La craie
Le trias ouvre la série des formations mcsozoïqucs (voy. fig. 250). Il repose donc immédiatement sur le dyas supérieur et est rceoutert par le jurassique inférieur dans les points oii il est en contact avec l'un des deux systèmes ou même avec les deux à la fois. Mais ce rapport entre le dyas et le lias ne se rencontre pas partout. Le trias, loin d'être uniforme, montre presque toujours un faciès particulier dans chacun des pays où il est développé. En Allemagne, il se partage nettement en grès et marnes avec fossiles terrestres, séparés par une formation calcaire avec fossiles marins, dont un des caractères est encore la pauvreté de formes et la richesse en individus. En Angleterre, ce dernier groupe manque de même qu'à l'E. de l'Amérique du Nord, et enfin, dans les Alpes, nous retrouvons nos types d'animaux paléozoïques contemporains de nombreuses formes d'Ammonites mésozoïques : en d'autres termes, les Orthocères et les Ammonites se rencontrent dans les mêmes couches, fait que l'on n'observe dans aucune des contrées que nous venons de nommer, mais qui se répète à l'O. de l'Amérique du Nord, dans l'Himalaya et au N. de l'Asie.
En l'absence de caractère général et tranché pour toutes les formations triasiques, il sera nécessaire de considérer séparément chacun des faciès du trias. On peut seulement admettre d'une manière générale et provisoirement les caractères paléontologiques suivants :
Au commencement du Trias apparaissent les premières Equisetacées qui se propageront jusqu'à l'époque actuelle ; les
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Equiselum arenaceum et columnare ne sont pas limités à l'Europe, mais se rencontrent aussi à l'E. de l'Amérique du Nord. Les Fou<Tèrcs sont représentées par les nouveaux genres Anomopteris, Clathropteris, Gutbiera, Sagenopleris^ai par les formes carbonifères comme les Pccopteris et les Tœniopteris ; tandis que, à l'âge paléozoïque, les Cryptogames vasculaires jouaient le premier rôle dans la flore, ils diminuent fortement au triasique, devant le développement des Cycadées et des Conifères. Parmi les premières apparaissent les genres Plerophyllum, Zamites, Otozamites et Pterozamites , parmi les secondes les Voltzia et les Albertia.
Certains Crinoïdes, Bivalves, Céphalopodes, Reptiles et Poissons, jouent un rôle prédominant dans la faune triasique. Les si nombreux restes de VEncrinus liliiformis (fig. 254) permettent de conclure à une énorme abondance de ce Crinoïde, qui est un des fossiles les plus caractéristiques du trias. Un genre de Bivalves exclusivement triasique est le genre Mijophnria, dont les nombreux représentants, surtout la Myophoria vulgaris, acquièrent une importance générale par leur large répartition aussi bien horizontale que verticale. Parmi les Monomyaires, il faut citer les Peclen, Lima et Gervillia, dont le Pecten lœvigatus (fig. 257), Pecten discites, Lima striata, Gervillia socialis (fig. 259) sont les plus fréquents et les plus caractéristiques. A côté d'eux viennent les premières Ostréides, qui prennent un développement si considérable au jurassique et au crétacé. La Terebratula vulgaris (fig 256) est de beaucoup le Brachiopode le plus commun ; près d'elle se rangent les Retzia trigonella (fig. 256), Spirifer fragilis et Spirifer Mtntzeli (fig. 256). Une des principales différences du trias des Alpes avec celui de l'Allemagne est dans la richesse de sa faune en Céphalopodes. Tandis que la diminution des Nautiles, à mesure que se développaient les Ammonites, a toujours été s'accentuant de plus en plus à l'âge mésozoïque dans les deux pays, le trias allemand est pauvre en Céphalopodes {Xautilus bidorsatus^ [)rincipal représentant des Nautiles), tandis que les Ammonitides sont représentées par le genre Ceratiles très-caractéristique du trias, dont quelques espèces parfois très-communes (les Ceratiles nodosus et G. semipartitus sont les principales espèces). La faune de Céphalopodes du trias alpin a un tout autre caractère : elle comprend, comme nous l'avons déjà dit, les types paléozoïqucs et mésozoïques, et les vraies Ammonites^ les Orthocératites, y occupent une place beaucoup plus importante que les Nautiles et Cératites.
Les Poissons du Triassent en partie encore des Ganoïdes hétérocerqucs à petites écailles (Gyrolepjs, Semionotus), mais cependant l'asymétrie de leur queue a beaucoup diminué déjà, si on la compare à celle des Ganoïdes paléozoïques, et en même temps l'ossification de la colonne vertébrale a fait
(les progrès. A côté de ceux-ci sont aussi des Ganoïdcs cuirassés (Dipnoï) qui, ouireleurs branchies, onlencore un poumon, elenfin des Ca^'^i/a^mewa: (Acrodus, Ilybodus) dont on possède des fragments de mâchoires et. des dents. Les Osseux n'existent pas encore. Les Reptiles triasiques sont principalement les Labijrinthodonles (Trematosaurus, Maslodonsaurus), mais les vrais Sauriens marins, si fréquents au jurassique, sont encore rares (Placodus, Nothosaurus, Simosaurus). A la lin de la période triasique apparaît le plus ancien des Mammifères, le Microlestes, un Marsupial.
TRL\S b'ALLEUAf.NE
Trias d'Allemagne. — Le trias d'Allemagne est formé de trois sousdivisions nettement séparées par leurs particularités pélrographiques et paléontologiques, mais qui possèdent néanmoins en commun certains restes organisés, ce qui légitime leur réunion sous un même groupe. Co sont, de haut en bas :
3) Le keuper (marnes irisées), formation de marnes, gypse, grès avec plantes terrestres en prédominance.
2) Le Muschelkalk (calcaire coquiller), formation marine, calcaire, par conséquent avec fossiles marins.
1) Les liuntersandstein (grès bigarré), formation de rivage, par conséquent de grès avec prédominance de plantes terrestres.