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restes de nombreux Cryptogames vasculaires et une vingtaine de Gymnospermes. Ils se trouvent principalement dans le rhétien de Thêta (Bayreutli) et de Veitlahn (Culmbacli), où, par leur abondance, ils arrivent à former de faibles lits de charbon. Les espèces les plus importantes sont : Kquisetum Lehmannianum et Munsteri, Asplenites Ottonis, Zamites distans, Plerephyllum Braunianum et Munsteri. Cette flore est très-voisine de celle du reste du keuper , mais ses membres les plus importants et les plus caractéristiques apparaissent dans le rhétien même et passent en partie au jurassique, aussi a-t-on voulu rapporter le groupe rhétien au lias, par conséquent au jurassique inférieur et l'a-t-on considéré comme une formation intermédiaire.
Il n'est pas rare que la surface des couches du grès rhétien et des argiles schisteuses qui le surmontent soit recouverte en masses serrées de Protocardium Ewaldi, Anodonla postera, Protocardium rheticum, Avicula contorta (fig. 268), Estheria minuta. A l'étage supérieur de ce complexe de couches, appartiennent quelques minces lits, épais seulement de quelques pouces, remplis de dents et d'ossements de Poissons et de Sauriens qui en font une sorte de brèche osseuse Fig. 208. — Avicula appelée par les Anglais Bone-bed. Les dents les plus contorta. abondantes que l'on trouve dans ces couches ,
appartiennent à l'IIybodus minor, à l'Acrodus minimus" et au Saurichthys acuminalus ; les restes de Reptiles sont ceux des genres Nothosaurus, Termatosaurus et Belodon qui sont déjà voisins des Plésiosaures liasiques. Près de Stuttgart, on trouve aussi dans le bonebed les dents de Marsupial dont nous avons déjà parlé (Microlestes antiquus). L'étage supérieur du keuper a été appelé zone à Avicula contorta à cause de la grande abondance de cette coquille.
Les tables ci-contre montrent les divisions particulières du keuper. Répartition du trias en Allemagne. Le vrai trias que nous venons de décrire est une formation presque exclusivement allemande. Ses prolongements les plus étendus ne dépassent les limites de l'Allemagne qu'à Bàle, sur les pentes 0. des Vosges, et dans la llaute-Silésie. On peut partager le trias en quatre grands territoires qui peuvent être fort étendus ; celui du N. de l'Allemagne, celui de Franconie et de Souabe, celui d'Alsace et de la Lorraine et celui de la llaute-Silésie ; ainsi le territoire do la Werra, de la Fulda et de la Leine, dePUnstrut, de laSaale, duMein et du Neckar appartiennent pour la plus grande partie au trias. Dans l'Allemagne du Nord, les formations triasiques occupent le vaste espace entre le Thûringerwald et le Ilarz, de sorte que Weimar, lena, Erfurt, Gotha et Muhlhausen sont bâties sur le trias. De la Thuringe, il s'étend en direc-
lion N.-O. sur le Weser, sur Pyrmont jusque dans le pays d'Osnabrfick et Ibbenbùhren» entouré, quelquefois aussi recouvert, par le jurassique, le crétacé et le diluvium, sur les pentes 0., E. et N. du Harz et forme des tertres nombreux et des collines dans le Hanovre et le Brunswick. 11 se montre enfin comme une petite île isolée à Lunebourg et à Rùdersdorf (près Berlin), au-dessous du diluvium, et à l'île d'Hclgoland. Le trias du nord de TAIlemagne a donc été déposé dans une mer au-dessus de laquelle s'élevait une île paléozoïque, le Ilarz, dont le rivage S. était formé par le Thùringerwald et, plus à l'E., par la zone dyasique de Saalfeld Altenbourg.
