Dent de rkuanodon Manlclli
Fijr. 546. — Cypris NValdensis.
téristiques de cette faune d'eau saumâtre sont Cyrena ovalis, Unio Waldensis , Melania strombiformis , Paludina fluviorum, Cypris Waldensis.
En Angleterre, l'é-
tage inférieur de la formation wealdienne, comme je l'ai déjà dit, est formé par les sables de llastings. Ce sont des sables quarzeux et des grès ferrugineux qui alternent avec des marnes et des argiles, mais dans lesquels on ne trouve pas cependant les vrais lits de houille rencontrés en Allemagne. Au contraire, ils renferment des fragments isolés de lignitesetdcs restes carbonisés de plantes. Kn outre, on y trouve des Mollusques d'eau douce et d'eau salée apj)artenant aux genres Cyrena, Cyclas, Unio, Paludina, Melania, mais surtout des restes de Poissons (Lepidotus), de Chéloniens (EmysetTrionix) et des Sauriens, parmi lesquels on remarque
les formes colosales des Iguanodon. Les os énormes des pieds de ces animaux ont des cavités médullaires et rappellent ainsi les Mammifères. Leurs formes lourdes, la longueur et la force dis|)roportionnées de leurs pieds postérieurs, leur mode d'alimentation, basé |)res(jue exclusivement sur les Végétaux, permettent de conclure que l'Iguanodon et son parent l'HylaîOsaurus avaient un genre de vie assez analogue à celui des Paresseux actuels. Les sables de llastings sont suivis par l'argile wealdienne, grise, grasse et par des calcaires subordonnés avec des fragments osseux et des dents d'Iguanodon tranchantes des deux côtés avec des dentelures aiguës. Des Cypris et des Paludina forment exclusivement certaines de ces couches. 2. Gault. — La série des couches du gault puissante de plus de 500 mètres est formée en Allemagne, en Angleterre et en France, d'argiles plastiques sombres, quelquefois glauconifères, d'argiles schisteuses maigres
Kig. 348.
Inoceramus sulcalus.
Crioccras Duvali.
et de marnes remplacées localement par des calcaires purs ou marneux ou des grès brun clair ou blancs (Ilalberstadt, Goslar). Les marnes flamboyantes forment presque partout le dernier anneau de la formation du gault d'Allemagne ; elles sont de couleur claire, traversées de flammes et de raies sombres, avec Avicula gryphœoides. En général, la faune du gault est remarquable par sa grande richesse en Béleumites et Ammonites aussi bien de forme typique que déroulées. Ces dernières apparaissent dans l'horizon inférieur du gault avec un développement de formes et d'individus qui ont lait donner àcetétage le nom de couches à Ancyloceras (couches à Grioceras), elles appartiennent aux genres Turrilites, llamites, Ancyloceras, trioccras et Toxoceras, dont les principaux représentants sont Ancyloceras Matheronianus, llamites attenuatus, Grioceras Eirerici, Grioceras Duvali. Parmi les Ammonites, on peut citer Ammonites nisus, auritus, Millctianus, tandis que parmi lesBélemnites, trois espèces, Belemnites Brunswicensis, Ewaldi et minimus ont une double importance,
Fig. 350. — Toxoceras bituberculatus.
Fig. 351. — Ancyloceras Matlieroiiianus.
parce qu'ils Ctnractérisent trois niveaux différents, Belemnites Brunswicensis rinféricur et Belemnites minimus le supérieur, ce qui donne un
excellent moyen d'orientation.
Les Bivalves et Brachiopodes caractéristiques du gault sont :
Terebratula Moutoniana , Inoceramus sulcatus , Avicula aptiensis, Trigonia caudata.
Dans la zone S. du crétacé, le gault inférieur est représenté par des calcaires blancs, ^^^ durs et des marnes calcaires ..[^à^ ^^B qui contiennent les premiers
^HE^f ^^^^ ^^K Rudistes en quantité si con-
^^^^ ^^^^a ^^K. sidérable qu'on les a appelés ^B ^^J^àr^^B^ bancs inférieurs à Rudistes. ^ ^^w ^^^Ê^^^^r ^^ P'^^ commun, répandu de-
^^^^^ ^^^^^^ pujg les Pyrénées jusque dans
les Alpes de l'Est, très-caractéristique par conséquent, est la Caprotina ammonia. Dans les Alpes, on appelle ces formations calcaires à Caprotines.
Enfin, il faut encore remarquer que l'étage inférieur du gault (couches à Ancyloceras) et les couches équivalentes (couches à Caprotines), sont considérées par beaucoup de géologues comme zone supérieure du néocomien.
5. Cénomanien (Quader inférieur ; planer inférieur). Cet étage du crétacé est formé en Angleterre, dans le nord de la Francecten Westphalie pardes grès glauconifcres, des argileset des marnes (sables verts supérieurs, craie chloritée de Rouen, tourtia, sable vert d'Essen), en Hanovre par des calcaires argileux et des marnes calcaires, en Saxe et en Bohême de quadersandslein glauconifère à la partie inférieure et au-dessus de plànerkalk (quader inférieur et planer inférieur). L'i)omologie de tous ces complexes de couches quelquefois très-différents au point de vue pétrographique, est démontrée par les fossiles caractéristiques suivants qu'ils possèdent en commun : liolaster subglobosus, Discoïdea cylindrica, Cidaris vesiculosa, Rhynchonella Mantelliana, Megerlea lima, Ostraea carinata, Exogyra lateralis, Exogyra columba, Pecten asper, Inoceramus striatus, Protocardium Hillanum, Ammonites Rothomagensis, Ammonites varians, Turrilites costatus, Scaphites sequalis.
La présence d'empreintes et de débris carbonisés de Dicotylédones dans
les argiles schisteuses, dans les grès à carreaux (quadcr) cénomaniens de Niederschôna près Freiberg, et dans les grès de Trùbau (Moravie), consli-
Fig. Ô5'2. — ilaniilcs allcnuatus. Fig. 353. — Turrililes Fig. 354. — Belemniles
catenatus. Brunswiccnsis.
tue un lait très-important. Ces fossiles appartiennent surtout aux genres Credneria, Cunninglianiites, Salix, Acer, Alnus, Laurus, etc. ; ce sont les plus anciens Angiosjiernies dont nous ayions connaissance.
La formation cénomanienne prend un caractère complètement diffèrent dans sa zone Sud et elle i!st caractérisée par le ijrand développement des llippuriles. Lecénomanien du sud de l'Kurope et principalement du sud de la France, représente par con>équont une deuxième zone d'IIippurites formée principalement, comme la première (le gault et le néocomien supérieur), de calcaires clairs, durs, contenant en outre d'autres llippurites moins lré(iuents, Capriiia adversa, Caprina trangularis, et Spliœruliles foliaceus. Dans les Alpes de VE. un Foraminifère, Orbitulina concava se trouve au lieu
Fig. ?t^^. — Caprolina nniiiiunia.
d'IIij)piirites en quantités énormes et remplit des calcaires schisteux auxquels il a donné son nom. Le fait que l'horizon mférieur du quadersands-
Fig. 556. — Discoidea cylindrica.
tein bohcmo-saxon contient des Ilippurites, rares à la vérité, permettra peut-être de trouver une certaine liaison entre les faciès nord et sud du crétacé.
