales de cet âge, appartiennent aux Fucoides. Les débris insuffisants que l'on possède en rendent difficile la détermination et leur valeur paléontologique est faible. Par l'accumu-

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lalion (l'un grand nombre d'individus, ils arrivent à former des zones de couches isolées, comme, par exemple, les grès à Fucoides de Suède, qui ont quelque importance géognostique et qui ont même fourni, en certains points, comme nous l'avons déjà dit, l'élément des lits d'anthracite siluriens.

Le genre de Fucoides le plus important de la formation silurienne est le genre Chondriles, mais surtout Arlhrophycus ; leur espèce la plus répandue est le Chondriles antiquus Sternb., qui se rencontre fréquemment dans les schistes siluriens de Bohême, de Scandinavie et de la Grande-Bretagne, et Y Arthrophycus Jlarlani (fig. il4), Fucoïde avec des

rameaux arrondis, articulés, plusieurs fois ramifiés, qui recouvre entièrement les surfaces de stratification de certains grès siluriens de l'Amérique du Nord.

Le monde animal pendant la période silurienne atteint un développement beaucoup moins uniforme, et montre une richesse beaucoup plus grande en formes et en individus. D'après Bigsby, la faune silurienne, telle qu'on la connaît aujourd'hui, renferme 9000 espèces, 161 Protozoaires, 507 Cœlentérés, 500 Échinodermes, 154 Annélides, 1611 Trilobites, 518 Entomostracés, 441 Bryozoaires, 1650 Brachiopodes , 168 Monomyaires, 541 Dimyaires, 358 Ilétéropodes et Ptéropodcs , 895 Gastéropodes, 1454 Céphalopodes et 37 Poissons. Barrande élève la faune silurienne connue à 10 211 espèces. Parmi les animaux les plus inférieurs sont les Spongiaires. En opposition à celles des périodes postérieures, les Eponges siluriennes n'étaient pas fixées, mais vivaient librement, aussi avaientelles une plus grande régularité de formes. Parmi elles il faut surtout citer VAstylospongia prsemorsa Rœm., que l'on rencontre le plus fréquemment en Gothie, dans le Tennessee et sous forme de galets diluviens dans la plaine du nord de l'Allemagne. Elle a une forme presque complètement globuleuse, de sa face antérieure déprimée rayonnent des sillons qui se dichotomisent dans leur Course iirégulière. Il en est de même de VAulocopium auranlium Rœm., du silurien de l'Esthonie, et se rencontrant aussi comme galet dans la grande plaine du nord, et en outre de V Astr seospongia meniscns Soff., du silurien du Tennessee. Cette der-

Fig. H4. — Arthrophycus Harlani.

Fig. 415. — Astylospongia prsemorsa.

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nière Éponge, de forme discoïde, se caractérise par|]la régularité et le grand nombre de ses spicules à trois rayons.

Les Coraux siluriens, pris en masse, appartiennent à la division du Zoanlharîa rugosa, dont les cloisons forment toujours quatre systèmes et jamais six ; les genres les plus répandus sont Oinphyina, Acervularia, Syringophijllumy Ci/athaxonin. On peut citer comme espèces particulièrement caractéristiques : Cyathaxonia Dalmani Edw. et II. (fig. il G), petit Polypier que nous représentons fortement grossi, de forme conique avec des sillons septaux et une columelle médiane élevée ; ÏOmplujma ou Cyalopliyllum turbinalun Goldf.

(lig. H7)):

Les Zoanlharia tabulata sont presque aussi nombreux que les Zoanlharia rugosa dans le silurien. Leurs cloisons ne sont pas développées, mais les planchers ont leur complet achèvement. Les Calamopora et Syringopora sont remarquables par leur richesse en espèces, ils s'élèvent jusque dans le dévonien : le genre llalysilcs^ au contraire, est exclusivement silurien. Les espèces les plus importantes sont : Calamopora (Favosites),

Fig. H6. — Cyalbaxonia Fig. 117.

Dalmani. Ompliyma tur-

binatum.

