LOMBARDIE
\ ul 1 contorla) et calcnircs de Dachstcin.
C il)i'l. Dolomia média.
< de RaibI à Kcfersteini.
I iclies de Luiizer.
luttes deHeingraben.
Dolomie.
Couches de Raibl.
Couche de Hallsladt.
et dolomie.
Tufs i Daoncila mmeli et couches avec fossiles de Sl-Cassian.
Grès du Keuper.
Couches de Sainte- Croix.
Couches de Raibl à Myoph. Kefers-
teini.
(plateau de Schlern.)
Dolomie do Schlem.
Couches à Daoncila et luis.
Couches de St-Cassinn.
Calcaire de Ruchens-
tein (v. Richlhofcn.)
Couches de Weng
couches à Daonella.
Dolomie.
Couches à Daonella.
Couches rai-
bliennes de Gorno et
et de Dosscna ,
Calcaire d'Ardese
(calcaire d'Esino
de Ilauer).
Couches à Daonella
ctTufs(St-Cassian.
Uia Trigonella, Spirifer Mentzeli, etc. En outre, Dolomie de Mendola.
Ptosidon. Clane ; b, couches de Campill à Naticella costata, Ccralilcs Cassianus.
uches de Werfcn ( proparle) .
le dépôt de tout le trias allemand s'était effectué sans éruption volcanique, le fond de la mer triasique des Alpes était le théâtre de grands épancliements de laves et de puissantes formations de tuf.
D'après Mojsisovics on peut distinguer deux faciès principaux dans le trias des Alpes, par conséquent deux régions fauniques : la province jurassique qui enferme le petit pays triasique de Salzkammergut et la province méditerranéenne qui comprend ainsi la plus grande partie du terrain qui nous occupe. Les deux séries diffèrent entre elles principalement par le développement du keuper inférieur (étage norique).
Dans la description que nous allons donner du trias des Alpes, nous suivrons l'exposition qui en a été faite par Emmrich, modifiée en quelques points par Mojsisovics, nous reportant au tableau précédent donné par ce géologue, bien qu'il ne concorde pas tout à fait, pour le parallélisme des couches isolées, avec celui de Mojsisovics.
a, TRIAS ALPIN INFÉRIEUR.
1. Grès bigarré (couches de Grôden, de Richcthofen, couches de Werfen de Hauer) par ses caractères pétrographiques et le manque de restes organiques, cet étage concorde avec le grès bigarré typique ; on le trouve de chaque côté de la chaîne centrale, comme base de la montagne calcaire ; elle n'occupe une aire étendue que dans la région de l'Adige.
^ i c d e f y ^ii
Fig. 273. — Coupe du trias alpin à Saalfeld (Steinern Meer), d'après HojsisoTics.
a. Grès bigarré, couclies rouge de Werfen ; b, Rauchwacke et calcaire sombre à Nal. cosUU. calcaire de Guttcnstein ; c et d, Calcaire ondulé, calcaire de couleur sombre, calcaire de Vir^loria • e, Calcaire rouge à dalles; /'Calcaire blanc de Welterslein ; g, Couches à CardiU, dolomie des couches à CardiU; h, Rhélien, calcaire corallin; i. Calcaire de Dachstcin.
2. Rôth {couches de Gultenstein, couches de Werfen proparte, couches de Seiss et de Campill).
Les caractères pétrographiques et paléontologiques de ce système de couches ont une grande ressemblance au nord et au sud de la chaîne centrale des Alpes. En général il est formé de schistes sableux, rouges et gris verdàtres, riches en mica et d'argiles schisteuses bigarrées
dans lesquelles s'intercalent des amas de gypse et de sel gemme. Sur le côté nord des Alpes comme dans la Basse-Autriche, des calcaires de couleur sombre traversés de veines de spath calcaire blanc (calcaire de Gûttenstein) alternent avec les vrais schistes du Rôth et appartiennent en conséquence à cette dernière formation. Les fossiles caractéristiques du Riith sont : Ceralites Cassianus, Turbo rccticostatus. Naticclla costata, Pecten discites, Spondylus conitus, Avicula veneliana, Mytilus eduliformis, Posidonia Clarté (fig. 274), Myacites fassaensis, Myoplioria costata , Lingula tenuissima , Rhizocorallium Jenense.