4) Turonien (couches à Inoceramus labiatus, Quader moyen, Planer moyen). Cette sous-division delà formation crétacée est formée au nord de la France et en Angleterre de marnes blanches ou gris clair, à éléments fins et tendres (craie marneuse), en Weslphalie, tantôt des mêmes roches, tantôt de calcaires marneux (planer), en Hanovre et dans le Brunswick de calcaire et de marnes calcaires blanches ou rougeâtres, en Saxe et en Bohême^ de quadersandstein à la partie inférieure et de calcaires marneux et de marnes à la partie supérieure. Les fossiles suivants
Fig. 551. — Osirea carinata.
ï\g. 508. — Exogyra coluniba.
Fig. 559. — Prolocardium Ilillanum.
sont les plus caractéristiques pour celte formation : Galerites albogalerus, Micraster cor-tcsludinarium, Inoceramus Brongniarti, Inoceramus labiatus Brongn. (J. raytiloïdes Mont., J. problematicus d'Orb.); Trigonia scabra, Spondylus spinosus, Tercbratula semi-globosa. Ammonites Woolgari, Ammonites peraraplus, Scaphites Geinitzi.
Dans la série de couches du crétacé du Sud, un Iroisiènic horizon d'IIippuriles représente l'étage turonien. Il est formé de calcaires en
Fig. ôliO. — Ammonites Uhotoinageiisis. Fifj. 5(il. Scapliiies ii-qualis.
partie rouges durs , compactes , caractérisés par Hippurites cornu-vacci- Mum et Hippurites organisans et possède une répartition géographicjue très-vaste : on j)eut le suivre depuis le Portugal par tout le S. de l'Europe jusqu'en Grèce et en Asie mineure et enfin on l'a ohservé jusque dans le Texas, (let horizon d'IIippurites a été appelé calcaire de Sewen dans les Alpes suisses et formation de Gosau dans les Alpes d'Autriche. (îelle-ci, outre les Hippurites que nous venons de nommer et beaucoup d'autres encore, fournit une grande quantité de Coraux, parmi lesquels les Fongies, Turi)inolies, Aslrées et Méandrines sont en prédominance, et en outre une quantité considérable de Gastéropodes(Cerithiuni, Acteonella, ^. „^„ - . ,
' ^ ' ' Fig. 302. r— Capnna adversa.
Fusus, etc.)
5) Sénonien (quadcr supérieur). Les roches qui composent cette série
de couches sont, en Angleterre et dans le N. de la France, à Rïigon et Wollin de la craie blanche à écrire, à Aix-la-Chapelle et Maeslricht du
sable meuble, des marnes et des tufs crayeux riches en Bryozoaires, en Westphalie, à la partie supérieure des sables meubles et du grès, au-dessous
Fi.. 304. - Inoceramus lablulus. Fig. 305. - Spondylus spinosus.
des marnes calcaires, dans le Hanovre elle Brunswick, des calcaires marneux et des marnes, au bord N. du Ilarz, surtout des grès, en Saxe et en
Fig. 300. — Trigonia scabra, Lani.
Fig. 307. — llippiiriles Toucasiana.
]\:^.¥ji
Fig. 368. — Hippuiites organisans.
Bohème, des marnes à la partie inférieure, au-dessus les quadersandstein qui forment les roches colosï^ales de la vailée de l'Elbe au-dessus de Pirna (Kouigslciii, Lilionstoin). Outre un nombre plus considérable de restes organiques que nous citerons plus loin, les Belemnites quadratus et mucronatus sont les fossiles les plus importants de l'étage sénonien, bien qu'ils n'aient pas encore été trouvés dans le quadersandstein de la Suisse
;Cl
sjixone : le Belemnitcs quadrntus délerinine le niveau inférieur, et le liuloninitcs niucronatus le niveau supérieur. Ces fossiles sont accompa-
Fig. 3t9. — Cyclolilcs elliplicus.
a. vu dessus; b, vu dessous; c, vu de côlé.
Fi;;. 570. — Bcleniiiilrs inu- Cionalii».
n, riilir-re cl en coupi- ; b, coupe Il oiilr^iiit l:i cnvili" .-iln'olaire, la fenti' alvéo' laire el l'iVliancru.'ealvéolaire.
Fier. 371. — Siphonia pyril'ormis.
¥'u, 374. — Oslrœa vcsicuinris,
gné.s de Foraniinifères e.xlrèmemcnt nombreux (Flabcllina, Tcxtiilmiii, Nudo.saria, Uotalia, Dentalina et beaucoup d'autres) dont les coquilles
CREOSER, GEOLOGIE.
CIIÉTACÉ.
non-sculcinent ont formé une partie importante de la craie à écrire, mais qui sont aussi très-fréquentes dans la craie marneuse sénoiiienne ; en outre, une Kj)onge en forme de parasol Cailoptycliium agaricoidcs ; le Siphonia pyriformis, de nombreux Ecliinodermes, par ex, Anancliites ovalus elMicraster cor-anguinum; Marsupites ornatus; Asterias Scliulzei; C.rania Ignabergensis, Magas pumilus, Rhynchonella octoplicata , Terebratula carnea; Ostraea vesicularis , Exogyra laciniata, Pecten quadri-
/éôôccôôôôôcôcccTTôr^
Fig. 575. — Pcclen quadricostatus. Fig. 576. — Inoceramus Brogniarti.
Fig. 577.
Baciilites anccps
Fig. 578. — Kaulilus daiiicus.
costatus, Inoceramus Cripsi et Cuvieri, Pinna diluviana ; Turrililes polypoh'us, Baculites anceps, Nautilus danicus.
Au niveau inférieur du sénonien appartient un groupe de couches marneuses qui peut atteindre 500 mètres de puissance, surtout développé en AVestphalie, mais aussi en Silésie, au bord du Ilarz et en d'autres régions, les inanies cVl!!msch. Ces couches fournissent, comme fossiles caractéristiques, Annnonites Margse ettricarinatus, Turrilitcs plicatus et Inoceramus cardissoides.
Comme horizon supérieur du crétacé, montrant déjà tant de rapports avec le tertiaire par les caractères paléontologiques que leur place est discu-.
CRÉIACÉ. 50r>
tce, il y a les calcaires de Fa\oë, le tuf crétacé de Maëslriclit et le calcaire jtisolilhique du bassin de Paris. On les a réunis comme étage particulier du crétacé sous le nom de danien ; ils s'élonilent jus(ju'au sénonien.
Les calcaires de Faxoë se ujontrent sur l'Ile danoise de Seeland comme la plus récente formation sénonienne, en puissance de 10 à 15 mètres ; ils sont Tonnés presque exclusivement de fragments de Coraux qui enferment de nombreux restes de Mollusques comme les Belenniites mucronalus, Nautilus danicus, Baculites Faujasi et des moules de Cyprœa, Oliva, Mitra, Patella, Emarginula, par conséquent de Gastéropodes inconnus dans le crétacé. Il s'y ajoute des pinces et des cuirasses complètes de quelques Crustacés bracliyures.
Le tuf crétacé de Macstvicht surmonte la véritable craie blanche à écrire riche en silex ; il est formé de marnes calcaires friables, tellement renq)lies de Bryozoaires (surtoutd'Kschara) et de Foraminifèrcs que ceuxci forment la masse principale de la roche. A côte des Gastéropodes comme Ils Volula, les Fasciolaria, etc., qui ne sont d'ailleurs connus que dans le tertiaire, on trouve Ilelemnites mucronatus, Pecten qnadricostatus. Baculites Faujasi et autres formes véritablement crétacées, La concordance de ces formations crétacées avec celles du New-Jersey dans l'Amérique du nord est très-remarquable: il y a aussi dans ce pays un tuf crayeux riche en Eschara qui repose sur les couches à Belemnites mucronatus.
