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CALCAIRE

peu nettes. On le rencontre isolé en couches parallèles minces entre d'autres roches, comme dans le sel gemme de Slassfurt.

Son gisement géologique est le même que celui du gypse. En se combinant avec l'eau, l'anhydrite passe facilement au gypse. 11 résulte de ce que nous avons vu plus haut que le gypse, l'anhydrite et lo sel gemme Tont très-souvent ensemble. Quelques-uns des gisements les plus importants de l'anhydrite en Allemagne sont Osterode (Ilarz), Stassfurt près Magdebourg, Lûnehourg, Sulz sur le Nccker, Hall en Tyrol.

5. Calcaire. — Le calcaire est essentiellement un agrégat d'individus de calcaire spathique ; c'est un carbonate de chaux. Ses variétés font effervescence avec les acides. Très-souvent, une partie de la base calcaire est remplacée par la magnésie, l'oxyde de fer ou de manganèse, et très-souvent aussi la pureté de la roche est altérée par l'acide silicique, l'argile et les substances bitumineuses. La couleur du calcaire pur est le blanc, mais par. suite des mélanges de matières, il peut être gris, jaunâtre ou brunâtre, ou strié, tacheté, marbré. D'après ses diverses variétés de structure on distingue :

a. Calcaire grenu ^ marbre : agrégat d'individus de spath calcaire, de dimensions variables, formés de lamelles parallèles distribuées dans tous les sens, et que l'on reconnaît aux diverses faces de clivage rhomboédriques. D'ordinaire le calcaire granuleux est blanc et transparent sur les bords ou gris clair, jaune clair ou rougeàtre clair, unicolore ou marbré. Sa richesse en minéraux accidentels est grande : parmi ceux-ci il y a le mica, la grammatite, le grenat, la spinelle, la serpentine, le corindon, le quarz, l'apatite, le spathfluor, la magnétite, la pyrite, le graphite. Le mica peut être en telle quantité que le calcaire prenne un aspect schisteux : c'est le Kalkglimmerschieftr (micaschistes calcaires).

La stratification est quelquefois très-nette chez les calcaires cristallins, mais souvent elle n'existe pas. La plupart de ses gisements appartiennent aux plus anciennes formations de la croûte terrestre, surtout au gneiss laurentien et aux couches cristallines, entre lesquelles il forme des couches régulières ou des filons, comme par exemple à Trondjen (Norvège), à Auerbach (Bergstrasse), Drossendorf (Moravie), Wunsicdcl (Fichtelgebirge), Burkardswald (monts Métalliques), Ilermsdorf (montagnes des Géants), dans les monts AUeghany, au Canada et sur le rivage sud du lac Supérieur. Les couches de marbre de Carrare et d'autres localités du sud de l'Europe sont beaucoup plus récentes.

Une variété de ce calcaire est le calcaire à stalactites, qui se présente surtout sous forme de stalactites dans les grottes des montagnes calcaires.

b. Calcaire compacte ou ordinaire : il possède une structure cristal-

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line exlrèmcment fine que l'on ne peut souvent reconnaître qu'à l'aide du microscope.

Il est d'ordinaire unicolore, jaunâtre, brunâtre ou gris, rarement tacheté, très-communément riche en restes animaux et pauvre, au contraire, en minéraux accidentels. Parmi ces derniers, il faut citer la galène, la pyrite, la blende, dont les produits de réduction ont de l'importance. Le calcaire ordinaire se distingue du calcaire granuleux par sa stratification : il joue un rôle très-important comme membre de toutes les formations de montagnes stratifiées. Les calcaires compactes sont fréquemment altérés par des mélanges d'après lesquels on distingue :

a. Calcaire argileux, ^ calcaire siliceux, y calcaire dolomitique et calcaire bitumineux (ou calcaire fétide, parce que, en le brisant, il s'en dégage une mauvaise odeur). On caractérise, en outre, le calcaire compacte d'après sa situation dans la série des terrains et l'on a le calcaire carbonifère, le calcaire du Zechstein, le calcaire jurassique; d'après son contenu en fossiles : calcaire à strigocéphales, calcaire à orthocères, à crinoïdes, corallin, nummulitique, et enfin, d'après leur point d'affleurement. Exemple : calcaire cifélien, calcaire d'Opotowitz, calcaire de Halstadt, calcaire de Trente.

c. Calcaire oolithique : granulations rondes depuis la grosseur d'un grain de millet jusqu'à celle d'un pois formées de couches concentriques superposées ou, souvent aussi, assemblage de fibres disposées radialement, réunies par un ciment calcaire. Les oolithes enferment communément à leur intérieur un corps étranger, grain de sable ou fragment de coquille qui a été le point de départ du grain oolithique.