Fig. 118. — Calamopora Golhlundica.

a, de grandeur naturelle ; b, un peu grossi pour montrer les pores et les disscpenienls.

Fig. 119. — Ilalysites cuienulyria.

Gothlandica Lam. (fig. 118), et Ilalysites calenularia Linn. [Calenipora escharoides Goldf., fig. 119). Le polypier du premier est formé do

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tubes en forme de prismes allongés, serrés les uns contre les autres, traversés de nombreux planchers horizontaux et mis en connexion les uns avec les autres par les porcs de leurs parois latérales. Dans la seconde espèce, la coupe montre nettement des tubes ovales soudés par le bout et disposés comme les anneaux d'une chaîne à la suite les uns des autres. Il y a également des planchers horizontaux.

Les Graptolithes doivent élre rangés parmi les êtres les plus remarquables de la période silurienne. On les considère comme des Sertulariens. Par suite de leur fréquence, de leur forme facilement reconnaissable et de leur répartition exclusivement silurienne, ils sont un des fossiles les plus caractéristiques de cette formation. LcsGraptolites sont formés d'une tige creuse qui porte toute la colonie, sur laquelle se forment les loges qui se disposent comme les dents d'une scie. Les Graptolithes peuvent être droits ou enroulés en spirale conique, beaucoup d'entre eux étaient d'abord soudés par deux à la base (fig. 121 et 126) ; un certain nombre de ces corps bifurques semblent quelquefois avoir été soudés autour d'un point central commun (fig. 127); d'autres, au contraire, étaient indépendants et pourvus d'un organe conique appelé pied, fixé au point de bifurcation du polypier. Les restes des Graptolithes se rencontrent d'ordinaire en grand nombre sur les faces de stratification des schistes siluriens et sont, dans ces cas, fortement comprimés; ils sont plus rares dans les roches calcaires et sableuses, mais ils ont conservé leur forme naturelle. Les genres de Graptolithes les plus importants sont : Monograpsus, dont l'axe est pourvu de loges d'un côté seulement (ex. M. priodon Bronn., fig. 120), turriculatus Bar., fig. 122, et geminus llis., fig. 121); Diplograpsus pourvus de loges des deux côtés (ex. D.folium His., fig, 124, etZ). pristis llis.; Rastrites, avec des loges longues, délicates, complètement séparées et perpendiculaires à l'axe (ex. peregrinus Barr., fig. 125) ; enfin, Didyonema, en forme de corbeille, d'entonnoir ou d'éventail, avec des baguettes radiales allongées, quelquefois dichotomisées, reliées par des filets transverses perpendiculaires. Ils portent, aussitôt que leur jonction réciproque par les fibres transversales cesse et qu'ils deviennent par conséquent libres, des loges unilatérales comme par ex. D. llissingeri Gopp. Parmi les Echinodermes, les Astéries et les Oursins sont si rares qu'ils n'ont pas d'influence sur les traits généraux de la faune silurienne, mais les Crinoïdes,au contraire, doivent être rangés parmi les formes caractéristiques de l'âge silurien. Une division des Crinoïdes, les Cyslidées, dont le type est le genre Echinosphœrites, est presque exclusivement de cet à'^e.VEchinosphœi^ites «M7'a«/m7n Wahlemb. (fig. 128) se trouve en innombrable quantité dans le nord de l'Europe. Les autres genres de Cystidées par ex. Cryptocrinus^ Caryocysiites, Echinoëncrinus^ Ilemicosmites,

SILURIEN

sont rares, et leur dispersion géographique est limitée. Les vrais Crinoïdes avec leurs grands bras composés et leurs pièces calcaires disposées radia-

Fig. 121. Fig. 123.

Monogrnpsus Diplograpsus

geiuinus. prislis.

Fijr. 122. Fig. 124. Fig. 125.

Moiiograpsus Diplograpsus Rastrites peregrinus. tuiTiciil.itiis. Tolium.

ïS^^Y^

Fig. 120.

Fig. 127.

Fig. 126.

Honograpsus

Monogrnpsus Logani.

Monograpsus geminus

prioJon.