Le calcaire pisolithique des environs de Paris est un calcaire jaunâtre ferrugineux, formé de grosses oolithes contenant Pecten qnadricostatus et Nautilus danicus ({uisont des fossiles crétacés et, àcôtéd'eux, de nombreux restes org:ini(jucs évidemment éocènes, de sorte qu'on peut le considérer comme un passage entre le crétacé normal et le tertiaire.
Les formations sénonicnnes du Sud et jjrincipalement du S. de la France, montrent des faits sendjlables à ceux (|ue nous avons vus pour le gault, le cénomanien et le turonien : les lli|)purites sont en prédominance et elles forment un quatrième et dernier horizon, caractérisé par des calcaires jaune clair dans lesquels ces bivalves sont en telle abondance, qu'ils forment pres(jue exclusivement toutes les couches, n'étant reliées que par une petite quantité de calcaire. Les espèces les plus fréquentes sont Radiolites Jouanetti et Bournoni. Avec cet étage se termine dans le S. de la France la formation crétacée par les couches à Belemnites mucronatus des .VIpes.
licinarques sur la répartition (féographique du crétacé. En Europe, c'esten Angleterre, en France et en Allemagne que le crétacé a sa plus large répartition et qu'il atteint son plus complet développement. Le jurassique possède encore des territoires étjmdus, cohérents ; il ncn e>t pas de même du crétacé. D'après la disposition des bassins crétacés séparés par
les plateaux jurassiques, on ne peut méconnaître qu'il y a eu un grand accroissement du continent aux dépens de l'océan crétacé par suite duquel ce dernier a été partagé en de nombreux détroits et golfes.
A propos du jurassique, nous avons dit que ce terrain forme en Angleterre une large zone, qui court en direction N. du canal jusque la côte E. de l'île.
Le sol de tout le pays situé à l'E. de cette zone jurassique est formé de crétacé recouvert par places, à la vérité, de dépôts tertiaires. Les couches de formation crétacée reposent là en concordance sur celles du jurassique blanc supérieur et plongent comme elles vers l'E. ; c'est seulement dans les pays de Kent, de Sussex et d'Essex situés entre la Tamise et le Canal qu'il y a des modifications à cette stratification régulière par le soulèvement en croupe du Purbeck et des AVealds sur lesquels se sont appliqués les dépôts du crétacé récent qui revêtent leurs pentes en formant un anticlinal normal. Le crétacé anglais commence par les grès et argiles du Wcald sur lesquels reposent les marnes glauconieuses marines du ncocomien supérieur (sables verts inférieurs), les argiles schisteuses etlesargiles plastiques du gault. Le cénomanien est représenté par un second dépôt de marnes glauconifères (sables verts supérieurs) et le turonien par une craie marneuse, tandis que le sénonien est formé par de la craie blanche» riche en silex dans son horizon supérieur, qui forme les falaises de Douvres et de Brighton. Nous avons indiqué plus haut les fossiles de ces couches.
En France, la formation crétacée se répartit en trois grands bassins. Le plus au N. d'entre eux, arrosé principalement par la Seine et la Loire, a les bords sur les couches jurassiques; sa dépression, au centre de laquelle est Paris, est remplie par les dépôts tertiaires. Le crétacé d'Angleterre n'est que l'aile N. 0. de ce grand bassin du nord de la France. Les membres qui les forment, pris isolément, ont le caractère normal de toutes les formations crétacées du nord , avec des modifications locales naturellement. Ici, le néocomien est formé de calcaires à Toxasler et de marnes à Huîtres en alternance avec des sables et des grès (urgonien), le gault est formé de marnes ferrugineuses à Plicatula (aplicn) et d'argiles sombres (albien), le cénomanien de sable vert (tourtia) , le turonien de craie marneuse, le sénonien de craie blanche ; il se montre aux environs de Paris et il est par places recouvert de calcaire pisolilhique à gros éléments (danien) qui représente les formations crétacées les plus récentes.
Le second bassin du crétacé français de beaucoup plus petit, appartient au territoire de la Garonne. 11 s'appuie par son aile nord sur le Plateau central de France et par son aile sud sur la chaîne des Pyrénées. Ses
CRÉTACÉ. 56b
caractères pélrogiaphiqucs et paléonlologiques sont déjà ceux du crétacé du sud. Celui-ci se caractérise d'un côté par l'npparition de calcaires durs, compactes ou cristallins, d'un autre côté par sa richesse en Hippurites, comme nous l'avons indi(|ué dans les tabldîiux précédents, ces Mollusques remplissent quatre horizons différents de la série crétacée de ce pays et, dans chacun d'eux, ils sont représentés par des espèces difl'érentcs. Les couches crétacées du cours inférieur du Rhône correspondent à une troisième baie de l'océan crétacé, appuyé aussi contre les granités du Plateau central et qui de là se prolonge sous forme d'une étroite bande en direction N. E., d'une partsur Genève jusque Ncufchàtel, d'un autre côté sur les pentes sud et nord des Alpes, par la Bavière et le Tyrol jusque Salzburg et l'Autriche : tous les membres de la formation crétacée y sont développés et avec le faciès du crétacé sud.
Les calcaires à Hippurites jouent un rôle très-important dans les Alpes; dans la partie 0., ce sont surtout les étages du néocomicn ei du gault (Caprotina ammonia), dans la partie E.,les formations luroniennes de Gosau à Hippurites cornu-vaccinum et Orbituliies concava.
Revenons à la zone crétacée du nord. D'Angleterre et de France, elle se laisse suivre en Belgique, en Westphalie et dans le N. 0. de rAllemagne, forme la vallée de l'Elbe en amont et en aval de Dresde, s'élève sur le flanc nord des monts des Géants en îlots isolés par le diluvium et forme ensuite dans la Haute-Silésie et en Pologne, comme au pied nord desKar|)athes, de vastes étendues de terrain. Le crétacé existe sous toute la plaine du nord de TAllemagne, mais il y est recouvert de puissants dépôts tertiaires et diluviens, au sein desquels il émerge en un nombre très-limité de points sous forme de petites îles, oomme à Lunebourg, à Rùgen età Wollin. Au S. des monts des Géants et des Sudètes, ce terrain se développe pour former le bassin crétacé de Bohème. Bien que vraisemblablement en connexion avec les autres pays, chacune decesdiverses régions crétacées d'Allemagne possède un faciès particulier dû à ce que, d'une part, des membres isolés seulement de la série crétacée ont été déposés dans les diverses localités, que, d'ailleurs, le caractère pétrographique des complexes de roches correspondants est différent, et enfin que le caractère paléontologique n'est pas partout le même, mais souffre des modifications locales. (hi|)eut distinguer dans le crétacé du nord de l'.Ulemagne et des pays limitrophes les régions et, en même temps, les faciès suivants que nous avons déjà indi(piés dans nos tableaux p. 550 et 551.
1. Ij* pays crétacé (le Maéslrichl et d' Aix-la-Chapelle. Les dépôts sont exclusivement sénoniens;à leur partie inférieure, ils sont formés de sables et de bancs calcaires, ces derniers à Trigonia limbata et Belcmnitcs mucronatus, au-dessus viennent des marnes glauconieuses et enfin un tuf
rera|)li de Bryozoaires (ex. Eschara) et riche en outre en fossiles animaux crétacés.
2. Le pays de ]]'eslphalieau sud du TeutobuiYjerwald. Ici se rencontrent le cénoniauien, le luronien et le sénonicn, mais non plus le néocomien et le gault.
