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LE NOUVEAU GRÈS ROUGE DANS L'AMÉRIQUE DU NORD

Le nouveau grès rouge triasique a une étendue importante dans deux régions de l'Amérique du Nord : sur la pente E. des monts Al leghanies.

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entre ceux-ci et l'Océan Atlantique, et dans les montagnes Rocheuses. Sur la côte atlantique . il forme une bande étroite et allongée parallèle aux Alieghanies, remplissant les dépressions huronicnnes et laurentiennes. Le triasique qui forme exclusivement les îles du prince Edward, dans le golfe Saint-Laurent, appartient à cette zone; il forme la côte 0. de la Nouvel le-Kcosse, la large vallée du Connecticut, s'étend en bande étroite par rÉtat.de New-Jersey, de Pennsylvanie et leMaryland etsemonlre encore dans la Virginie et les deux Carolines sous forme de nombreuses éminences ou de bassins. Quoique réparti sur une ligne de 250 milles de longueur, le nouveau grès rouge conserve uniformes ses caractères pétrographiques. Partout il est formé de grès rouge brun qui passent, d'un côté, à des schistes subordonnés, d'un autre côté, à des conglomérats et renferment çà et là un bancde calcaire impur, ou bien, àllichmond «ii Virginie , et sur le Deep River, dans la Caroline du Nord, des sphœrosidérites et des lits de houille. Ainsi, à Richmond , il contient quatre lits, dont le plus inférieur parfois atteint 20 mètres de puissance et quelquefois repose directement sur les gneiss laurentiens. Presque partout on trouve à la surface des couches, des sillons ondulés et des impressions de gouttes de pluie.

D'une manière générale , les restes organiques sont rares dans le nouveau grès rouge de l'Amérique du Nord. Les plantes que l'on y a recueillies sont des Coni/ères (Voltzia heterophylla), des Crjcadées (Pterophyllum longifolium, Podozamites lanceolatus) , des Fougères ( Clathropteris , Pecopteris Stuttgartiensis) et des Équisétacées (Equisetum columnare); elles ont donc les caractères paléontologiques du keuper. Parmi les fossiles du trias américain, les débris de Vertébrés prédominent de beaucoup sur les autres et ils n'appartiennent pas seulement aux Poissons et aux Reptiles, car on a trouvé parmi eux les traces de pas de Mammifères, peutêtre aussi d'Oiseaux qui, joints au Microlestes, représenteraient les plus anciens animaux à sang chaud qui aient habité la terre. Les Poissons (Catoplerus, Ischypterus) , sont des Ganoïdes à queue faiblement hétérocerque ; les Reptiles n'ont laissé que rarement des os ou des dents (Ronebed de Phœnixville en Pennsylvanie), d'ordinaire on ne retrouve que les traces de leurs pas. Celles-ci semblent en partie avoir appartenu aux Labyrinthodontes et oscillent, pour la dimension , entre quelques millimètres et 0,52 ; on les a rapportées à cinquante espèces différentes. La plus colossale est celle de VOtozoum Moodii dont les pieds de derrière mesuraient 0,52. Ce Reptile, semble-t-il, marchait comme un bipède sur les membres postérieurs et ne posait pas souvent sur le sol ses membres antérieurs, car on n'en rencontre que rarement les traces. D'autres empreintes de trois doigts, très-nombreuses, ont été rapportées à trente et

une espèces d'Oiseaux. Certaines d'entre elles ont environ 0,63 de longueur (Brontozoum giganteum, fig. 271), de sorte que, devant leur profondeur, leur distance les unes des autres, on a dû conclure qu'elles étaient produites par des êtres gigantesques dont la taille dépassait environ quatre fois celle de l'Autruche et dépassait le Dinornis de la Nouvelle - Zélande luimême. Un maxillaire inférieur trouvé dans le trias de la Caroline du

Fig. 271. — Empreinte d'un pied de Brontozoum (Ornitichnites) et empreintes laissées par des gouttes de pluie triasique.

Nord (Dromatherium sylvester, Emmons) appartient aux Marsupiaux comme le Microlestes de Stuttgart.

Le nouveau grès rouge de l'Amérique du Nord est traversé de roches éruptives et en général ses gisements mêmes les plus petits, les plus isolés , sont accompagnés de diorites et de mélaphyres. L'éruption de ces roches a eu lieu à la période triasique, de sorte qu'elles ont traversé les horizons inférieurs du nouveau grès rouge pour s'épancher en manteau au-dessus d'eux, mais la sédimentation qui se continuait lésa recouvertes. Ces roches se distinguent par leur structure en colonnes et par leur richesse en minéraux. C'est aux diorites que la vallée du Connecticut doit en partie sa beauté et les célèbres palissades du fleuve Hudson, au-dessus de New-York, sont dues à l'affleurement d'un dépôt de diorite partagé en colonnes de 150 mètres de haut (fig. 272). Comme nous venons de le

Fig. 272. — Coupe des palissades au-dessus de New-York.

a, Gneiss laurentien sjénilique ; b, nouveau grès rouge triasique; c, diorite en colonnes de 130 mètres de hauteur.

dire, les diorites sont accompagnées de nombreux minéraux tantôt disposés sur les faces des fentes comme l'apophyllite et la dalothide de Bergenhill, près New-York, qui ornent toutes les collections , la zéolithe du cap Bloraingdon dans la Nouvelle-Ecosse, le cuivre et l'argent natifs, les minerais de cuivre du New-Jersey, — tantôt remplissant les fentes qui

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