Sur la pente sud des Alpes, les couches du Roth se laissent subdiviser en deux groupes, les couches de Peiss à Posidonia Clara; et les couches (leCampill à Naticella costata et Ceratitcs Cassianus.
Fig. 274. — Posidonia Clara.
b, TRIAS ALPLN SUPÉRIEUR (MUSCHELKALK ET KEUPER)
1. Groupe inférieur du trias supérieur (calcaire ondulé, groupe anhydritifère). • ■
1) Calcaire ondulé, calcaire de Virgloria, calcaire de Reccaro, couches de Gôssling).
Calcaires à dalles de couleur sombre, dui-s, à surfaces ondulées, riches en bitume et en silice, rarement des marbres bigarrés ou de couleur rouge clair. Les restes organiques les plus importants sont : Dadocrinusgracilis, Encrinus liliiformis, Rhynchonella docurtata, Terebratula vulgaris, SpirilV rina Mentzcli, Ammonites (Ceratites) binodosus. Ammonites Studeri (fig, 275).
Beaucoup de ces fossiles sont identiques à ceux du vrai calcaire ondulé d'Allemagne ; comme espèces communes il faut encore citer : Pecten discites, Lima striata, Ger\'illia socialis, Myoplioria vulgaris, Myophoria cardissoides, Natica gregaria, Ammonites dux, Ammonites Luganensis, etc. C'est surtout la faune de Reccaro : en d'autres localités on trouve de nombreuses Ammonites et Ceratites étran-
Fig. 275.
Ammonites Studeri.
CREDNER, CEOLOCIK.
gères à l'Allemagne, les premières ayant parfois un aspect liasique : ces . fossiles sont accompagnés de Nautiles et d'Orthocératites.
Beneke a partagé le calcaire ondulé de Reccaro en deux horizons, l'inférieur à Dadocrinus gracilis et le supérieur à Brachiopodes.
2. Dolomie de Mendola. Dolomie compacte, largement répartie dans le sud du Tyrol avec Ammonites et Coraux mal conservés. C'est un équivavalent du groupe de l'anhydrite.
Le grès bigarré des Alpes et le calcaire ondulé forment une zone interrompue seulement en certains points sur les deux côtés des Alpes centrales. Entre ces zones N. et S. on voit quelques tramées transversales coupant les Alpes, érodées en différents points comme le pont triasique des monts Rhaatikon et des Alpes d'Orller, celui du Radsttattertauern et celui du Wippthal.
II. Groupe moyen du trias alpin supérieur. (Groupes norique et carmique). La variété des caractères pétrographiques et palcontologiques se développe considérablement dans ce groupe. Tandis que les fossiles caractéristiques et surtout les formes du trias allemand disparaissent, de nouveaux types atteignent le maximum de leur développement, comme les Ilalobia (Daonella de Mojsisovics) les Cassianella, les Cardita, les Ammonites des types globuset lornatus et les espèces voisines de l'Ammonites Aon les baguettes bilatérales de Cidaris et les Coraux. A cette époque commence aussi à se manifester une grande activité volcanique sous-marine.
Avec Emmrich, comme nous avons fait jusqu'ici, nous comprenons dans le groupe moyen du trias supérieur :
1) Les couches de Weng (couches à Ilalobia (Daonella) couches de Partnach).
2) Les couches de Saint Cassian, ierra'ins salins du Salzkammergut.
3) Les calcaires de Ilallstadt et la dolomie de Schlern ; calcaire de Welterstein de Giimbel.
4) Les couches de Raible (couches à Cardita, couches de Lùner, couches de Reingraben).
Nous suivrons cette division dans deux coupes prises l'une à la pente N. des Alpes, l'autre à la zone triasique S. et commencerons par les montagnes de la vallée de Passa et à l'O. delà Vénétie.