Graptolilhes.

lement ont déjà, dans le silurien, un développement remarquable. Les genres Cyatocrinus ^ Dimerocrinus^ Lecanocrinus, sont relativement très-ré4)andus.

Les Brachiopodes et les Céphalopodes, parmi les Mollusques, jouent le rôle le plus important dans la l'aune silurienne ; les premiers sont surtout représentés par les genres Leplœna, Lingula, Obolus, Wujnchonella^ Terebratula, Atrypa^ et surtout p;ir les Orllns et les Pentamerus. On a rencontré plus de 259 espèces siluriennes, dont les suivantes méritent d'être citées à cause de leur grande dispei^sion géographique : Orlliis elegantiila (fig. 129), Orlliis vesperlilio (fig. 150), Orlhis lynx (fig. 131).

Le genre Pentamerus, à part quelques espèces qui persistent dans le dévonien, est limité au silurien où il est connu par environ 40 espèces. Parmi ces espèces, \ePenlamerns Knighti Sow. (fig. 132) a une grande aire de répartition en Allemagne, en Angleterre, en Suède et en Russie. Sur le moule interne on voit le septum moyen de la coquille sous la forme

Fig. 128. E. hinosphœrites aurantium.

m, bouche; a, anus; g, pyramide génitale.

SILURIEN

d'une fente profonde (fig. 135). De tous les animaux siluriens, VAtrypa reliciilaris est le plus répandu : il se trouve aussi dans le dévonien. La

Fig. 129. — Orthis elegantula. Fig. 150.

Orthis vespertilio.

Fig. loi . — Orlhis lynx.

Strophomena depressa (fig. 155) se trouve en presque autant de localités que l'espèce précédente; elle passe également au dévonien.

Fig. lôô. — Pentamerus (moule interne^.

Fig. 154. — .Vtrypa reticularis.

Fig. 132.

rentamcrus Knighti.

Fig. 15j.

Strophomena depressa.

Lingula prima et antiqua.

Les valves cornées des Lingula et des Obolus conservées en bon état sont très-communes, surtout dans le silurien inférieur, comme la Lingula antiqua Hall., dans les grès de Potsdam, de l'Amérique du Nord, et V Obolus Apollinis Eichw., dans les grès siluriens les plus anciens de la Russie.

Les Bivalves sont loin d'avoir dans la faune silurienne l'importance des Brachiopodes et des Céphalopodes, et l'on peut à peine trouver des genres exclusivement siluriens. Les Cardiola sont représentées par une dou-

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zaine d'espèces, parmi lesquelles la C. inlerrupla Sow. est la plus répandue et la plus facilement reconnaissablc. On rencontre aussi des Arca , des Nucula et des Avicula .

Les Gastéropodes siluriens appartiennent d'ordinaire aux genres Pleurotomaria, Murchisonia, Turbo, Capulus ; le genre Maclurea est exclusivement silu-

j • . , Fig. 157. — Cardiola intcrrupta.

rien : ce dernier genre possède

une coquille sénestre, enroulée sur un seul plan, à columclle effacée, par conséquent à péristome grand, à bord entier, et enfin un opercule conique de forme toute particulière. Le genre Maclurea se rencontre surtout dans le silurien d'Amérique où il est représenté par 26 espèces, desquelles nous citerons seulement la M. Logani Salter (fig. 158). On considère les TenlaculUes (fig. 159) comme des coquilles ayant appartenu aux Ptéropodes : ils recouvrent en innombrable quantité les surfaces de stratification de certains calcaires siluriens et schistes argileux. Le genre

Fig. 158. — Maclurea Logani.

Fig. 159. — Tenlaculites annulatus.

Theca (fig. 1 iO) doit être aussi cité ici ; il a 30 espèces très-répandues dans le silurien.

