‹ Traité de géologie et de paléontologieChapitre 56 sur 278 · TRACHYTE · texte numérisé non relu

TRACHYTE

thique, compacte ou terreuse qui ne contient pas d'acide silicique libre et qui enferme des cristaux d'orthoclase gras, nombreux, brillants, des individus d'oligoclase, petits, rares, d'aspect mat, des cristaux noirs do bornblende et des lamelles de mica magnésien, mais pas du tout, ou de rares grains microscopiques de quarz. Comme minéraux accidentels de cette roche, il y a le minerai magnétique, le grenat, l'oligiste, l'épidole, la titanite, le quarz.

L'orlhophyre sans quarz non-seulement traverse en filons colossaux les roches voisines, mais, comme le felsitporphyre, il s'est épanché au-dessus d'elles en formant des sortes de strates. Ses principales éruptions ont eu lieu dans la seconde moitié des temps paléozoïques. En Allemagne, il se rencontre surtout dans les environs du Schneekopfe en Thuringe, au côté sud du llara à Potschappel (Dresde) dans la région de Meissen.

Certains orthophyres quarzilères des environs de Predazzo dans le sud du Tyrol, contiennent la Liébénérite, élaeolithe en décomposition. Dans cet orlhophyre quarzifère et liébénérétique nous retrouvons donc les éléments de la foyaïte à l'état porphyrique.

Comme variété de l'orthophyre sans quarz riche en mica, il faut citer ici la minette qui, dans une masse fondamentale feldspathique, enferme beaucoup de lamelles de mica : elle se montre en filons dans le Valais, dans les Vosges, dans l'Odenwald.

56. Trachyte. — Le trachyte est une combinaison minérale analogue au porphyre sans quarz et à la syénite; c'est une roche sans quarz, essentiellement formée de sanidine, à laquelle s'ajoutent un peu de hornblende et du mica et plus ou moins d'oligoclase. L'aspect est porphyrique.

La masse fondamentale, tantôt compacte, tantôt poreuse et alors rude, de couleur grise ou brunâtre, se partage sous le microscope en un agrégat de microlithes de feldspath (sanîdme et oligoclase), d'aiguilles de hornblende et de particules de magnétite avec une substance intertnédiaire rare, vitreuse ou microfelsitique. Elle contient des cristaux microscopiques de sanidine et d'oligoclase avec des lamelles de mica et des cristaux de hornblende. La sanidine forme des cristaux M'cvassés en partie tabulaires, en partie en colonnes. Ils sont presque toujours màclés d'après les lois des cristaux de Carlsbad et atteignent, comme par exemple au Drachenfels, au Perlenhardt dans le Siebengebirge, de 0,05 à 0,10. Ils sont quelquefois brisés dans la roche. Ils étaient donc déjà formés lorsque la masse principale se trouvait encore à l'état plastique. Le fait que, en certaines localités les lames de sanidine montrent une disposition parfaitement parallèle, conduit à la même conclusion. Ils enferment dans leur masse de nombreuses inclusions vitreuses microscopiques, pores, microlithes de hornblende, grains de magnétite. Ces indu-

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sions étrangères se localisent souvent au milieu du cristal et forment là un noyau central, autour duquel se dispose une couche incolore de sanidine.

L'oligoclase fprme d'ordinaire des cristaux plus petits *que la sanidine, juais elle la surpasse quelquefois en quantité. Très-souvent, on peut reconnaître directement l'oligoclase à ses stries d'hémitropie, mais, quand ce caractère est effacé par suite du mauvais état des cristaux, la couleur, l'éclat, la dureté et surtout les raies bigarrées qu'elle présente à la lumière polarisée, servent à la caractériser. La facilité d'altération est aussi un caractère de l'oligoclase. L'oligoclase peut se rencontrer ségrégée porphyriquement , mais elle se voit beaucoup plus souvent comme partie constituante microscopique de la masse fondamentale, et celle-ci est parfois constituée exclusivement par de petits cristaux triclines d'oligoclase, tandis que les individus feldspathiques porphyriquement ségrégés sont de la sanidine. On voit dans la masse fondamentale de la plupart des trachytes, des aiguilles de hornblende noire, des écailles ou tables de mica brun ou noir et des aiguilles microscopiques d'apatite, d'ailleurs peu abondantes. Dans beaucoup de trachytes, la tridymite n'est pas seulement une formation de druses, elle fait aussi partie de la masse fondamentale.