1) Couches de Weng à la partie inférieure, calcaires noirs en plaques minces, riches en nodules de silex corné {calcaires de Buchenstein, Richth., calcaires du Polschen, Moj.) avec Ilalobia Lommeli et de nombreuses Ammonites du type de l'Amra. globus. Limitées aux versants des Alpes de Seiss, à Groden, Buchenstein, au Potschen.
Sur les Alpes de Seiss, suivent des schistes de couleur sombre, des calcaires siliceux,, des grès et des schistes tuffacés, avec une formation puis-
santé de porphyre augitique ; les schistes contiennent beaucoup de Ilalobia (Daonella) Lommeli, d'où leur nom de couches à Halobia^ couches à
siv.
Fig. 276. — Coujic du trias par le mont de Schlcrn.
1 Schistes argileux micacés.
S Porphyre quarzifi-re.
5 Grés rouge.
4 Couches de Seiss, grès bigarré.
5 Couches de Campill. Rûth.
Dyas.
6 Muschclkalk.
7 Couches de Weng.
8 Porphyre augitique.
9 Dolomie de Schlern.
10 Couche de Raible<<.
Eeuper.
Daonella de Mojsisovics, et en outre Ammonites aon, Posidonomya Wengensis.
A la partie supérieure il y a un calcaire gris avec Encrinus Cassianus [calcaire de Cipit de Richthofen.
2) Couches de Saint-Cassian. Tufs volcaniques avec intercalations de
Fig. 277. — Ilalobia Lomtneli, Wism.
Fig. 278. — .\mmonites Aon.''
marnes et de calcaires marneux oolithiques. Dans ces couches on trouve dans les Alpes de Seis.s et surtout sur le Prelongeiberg une grande quantité de fossiles en parfait état de conservation, parmi lesquels Laube a décrit 37 Ammonites, 5 Orthoceras, 205 Gastéropodes, 70 Acéphales, 35 Brachiopodes, 29 Echinides, 10 Crinoïdes, 42 Coraux et 36 Spongiaires, population spéciale qui remplit la lacune entre les faunes paléozoïques et les faunes mésozoïqucs. Quelques-uns de ses principaux représentants sont : Orthoceras olegans, Ammonites aon, Ammonites Eryx, Bellerophon nautilinus, Monodonla Cassiana, Macrocheilus obovatus, Phasianella Bronni, Murchisonia Blumi, Nucula lineata, Nucula strigilata, Gervillia
angusta. Cassianella gryphœata, Cardita crenata, Productus (Koninckina)
JLeonardi, etc.
5) Dolomie de Schlern. Dolomie typique, cristalline, grenue, ayant
sur le Schlern 1000 mètres de puissance avec des restes méconnaissables
d'Ammonites de la section des globosi et quelques empreintes de Coraux.
Les masses puissantes aux formes bizarres sous lesquelles elle se montre
doivent avoir été d'abord en connexion puis isolées par l'érosion.
4) Couches de Raibl. Sur le plateau de Schlern on voit des couches
sableuses ou calcaires, ferrugineuses et oolithiques qui présentent surtout
Myophoria Kefersteini (fig. 279), à Heiligenkreuz, se sont des marnes calcaires, des marbres coquillers qui contiennent Perna aviculreformis, Corbis Mellinghi, et par conséquent les fossiles caractéristiques des couches supérieures de Raibl.
Le groupe des couches de Raibl est beaucoup plus riche en fossiles et atteint une puissance plus considérable dans cette localité que sur le Schlern. Il
Tig. 279. — Myophoria cst surmouté de schistcs qui contiennent des Pois- Kefersieini. gons et des Plantes, (équivalents aux schistes à
Ammonites Aon et aux calcaires de Hallstadt).
a) Schistes marneux et calcaires avec Myophoria Kefersteini (fig, 2.79), et Bairdia.
b) Calcaires noirs à Ammonites floridus. Ammonites Joannis Austriœ et Spirigerina gregaria [couches de Bleiberg).
c) Dolomie de 150 mètres de puissance suivie de marnes d'un jaune brun, de calcaires brun-noir et de marbre coquiller avec Perna aviculae formis, Corbis Mellinghi, Pecten Helli, Myophoria Whatleyœ, Corbula Rosthorni et Anoplophora Mûnsteri. Ce dernier est en même temps le fossile caractéristique des cowc/ies de Lehrberg, du keuper d'Allemagne; c'est un point de départ précieux pour établir le parallélisme de ces couches.