Les Céphalopodes sont uniquement représentés dans le silurien par les Nautilides. Les Ammonites, qui jouent un rôle si important dans les plus récentes formations, n'apparaissaient, avec quelque fréquence, que dans le dévonien. Le genre Orthoccras, parmi les Nautiles, atteint déjà le maximum de son développement dans le silurien et il présente, par ex. en Suède, des formes ^'S- 1^0. géantes de 1 mètre 50 à 2 mètres de long. Tout à fait caractéris- "^^" ^^^'

. . . ° garea.

tiques pour le silurien sont ces formes chez lesquelles le siphon est très-grand, moniliforme, pourvu quelquefois d'un appareil rayonné ou en forme de cornet, et que l'on a .séparées des Orthoceras vrais sous les noms de Ormoceras et de Uuronia. Les genres Phragmoccras^ Trochoceras, Cyrloceras, Liluites et Nautilus, sont aussi très-nombreux dans le silurien. Barrande compte 1622 espèces de Céphalopodes dans le terrain qui nous occupe.

Les Trilobiles prennent un très-grand développement dans le silurien.

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tant par le nombre des formes que par celui des individus. On connaît déjà dans celle formation 1 24 genres et plus de 1600 espèces : aussi le caractère essentiel du silurien lui est-il donné par cette famille éteinte. Les Trilobites sont des Crustacés voisins de la famille actuelle des Phyllopodcs, représentés dans nos mares par les Apus et les Dranchipus. Ce que l'on possède des Trilobites est, dans la grande majorité des cas, limitée la cuirasse dorsale, et l'assertion plusieurs fois répétée de pieds articulés chez ces animaux a toujours été controuvée. La cuirasse dorsale se divise en trois parties, aussi bien en longueur qu'en largeur, et c'est là l'origine du nom. On distingue un bouclier céphalique semi-lunaire, des anneaux tho-

Fig. 144. — Orlhoceras Ludcnse.

MM

Fig. 141. — Ormoceras tenuililuui.

Fig. 143. — Orllioceras junceum.

Fig. 146. — Liluiles cornu arielis.

Fig. 142. — Orlhoceras duplex. Fig.. 145. — Cyrllioceras

annulatum.

raciques plus ou moins nombreux et un bouclier caudal. Chacune de ces divisions du corps a une partie médiane courbée qui, pour le bouclier céphalique, prend le nom de glabelle, et deux parties latérales (pleurales). Des deux côtés de la glabelle sont situés les yeux, qui paraissent à facettes chez beaucoup de Trilobites. Certains d'entre eux avaient la faculté de se rouler en boule. Les genres les plus importants et les plus riches en espèces sont Pamdoxides (fig. 147), Olenus (fig. dSi), Agnostus (fig. 155), Asaphus (lig. 148), Ilœnus (fig. 149), Tvinucleus (fig. lôO), et Cabjmene (fig. 152).

Les Beyrichia, très-abondantes dans les couches siluriennessupéricures,

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apparlicnnent aussi aux Crustacés ; ce sont de petits animaux à valves carrées arrondies sur les angles, verruqueuses.

Jusqu'ici, on n'a trouvé aucune trace de Vertébrés dans les niveaux inférieurs du silurien ; c'est seulement dans les horizons moyen et supérieur qu'apparaissent en Bohême, en Angleterre, en Russie, en Scandinavie et dans l'Amérique du Nord, les plus anciens restes connus de ces animaux, Poissons cartilagineux d'abord très-rares (Pteraspis), puis si abondants (Onchus) que leui*s débris forment en Angleterre, entre le silurien et le dévonien, un lit de brèche osseuse (bonebed) qui, en la plupart des points, n'a, en vérité, que 1 à 5 pouces de puissance, mais qui peut atteindre quelques mètres.

'Fig. 147.— Paradoxales Fig. 148. — Asapht boliemicus. lymnnus.

Fig. 150. — Trinucleus conoentricus.

Fig. 149.

Illeenus Davisii.

liK- 1;.-2.

Calymcne Blunienbacljii a, étendu.

Fig. 152.

Cnlymcnc Blumcnbacliii

b, enroulé.

Fig. 153.

Agnostus inlegcr.

Fig 151.-.

Olcnus lAicrurus.