Le terrain occupé par le trias dans l'Allemagne du Sud est encore plus étendu ; considéré d'une manière générale, il forme un large bassin plat, limité au N.-E. par le Fichtelgcbirge et le Thùringerwald à l'O. par le Sauerland, le Taunus, les granités et gneiss de la Forêt-Noire et la vallée du Rhin et recouvert uniformément vers le S. et l'E. par les formations jurassiques des Alpes de Souabe et de la Suisse franconienne. Les villes de Bamberg, Wurzbourg, Heidelberg, Ileilbronn, Stuttgart, Ansbach, Nûrnberg et Erlangen sont bâties sur le trias de cette partie de l'Allemagne. De ce côté du Rhin se trouvent tout le Haardtgebirge, la grande moitié Nord des Vosges et le pays montucux de Lorraine à l'O. De cette large surface, une petite bande Iriasique s'étend en direction N. entre Luxembourg et le Trier et sur Gérolstein, où il se montre sous forme d'îlots, à travers l'Eifel jusque Commern où on l'exploite pour la galène qu'il contient. Dans chacune de ces trois régions, le trias est formé de grès bigarré, de muschelkalk et de keuper et ces séries ne s'éloignent que peu du type normal que nous avons décrit. C'est seulement dans un de ses prolongements, en Lorraine, que la division inférieure du muschelkalk est reifiplacée par des formations de sable, de telle manière que d'abord (comme à Saarbrùck) elle ne se substitue qu'aux calcaires ondulés, que plus au N. elle tient déjà lieu du groupe moyen de la série du muschelkalk, et qu'enfin, à Attert par ex. , l'ensemble du calcaire coquiller tombe à la puissance d'environ un pied. Ce muschelkak extrêmement réduit, prépare au faciès anglais du trias qui montre le keupçr reposant directement sur les grès bigarrés.
Les trois divisions du trias se retrouvent dans le quatrième district triasique d'Allemagne, celui de la Ilaute-Silésie, bien que chacune d'elles soit quelque fois très-peu développée. Le trias forme dans ce pays toute la plaine ondulée et les collinespouvant atteindre 400 mètres, qui s'étendent du paysd'Oppeln et de Kosel sur l'Oder, endirectionE. jusqu'en Pologne, et sa richesse en matières minérales lui donne une grande importance économique. Des trois sous-divisions du trias, c'est le grès bigarré qui a la
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moindre extension; il est limité à une étroite bande au bord du muschcl-
kalk et possède en •moyenne 30, rarement 70 m. de j)uissance. Lemuschelkalk forme un dos plat long de plus de 10 milles, large de 1 à 3 milles, qui s'étend de Krappitz, sur l'Oder, sur Carnowitz et Beuthen jusqu'à Olkusz en Pologne et auquel se rattachent latéralement de nombreux prolongements et des parties isolées paraissant des îles. Sa puissance s'élève à presque 200 m., dont environ 170 appartiennent au muschelkalk inférieur, 15 à l'étage moyen et 15 à l'étage supérieur.
Le keuper, dans la Haute-Silésie , atteint 200 m.; il est recouvert d'un manteau de diluvium et occupe une aire d'environ 100 milles carrés. Le trias est donc trèscomplètement représenté dans la Haute-Silésie; dans
1 a Basse-Silésie , au contraire, on ne trouve que le grès bigarré et le cal-
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Caire coquiller, au bassin triasique de Lowenberg, Goldberg et Bunzlau, dont nous avons déjà parlé, sous forme d'une zone étroite intimement unie au zecbstein.
Rapports de gisement du trias d'Allemagne. Les couches triasiques sont d'ordinaire régulièrement disposées en bassin, quelquefois presque complètement horizontales et elles n'ont subi de bouleversements importants, de redressements considérables ou de cassures qu'au voisinage des montagnes. La tranchée d'une route à Suiza en Thuringe nous présente une structure compliquée. Les couches du calcaire ondulé sont plusieurs fois brisées et plissées, phénomène qui se propage par des failles à plusieurs milles de distance vers l'O. et l'E. Il en est de même du Hauenstein où toutes les couches où l'étage supérieur des grès bigarrés, le muschelkalk et le keuper sont plusieurs fois plissés et même renversés jusqu'à ce qu'enfin, dans la partie S. du tunnel ils soient régulièrement recouverts par le jurassique inférieur (fig. 269).