Sur le côté N. des Alpes, la série de couches correspondantes aux groupes jiorique et carnique est divisée de la manière suivante d'après Ip faciès qu'elle montre en Bavière et dans le N. du Tyrol.
1) Couches de Partnach (couches à Ilalobia ou couches à Daonella) complexes de schistes marneux, de couleur sombre, souvent micacés, d'argiles schisteuses noires et de calcaires à dalles de couleur sombre, contenant des silex cornés, avec des grès à la partie supérieure; ceux-ci avec Calamités arenaceus, Equisetum columnare , Pterophyllum longifolium, les schistes, avec Ilalobia Lommeli et BactrylliumSchmidti. Ces couches (équivalentes aux couches à Ilalobia du sud se laissent suivre depuis
TRlAî». 501
Vaduz jusqu'au pays d'Innsbrùk. En certains points elles atteignent une puissance de plus de 100 mètres.
2) Marnes avec les fossiles des couches de Sainl-Cassian. Dépôts entre les calcaires blancs connus depuis Vilseck jusque Schwansee. Elles contiennent par ex. Encrinus Cassianus, Encrinus propinquus, Terebratula indistincta, Cidaris dorsata, Cidaris llausmani,
3) Calcaire de Wetterste in. Calcaire blanc ou de couleur claire en bancs épais, quelquefois oolilhique, équivalent à la dolomie de Schlern. Elle est en certains points riche en fossiles assez mal conservés. L'un des plus caractéristiques est le Dactylopora annulata, les Coraux remplissent souvent des bancs entiers ; des Ammonites indéterminables sont fréquentes et l'on connaît en outre les Cliemnitzia Rosthorni, Escheri et eximia. Ammonites Jarbas, Monotis salinaria. Le calcaire de Wetterstein forme Les monts de Zug, de Weterstein et de Karvvandel, les montagnes calcaires de la vallée de l'Inn près Innsbrùck.
Plus à l'E, à DerclUesgaden et llallein comme dans le Salz-kaminergul . les couches de Saint-Cassian sont représentées par les couches de Zlambach et les calcaires de Wetterstein, par conséquent aussi la dolomie de Schlern, par les calcaires de Hallsladt. Ceux-ci sont d'ordinaire de beaux marbres rouges bigarrés ou jaunes, dénature homogène, commeà Berchtes gaden, Ilallein, llallstadt et Aussee, où ils sont en même temps exlrènie-
Fig. '281. — Ammonites toinulus.
FJg. 280. — Oi-thoccras dubium.
Fig. 282. — Honotis salinaria.
ment riches en fossiles, parmi lesquels on peut citer : Orthoceras alveoiare, reticulatum et dubium (fig. 280). Ammonites tornatus (fig. 281) Ammo-
nites galcalus, Metternichi et Jarbas, Monolis salinaria (fig. 282). Il faut cependant remarquer que ces Orthoceras ont été considérés par Mojsisovics comme la garde d'une Bclcmnite qui était pourvue d'un long phragmocone, et appelées du nom de Aulacoceras.
4) Groupe des couches à cardita crenata, équivalent aux couches de Raibl du versant S. des Alpes.
Sur le côté N. des Alpes on peut établir les divisions suivantes dans le groupe des couches à Cardita crenata :
a) Schistes à Halobia (ou schistes de Reingraben) argiles ligniteuses avecllalobia rugosa et Ammonites floridus (fig. 285) correspondant aux couches de Bleiberg du côté S. des Alpes.
b) Grès de Lunzer, gris verdàtre, finement micacé avec débris végétaux comme Equisetum columnare, Pterophyllum Jœgeri, Pecopteris Stutlgartiensis, avec des lits de houille exploitables à l'E. (Equivalent du grès à Calamités d'Allemagne).
c) Les couches à Cardita proprement dites, équivalentes aux couches de Torer et aux couches d'Opponitz de Raibl et de la Basse-Autriche. Oolithe coquillère remplie de Cardita crenata (fig. 284) Pecten Helli,
Corbis Mellinghi, Corbula Rosthorni, Ammonites floridus.
d) Rauchwake jaunâtre, gypse et glaises, passant à la dolomie de la formation suivante.