Division de la formation silurienne. — Les membres de la faune silurienne que nous venons de citer n'appartiennent pas tous aux mêmes horizons, ils sont répartis dans tous les complexes siluriens et représen-

378 SILURIEN

tenl bien plutôt une succession de faunes. La division des terrains qui nous occupent repose précisément sur cette diversité des caractères par léontologiques qui n'a pourtant qu'une valeur locale. Ainsi, par ex., les subdivisions établies par Murchison, dans le silurien de l'ouest de l'Angleterre, ne sont pas applicables au silurien de Bohême. Toutefois, dans les contrées dans lesquelles ce terrain est assez développé, par ex., en Angleterre, en Bohème, en Scandinavie et dans l'Amérique du Nord, on a pu établir deux divisions principales de valeur assez générale que l'on a appelées silurien inférieur et silurien supérieur. Les caractères paléDutologiques de ces deux sous-divisions sont généralement uniformes.

Le caractère essentiel du silurien inférieur est sa richesse en certains Trilobites qui lui sont propres. Les genres les plus importants de ces animaux sont les Paradoxides, Trinucleus et Agnostus, les Asaphus, Illsenus , Dikelocephalus , Conocephalus, etc.; aucun d'entre eux ne s'élève dans le silurien supérieur; la plupart même sont liés aux niveaux les plus inférieurs du silurien inférieur {Zone primordiale). C'est aussi à ce niveau que les Graptolithes atteignent leur maximum, de même que les CyslidéeSy tandis que les Crinoïdes vrais sont très-rares. Les Orthocératides jouent aussi un rôle important ; les espèces à siphon dilaté appartiennent exclusivement au silurien inférieur. Il en est de même pour le genre Ii7wi7es. Parmi les Brachiopodes, les genres Or//«*s, Leptsena et Slrophomena sont en prédominance. Les Lingula sont très-fréquentes, et le genre Obolus est limité au silurien inférieur.

Le Silurien supérieur est surtout caractérisé par l'absence complète des genres de Trilobites par lesquels nous avons caractérisé le silurien supérieur. Ils sont remplacés par les Phacops, Bronteus, Calymefie et Homalonotus. Les Cystidées, si développées en certains points du silurien inférieur, disparaissent rapidement, et les Crinoïdes vrais augmentent en individus et en espèces, acquérant ainsi une grande importance ; les premières Blastoïdes apparaissent. Parmi les Brachiopodes, on voit les Spirifer et les genres Athijris. Chonetes et Pentamerus, qui jouent un rôle important. C'est enfin à la partie la plus supérieure du silurien qu'appartiennent les plus anciens restes des Vertébrés, les premiers Poissons.

Nous donnons dans un tableau la correspondance d'âge des différents dépôts siluriens dans les divers points où ils se montrent.

Répartition de la formation silurienne. — Le silurien se présente en Europe dans deux vastes régions, avec des caractères fauniques différents. L'une de ces régions s'étend de la Petschora jusqu'en Cornouailles, l'autre suit le long axe de l'Europe, depuis Bogolowsk jusqu'en Portugal. L'une est caractérisée par sa faune baltico-scandinavique, Tautre par le faciès bohémien de sa faune. A la première appartiennent les territoires silu-

SILURIEN. 379

riens des îles Britanniques, de Scandinavie et de Russie; à la seconde, ceux de Bohême, du llarz, de Saxe, de Thuringe, des environs de Ilof, de France, d'Espagne et de Portugal.

En Angleterre, le silurien atteint son développement principal dans le pays de Galles ; on le connaît aussi au sud de l'Ecosse, dans les parties nord de l'Irlande, et à la côte S. de Cornouailles. Les géologues anglais partagent le silurien de leur pays avec Lyell, après Murchison, en de nombreuses subdivisions.

J. Silurien infériedr.

\) Limjula Flags (cambrien supérieur), schistes micacés avec Lingula, Dikelôce-

plialus, Oleniis et Hyraenocaris.

2) Tremadoc-Slates (cambrien supérieur), schistes noirs avec Orlhoceras, Cyr-

toceras, Theca, Lingula.

