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LIAS

' Caractères pétrographiqites. Parmi les roches qui forment la série du

lias, dont la puissance ne dépasse pas 100 mètres, il faut citer principalement les argiles schisteuses, grès, calcaires, marnes et argiles qui ont la prépondérance; des argiles et argiles schisteuses noires ou brunes, d'ordinaire bitumineuses, jouent surtout un rôle important par leur puissance et aussi parce qu'elles contiennent des fossiles très-bien conservés. Elles forment très-communément des schistes marneux, de couleur gris sombre ou noire, riches en calcaires, plus ou moins épais et très-fossifères, qui contiennent tant de bitume qu'ils passent aux schistes inflammables. Des calcaires très-argileux, également bitumineux, de couleur sombre, stratifiés en minc«!s couches, atteignent aussi un développement considérable ; ils sont quelquefois extrêmement riches en fossiles, à tel point que certaines couches sont presque entièrement formées de restes organiques (calcaires à Gryphées, à Ammonites, à Monotis) Les grès, la plupart très-grenus, souvent riches en mica et alors divisés en plaques minces, colorés en gris jaunâtre, se tiennent surtout à la base delà formation, sans être cependant entièrement exclus des autres niveaux. Des dépôts de houille sont liés aux grès dans certaines contrées. Ainsi, par exemple, à Fùnfkirchen, dans les Karpathes, on en connaît 25 lits exploitables qui ont une puissance totale de 26 mètres (fîg. 286).

Fùnfkirchen

^ f iff

Fig. 28G. — Coupe des dépôts de houille liasique à Ffinfliircbcn.

a, VuscheUalk ; ht Schistes calcaires (riasiquei; c, Grès rhétien (stérile») ;

à. Grès

d. Argiles schisteuses

e. Schistes houillers

f. Lits de houille

g. Lits de minerai de fer'

Lias ;

h, Lœhm diluvien; 1, Terre végétale.

Les dépôts de minerai de fer oolithique et de sphœrosidérite, ont une certaine importance technique, bien qu'au point de vue géologique ils ne soient qu'en sous-ordre dans les formations. La sphœrosidérite se trouve sous forme de nodules serrés les uns contre les autres dans les argiles schisteuses ; les oolithes ferrugineuses, au contraire, sont d'ordinaire en lits réguliers et tantôt entre les grès, tantôt danslesargiles schisteuses. On exploite de ces lits de minerai de fer oolithique qui sont fossilifères à Echte, à

llelmstadt, Ilarzburg, à Esch en Luxembourg, à Œttingen en Lorraine, etc. Dans le Teutoburgerwald, et surtout aux cercles de Bielcfeld, Paderborn et Warburg, il y a 50 liorizons superposés de nodules de sphœrosidérite, en outre deux lits qui atteignent ensemble 2"", '20 de puissance et enfin, trois lits de minerai de fer oolitbique s'élevant ensemble à T^SS. Les minces couches de marnes (Nagelkalk) que l'on trouve, par exemple, nu bord du Ilarz, à Goslar et dans le Wurtemberg, sont des formations toutes particulières, fréquentes dans le lias.

Disposition. Les rapports architectoniqucs de la formation liasique sont très-simples ; les couches sont disposées en un vaste manteau déchiré par les érosions en nombreux champs isolés et elles bordent en terrasses unies les aires plus limitées des formations jurassiques moins anciennes, qui se sont disposées sur elles. Les couches sont faiblement inclinées, formant souvent, surtout au N. 0. de l'Allemagne, un bassin plat dont l'affleurement des ailes se fait le long de la zone triasique, tandis que son intérieur est rempli par le crétacé et le jurassique supérieur. C'est seulement dans les Alpes et dans le Jura suisse que l'on peut observer de forts redressements ou des plis accentués; au bord N. du Harz et dans le Teutoburgerwald, il y a des renversements complets, à Eisenach et Arnstadt on observe des bouleversements considérables. Le lias est trèsinlimcmenl lié à la partie supérieure du trias et il est recouvert en concordance parfaite par le jurassique brun, ce qui indique un dépôt calme et i continu de chacun de ces complexes de couches. C'est un exemple d'une formation de couches régulière et de longue durée.

