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MARNE

parois do ces cavités sont incrustées de petits cristaux de dolomie. Le» localités typiques de la rauclnvacke sont Altenstein et Ilohlenstein en Thuringe. La tendance qu'a la dolomie à former des rochers escarpés et des grottes est remarquable : ainsi les masses de roches, simulant des ruines, du Jura franconien et des Alpes de Souabe, les masses de rochers en forme d'obélisques du Fassathal sont formées de dolomie. En somme, cette roche, accompagnée d'ordinaire d'argiles et de marnes, joue un rôle important dans la constitution du globe terrestre.

7. Marne. — Les marnes résultent du mélange intime de calcaire ou de dolomie avec l'argile auquel s'ajoutent encore de fines écailles de mica et de petits grains de quarz. La teneur en argile de la roche varie entre 20 et 60 pour 100; elle peut être terreuse ou schisteuse et plus ou moins bitumineuse. On a trouvé de très-grandes quantités de coccolithes microscopiques dans les marnes de beaucoup de formations. L'oxyde de fer colore les marnes en grisâtre, en jaunâtre ou en brun rouge ; lorsqu'elles contiennent beaucoup de bitume, elles vont du gris au noir. Dans ce dernier cas, elles blanchissent au feu.

Sous l'influence de l'air, la marne se dispose en feuillets et se partage en petits cubes qui, peu à peu, se résolvent en poussière. Avec les calcaires et les grès, les marnes forment essentiellement les dépôts stratifiés.

On appelle schistes cuivreux (Kupferschiefer) certaines marnes déposées en strates minces, riches en débris de poissons et colorées en noir par suite de leur forte teneur en bitume. Elles contiennent dans leur masse des particules de cuivre excessivement fines. Il y a dans le pays de Mansfeld de grandes exploitations de ces schistes cuivreux.

Certaines marnes calcaires sont plus ou moins riches en grains verts de glauconie ; on trouve surtout de ces marnes glauconieuses en Westphalie, en France et sur la côle atlantique du New-Jersey, où elles appartiennent à la formation crétacée.

Les schistes inflammables sont des schistes marneux de couleur brun noir ou noir de jais, qui sont tellement imprégnés de bitume, qu'ils brûlent avec ilamme en dégageant beaucoup de fumée (Seefeld en Tyrol, Walgau en Bavière, Oschatz en Saxe, schistes huileux de Boli en Wurtemberg).

Nous ne ferons que citer à cause de leur peu d'importance :

La phosphorite ou apatite^ qui se trouve depuis l'état fibreux jusqu'à l'état compacte, de couleur blanchâtre, grisâtre ou brun jaunâtre, qui remplit les fentes ou les cavités de calcaires plus anciens (en Nassau sur la Lahn et la Dill, à Amberg en Bavière), mais qui forme aussi des strates entre les schistes argileux comme en Estramadure ;

Le spath pesant, agrégat compacte et de couleur gris sombre d'indivi-

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dus de'spath pesant, qui se rencontre, par exemple, entre les schistes argileux sur la Lenne (Westphalie), où il atteint jusqu'à 30 mètres de puissance.

8. Le quarzite. — Lo quarzitc esl formé par du quarz depuis l'état granuleux jusque l'état compacte, blanc, gris ou rougeâtre lorsqu'il est coloré par l'oxyde de fer. D'après la structure du quarzite, on distingue les variétés suivantes : le quarzite grenu, fort souvent ressemblant au grès, le quarzite compacte à grains extrêmement fins, le quarzite schisteux dont la structure est due en partie à des lamelles de mica disposées en strates. Le quarzite est assez riche en minéraux accidentels ; les principaux sont le mica, le grenat, la tourmaline, la pistazite, la pyrite, le magnétite et l'or (le dernier, par exemple, dans les États atlantiques de la partie sud de l'Amérique du Nord). Les quarzites sont d'ordinaire très-nettement stratifiés et forment des dépôts plus ou moins puissants entre les schistes micacés, chloriteux et argileux.

9. Le grés quarzeax cristallin. — Il ost formé de grains dc quarz cristallins et quelquefois de cristaux de quara complètement développés, reliés par un ciment silicique d'ordinaire extrêmement peu abondant. Ici se rangent les grès infratriasiques des Vosges, en outre beaucoup de roches siliceuses de formation ligniteuse et houillère (Millstone Grit d'Angleterre et de l'Amérique du Nord).

iO. Schistes siliceux (Lydite). — Les phlhanites ou schistes siliceux sont une roche quarzeuse, compacte, très-dure, infusible, imprégnée d'argile, de carbone et d'oxyde de fer ressemblant au silex corné, à fragments en éclats et de couleur sombre. Ils sont déposés en strates minces, d'ordinaire ayant un pouce d'épaisseur, nettement séparés les uns des, autres, et présentent un fendillement par suite duquel la roche est j)artagée en fragments polyédriques. Ils sont traversés de nombreuses veines de quarz blanc. La variété très-compacte, tout à fait noire, à cassure conchoïdale est appelée Lydite ou pierre de touche. Ils forment de puissantes séries dc couches dans le Oberharz entre Glausthal, Lerbach et Lautenthal, dans le Fichtelgebirge près de Ilof, en Bohême, dans le pays de Beraun, en Saxe, entre Freibcrg et Nossen.