Le développement de ce complexe de couches concorde du Vorarlberg
jusque dans le Salzkammergut, en tant du moins que l'oolithe à Cardita crenata reste en prédominance par toute cette étendue. A l'E. de la Haute-Autriche et surtout dans la Basse-Autriche, il y a au contraire des grès en couches puissantes contenant des Végétaux, entre lesquels on trouve des lits de houille exploitables. Il n'y a pas trace ici de rauchwake ni de gypse qui restent limités à l'O; l'oolithe à Cardita perd aussi de sa puissance.
III. Groupe supérieur du trias alpin supérieur. Etage rhétique. Ce groupe est principalement formé de dolomies recouvertes au côté N. des Alpes par des dépôts marno-argileux de puissance relativement moindre : les couches de Kôssen. A l'intérieur des Alpes, celles-ci sont remplacées par une formation de mer i^roîonàe, \c calcaire de Dachstein, de sorte que
Fig. 285. — Âmmono irisflledus.
Fig. 284. — Cardila crenata.
ce calcaire el les couches de Kôssen ne sont que des faciès différents d'une même formation qui, cependant, peuvent exceptionnellement être superposées par suite d'oscillations.D'après cela le trias alpin supérieur se partage en :
\ ) Dolomie principale passant aux calcaires à dalles à la partie supérieure. Dolomie finement grenue qui se montre avec une telle épaisseur, qu'elle forme le plus puissant complexe de couches des Alpes d'Allemagne et du Nord de l'Italie. Elle est très-pauvre en fossiles contenant seulement cà et là quelques restes de Poissons (Semionotus, Lcpidotus, Pholidophorus) ; à sa partie supérieure, comme nous venons de le dire, elle passe aux calcaires à dalles de couleur grise qui sont souvent remplis de moules de petits Gastéropodes (Rissoa alpina).
2) Calcaire de Dachstein et couches de Kôssen comme formation synchrones de mer profonde el de mer littorales
Le calcaire de Dachstein forme le sommet de beaucoup de plateaux dolomitique.
alpins renommés par leur aridité* C'est un calcaire pur, compacte, de couleur sombre rempli de Megalodus triqueter et, dans certains bancs, de Coraux et de Foraminifères de mer profonde. Dans les points oîi les marnes de Kôssen ne se sont pas formées, la dolomie el le calcaire à dalles se fondent avec le calcaire de Dachstein pour former la masse colossale des montagnes de Dachstein, de Gôhl,de Stein,deWatzmannetde Reulalp.
Les couches de Kôssen (Hauer; couches à Gervillia d'Emmrich, zone à Avicula conlorta d'Oppel, Keuper coquiller supérieur et calcaire de Dachstein de Gûnbel). Marnes et argiles schisteuses calcaires riches en fossiles, auxquelles sont intercalés des petits bancs d'un calcaire gris sombre en quantité innombrable. Ceux-ci sont riches en Bivalves et Brachiopodes, principalement Gervillia inflata et prœcursor, Avicula contorta, Cardium rhœticum, cloacinum et austriacum, Pecten Valoniensis, Terebratula gregaria, Spirigera oxycolpos, Spiriler uncinatus. Les formes rameuses des Lithodendron sont aussi très-fréquentes.
Sur les couches de Kôssen, en beaucoup de localités alpines, repose le Has inférieur, la zone à Ammonites planorbis.