Caractère paléontologique général. Comme dans toutes les formations marines, les fossiles végétaux ne jouent dans le lias qu'un rôle de très-peu d'importance. A côté de quelques Fucoïdes assez fréquentes dans les schistes liasiques (Ex. Chondrites Bollensis et Sphœrococcites granulatus), on trouve les Cycadées, si importantes j)ar toute la formation jurassique, représentées surtout par les genres Zamites, Podozamites, Pterophyllum : ce sont, à la vérité, tous individus entraînés dans la mer et enfouis sous ses dépôts. On trouve aussi, dans diverses localités, des bois de Conifères calcifiés ou réduits en charbon et de rares rameaux des mêmes arbres (Araucarites peregrinus).

En contraste avec cette pauvreté en fait de végétaux, la série des couches liasiques possède une faune marine véritablement riche en formes et en individus, dont les principaux représentants appartiennent aux Crinoïdes, aux Mollusques et aux Reptiles.

Parmi les Crinoïdes, le genre Pentacrinus a une extrême abondance et une vaste répartition ; chez les Brachiopodes , les Térébratules et les lihynchonelles sont caractérisées par le grand nombre de leurs individus ,•

on rencontre encore des Leplœna et des Spirifer. Parmi les Bivalves, 1rs Gryphœa, Peden, Lima, Avicula, Nucula, Mytilus, Trigonia, Pholadomya et Astarte sont les plus importants ; mais les plus abondants de tous les Mollusques liasiques sont les Belemnites et les Ammonites. Ces genres acquièrent une extrt'me importance par le nombre de leurs espèces, l'énorme quantité de leui-s individus et aussi par l'étroit rapport de certaines espèces caractéristiques avec des horizons déterminés. Le faciès paléontologique du lias est particulièrement accentué en outre par les restes fréquents et larfifement répartis de VlchUiyosaurus et du Plesiosaurus, deux Sauriens marins de taille gigantesque (Enaliosauriens). Leurs vertèbres biconcaves comme celles des Poissons, leurs pieds conformés en nageoires, démontrent que la mer était leur élément, leurs dents de Crocodiles indiquent qu'ils vivaient de proie, le contenu de leur estomac et les éléments de leurs excréments (Coprolithes) font voir que leur nourriture était formée de Poissons, de Reptiles et de Céphalopodes. Les excréments fossilisés de ces animaux montrent toujours des sillons en spire plus ou moins nets, dont la forme est due à une valvule spirale de l'intestin, telle que celle qui existe aujourd'hui chez les Sélaciens. Leur œil énorme était entouré d'un anneau osseux articulé, leur corps était nu et atteignait 10 et même 15 mètres de longueur. Le sternum des Enaliosauriens et leur bassin sont très-développés.

L'Ichthyosaure (fig. 287) possédait une grosse tête, un cou court et une

Fig. 287. — Ichihyosaurus communis.

Fig. 288. — Plesiosaurus dolichodeirus.

longue queue ; le Plésiosaure (fig. 288) avait la tête petite, le cou fort allongé (avec 20 à 40 vertèbres) et la queue courte. La principale localité

OU l'on trouve ces puissants Sauriens est Lyme-Regis en Angleterre, Boll en Wurtemberg et Banz près Bamberg.

Contrastant avec ces Enaliosauriens nus et qui habitaient exclusivement la mer, les Sauriens semblables aux Gavials qui vivaient sur le continent à cette époque, avaient la tête peu volumineuse et étaient protégés d'épais boucliers osseux. Ici se rangent surtout les Mystriosaurus, Pelagosaurus et Macrospondylus des schistes de Boll.

Les autres divisions du règne animal ont moins de valeur pour caractériser le lias. Les Foramifèrcs, les Spongiaires et les Coraux sont proportionnellement rares ; parmi les Gastéropodes, quelques rares espèces seulement appartenant aux genres Turbo, Trochus, Pleurotomaria, ont une assez vaste répartition ; on a trouvé des débris d'Insectes (élytres de Coléoptères et ailes d'Hyménoptères) dans le Gloucestershire et dans le

Fig. Î90. — Spirifer WalcoUi.

Fjg. 292. — Gryphaea, arcuata.

Fig. 291. — Lima giganlea.

Fig. 293. — Ammonites Bucklandi .

canton d'Argovie. Les horizons supérieurs du lias d'Angleterre et de Souabe sont surtout riches en Poissons ; on y trouve des écailles isolées ou des exemplaires extrêmement bien conservés de Ganoïdes homocerques

(Lepidotus gigas Ag.,PlycholepisBollensis Ag., Dapediuspholidolus, Ag.) Les aiguillons des nageoires et les dents des Poissons cartilagineux sont très-répandus dans le lias.