Celte série de couches appartenant exclusivement au crétacé supérieur commence par les sahles verts d'Essen, formation équivalente au tourtia français. On peut voir la division de ces dépôts sur les tableaux p. 550 et 551 . D'aj)rès Schlûter, le groupe de couches entre le planer àlnoceramus Cuviori et les couches à Belemnites quadratus qui peuvent atteindre une puissance de plus de 500 mètres, doit être considéré comme un élage indépendant et appelé marnes d'Emsch. Ces marnes sont caractérisées par Ammonites margœ, Ammonites tricarinatus, Turrilites plicatus, Inoceramus digitatusjnoceramus cardissoïdes.
3. Le pays crétacé du nord-ouest de V Allemagne comprenant le Teutoburgerwald (pays crétacé de la Basse-Saxe). Dans cette région, le crétacé avec tous ses membres du néocomien au sénonien, repose en concordance sur les couches supérieures du jurassique blanc. 11 s'étend des limites de la Hollande, de Gildehaus, d'une part par la chaîne du Teutoburgerwald jusqu'au pays de Paderborn, d'un autre côté le long de la chaîne du Weser et du Deisterau N. et au N. E. du llarz jusque dans les environs d'Aschersleben et il remplit en outre des bassins isolés comme celui d'Alfeld. Le développement de chacun des membres de la série pris isolément présente des différences remarquables dans les différents points où on l'observe. Tandis qu'à Gildehaus, le néocomien et le gault aussi bien que le cénomanien et le turonien s'étendent en couches fortement redressées sur le Teutoburgerwald jusqu'aux environs de Paderborn, on ne connaît sur le bord nord des monts Weser jusqu'au pays à l'O. de Hanovre que les membres les plus inférieurs du crétacé, recouverts cependant à Lemfôrd par les couches sénoniennes- A Hanovre et dans son extension de celte ville vers l'E., le crétacé se montre sous forme de bassins isolés ou reliés seulement par les couches les plus inférieures de la formation (Ahlten, Peine, Brunswick) et aussi dans les longs bassins étendus entre Hornburg et Aschersleben, où cependant le caractère pélrographique de la formation est modifié d'une façon spéciale, par l'apparition de grès en remplacement des formations marneuses et argileuses qui sont en prédominance dans le reste du N. 0. de l'Allemagne.
Les petits tertres crétacés du Ohmgebirge au nord de la ville de Worbis sont intéressants. Hs reposent directement sur le trias et sont formés par 10 mètres d'épaisseur de sables verts (tourtia), et par 15 à 18 mètres de planer à Ammonites varians appartenant par conséquent au cénoma-
nien ; ils ont été autrefois en connexion avec les dépôts crétacés de la Basse-Saxe dont ils ont été séparés par l'érosion.
4. Le pays crélaci^ haltiquc qui en l'orme les dépôts isolés de cette formation à NVollin, Rùgen, aux îles danoises et au sud de la Suède; il est exclusivement sénonien et se présente en général sous forme de craie blanche en rochers abrupts. C'est seulement en Poméranie que l'on trouve d'après Dames, au-dessous du sénonien, les couches du turonien, du cénonianien et du gaull, ce dernier avec Beleninites miniums. Stu" l'île de Sceland, le gault est recouvert par les calcaires corallins de Faxoë dont nous avons déjà parlé. D'après Schlùter, le crétacé baltique se divise comme il suit :
5) à la partie supt-rieure, calcaire de Sallliolm à Ananchyles sulcatus.
■i) calcaire de Faxoe (Daiiien).
3) grùs de Kopping et craie de Tullstrop à Belemiiiles mucronalus.
2) calcaire d'Ignaberga et baisberg à Bel. subventricosus (correspondant à la
zone à Bel. quadratus).
1) Crétacé (sables verts) de Bornliolm à Bel. wesifalicus (correspondant aux
marnes d'Emsch ou à la zone à Bel. quadratus).
5) Le pays du centre de V Allemagne à quader. Sous ce titre se rangent les formations crétacées de Saxe, de Bohème, des environs de Lôwenbcrg dans la Basse-Silésie et le pays de Regensburgcn Bavière. Elles ne représentent, comme en Westphalie, que les trois étages supérieurs du crétacé, mais, elles sont complètement aberrantes surtout pourleur carac-
Fig. 579. — Coupe de la formalion des quadcrs de Saxe.
Quador infériour, céiiomanifii;
G Torrains antérieurs ;
a' Conchos i Vcfrélam et brèclics de coquilles
a OuailiTsan(l>tcin (grès à rarreaiix) inférieur
h PUinrr iiiférienr et sahlor. àSerpula;
r Qiitiiler et pldner moyens l
d Grè> vert* de Copilz. \ Quader niojen, turonien ;
e Pl.inerdeStrehIen )
f Couches à Darulites )
^ , . . . , . 5 Quader supérieur, sononicn.
g Quadcrsandstein supérieur \ ' '
tère pétrographique, ce qui est dû à l'énorme développement du quadersandstein. Celte roche forme entr'autres les parties rocheuses bien connues
delà Suisse saxo-bohémienne, des monts de Lusace, d'Adersbach et Weckelsdorf, le Ilcuscheuer. Les dépôts crétacés de ces territoires commencent, d'après Geinilz, par une formation d'eau douce qui remplit les dépressions et les fentes du sous-sol et pour cette raison, n'existe que localement (ex. couches à végétaux de Niederschôna). Au-dessus vient le quadersandstein recouvert par le planer inférieur, formations équivalentes au cénomanien ; puis vient le complexe du planer moyen (en partie développé en couches sableuses et appelé alors quader moyen) et le planer supérieur (planer de Strehlen) que l'on a démontré être du turonien, et enfin les marhes supérieures du quader (marnes à Baculites) recouvertes par les grès à carreaux supérieurs qui représentent le sénonien des autres pays et forment par ex., les rochers puissants de la Suisse saxonne et le sommet du Schneeberg.
6) Le pays crétacé de la Haute- Silésie, des Karpathes N. et de la Pologne. A l'extrême E. de l'Allemagne et dans les parties voisines de la Pologne, de la Moravie et de la Galicic, la formation crétacée est largement répartitie et renferme, en concordance avec le crétacé du N.-O. de l'Allemagne et en opposition avec les dépôts saxo-bohémiens situés entre eux, tous les membres de la formation crétacée du néocomien au sénonien.
Le néocomien et le gault sont développés dans les Karparthes N., le cénomanien et le turonien dans les environs d'Oppeln et de Leobschùtz dans la Haute-Silésie, le sénonien surtout en Pologne, moins nettement à Oppeln. Le néocomien est représenté par un puissant système de couches de marnes, de schistes et de calcaires qui forment le pays montagneux des environs de Teschen. On rapporte au gault les couches de Wernsdorf qui fournissent abondamment des restes de Séquoia, de Zamites, de Pterophyllum, les grès à Belemnites minimus du Godula qui forment une zone au sud du néocomien de Teschen. Le cénomanien est représenté par les grès à Protocardium Hillanum et Exogyra columba à Leobschùtz et par les calcaires sableux à Leobschùtz et Oppeln, le turonien par la craie marneuse d'Oppeln, tandis que le sénonien, abstraction faite des grès pauvres en fossiles, acquiert une large répartition, près de cette dernière ville, sur le côté E. du jurassique de Pologne.