La composition chimique moyenne de la roche qui nous occupe est : acide silicique, 62 à 64 ; argile, 16 à 19 ; oxyde de fer, 6 ; chaux, 1 ,80 à 2,50; magnésie, 0,80; potasse, 3,60 à 5,55; soude, 4,5; eau, 0,50 àl, Le poids spécifique est de 2,6 à 2,7.

Comme minéraux accidentels, on connaît surtoutla titanite, la sodalite, la magnétite et dans des cas rares le grenat et l'augite. Les trachytes se rencontrent dans le Siebengebirge (Drachenfels, Lohrberg, Kùhlsbrunnen), dans le Westerwald (environs de Selters) ; dans le Rhongebirge (Alsberg), àNaples (montOlibano), en Transylvanie, etc. ; on les connaît à l'état de laves, par exemple à Ischia et dans les environs de l'étang de Laach. Dans ce dernier lieu, ils sont extrêmement riches en inclusions minérales comme par exemple : de haiiyne, noséane, néphéline, leucite, olivine, titanite, zircon, corindon, saphir, spinelle, etc. La masse fondamentale, entre les cristaux, ofire tous les passages depuis l'état complètement vitreux, jusqu'à celui où elle est presque entièrement dévitrifiée par des microlithes de sanidine, d'oligoclase , d'augite et peut-être aussi de hornblende.

57. Piionoiitiie. — La phonoHlhe est une roche compacte, de couleur verdàtre foncé à l'état frais, complètement privée de quarz présentant sur ses cassures en éclat, les faces de clivage de la sanidine. La roche a une grande tendance à se partager en couches minces et elle donne lorsqu'on la frappe un son clair. La masse fondamentale de la phonolithe est un

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mélange très-intime d'un minéral insoluble dans l'acide chlorhydrique, la sanidine, et d'un autre minéral, attaquable par ce même acide, formé de néphéline en prédominance et d'une moindre quantité d'un minéral zéolithique provenant de la* décomposition de la néphéline. Les rapports de mélange de ces parties constituantes est tellement indéterminé que la quantité des éléments de la roche solubles dans l'acide varie entre 15 et 55 pour 100. La niicrostructurede la masse fondamentale de la phonolithe est entièrement cristalline et les phénomènes de microflucluation s'obser vent seulement dans les variétés pauvres en néphéline et riches en feld spath. Au sein de la masse fondamentale compacte sont de nombreux cris taux tabulaires de sanidine (avec inclusions microscopiques de néphéline, noséanc, hornblende, magnétite et larmes de verre), des prismes hexagonaux de néphéline, des aiguilles noires de hornblende, des cristaux de noséane (ceux-ci montrent sous le microscope un noyau sombre et un bord mince et clair), des granulations de magnétite, auxquels s'ajoutent encore, comme minéraux accessoires, des lamelles de mica brun, des grains de magnétite, des cristaux jaunâtres de titanile et, en des cas rares, l'augite, l'haùyne et l'oligoclase. Les variétés de phonolithe, surtout celle à couleur claire, contiennent dans leurs fentes, cellules ou cavités irrégulières, divers minéraux zéolithiques ; exemple, chabasite, natrolitho, desmine, analcime, apophyllite, et, en outre, calcaire spathique et hyalithe.

On donne comme composition chimique moyenne de la phonolithe les ciiiffres suivants: acide silicique, 59,40; argile,* 19,50; oxyde de fer, 5,50; oxyde de manganèse, 0,15; chaux, 2,25 ; magnésie, 0,70 ; potasse, 6 ; soude, 7 ; eau, 1,60. Son poids spécifique moyen s'élève à 2,5.