Division générale du lias. — Dans tous les pays où on la rencontre, la série des couches liasiques se partage en un certain nombre d'horizons ou de lones qui correspondent à la transformation progressive des faunes liasiques et se caractérisent par une certaine variété dans leurs fossiles. Ces zones nombreuses résultant d'influences locales n'ont point, naturellement, d'importance générale; nous les donnons néanmoins dans les tableaux suivants : elles se laissent grouper en trois complexes que l'on peut distinguer partout et que l'on a désignés par les noms de lias inférieur, moyen et supérieur.

a) Lias inférieur.

Calcaires durs, noirs, argiles grasses, rarement avec des minerais de feroolithique, comme par exemple dans les grès jaunes de Franconie.

Les calcaires sont parfois entièrement remplis de Cryphœa arcuatay

Fîg. 594. — Terebratula numismalis.

Fig. 296. — Ammoniles amallheu*. Fig. 295. — Gi y^ilixa cymbium. Fig. 297. — Am-

monites paxillosus.

d'Ammonites planorbis, Bucklandi, angulatus, et raricostatus. Comme fossiles caractéristiques très-répandus du lias inférieur, il faut encore citer Lima giganlea, Cardinia concinna, Spirifer walcotti , Pentacrinus scalaris et Briareus.

b) Lias moyen.

Marne calcaire grise et calcaires, calcaire et minerai de fer oolilhiques, argiles plastiques bleu sombre, rognons de sphœrosidérite et géodes calcaires.

' Dans le grand nombre de fossiles que contiennent ces couches, il faut

Fig. 299 Posidonia Bronni.

Fig. 298. — Pentacrinus subangularis. Fig. 500. — Belemnites digitalis.

citer comme caractéristiques : Ammonites capricornus, costatus, amaltheus (fig. 296), Belemnites paxillosus (fig. 297) Gryphsea cymbium

(fig. 295) , Terebralula numismalis (fig. 294), Rhynchonella rimosa , Spirifer rostratus, Pentacrinus basaltiformis.

c) Lias supérieur.

A la partie inférieure, argiles schisteuses, quelquefois bitumineuses , dont le contenu en carbures est si abondant

qu'elles sont exploitées,

^^***"^^ recouvertes de calcaires

Fig. 301. -Ammonites biirons. {qW^qs disposés en pla-

ques minces, àMonolis substriata et calcaires marneux gris. Certaines couches des argiles, sont remplies de minces coquilles de Posi(lonomya Bronni

Pe fi 0 ^;

d'où le nom de schistes à Posidonomyes donné à l'ensemble. Ce sont ces schistes qui contiennent la grande quantité de débris de Poissons et de Sauriens par lesquels Lyme Régis, en Angleterre, BoU, en Souabe, Banz, en Franconie, ont été rendus célèbres. En Franconie et en Souabe, cet horizon fournit les squelettes bien conservés de Téléosaure et d'Ichthyosaure, les écailles, les dents et les aiguillons des nageoires des Ptycholepis, Hybodus, les restes des Seiches, les couronnes de Pentacrinus subangularis, dans l'état le plus parfait de conservation. Ainsi on a trouvé, sur une seule plaque de 8 mètres de long sur 5'",30 de large, 24 Encrines dont la portion libre dépassait 4 mètres et qui portaient à leur sommet une couronne bien étalée. De nombreuses Ammonites et surtout Ammonites serpentinus, communis et lythensis, sont comprimées et réduites à l'épaisseur d'une feuille de papier; d'autres qui se trouvent dans des couches marneuses, comme Ammonites bifrons et heterophyllus, ont d'ordinaire conservé leur forme primitive. A côté de ces espèces les Ammonites jurensis, Belemnites digitalis et acuarius, se font remarquer l>ar leur fréquence. Au contraire l'absence des Rhynchonelles et Terebratules, si communes ailleurs, est très-frappante.

DIVISION PARTICULIÈRE DU LIAS EN SOUABE D* APRÈS QUENSTEDT ET AU N. 0. DE l'aLLEMAGNE d' APRÈS V. SEEBACH.

Comme exemple de la division du lias allemand, nous pouvons décrire rapidement ici la manière dont il est développé en Souabe et dans le N. 0. de l'Allemagne.

Comme partout, le lias de la Souabe se partage en trois sous-divisions.

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