11. silex (flint). — C'est une roche siliceuse de couleur grise ou noire à cassure nettement conchoïdale. Les éclats de silex ont les bords tranchants, translucides. Le silex est formé par un mélange intime d'acide silicique amorphe et cristallin, structure qui ])eut être reconnue à la lumière polarisée, mais que l'on peut voir aussi en chauffant la roche dans une lessive de soude. La couleur noire du silex est due en grande partie au carbone provenant de restes organiques ; elle disparait dans ce cas par l'ignition.

48 ROCHES QUARZEUSES.

Le silex forme, principalement dans la craie blanche, des fragments disposés en séries, à la manière de strates, les uns sur les autres (Douvres, Aix-la Chapelle, Rùgen, WoUin). En outre, on le voit, sous forme de galets libres, partout dans les sables diluviens de la plaine du nord de l'Allemagne ; mais il vient des couches de craie en partie détruites sur la Baltique.

Dans la famille des roches siliceuses se rangent encore les roches suivantes, qui ont une répartition peu considérable et auxquelles s'attache pour celte raison une moindre imporLince.

Le silex corné, roche quarzeuse d'aspect compacte, mais qui apparaît complètement cristalline sous le microscope, dure, de couleur sombre, brun rougeâtre ou gris de fumée à fragments en éclats; en masses d'ordinaire irrégulièrement disposées formant des séries de couches d'extension moindre ou moins puissantes.

Le jaspe, sorte de silex corné, présentant des bandes alternativement rouges, jaunes, brunes et vertes; sa plus grande puissance est sur le lac Supérieur, dans l'Amérique du Nord.

Le quarz d'eau douce, à masse fondamentale finement granuleuse, d'ordinaire poreux, celluleux; par les gastéropodes terrestres et d'eau douce et par les plantes qu'il contient, il marque. qu'il est un dépôt de sources. H se présente en masses de forme irrégulière au sein de sables, d'argiles et de calcaire d'âge plus récent (meulières des environs de Paris).

Le quarz concrétionné (Kieselsinter) et le tuf siliceux, tantôt terreux, poreux, spongieux, et quelquefois compacte, qui possède quelquefois une ressemblance extérieure frappante avec un tuf calcaire, et d'autres fois se montre sous forme de stalactites, ou comme dépôt de sources chaudes (geysers) .

Le Tripoli (Polirschiefer), masse siliceuse terreuse, extrêmement douce au toucher, tachante, en strates minces, feuilletés, de couleur jaunâtre formée de carapaces siliceuses de diatomées microscopiques (Bilin en Bohème).

. Ce que l'on a appelé farine fossile est un amas de silice en poussière, blanche, légère où prédominent les carapaces de diatomées (sous-sol de Berlin, beaucoup d'endroits du Luneberger-IIaide, à Franzensbad, en Bohème).

12. L'amphiboiite. — C'est un agrégat d'individus de hornblende noirs ou verts, grenus, étoiles ou fibreux. Souvent il s'ajoute à l'agrégat de hornblende du quarz, du mica et de l'oligoclase comme parties constituantes, tandis que, comme minéraux accidentels, on trouve la pyrite, le grenat et la pistazite. Vamphibolite grenue n'est pas aussi commune que

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sa variété schisteuse. Cette dernière est nettement stratifiée entre les gneiss azoïques et les micaschistes de Scandinavie, du Bôhmerwald, des Sudètes, de Transylvanie et de nombreuses autres localités.

Une variété particulière des schistes amphiboliques sont les schistes actinolithiqites, agrégat de schistes épais dont la couleur va du vert d'herbe à la couleur du poireau. On la connaît dans les Alpes de Savoie, à Klausen en Tyrol, dans le comté de Zipscr en Hongrie, en Ecosse, aux Massachussets. " 15. Schistes ehioritenx. C'est un agrégat de couleur vert de poireau, doux au toucher, formé d'écaillés de chlorite mêlées d'ordinaire d'un peu de quarz, souvent aussi de feldspath. Les schistes chloriteux sont riches en parties constituantes accidentelles, parmi lesquelles on doit citer : la magnétite en beaux cristaux octaédriques (Zillerthal, région du fer sur le lac Supérieur), le spath lalqueux en rhomboèdres (Saint-Gothard, Zillerthal), le grenat en rhombododécaèdres (Greiner), la tournaline (Alpes de Ilabach, Oural), l'or (Etals atlantiques du sud de l'Amérique du Nord).