Au chalumeau, la phonolithe fond en un verre de couleur gris verdàtre. Sa teneur en eau est d'autant plus élevée que la quantité de zéolithes qu'elle contient est grande.

La phonolithe a grande tendance à se disposer en couches minces, à prendre la structure schisteuse, qui peut être déterminée par la disposition parallèle des cristaux de sanidine. Lorsqu'elle affecte cette disposition, on l'appelle phonolithe proprement dite. Les variétés porphyroïdes naissent des roches en masses, irrégulièrement fendillées lorsqu'apparaissent dans leur masse fondamentale de grands individus cristallins isolés. On appelle phonolithes trachytiques celles qui sont de couleur gris-clair, à masse fondamentale rude, un peu poreuse, mêlée de parties zéolithiques facilement reconnaissables, qui sont aussi ségrégées dans des nids ou des druses. Les phonolithes forment d'ordinaire des masses en dôme ou en cloche (volcans homogènes) ou des filons peu puissants. On les rencontre sous cet aspect en Europe, particulièrement dans le nord de

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la Bohême, en Lusace, dans le Rhongebirge, au lac de Constance, en Auvergne. Les Jirincipales éruptions de plionolithe appartiennent à la seconde moitié du tertiaire. D'après leurs caractères pétrographiques et leur composition chimique, on doit ranger parmi lés phonolithes certaines laves de Monte-Nuovo et des Champs phlégréens.

La phonolithe noséanique s'unit étroitement à la phonolithe proprement dite. Elle contient dans une masse fondamentale de nature phonolithique, d'aspect compacte, de couleur sombre, blanchissant par l'altération, des cristaux de sanidine, de noséane et deleucite. La noséane est colorée en gris bleu, elle forme des cristaux de plusieurs millimètres, qui se reconnaissent facilement à leur contour dodécaédrique. La leucite se montre sous forme de granules sans nombre très-petits, transparents, d'un blanc de neige lorsqu'ils sont altérés. Le microscope y fait en outre reconnaître la néphéline, l'apatite, la tridymite, l'augite et la magnétite. Ces divers minéraux, joints à des cristaux microscopiques de sanidine et de leucite, forment la masse fondamentale de la roche. Le cône volcanique d'Olbrùck, par exemple, est formé de phonolithe noséanique, le Burgberg (Rùden dans la région du Laach), le Hohentviel, dans l'Hegau. Ici se joignent les variétés de phonolithe de Bohème décrites par Boricky comme phonolithe noséano-néphélinique, phonolithe hauyno-néphélinique, phonolithe noséano-leucitique et phonolithe noséano-sanidinique.

Il faut aussi ajouter aux roches phonolithiques la roche d'Oberbergen (Kaiserstuhl), désignée d'ordinaire sous la fausse appellation de dolérite néphélinique. C'est un agrégat grenu-cristallin de néphéline, d'augitc, de noséane, de sanidine, de plagioclase, de mélanite, d'apatite, de magnétite, qui enferme de petites parties de substance vitreuse.

58. Pechstein trachytique. — On ne pcut distinguer cette roche de celle que nous avons décrite au n° 52 sous le nom de felsitpechstein, ni par son aspect extérieur, ni par sa composition chimique; aussi la description de celle-ci lui convient-elle en tous points. C'est seulement au microscope que ces roches peuvent se distinguer : le pechstein trachytique, en effet, est formé d'une innombrable quantité de bélonites, mais il n'enferme point de substance felsitique dans sa masse fondamentale vitreuse, et il n'offre point d'inclusions liquides, mais, au contraire, il présente de nombreux pores. Outre les bélonites, on trouve dans la masse vitreuse, qui est de couleur vert-clair : visibles à Vœil nu : feldspaths avec inclusions et veines vitreuses, provenant de la masse fondamentale; — microscopiques : feldspaths en quantité considérable, quarz (ces deux substances avec beaucoup d'inclusions vitreuses), grains de hornblende ou d'augite, de magnétite, pores sans nombre.

L'Islande, la Nouvelle-Zélande, les monts Euganéens, le plateau central

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