Pour finir, faisons la remarque que le crétacé recouvre une étendue extrêmement grande de l'Amérique du Nord. Une zone de cette formation s'étend sur une largeur de deux à six milles, de l'État de New- York, par le New-Jersey, Delaware, la Virginie et les deux Carolines, prend alors l'extrémité S. du système des Alleghanies par la Géorgie et l'Alabama, et s'étale dans la vallée du Mississipi, en un large golfe qui, en direction N., atteint jusqu'au confluent de l'Ohio et du Mississipi, occupe une
grande partie de l'Ktal du Texas, de la Louisiane, du Tennessee et du Kcnlucky. Ce vaste territoire crétacé, recouvert à la vérité en beaucoup do points par des formations plus récentes, n'est cependant rien si on le compare à la zone crétacée qui, du Mexique, s'étend le long des Montagnes-Rocheuses à lE., sur les sources du Mississipi, jusque près des mers arctiques. Parallèlement, une troisième bande crétacée court sur les bords de l'océan Pacifique. Le crétacé du Texas et celui du New-Jersey ont été étudiés avec soin et comparés aux formations européennes. Le caractère paléonlologique général du crétacé du New-Jersey a une ressemblance sur|)renante avec le sénonien de Maestriclit et d'Aix; quarante espèces aniujales sont communes et, de plus, quelques autres espèces sont remplacées par des formes voisines. On ne connaît pas, sur les côtes atlantiques de formation crétacée plus ancienne que le sénonien. Le crétacé du Texas appartient au turonien supérieur et par sa richesse en llippurites, en Orbitulines et en Nérinées, il se rapproche du faciès alpin d'Europe; il y a donc en Amérique la répétition du phénomène, si net dans l'ancien monde, d'un faciès N. et d'un faciès S. pour les formations crétacées,
Ileer a décrit, dans les couches crétacées de la presqu'île de Nonrsoak, au N. du Groenland, une flore dont la division dans le sens vertical permet de conclure qu'aux régions arctiques comme dans l'Europe centrale, l'apparition des Angiospermes, par conséquent le changement du caractère mésozoïque du règne végétal en caractères caino/oïque, n'a eu lieu qu'à la seconde moitié du crétacé. D'ailleurs, dans le crétacé supérieur d'Allemagne comme dans celui du Groenland, les arbres angiospermes étaient déjà représentés, lors de leur première apparition, par des types très-divers appartenant aux genres Populus, Ficus, Sassafras, Credneria et Magnolia.
Diposition des couches crétacées. Dans la plupart des régions qu'elles occupent, les couches crétacées ont conservé leur situation primitive et elles sont disposées horizontalement, plongent faiblement dans une direction, ou forment des bassins plats, en stratification concordante on discordante sur lejurassique ou sur des couches plus anciennes. Par le dessèchement de la matière qui les formait et la diminution de volume qui en a été la conséquence, il s'est formé des fentes, des déplacements, de petites cassureset des plissements, qui manquent cependant aux territoires crétacés de petite dimension et 'qui sont surtout apparents pour la craie blanche, à cause des couches continues et des bandes de nodules de silex qu'elle présente. Des exemples de cette disposition sont fournis par le crétacé du New-Jersey, qui est presque com|)létement horizontal, par le quadersandstein et le i>laner de Saxe, qui est faiblement incliné, tandis qu'à Alfeld, en Hanovre, à Lôwenherg en Silésie, dans le crétacé N. de France
et d'Angleterre, les formations en bassin sont très-nettes. En d'autres points, comme à Lunebourg, les couclies crétacées reposent en manteau autour d'un noyau de roclies plus anciennes (le trias). Au contraire, les grands bouleversements de la série crétacée par suite desquels on voit le» couches plissées, brisées ou renversées sont relativement rares. D'ordinaire, on les observe là où de grandes montagnes se sont soulevées après le dépôt du crétacé, où, par conséquent, certaines bandes des couches de cette formation ont dû prendre part aux mouvements brusques ou séculaires qui produisaient les dislocations. C'est le cas pour les couches crétacées des Pyrénées et des Karpathes, mais surtout des Alpes, qui ont subi les contournements, les plissements, les glissements les plus compliqués (fig. 380).
Au bord N. E. du Ilarz, dont le dernier acte de soulèvement a eu lieu au commencement de la période tertiaire, les mêmes phénomènes se sont
Fig. 580. — Coupe sur la montagne de Kcssler Fig. 381. — Coupe des couches crétacées et jurassiques^ dans les Alpes de Bavière (d'après Gûmbel). renversées au Langenberg près Goslar (daprès Heinrich
Credner).
a, Néocomicn; b, Schratlenkalk ; c, Gault; d. Calcaires de Sewen ; e, schistes de Seweii.
a b, Oxfordien c, d, Kimmeridgien inférieur e couches à Pleroceras
/; g, h, Kimmeridgien supérieur t, Conglomérai de Hils
k, Argile de Hils
Jurassique blanc ;
Crétacé inrérieur.
répétés. Dans la contrée entre Harzburg et Goslar, il y a eu renversement complet des couches du trias, du jurassique et du crétacé, depuis le grès bigarré jusqu'au sénonien supérieur et les couches crétacées récentes se trouvent maintenant au-dessous du jurassique (f. 381). Il est bien surprenant que des renversements analogues du crétacé aient eu lieu dans des parties de l'Allemagne relativement unies. Ainsi, au pied S. du Teutoburgerwald, les formations wealdiennes reposent en concordance sur le crétacé supérieur, ce (|ui ne peut s'expliquer que par le renversement de la série tout entière ((ig. 382).
Hoches érupiives et filons dans les territoires crétacés. Les roches éruptives sont étrangères à la plupart des territoires crétacés et, dans les
CnÉTACÉ. 571
régions ((iio nous venons de décrire, on ne connaît aucune intercalation
contemporaine de celte nature. Là où des masses rocheuses fluides ont
traversé les couches „ î!
crétacées, leur éruption
se rapporte à une épo- c ^,<<^'^^^^^ "^"^^f^
ijue postérieure, a l âge I — 1- — -^ ^ ^
tertiaire et elles appar- Fr,?. 582.— Coupe dos couches cn5lac('cs rcnvoisi'cs ail s. du
tiennent au groupe des Teuioburjïcrwnld.
basaltes. Le basalte for- n, Barenhciir ; /?. Ravonsbon;; rt,. Tuionicn; //, Gaull ; c, Grès
, • I néocornion; d, Arsfilps cl sfrôs woaldieii!..
me un certain nombre
de dômes dans les quadersandstein de la Suisse saxonne, des monts de Lusacc (où, à son contact, les roches sédimentaires sont effritées et partagées en colonnes), du N. de la Bohême et de la I5asse-Silésie. Le pays montucux sur la pente 0. N. des Karpalhes, formé par le néoconiicn, a été le théâtre d'une activité volcanifiue considérable. Le soulèvement de ces montagnes a déterminé de grandes dislocations de couches et la formation de nombreuses fentes qui ont favorisé la sortie des masses incandescentes. Auâsi ce pays est-il traversé d'innombrables filons et de masses dune dolérite grossièrement grenue, (jui peut devenir presque aphanitiqne, contenant de l'anorlhile et appelée Teschenite, si rapprochés, (|u'ils forment même une chaîne allongée du S. 0. vers le N. E., parallèle à la direction des Karpathes N. Partout l'influence des matières incandescentes sur les roches voisines s'est fait sentir de la façon la plus accentuée : les schistes néocomiens sont transformés en jaspe, les calcaires sont devenus marmoréens, les grès sont blancs et durs, partagés en colonnes; en un mot, on peut rencontrer là tous les phénomènes des métamorphoses de contact.