Les complexes de couches triasiques ont très-souvent subi des dislocations considérables, principalement à proximité des montagnes ou des hauteurs dont le dernier soulèvement a été post-triasique ; il s'est alors produit dans le trias voisin des failles, quelquefois très- étendues, parallèles à la ligne de soulèvement, par suite desquelles le muschelkalk ou même le keuper se sont enfoncés au niveau des grès bigarrés ou plus profondément encore. On observe très communément ces phénomènes dans la Thuringe dont le trias est traversé de fentes de dislocation assez parallèles au Thùringerwald et qui, à plusieurs reprises, a subi des bouleversements considérables.
Le trias des Vosges aussi est traversé d'une faille d'environ 15 milles de long. La partie de la montagne située à l'O. est si fort descendue, que la partie la plus inférieure du trias (le grès des Vosges) arrive à former la ligne la plus élevée de la montagne (fig. 270), tandis que la partie du
Fig. 270. — Coupe des Vosges.
a, Grèi des Vosges; b, grès bigarrés; c, muschelkalk; d, keuper.
trias, à l'E. de la faille, restée à son niveau primitif, a subi, par le soulèvement du grès des Vosges, un certain redressenient de ses couches. Zabern est situé sur le muschelkalk, mais le grès des Vosges la domine de plus de 200 m. Les couches triasiques qui reposent sur la partie soûle-
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véc des grès bigarrés, ont pris par suite une pente douce vers l'O. Presque tous les pays triasiques pourraient fournir des exemples de ces bouleversements de couches.
Roches éruptives des terrains triasiques. Si la période dyasique avait présenté des éruptions nombreuses et puissantes de porphyres et de mélaphyres, les terrains triasiques n'ont pas été traversés par les matières volcaniques et toute leur série est exclusivement sédimentaire. Aux âges suivants, d'ailleurs, les pays triasiques allemands ne furent que rarement le théâtre de ces éruptions : ce sont seulement le basalte et la dolérite en liions et en amas qui traversent le grès bigarré, le muschelkalk et le keuper et forment des dômes isolés à leur surface, ex. la dolérite néphélinique du Katzenbuckel, le basalte du Steinsberg près Ileidelberg et de nombreuses pointes sur le versant S. du Thûringerwald comme le Steinburg à Suhl, le Gleichberg près Roïnhild, le Gébaberg près Meiningen, et dans la province du Rhin et les environs du Vogelsberg.
Trias iVAngletei^e (nouveau grès rouge). En Angleterre, on n'observe que les parties supérieure et inférieure du trias et l'on n'y rencontre point le muschelkalk, le grès bigarré passant immédiatement aux marnes du keuper. Par suite de la pauvreté en fossiles de chacun de ces complexes de couches, une séparation nette entre le grès bigarré et le keuper n'est pas possible en ce pays.
L'équivalent anglais du grès bigarré allemand atteint 500 m. de puissance et est formé en prédominance d'argiles verdàtres et rougeâtres et de grès rouges enfermant ça et là des Ironcs silicifiés de Conifères. Comme en Allemagne, on trouve abondamment en Angleterre, par ex. à Storton-Hill, près Liverpool, des empreintes de pas de Cliirotlierium.
Le keuper commence en Angleterre par i 50 mètres de marnes (en Cheshire et Lancashire plus de 500 m . ) contenant Posidonia [Estheria) minuta et renfermant des dépôts lenticulaires ou des lits de gypse et de sel gemme : c'est la principale formation saline delà Grande-Bretagne. Au-dessus vient la zone à Aviculà contorta, formée d'argiles schisteuses noires et de grès blancs à Àvicula contorta, Protocardium rhœticum^ Posidonia minuta et une mince couche, le bonebed, formé de dents et d'écaillés dlhjbodus plicafilis, Sawnchthysapicialis, Gyrolepisteuuistriata, Termatosaurus^ tous fossiles identiques à ceux de la brèche osseuse de l'étage rhétien de l'Allemagne. Le lias inférieur repose en concordance sur ces couches.