Quelquefois, la masse fondamentale calcaire prédomine aux dépens des oolithes, d'autres fois le contraire a lieu et les oolithes se touchent. Lorsque les concrétions sont formées d'aragonite (carbonate de chaux rhombique) et qu'elles atteignent la grosseur d'un pois, on appelle la roche pisolithe ( comme par exemple celle de .Carlsbad), et les oolithes, dont les granulations calcaires fibro-radiales sont reliées par une matière argilo-marneuse, prennent le nom de Rogenstein (Brunswick, Wolfenbuttel, Bernburg, Eisleben). L'oolilhe ordinaire, à éléments de la grosseur d'un grain de millet, forme sur le côté ouest de la Forét-.\oire à ileldesheim et Hanovre de puissantes séries de couches.

d. Calcaire poi^eux, tuf calcaire, travertin : calcaire jaunâtre fin, compacte ou poreux, vésiculeux, spongieux. Il se montre dans la plupart des cas comme incrustation d'amas de liges de plantes, de feuilles, de mousses et renferme de nombreux restes de coquilles bivalves de gastéropodes et autres animaux (par exemple, des os d'Elephas primigenius).

DOLOMIE. \b

Comme principales localités, on peut citer Tivoli, Baden près Vienne, Weimar et Tonna en Thuringe.

e. Calcaire terreux, craie : calcaire d'un blanc de neige dans son état le plus pur, tendre et tachant; gris, jaunâtre et plus dur lorsqu'il contient de l'argile ou de l'oxyde de fer. Ses plus petites particules pour la plupart ne sont pas formées par des individus cristallins, mais bien par des petits disques des sphérides de carbonate de chaux amorphe et des coquilles de foraminifères. Les premiei-s ont été reconnus pour des coccolithes, excrétion calcaire du sarcode du Bathybius, matière protoplasmique qui revêt le fond de la mer. Très-souvent, la craie contient comme matières accessoires, en outre des nombreux restes d'animaux et des silex, des grains verts de glauconie comme partie constituante accidentelle (craie glauconieuse). La craie, là oîi elle se montre, forme des rochers escarpés comme à Douvres et à Calais, à Rùgen.

6. Doiomie. — Normalement, la dolomie est un carbonate de chaux et de magnésie dans lequel le carbonate de chaux est représenté par 54,35 parties et le carbonate de magnésie par 45,65 parties. Cette proportion cependant n'est pas constante, elle n'est pas même commune, et, le plus souvent la dolomie est formée de carbonate de chaux et de magnésie en proportions non définies. A ces deux carbonates, s'en ajoute souvent un troisième, le carbonate de fer quoique en moindre quantité, et enfin on peut y trouver le bitume et l'acide silicique, d'où les noms de dolomie ferrugineuse, bitumineuse ou siliceuse qu'on lui donne alors. Certaines variétés de dolomie et de calcaire faciles à confondre se distinguent de la façon suivante : la dolomie est 'plus dure que le calcaire (en moyenne comme 4:5) ; son poids spécifique est plus élevé (:: 2,9:2,7). Les fragments de dolomie ne font que très-peu effervescence avec les acides froids, le calcaire a alors une vive effervescence ; le calcaire se dissout très-rapidement dans l'acide chlorhydrique, l'autre seulement lentement; à l'aide du microscope on voit que le calcaire cristallin est formé de parties qui présentent des stries d'hémiédrie, tandis que les grains de dolomie en sont privés.

Certaines dolomies sont riches en parties constituantes accessoires, comme celle de Birmenthal (blende, pyrites ferrugineuse et arsenicale, trémolite), celle du Campolonga au sud du Saint Gothard (réalgar, tourmaline, corindon et trémolite).

La plupart des variétés de dolomie sont nettement cristallines et tantôt à grains grossiers, tantôt à grains très-fins. Dans les poches dolomitiques , les individus cristallins ne sont plus du tout reliés entre eux, mais la roche est pulvéïTilente. Enfin, certaines dolomies à grains fins, sont complètement perforées de cavités irrégulières, on les appelle Rauchwacke; les

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