Des filons exploitables de matières minérales sont chose rare dans les formations crétacées. Ainsi, par exemple, à Stadthagen,en Westphalie il y a un certain nombre de filons peu puissants contenant de la lilende et de la galène dans les plànerkalk du crétacé supérieur, et dans les argiles schisteuses et sableuses du gault de Bentheim on trouve des filons d'asphalte traversant à angle droit les argiles ; ils plongent un peu vers le S., atteignent un mètre de puissance environ, et sont en partie remplis d'un asphalte noir de poix brillant. A coté il y a des fragments de roches voisines et de calcaire spathique, de pyrite de fer.Très-souvent, les éléments de ces filons sont disposés en bande et se répètent symétriquement de chacpie côté, comme le montre la figure 383.
Coup-(Vœil sur le développement de la vie organique pendant Vâge mésozoïquc. La vie organique marche progressivement sur In roule du perfectionnement. De ces origines faibles, peu importantes, dont les traces
Fig. 385. — Filon d'asphalte dans le gault de Benlheim.
a, Argile schisteuse du gault ; b, asphalte; c, pyrite layonnée; d, calcaire spathique avec surfaces terminales rhomhoédriques; e, asphalte pur.
nous ont été laissées par les périodes présiluriennes, il se développe un monde de plantes et d'animaux riche en formes bizarres, dont les traits
principaux sont donnés par le développement luxuriant des Cryptogames vasculaires, des Zoantharia rugosa, des Blastoidées et des Cystidées, des Brachiopodes, des Nautiles, des Trilobites et des Poissons gauoïdes hétérocerques. Cette flore et cette faune font place à une autre, dont le caractère général marque une progression importante du développement des organismes terrestres. Comme nous l'avons dit p. 487. Les principaux représentants de la vie paléozoique disparaissent et de nouveaux êtres se montrent, qui chassent en se développant peu à peu les derniers représentants de l'ancien monde organique. Le nouvel état de choses est celui de l'âge mésozoïque.
A la place des marécages paléozoïques dans lesquels croissaient les Calamites, Sigillaria et Lepidodendrons, s'élèvent de vastes forêts de Conifères, d'abord tropicales, puis sous-tropicales, entre lesquelles se développent des représentants gigantesques du nouveau genre Equisetum ; les Cycadées atteignent le maximum de leur développement, de nouvelles Fougères se montrent et l'on voit enfm apparaître les premiers représentants des Angiospermes, dans les feuilles relativement rares des Credneria, Salix, Acer, Quercus, Sassafras, etc. Ce sont les précurseurs isolés du groupe de plantes qui, par le développement de plus en plus considérable et la diminution correspondante des Conifères et des Cycadées aux périodes subséquentes, finira par former les trois quarts de la flore actuelle. Si l'on peut appeler l'âge paléozoïque le règne des plantes vasculaires de taille géante, l'ère mésozoïque est celui des Gymnospermes qui sont beaucoup plus élevés en organisation et, de même qu'à côté des premiers l'on trouve déjà les précurseurs de la flore mésozoïque, l'on voit aussi, à la fin de la période mésozoïque, les premiers représentants des Angiospermes, qui acquerront seulement la prédominance sur les autres formes dans le tertiaire et aux époques suivantes.
Le caractère général du monde animal subit aussi un changement de formes à la période mésozoïque. Nous avons déjà parlé de la destruction des types paléozoïques : ils sont remplacés par de nouvelles formes. C'est seulement maintenant qu'apparaissent les Coraux constructeurs de récifs, les Zoantharia perforata et eporosa, de même que les vrais Echinides, qui prolongeront leur existence jusqu'aux temps actuels. Au lieu des
CUETACï. 575
Bracliiopodes et des Nnuliles, qui avaient joué jusque-là un rôle essentiel par leur richesse en formes et l'abondance des individus, se déploient les liivalves, les Ammonites et les Hélenuiilcs. Parmi les Crustacés, on voit apparaître les vrais Crabes et toutes les familles d'Insectes ont des représentants. Les Ganoïdes liétérocerques, dont quel(|ues-uns atteignent le coninuMicoment de la période mésozoKjue, disparaissent bientôt complètement et ils sont remplacés par les Ganoïdes liomocenjues, (|ui atteignent le maximum de leur développement au cours de l'âge mésozoïque ot diminuent ensuite [uogressivement pour en arriver à la rareté et à la pauvielé en formes de Tàge actuel. A côté d'eux, se montrent les premiers vrais Squales, les Squaladontes, les Osseux, et avec eux, les précurseurs du type aujourd'hui prédominant des Poissons. Les Labyrintodoutes, [iroduisent d'abord des formes géantes, mais ils s'éteignent bientôt et cèdent la place aux vrais Reptiles plus hautement organisés, aux Enaliosauriens, Plérosauriens, aux vrais Gavials, Crocodiles et Tortues. L'abondaiut' et la taille qu'ont atteint les Rej)tilesau milieu de l'àgc mésozoïque, iiKtiilrent cond)ien cette époque leur était appropriée : ils dépassent de plus du double en taille leurs représentants actuels. De même que nous avons observé l'apparition sporadiquedes premiers Angiospermes, à côté des Conifères et des Cycadées alors prédominants, on voit, |)endant le règne des Fii'ptiles, les premiers Vertébrés à sang chaud se montrer par de rares Oiseaux et des Marsupiaux ; joints aux Angiospermes encore rares, et aux Poissons osseux (jui viendront seulement à la lin de l'âge mésozoïque, ils fornu-ront les éléments principaux d'un nouveau monde organique, le monde cainozoïque.
In des principaux caractères du monde mésozoïque est la prédominance des (ijpt's coUi'difx, c'est-à-dire de formes chez lesquelles se trouvent réunies les particularités cpii, |dus lard, serontcomplétement séparées. ^ous |)ouvons citer comme exenq)le : Mastodonsaurus (avec caractères des IJalracieiisetdes Sauriens), Plesiosaurus et Ichthyosaurus (avec caractères des Samit'iis et des Poissons), Nothosaurus (avec caractères des Crocodiles et des Lézards), Teleosaurus (avec caractères des Gavials et des Lézards), Iguanodon et les autres Dinosauricns (avec caractères des Lézards, des CnicodiUîs, des Oiseaux et des Mammifères), Pterodactylus (avec caractères des Sauriens et des Oiseaux), Arclueopteryx (avec caractères des Oiseaux et des Ueptiles), Ichlhyornis et Odontornis (Oiseaux avec des vertèbres de Poissons et des dents de Ueptiles).
lous ces phénomènes nous uiontrent la longueur des périodes (pi'ont exigé le développement et l'extension des organismes, ils nous font voir la longue durée de chaque âge et nous montrent par leurs innombrables modifications, le dévelo()pement progressif des flores et des faunes
Les faits sont en opposition formelle avec les théories qui attribuaient les clianifernents survenus à la surface de la terre à des révolutions répétées qui détruisaient tous les êtres vivants et étaient nécessairement suivies de nouvelles créations.
(l, GROUPE DES FORMATIONS CAISOZOIQDES.
Lors du dépôt des séries de couches cainozoïques, les Dicotylédons angiospermes et les Mammifères atteignaient pour la première fois à un grand développement, tandis que les Cycadécs, les Conifères, les Reptiles^ les Brachiopodes et les Ganoïdes, qui donnaient aux formations mésozoïques leur faciès général, diminuent fortement et que les Ammonites, et Belemnites encore plus caractéristiques, sont complètement détruites. Le caractère essentiel de l'âge cainozoïque et de ses produits est de relier les premiers stades du développement de la terre avec le monde actuel en servant de passage entre ces deux termes.