5) Arenig ou Sliper-stones Group, schistes quartzeux et grès avec tubes d'Annéhdes

(Arenicolites Hncaris), Ogygia Sehvyni, Didymograpsus geminus. Oboiclla

plnml)ea.

4) Llanéeilo flags avec beaucoup de GraptoUthes, Orlhoceras duplex, Asaphus ty-

rannus, Ogygia Buchi.

h) Lits de Dala et de Caradoc, grès calcaires avec une quantité extrêmement

grande de Brachiopodes, ex. Orlbis vesperlilio, Orlhis tricenaria, Strophomena

grandis. Maximum des Trilobites, ex. Trinucleus concentricus ; Echinospbe-

rites. II. Silurien supérieur.

6) Groupe de Llandovery (Llandovery inférieur, grès de May-Hill) avec Pentamerus

oblongus et liratus, Orthis, Ati7pa, Illoenus, Calymene, Tentaculites annulatus.

7) Groupe de Wenlock, a), lits de Woolhope, b) calcaire de Wenlock ou de Dudiey)

avec Ilalysites catenularia, Calamopora GotliIandic^T, Omphyma turbinatum, Slropbomena depressa, Calymene Blumenbachii, llomalonolus delphinocephalus.

8) Groupe de Ludlow, a), couches du Ludiow inférieur; scbistes argileux et cal-

caires (calcaires d'Aymestry avec Pentamerus Knigbti, Rbyncbonella Willsoni, Lingula Lewisii, Orlhoceras Ludense, Lituites giganteus) b), couches du Ludiow supérieur (grès de Downton) avec Orthis elegantula, Chonetes lata, Bellerophon trilobatus, Orthoceras bullatum, et en outre une couche épaisse d'environ 0,1 formée par une brèche osseuse (bone-bed;, renfermant les restes des plus anciens Poissons (Onchus, Plectrodus, Pteraspis),

En Norvège j on peut distinguer deux grandes régions siluriennes, celle de Christiania et celle de Mjôsensee. La série des couches siluriennes est si complètement développée dans le bassin de Christiania que la plupart des subdivisions faites en Angleterre y trouvent leur correspondance. La concordance est encore plus grande, cependant, entre la faune silurienne de Norvège et de Suède. La répartition du silurien, en Suède, est limitée à la partie de ce pays située le plus au S. En Gothic, en Smalande et en Scanie, on trouve les membres du silurien inférieur ; dans l'île Golhiand,;

SILURIEN

au contraire, on trouve la série du silurien supérieur dans sa situation primitive, par conséquent horizontale ou presque horizontale. Le gneiss

SUurioD (a, b, c, d,) sur le goeiss a recouvert d'an manteau de trapp e (Kinnekullc, sur le lac Wener).

laurenlien est recouvert par le silurien sous forme d'un grès jaunâtre et dur, a), avec beaucoup de Fucoïdes que suivent environ 20 mètres de schistes alunifères, b), avec beaucoup de Trilobites primordiaux, des calcaires, e), avec de nombreux Orthoceraliles, Ecliinosphrerites et Trilobites (lUîenus et Asaphus), et enfin des schistes argileux rf), avec une grande abondance de Graplolithcs. Ce sont là toutes productions du silurien inférieur. Dans l'île de Gothland, au contraire, le silurien supérieur se montre seul : il est formé de schistes et de calcaires (ex. llalysites catenularia, Calamopora Gothlandica , Pcntamerus galeatus, Orthoceras annulatum, etc.).

Le silurien n'acquiert dans aucun pays d'Europe une extension égale à celle qu'il a en Russie. Il s'étend dans ce pays de Pétersbourg, d'un côté vers rO. le long du bord S. du golfe de Finlande par toute l'Esthonie et le nord de la Livonie, jusqu'aux îles Dagoë et Oesol, d'un autre côté vers l'E. sur les bords S. et S.-E. du lac de Ladoga. Ses couches, presque horizontales, sont formées tantôt d'argiles, tantôt de sables meubles, de schistes bitumineux et de calcaires argileux, de sorte que la consistance pétrographique rappelle plutôt les formations sédimentaires récentes qu'un des plus anciens dépôts. Tandis que la partie inférieure du silurien se trouve seule dans les environs de Pétersbourg, les couches de l'Esthonie. de la Livonie, des îles Dagôe et Oosel présentent le développement complet de ce terrain. Sur les deux pentes de l'Oural, on voit les couches siluriennes en zones étroites ; elles sont redressées et très-bouleversées.