Les schistes chloriteux sont, dans la plupart des cas, disposés en couches horizontales, en alternance avec les gneiss, les micaschistes, les talcschistes et les schistes argileux (comme au mont Rosa, au Gross-glockner, dans les montagnes de Silésie et de Moravie, à Katharinenburg, Oural, système des monts Alleghany).

14. Talcschistes. — Les talcschistes sont formés par un agrégat d'écaillés de talc qui leur donne un toucher doux et gras; ils passent du blanc au verdàtre. Comme partie constituante de second ordre et manquant souvent complètement, il faut citer les grains de quarz, de feldspath et comme minéraux accidentels, surtout la magnétite, la pyrite, le grenat, la magnésite, le staurotide (ex. : vallée du Ziller), en outre l'or (États atlantiques du sud de l'Amérique du Nord.)

Les talcschistes sont nettement stratifiés ; ils sont surtout accompagnés par les schistes chloriteux et les micaschistes, comme à llof dans le Fichtelgebirge, Altvater en Silésie, au mont Blanc, au mont Rosa, dans l'Oural, etc.

Une variété faisant le passage entre les schistes chloriteux et les talschistes est :

Le topfstein (pierre ollaire) ; c'est un mélange confus, comme feutré, d'écaillés de chlorite et de talc avec prédominance tantôt de l'un, tantôt de l'autre de ces minéraux. Cette roche, gris-verdàtre, est très-douce au toucher, se laisse entamer fîtcilement par le couteau et résiste au feu le plus violent. La pierre ollaire se trouve avec les schistes talqueux et chloriteux, par exemple à Chiavenna dans les Alpes, Trondhjem en Norvège, Boston (Massachussetts).

CREDKER, GÉOLOGIB. A

50 SERPENTINE, SPIIÉROSIDÉRITE.

15. La Serpentine. — La scrpentiiic est une roche compacte ou finement granuleuse tendre, à éclat gras dans les cassures fraîches, de couleur vert sombre, rarement brune, souvent marquée de taches confuses, de llanimes ou veinée. Elle est formée exclusivement du minéral serpentine, mais elle enferme cependant de nombreux minéraux accidentels, principalement le pyrope (Waldheim, dans les montagnes de granulite de Saxe etZôblitz), le fer chromé (Steyermark,Maryland), lamagnétite(Zillerthal), la pyrite arsenicale (Reichenstein en Silésie), la chrysotite, en forme de fibres perpendiculaires à éclat soyeux, qui traversent la serpentine (Reichenstein, Waldheim).

La serpentine est une roche d'ordinaire peu abondante ; elle se montre cependant en séries de couches régulières, minces, unies, ou en bancs puissants (Waldheim); elle est rarement schisteuse (Iloboken, New-York). Elle a deux sortes de gisements : on connaît, d'un côté, des couches de serpentine entre les talcschistes, micaschistes , schistes chloriteux ou gneiss (Oural, Alleghany, Greineren Tyrol), et, d'un autre côté, des filons et des amas qui traversent les roches voisines (Predazzo en Tyrol, Rai loch en Ecosse).

16. Fer spathique. — Le fer spathiquc, de couleur gris-jaunàtre passant au brun-jaunàtre, est un agrégat grossier ou finement grenu d'individus rhomboédriques de sidérose ; il est formé principalement de carbonate de fer avec une quantité plus ou moins grande de carbonates de manganèse, de magnésie et de chaux. X l'état frais, la surface de clivage des individus minéraux a des reflets irisés ou nacrés qui disparaissent sous l'influence atmosphérique. La roche, en partant de la surface, se change par degrés en limonite. Comme parties constituantes accessoires, on rencontre dans cette roche la pyrite de fer, la pyrite de cuivre et le fer oligiste.

Le fer spathique forme des amas à extension souvent considérable entre les roches stratifiées, mais on le trouve aussi en filons. Comme gisements les plus importants du fer spathique, l'on doit citer l'Erzberg près Eisenerz (au duché de Steiermark) élevé de 850 mètres au-dessus de la vallée, le Stahlberg (Mùsen en Westphalie) , le Stahlberg (Schmalkalden en Thuringe).

17. Sphérosidérite OU fer argilcux. — La sphérosidérite est formée par du fer spathique variant de la texture finement grenue à la texture compacte, mêlée d'une quantité d'argile plus ou moins grande. Elle est

I avec la sidérose dans le même rapport que la marne au calcaire. Sa couj leur est le gris, le jaunâtre ou le brunâtre.

Ce minerai de fer se rencontre en couches continues, ou en lentilles isolées ou en rognons, entre les schistes argileux du terrain houilleret de

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