La série des couches paléozoïqucs se partage en formations tertiaires et formations quaternaires ; ces dernières comprenant le diluvium et les alluvions.
Caractères de la période tertiaire. Au cours de la période tertiaire, la surface de la terre atteint progressivement la configuration actuelle et le caractère général de la faune et la flore concorde étroitement avec celui de notre monde. Ces modifications s'expriment par les phénomènes suivants :
4 ) Par des déplacements continus de la limite entre les continents et les mers, à la suite de soulèvements et d'affaissements séculaires. Au commencement du tertiaire , les continents n'avaient pas l'étendue d'aujourd'hui ; au contraire, d'importants territoires étaient encore recouverts par la mer et des golfes profonds et d'étroits bras de mer s'étendaient au loin à l'intérieur des terres et les partageaient en îles et en presqu'îles. Au cours de l'époque tertiaire il y eût, comme aux périodes précédentes, de lents sculèvements par suite desquels des pays côtiers émergèrent, des golfes et canaux peu profonds furent mis à sec, d'autres plus profonds furent changés en mers intérieures, d'anciennes îles se trouvèrent reliées au continent et d'autres s'accrurent en dimensions, tandis qu'en même temps de nouvelles îles surgissaient du sein de la mer et que des océans autrefois en connexion étaient -séparés par des barrages de terre ferme. Dans les dépressions des nouveaux continents s'amas-
TERTIAIIŒ 575
saienl les eaux atmosphériques qui formaient des lacs. Un mouvement invci-se, l'affaissement, se faisait aussi sur la j)lus large écliclle, par exemple dans la région de la plaine basse du nord de l'Europe et avait naturellement conmie conséquence les phénomènes op()osés. Ces oscillations formaient progressivement les contours actuels des continents et déterminaient ces alternances si caractérisliijues de formations marines, saumàtres et d'eau douce, en nuMue tenq)s que des changements continuels de faune et de flore, indépendants des modifications climatériques qui <le leur côté aussi imprimaient un caractère profond aux habitants de la terre.
2) Dans la formation des hautes montagnes actuelles [)ar des soulèvements locaux intenses. L'acte principal de soulèvement de la plupart des hautes montagnes connue les Pyrénées, les Alpes, les Karpalhes, le Caucase, l'Himalaya et les Cordillères eut lieu à la période tertiaire. Les l'ouches déposées pendant la jiremière moitié de cet âge se voient aujourd'hui, par exemple aux Diablerets et au mont Perdu, à plus de o. 000 mètres <le haut et en certains sommets de l'Himalaya, elles ont été élevées à plus de 5,000 mètres. La formation de ces puissants remparts de roches, abstraction faite des changements qu'elle apportait aux contours verticaux des continents, développait de nouveaux systèmes de fleuves et avait une grande influence sur les conditions météorologiques et climatériques par conséquent sur les faunes et les flores.
7)) Par l'apparition des zones clinialeriques. Aux ancieiuies périodes du développement de notre planète, il y avait sur la terre, des pôles à l'équatcur, un climat partout également chaud : les formes géantes de la flore carbonifère se développaient avec autant de vigueur dans les latitudes nord que dans les latitudes sud et les Coraux siluriens se multipliaient également aux mers polaires et sous les tropiques : la tenq)érature de la terre était encore si élevée que les différences dues à l'inégale répartition des rayons sidaires n'étaient |)as senties.
Peu a peu cependant la terre perdant de sa chaleur propre, les différences se lirent sentir de plus en plus et arrivèrent progressivement à former des zones climatériques, au sens actuel du mot. Le début de ce <hang(;ment eût peut-être dt^jà lieu à l'époque jurassique et au crétacé, car nous possédons l'indiciition de dillerences climatériques en rapport avec l'éloignement de léquateur, dans ra|)parition dun faciès nord et d'un faciès sud |)our la faune. Au tertiaire, cette division en zones s'accentue et gagne progressivement vers l'état actuel. Ces processus trouvent indubitablement leur expression dans les changements des mondes animal et végétal, et le caractère de la flore des différentes contrées à la même époque tertiaire en donne une preuve certaine. .Vinsi, on observe en Italie une grande
576 TEUTIAIIŒ.
riclicssc de Palmiers, tandis qu'on rencontre dans l'Europe centrale les forêts d'arbres toujours verts et dans les pays baltiques les Conifères et les arbres à feuilles caduques. La diminution progressive et continuelle de la chaleur pendant toute la période tertiaire et le mouvement des lignes isothermes d'après l'équateur, qui en était la conséquence, a fait que les llores se sont retirées un peu à la fois de leur ancienne patrie vers le nord pour retourner vers l'équateur. Le résultat de ce phénomène est que, par exemple, dans l'Europe centrale, la flore tropicale et subtropicale, indoaustralienne du commencement du tertiaire (oligocène et éocène) a été suivie dt! la flore subtropicale et centrale-américaine du miocène, et celle-ci par la llore tempérée méditerranéenne du tertiaire le plus récent, du pliocène. Donc, la flore d'un même dépôt tertiaire perd progressivement son caractère d'abord tropical pour prendre celui des zones tempérées et c'est là la raison pour laquelle nous trouvons dans une série de couches tertiaires un double passage des formes tropiques aux formes tempérées par les formes sous-tropicales, d'une part horizontalement ou, beaucoup mieux, en direction périphérique de l'équateur vers les pôles et d'autre part, en direction verticale depuis les couches les plus anciennes jusqu'aux plus récentes.
Les changements climatériques influencent bien plus les Plantes fixées au sol, que les Animaux, mais ceux-ci montrent d'une manière évidente cette action des milieux par la succession des faunes marines. Ainsi, pour n'en donner qu'un seul exemple, les dépôts inférieurs du bassin tertiaire anglais, l'argile de Londres, ont la faune des mers tropicales et subtropicales, les couches supérieures présentent la plupart des .Mollusques qui habitent les mers d'Angleterre, d'abord mêlés encore avec les espèces des latitudes sud qui disparaissent complètement ensuite. Ce phénomène se répète partout oii la série des couches tertiaires est complètement déveloj)pée.
La formation des premières glaces aux pôles et sur les hautes montagnes a pu arriver à la fin de la période tertiaire.
4) La destruction complète de beaucoup de formes animales et végétales et la décadence d'autres formes caractéristiques des périodes écoulées. On voit disparaître au commencement du tertiaire les Inocerames et Exogyres (si développés dans le jurassique et le crétacé), les Ilippurites (qui forment des roches dans le crétacé), les Nérinées (remplissant des bancs entiers du jurassique), les Ammonites et les Bélemnites (formes animales les plus abondantes au jurassique et au crétacé), les Turrilites, Scaphites, Baculites et autres formes déroulées des Ammonites (si caractéristiques pour le crétacé), enfin, les Sauriens marins et les Ptérodactyles mésozoïques. D'autres types, animaux et végétaux, disparaissent de plus en
plus depuis le commencement de la période tertiaire jusqu'à devenir rares à l'époque actuelle. Il fiiut compter ici principalement les Cycadées, les Conifères tropicales, les Crinoïdes, beaucoup de genres de Mollusqucs(surtout les Trigonia) et les Gauoïdes.