Roches éruplives du trias alpin. En opposition marquée avec l'absence d'éruptions volcaniques contemporaines du trias normal d'Allemaffne, a formation alpine correspondante est riche en roches qui ont fait éniption
Fig. 285. — Megalodus triquetcr.
b04 JURASSIQUE.
pendant la période triasique. Ces manifestations du feu central ont été particulièrement répétées dans le Sud du Tyrol. Là les membres de la série des couches triasiques sont traversés de porphyre augitique qui apparaît (Alpes de Seiss) sous forme d'un filon-couche puissant et d'innombrables petits filons, ou bien (Latemar) en vrais filons épais, quelquefois nettement divisés en colonnes et très-souvent accompagnés de dépôts de tufs et de brèches. Le mélaphyre ne traverse pas seulement en filons le trias inférieur, mais encore le porphyre augitique et il s'étale à Predazzo en un massif étendu. La monzonite forme la masse du Monzoni dans lequel le granité tourmalinique envoie de très-nombreux petits filons, enfin la porphyrite est la roche éruptive la plus récente de ce terrain elle le traverse en filons isolés.
Le phénomène de la transformation en marbre blanc, quelquefois grossièrement cristallin, du calcaire compacte du trias est en connexion avec ces éruptions; on l'observe presque partout au contact du mélaphyre, du porphyre augitique et de la monzonite. Dans le marbre triasique formé aux dépens de la monzonite on trouve, comme produits de métamorphose, des cristaux de grenat, de vésuvienne, de spinelle et de gehlenite. (Voy. p. 501).
Depuis que le trias alpin est plus exactement connu, on a trouvé des formations de même faciès, contenant quelquefois des espèces identiques dans la Sierra-Nevada en Californie, au Spitzberg, dans la partie nord de la Sibérie, à la Nouvelle-Zélande et dans l'Himalaya. L'on voit par là que le faciès alpin du trias nest nullement une formation locale^ comme on Vadmmettait autrefois, mais bien plutôt le représentant normal des dépôts de l'océan triasique. Le trias allemand, au contraire, au lieu de posséder le faciès typique ne représente qu'un faciès local, une formation de rivage, de baie et do mer intérieure. Le trias alpin est au trias allemand ou anglaisée que sont l'un à l'autre le calcaire carbonifère etleculm, le vrai dévonien et le vieux grès rouge.
Une nouvelle faune d'une grande richesse apparaît avec le commencement dujurassique, Cl les espèces qui la représentent, quoique moins bizarres dans leurs formes que les animaux des périodes palézoïques, appartiennent cependant à des types différents de ceux de la création actuelle. Les Bélemnites se montrent en quantité, les Ammonites jusquelà relativement rares atteignent un énorme développement et surpassent tous les autres habitants de la mer par le nombre de leui*s individus, la variété de leurs
JDRASSIQDE. 505
formes et rornementation de leur coquille. Les Coraux réalisent le type récent et déploient une grande activité dans la construction des récifs, les Spongiaires marins, les Oursins, de nombreux Mollusques, surtout les Gastéropodes, parmi lesquels les Nérinées et les Stroinbidées, en outre,, les Trigonics, les Pholadomies et les Bivalves ostréiformcs (Ostrœa, Gryphea, Exogira), acquièrent une grande abondance et une répartition trèsvaste. Les Décapodes macroures typiques apparaissent pour la première fois en grand nombre. Les Poissons ne sont plus représentés, il est vrai, par les Hétérocerqucs si caractéristiques des âges précédents, mais ils appartiennent tous à des genres détruits et sont limités aux Ganoïdes et aux Cartilagineux, tandis que les Téléosléens, qui forment la grande masse des Poissons actuels, sont encore étrangers au jurassique, si l'on ne veut considérer les nombreux représentants des genres Leptolepis et Thrissops^ dont les empreintes recouvrent souvent en grand nombre la surface des couches du jurassique supérieur, comme les plus anciens représentants des Poissons osseux. Entre tous les habitants des mers de cet âge, deux Sauriens, V Ichthyosaure et le Plésiosaure, se font remarquer par l'étrangeté de leur forme et leur taille gigantesque ; ils ne pouvaient quitter la mer. Par leur tête de Crocodile, leurs vertèbres de Poissons et leurs membres disposés pour la natation, ils réunissaient cer tains caractères des Poissons avec ceux des Lézards (types collectifs).