Le silurien est beaucoup plus limité dans l'Europe centrale. C'est en

Fig. 155. — Coupe do bassin silurien de Bohême.

Gr., granités et gnei>s ; A,B, schi>tes azolques ; C, DD, étage du silurien inférieur ; E, F, G, B, éUge du silurien supérieur ; A', craie ; S, carboaifcre.

Bohême qu'il est le plus développe et qu'il a été le mieux étudié. Il forme en ce pays un bassin elliptique de 12 milles de long sur 2 à 5 milles de

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large, dont les ailes tombcnl d'un axe principal qui va de Prague au delà do ficraun dans la direction de Pilsen. Ce bassin silurien repose sur un puissant système de couches sans fossiles (huroniennes), les schistes de Przibram, sus-jacentes elles-mêmes aux granités et gneiss, comme le montre la coupe suivante (fig. 155).

Barrande partage la série de couches que montre cette coupe en trois groupes principaux.

1) Schistes asoïques (huronien supérieur). Étage A et B.

2) Silurien inférieur.

Étage C. Zone primordiale avec Paradoxides bohemicus, Conocephalus, Ellipsocephalus.

Étage D. Conglomérats et grès. Étage D •. Schistes avec Asaphus, Ogygia, Trinucleus, llla^nus. Rares Orthoceralites, très-nombreuses Cyslidées, Orihis, etc.

3) Silurien supérieur.

Étage E. C:ilcairc avec de très-nombreux Trilobites (Calymene, lilœnus, Acidaspis,

Proëtus), Maximum de développement des Céphalopodes, beaucoup de (Jrap-

tolilhes, Calamopora Gottlandica, llalysites catenularia. Étage F. Calcaire, forte diminution des Céphalodes, Maximum de développement

des Brachiopodes.

Étage G. Calcaire. Étage H. Schistes avec une faune très-pauvre ; peu d'espèces de

Proëtus, Phacops, Orthoceras.

Un phénomène très-remarquable de la formation silurienne de Bohême consiste en ce que, entre les séries normales des couches, sont intercalés des complexes isolés, caractérisés par une faune étrangère, surtout par les précurseurs d'un monde animal qui se montrera seulement plus tard au complet. C'est ce que /?rtrrrtm/e a qualifié du nom de colonies; ce savant les explique en admettant qu'il y eut des émigrations plusieurs fois répétées d'un ba.ssin silurien voisin, dont le développement organique marchait plus rapidement que celui de la mer silurienne de Bohême, ou se faisait d'une manière tout à fait indépendante (Voy. p. 529).

En Allemagne, il existe seulement des membres isolés du silurien, qui n'offre nulle part sa série complète. La partie du Thuringer Wald au sud de Saalfeld forme un pays silurien fort intéressant. La série que l'on y observe se partage de la manière suivante :

II. Silinnen supérieur recouvert par ledévonien supérieur (Grenzchiefern et schistes à Cypridines).

8 et 7. Schistes à Tenlaculites et couches à Néréites,^avcc Chondrites, Palaîophycus, Leptxna, Orihis, Strophomena, Rhynchonella, Spirifer, Tentaculites, Néréites, Beyrichia, Phacops, Harpes, etc.

8. Schistes à nodules avec aiguillons de Ctenacanthus, Tentaculites acuarius et Calamopora Gothlandica.

5. Schistes supérieurs à Graptolithes 15 m., àGrapolithes unilatéraux.

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4. Calcaire à Cardiola intcrrupta, Orthoccras, Nautilus, Spirifcr.

3. Schistes siliceux et alunifères, très-riches en Monograpsus et Diplograpsus (schistes graptolithiques inférieurs).

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