5) Par le grand développement de types animaux et végétaux dont la piTuiière apparition date des périodes mésozoïques, comme les Angiospermes (jui se montrent dans le crétacé supérieur et les Palmiers, les Batraciens, les Squalides et les Poissons osseux, enfin et surtout les Mammifères. Le développement en masse des Mammifères et des arbres Angiospermes est un des caractères essentiels de la période tertiaire. Les plus anciens restes de .Mammifères qui nous soient connus sont du trias supérieur et appartiennent à un Marsupial ; dans le Dogger et le jurassique blanc on rencontre également des traces isolées de ces Mammifères inférieurs, mais c'est seulement dans le crétacé inférieur que cette classe montre de la variété et de la richesse : elle présente alors les Monodelphes plus hautement organisés. Les plus importants d'entre eux, pour le tertiaire ancien, soniV Anoplolherium elle Paleotlierium.On trouve chez ces animaux certaines particularités des Iluminants et des Pachydermes, aussi doit-on les considérer comme la souche de ces derniers. 11 s'ajoute à ces Mammifères quelques Carnassiers, Insectivores, Rongeurs et Chéiroptères, de rares Singes, mais dans TO. de l'Amérique du Nord on trouve les gigantesi^ues Loxolophodon et Dinoceras. Ils portaient trois paires de cornes de forme bizarre tandis (|ue le tronc et les jambes ressemblaient à ceux de l'Hléphant; par des parties importantes du squelette ils rappelaient d'une manière si frappante les Tapirs et Rhinocéros qu'ils font songer à un terme de |)assagc entre les Pachydermes h doigts impairs et les Kléphants. Ce sont les ancêtres des Dinotherium, des Mastodontes et des vrais Kléphanls du tertiaire récent. On ne trouve encore aucune trace des Ruminants, Porcins, Rhinocéros, Chevaux et Hippopotames, dans le tertiaire ancien. Ces animaux apparaissent seulement au tertiaire récent, dont la faimede Mammifères caractéristiques est due aux Rhinocéros, aux ancêtres des Chevaux (Anchitherium et llipparion), Mastodon, Dinotheriinn, Klé|)hants, Cerfs, Anlil()|)es, Gazelles, aux(|uels s'ajoutent à la (in du tcMliaire de nombreux Ours, Chiens et Chats et dillërents Sinires (llylobates, Dryo|)ithecus, Semnopithecus).
G) Par Capparition d'un nombre de plus en plus grand d'espèces voisines puis enfin identiques aux formes actuelles, ensuite de quoi le nombre des espèces apparues au tertiaire et encore vivantes aujourd'hui augmente de plus en |)lus à mesure que les déj)ôts sont pins récents. Ainsi, on admet que les Mollusijues du miocène (le tertiaire se divise en éjcèiie, oligocène, miocène et pliocène) renferment de 10 à iO p. "/o» 'c
CREOMIK, CfcOLOGIE. 37
pliocène ancien de 40 à 60 p. %» ^e plfocène récent de 60 à 90 p. 7^ d'espèces encore aujourd'hui vivantes.
Résumons rapidement les phénomènes que nous venons d'indiquer pour former la caractéristique du tertiaire. Le tertiaire est la période pendant laquelle les Palmiers, les arbres Angiospermes, les Mammifères et, à côté d'eux, les Bivalves et les Gastéropodes, ont acquis un grand développement ; par l'accentuation des différences climatériques, une séparation en zones dépendante du degré d'éloignement de l'équateur, a pu se faire pour les organismes ; sous les influences diverses du climat, devenues plus compliquées encore par le soulèvement des hautes montagnes, les faunes locales les plus variées prirent naissance dans l'Océan, dans les golfes et les mers intérieures. Il en fut de même sur le continent et dans les eaux douces. Les conditions climatériques se rapprochèrent de plus en plus de celles dé nos jours, en même temps que se multipliait le nombre des formes animales et végétales identiques avec les espèces actuelles. La variété des milieux et la complication des causes influentes sur la terre étaient plus grandes à l'époque tertiaire qu'à aucune autre époque des âges écoulés ; c'était là le dernier degré du développement de notre planète avant son entrée dans l'ère actuelle.
L'accomplissement de toutes ces modifications qui, vraisemblablement, ne se faisaient pas avec plus de rapidité à l'époque tertiaire qu'à Tàge actuel et aux périodes anciennes, est bien fait pour nous donner une idée du temps qu'a exigé le développement de notre globe. Des faunes et des flores tout entières sont remplacées par d'autres pendant la durée d'une période, de hautes montagnes se soulèvent, des continents se forment aux dépens de groupes d'îles, et ces actions qui nous paraissent insensibles aujourd'hui, ont été tout aussi lentes à l'époque tertiaire. Et cependant, cette période ne remj)lit que la dernière page de l'histoire de la terre.
Diviser la série des couches tertiaires, paralléliser pour des territoires éloignés les uns des autres les sous-divisions dans lesquelles on les groupe, fixer leurs marques caractéristiques est chose fort difficile. Que Von suppose une portion de la mer actuelle desséchée par un soulèvement, ses connexions cachées par de nouveaux dépôts et détruites par l'érosion, une partie de sa surface soulevée en montagne, — quel point de départ aurait un géologue pour établir la conteniporanéité des sédiments de la mer Rouge et de la Méditerranée, de l'océan Pacifique et du golfe de Mexico? La faune n'apprendrait rien quoique, dans le dernier cas, les deux mers ne soient séparées que j)ar une distance de quelques milles. Mais les dépôts tertiaires donnent la preuve d'un changement plusieurs fois répété des faunes de chaque mer, des flores de chaque continent et souvent chacune d'elles étant différente des autres, de sorte que les rap-
ports deviennent extrêmement difficiles à établir, surtout si l'on considère
que par le déplacement des organismes déterminé par le mouvement des
lignes isothermes, dos dépôts appartenant à des latitudes très-éloignces
l'une de l'autre, mais contenant des fossiles tertiaires semblables, peuvent
être d'un âge différent. Le seul moyen que l'on possède pour fixer l'âge
j)lus ou moins grand des dépôts tertiaires et par suite leur équivalence,
repose sur la comparaison de leur faune avec celle des mers voisines dont
on peut admettre qu'elles ont fait partie : plus ces dépôts ont d'espèces
communes avec ces mers, plus récents ils sont, tandis qu'inversement,
plus la différence est grande et plus se multiplient les espèces tropiques
(pour le tertiaire de nos latitudes), plus l'on doit considérer leur âge
comme ancien. On avait d'abord pensé reconnaître dans la faune des
Mollusque de l'éocène 5 p. 100, dans celle du miocène 19 p. 100, dans
celle du pliocène 52 p. 100 d'espèces encore vivantes, mais ces rapports
changent par chaque nouvelle découverte et la difficulté d'identifier les
espèces et d'en lixer les limites laissent ces nombres incertains : d'après des
comparaisons nouvelles, chacune de ces moyennes a été changée et l'on
ne trouverait dans l'éocène aucune espèce encore aujourd'hui vivante.
tandis qu'il y en aurait de 10 à 40 p. 100 dans le miocène, de 50 à 90
p. 100 dans le j)liocène. Il a paru nécessaire d'établir entre l'éocène et
le, miocène un autre groupe indépendant qui a été nommé par Beyrich
oligocène.
Le tertiaire se partage donc en quatre divisions qui sont, en allant de
haut en bas :
4 Pliocène ) .. , . . • •
... , >eogene ou tertiaire récent.
3 Miocène ) °
2 Oligocène / ^p .. .
, ,% , lertiane ancien.
1 Locene \
Nous considérerons chacun de ces groupes indépendamment et comme une généralisation n'est guère ()ossiblc par suite des nombreux faciès toujours restreints à des points détermines, nous décrirons comme typiques les exemples les plus complets.