GLACE
b. — REVUE DES ROCHES »
■■ • Première classe. — Roches simples <'
Elles sont formées :
a. h'oxyde d'hydrogène :
Glace ;
b. D'un chlorure ou d'un fluorure :
Sel gemme, kryolithe ; spath-fluor;
c. D'un sulfate :
Anhydrile, gypse, baryte ; «/. D'un carbonate :
Calcaire, dolomie, marne ;
e. D'un phosphate :
Phosphorite, guano ;
f. Vacide silicique :
Quarzite, grès quarzeux cristallin, lydite, silex, quarz hyalin;
g. D'un silicate :
Hornblende, schistes chloriteux, schistes talqueux, serpentine ; h. D'un oxyde de fer ou d'un sel de fer : i
Sidérose, limonite, oligiste, magnétite, hématite ; i. De combinaisons carburées :
Tourbe, lignite, houille, anthracite, graphite, pétrole, asphalte.
1 . Glace. — D'après son mode de formation, on distingue la glace de neige et la glace d'eau. La première, d'après ses caractères pétrographiques, peut se diviser en neige, neiges éternelles et glace de glaciers.
La neige est un agrégat lâche d'aiguilles, de lamelles et de flocons ; elle se forme par la chute des vapeurs atmosphériques. Dans les parties les plus élevées des hautes montagnes et dans les régions polaires, elle est à l'état de dépôts puissants et étendus. Ici, les flocons primitivement cristallins s'arrondissent par une rapide évaporation et le rayonnement solaire, et forment une sorte de fine poudre sableuse.
Les neiges éternelles sont un agrégat de granulations de glace d'un blanc éblouissant, libres ou reliées par un ciment de même nature. Les granulations sont remplies de vésicules d'air, rondes dans le haut, pointues dans le bas. Elles se forment à mi-hauteur des montagnes élevées (environ 3500 mètres) par la fonte de la neige en grains de glace, qui peuvent se souder en une masse plus ou moins solide par la congélation de l'eau qui glisse entre eux.
* Dans cette revue des espèces de roches, il a paru impossible d'éviter l'emploi de certains caractères qui seront seulement expliques dans les parties historique, dynamique et arcliilectonique. Je renvoie donc aux chapitres suivants que l'on peut consulter à l'aide de la table.
La glace de glacier est un agrégat cristallin de granulations de glace serrées et immédiatement soudées entre elles, /dont la grosseur, depuis la limite des glaces éternelles jusqu'à la fin du glacier, s'accroît de la dimension d'un pois à celle d'un œuf de poule. Elle se forme par la fusion des grains qui forment les neiges au niveau de 2.500 mètres au-dessus de la mer, et montre une sorte de stratification plus ou moins nette, parallèle à la surface du glacier. En même temps, elle offre des bandes traversant obliquement ces couches, parce que des lamelles blanches et riches en bulles d'air alternent avec d'autres bleues et sans bulles. La glace des glaciers est traversée de nombreuses fentes capillaires, et possède, vue en grande masse, une belle couleur bleue, tandis que les petits fragments sont incolores. Les glaciers peuvent atteindre plus de 500 mètres de puissance. Ils se présentent sous deux aspects : d'abord dans les hautes montagnes des terres tempérées et chaudes, entre les neiges éternelles et la ligne de fusion de la glace (glaciers des Alpes) , ensuite dans les terres montagneuses de latitude élevée (glaciers polaires) ; là ils descendent jusqu'à la mer et les vagues en détachent les Icebergs.
La glace d'eau se forme par la séparation de cristaux de glace en forme d'aiguilles, à la surface ou au fond des eaux. La première de ces glaces est compacte, dure, transparente, blanchâtre ou verdàtre ; celle-ci est spongieuse, peu ferme et d'aspect sale, parce qu'elle enferme des. parties sableuses ou terreuses du fond. Les mers polaires sont le lieu d'élection de la glace d'eau ; elle a là une épaisseur de six à dix mètres ; en été, elle se rompt en partie en glaçons qui sont transportés par les courants, mais le reste persiste toute l'année.
2. Sel gemme. — Le sel gemme est un agrégat schisteux, fibreux ou granuleux de sel de cuisine, il est formé comme lui de chlorure de sodium. Sa solubilité dans l'eau, sa saveur salée, son clivage hexaédrique le font aisément reconnaître. Les variétés de cette substance sont dues à l'immixtion de chlorure de calcium et de magnésie, qui partagent avec le sel gemme la propriété d'absorber l'humidité atmosphérique. D'autres mélanges donnent au sel gemme primitivement incolore, diverses colorations. Ainsi une faible quantité d'oxyde de fer le rougit ; le vert-degris ou le chlorure de cuivre le rendent vert ou bleu ; par le bitume il est fait gris ou bleu. En différentes localités, comme à Stassfurt, mais surtout à Wieliczka, le sel gemme contient des vésicules renfermant des gaz condensés (hydrogène, acide carbonique, oxyde de carbone), qui s'échappent lors de la dissolution du sel en produisant une détohation. Très-souvent, il y a dans le sel gemme des inclusions liquides. Cl, aussi bien dans celles qui sont visibles à l'œil nu, que dans celles qui
sont microscopiques, on voit bien que ie rapport est inconstant entre l'inclusion et les libelles qu'elle contient. Il arrive communément que la forme de l'inclusion liquide soit correspondante à la forme des cristaux de sel gemme, c'est-à-dire cubique. Le liquide inclus est d'ordinaire une solution de chlorure de sodium ; souvent aussi c'est une solution d'hydrogène carboné.
Le sel gemme est indistinctement ou pas du tout stratifié. A Stassfurt, il est partagé en bancs réguliers par des couches parallèles minces d'anhydrite. Il forme des couches puissantes et des amas entre l'argile, le gypse, l'anhydritc, la marne et la dolomie. Le gisement de Stassfurt a plus de 550 mètres de puissance ; celui de Speremberg (près Berlin) a percé environ 500 mètres, celui de Wieliczka a, par place, plus de 1400 mètres de puissance. Les dépôts de sel gemme ne sont limités à aucune formation déterminée, mais ils se rencontrent dans toute la série des terrains comme on peut le voir dans le tableau suivant :