Mais les continents avaient enrichi leur faune comme l'Océan. Nous avions vu à la période carbonifère les débuts d'une faune terrestre, quelques Batraciens, auxquels s'étaient ajoutés au cours de l'àgc dyasique, quelques Lézards écailleux (Thécodontes), et à la fin du trias nous avons rencontré les très-rares débris des premiers Mammifères {Microlestes). Au jurassique, on voit déjà , au lieu des Labyrinlhodontes, de vrais Gavials et Crocodiles (Teleosaurus, Geosaurus, Mystriosaurus) et des Ptérodactyles auxquels s'ajoutent des Chéloniens de marais et de fleuves et enfin, un nombre assez important de Vertébrés à sang chaud des deux classes, Oiseaux et Mammifères. Les Arthropodes sont assez bien représentés, en outre des Cmstacés, par des Libellules, des Lépidoptères, des Orthoptères, des Coléoptères et des Araignées. Si l'on considère maintenant que, déjà au jurassique, les forêts de Sigillaria, Lepidodendron et Calamités, sont remplacées par lesvrais Gymnospermes, mêlées aux Cycaddes, sous lesquelles se multiplient les Fougères et les Equisétacées, l'on ne peut nier que le monde organique n'ait fait un pas important en avant. Ces modifications se passent en mémo temps que se diversifie la surface terrestre ; il suffit pour s'en convaincre de jeter un coup d'œil sur le pays d'Allemagne à l'époque jurassique. Nous voyons une terre qui occupe les parties moyennes et 0. de l'Allemagne du sud et s'étend du noyau continental
(les monts de Bohème et Métalliques en direction 0. dans la mer jurassique. Le Tluiringcrwald, la Forêt-Noire et les Vosges sont soulevés en montagnes comme l'étaient déjà le sud du llarz, le Ilundsruck et le Taunus ; au contraire, presque toute la Souabe, la Franconie et la Bavière, presque toute la Suisse, dont quelques parties seulement, les futures Alpes, s'élèvent au-dessus du niveau de la mer, l'est de la France et presque tout le nord de l'Allemagne, sont recouverts par l'océan jurassique qui baigne la presqu'île allemande de trois côlés. Déjà à l'époque jurassique, l'Allemagne avait une structure compliquée due aux dépôts variés laissés par les mers précédentes et aux actions volcaniques. La surface était partagée en montagnes et en collines, ses côtes étaient entamées par des baies profondes, sa terre ferme entrecoupée de marais et de lacs; cette variété de conformation étant due aux actions des agents divers qui allaient toujours se multipliant avec le temps.
La série des couches jurassiques est formée des dépôts ininterrompus d'un océan très-calme : ce sont des calcaires, marnes, grès, argiles schisteuses et argiles plastiques, avec lesquelles il n'est pas rare de voir alterner de puissantes dolomies. Ce sont ces dernières qui forment les rochers d'aspect bizarre et ces grottes des pays jurassiques du Hanovre, du Brunswick et de la Suisse franconienne. Les oolithes sont si abondantes,^rincipalement dans les niveaux moyen et supérieur du jurassique, qu'on a pu donner leur nom à toute la formation. Le nom de jurassique provient de ce que ces terrains furent d'abord bien étudiés dans le Jura. Les conglomérats et les brèches doivent être comptés comme les productions jurassiques les plus rares, tandis que les tufs volcaniques et les intercalations d'origine éruptive sont absolument étrangères au jurassique du centre de l'Europe. Il en résulte que la succession des couches jurassiques, souvent très-minces, a eu lieu d'une façon extrêmement régulière. Le jurassique ne présente des dislocations considérables que dans un petit nombre de régions (Jura, bord N. dullarz); la plupart du temps, les couches ont conservé leur situation primitive et il n'est pas rare qu'elles soient traversées de fentes contre lesquelles elles se sont déplacées.
La série des couches jurassiques, qui atteint jusqu'à 1000 mètres de puissance, se partage d'après les modifications de faune et de flore qu'elle a subi en nombreux étages groupés en trois divisions principales :
Le jurassique blanc, jurassique supérieur ou Malm.
Le jurassique brun, jurassique moyen ou Dogger. * /
Le jurassique noir, jurassique inférieur ou Lias. '