‹ Traité de géologie et de paléontologieChapitre 62 sur 278 · ROCHES PLAGIOCLASIQUES ADGITIQOES · texte numérisé non relu

ROCHES PLAGIOCLASIQUES ADGITIQOES

46. Diabase (ancieu grûnstein). La diabase est une roche finement ou grossièrement grenue, dure, verte ou gris-verdàtre, formée par un mélange de plagioclase et d'augite auquel s'ajoutent la chlorite, la magnétite, le fer titane, l'apatite et quelquefois le quarz. Le plagioclase de la diabase peut être exclusivement de ïoligoclase. Dans les variétés grenues de cette roche il est visible à l'œil nu, mais dans les variétés compactes il n'est visible qu'à l'aide du microscope. Il forme des individus cristallins, clivables, présentant sur les cassures fraîches les stries caractéristiques dues à l'hémitropie. Certains cristaux de plagioclase sont caractérisés par une double mâcle et se pénètrent réciproquement sous un angle de 86''40. Lorsque commence l'altération, les stries d'hémitropie du feldspath se détruisent et il forme une masse blanchâtre qui^ à la lumière polarisée, sous un fort grossissement, apparaît comme un agrégat formé de fibres courtes semblables aux cristallisations du givre. Si l'altération se continue, le fendillement du plagioclase augmente ; il suit d'ordinaire d'abord les stries pour se continuer ensuite latéralement en partant de ce point. L'oligoclase de la diabase est de couleur blanche, verdâtre ou grisâtre ; il forme la partie constituante prédominante de la roche. L'apatite, la magnétite, les pores, se trouvent comme inclusions microscopiques dans l'oligoclase.

Vaugite, la seconde partie constituante du diabase, se présente en grains cristallins à contour irrégulier, plus rarement bien développés en colonne; elle est de couleur noire, brunâtre ou verdâtre; en lames minces, elle est brun-clair, rougeâtre ou jaunâtre. Elle est très-communément traversée de fentes irrégulièrement ramifiées et, presque sans exception, elle est plus ou moins fortement altérée. Les changements de ce minéral peuvent aller assez loin pour qu'il n'en reste plus que de petites portions inaltérées tandis que le reste s'est transformé en une substance verte écailleuse ou fibreuse, qui est un silicate de fer et de magnésie hydraté (chlorite). Comme il reste des doutes sur l'espèce minérale à laquelle il faut rapporter ce produit d'altération, on lui a donné le nom commode de viridite (Vogelsang).

•Une partie constituante de la diabase très-abondante, quoique microscopique, est Vapatite. Elle traverse surtout le quarz en aiguilles cris-

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talliiies longues, hexagonales, incolores. Le mica magnésien, le fer titane, la magnétite, la pyrite de fer, Voligiste, jouent un rôle secondaire dans la composition de la diabase, tandis que le spath calcaire existe assez abondamment dans la plupart des diabases comme produit d'altération.

Le quarzprend part à la composition de certaines diabases, et, quelquefois, en telle abondance, qu'il égale presque l'oligoclase pour le nombre des individus, ou même le dépasse (île d'Arran, Neustadt, près Stolpen, Relterhaus, près Elirenbreitenstein), et devient ainsi une partie constituante essentielle. Il est riche en inclusions liquides et en apatites microscopiques. Il ne faut pas confondre avec ce quarz primitif, celui qui peut se former par l'altération d'une autre partie constituante de la diabase et qui, par conséquent, est secondaire. La part que prend le quarz à la composition de certaines diabases rend nécessaire la séparation de celles-ci d'avec les diabases proprement dites, sous le nom de diabase quarzifère.

La microstructure de toutes les roches appartenant à l'espèce qui nous occupe est cristalline ; une masse fondamentale vitreuse ou felsitique manque par conséquent. Dans certaines diabases, par suite de la disposition parallèle des microlithes de feldspath, on observe des microfluctuations très-nettes.

La moyenne typique de la composition chimique de la diabase normale donne: acide silicique, 47,56 ; argile, 16,54; magnétite, 12,54 ; chaux, 11,22 ; magnésie, 6,47; potasse, 0,91 ; soude, 5,10; eau, 1,80. Le poids spécifique est 2,9.

D'après la diversité de microstructure, on distingue les variétés suivantes de diabases :

Diabase grenue : mélange granitique d'individus nettement reconnaissablés (llmenau en Thûringer-Wald, Clausthal dans le Harz, Dillenburg en Nassau).

Diabase aplianitique : le grain des parties constituantes est d'une extrême finesse, de sorte que la roche paraît compacte. Sa couleur verte est déterminée par le contenu élevé en chlorite ; elle est également fortement imprégnée de carbonates, et ces deux sortes de minéraux sont décomposés par l'acide chlorhydrique (Rùbeland, Elbingerode dans le Uarz, Lichtenberg dans le Fichtelgebirge).

Diabase schisteuse : aplianitique ou finement grenue avec un mélange de chlorite qui peut même prédominer ; elle présente une structure plus ou moins schisteuse dans le Voigtland, la haute Franconie, Kùpferberg en Silésie. "

Diabase porphyrique : finement grenue ou aphanitique, à masse fonda-

DIABASES. , ' 81

mentale gris-verdâtre, avec les cristaux plus ou moins volumineux des minéraux qui forment la diabase. Si, outre les augites, on trouve les cristaux de labrador en prédominance, on donne à la rocbc le nom de porphyre labradorique (porfide verde antico) ; si c'est l'inverse qui a lieu et si l'augite prédomine, c'est le porphyre augilique.

Variolite: dans une masse fondamentale homogène, riche en granulations microscopiques et intimement unies avec elle, on trouve des concrétions sphérolithiqucsde la grosseur d'un grain de millet à celle d'une noix, et plus ou moins rapprochées les unes des autces. Le microscope les montre formées d'une substance incolore ou terne remplie de granules, de pi(piants, de baguettes (Franconie supérieure, Voigtiand, Nassau, Fichtelgebirge, Alpes-Maritimes).

Aphanilc calcaire: masse de diabase aphanitique, chloritique, avec des sphérules rondes de spath calcaire qui, souvent, sont si serrées l'une contre l'autre, que le ciment diabasique disparaît. Cette roche prend quelquefois la structure stratifiée, et on la désigne alors par le nom de schistes aphanitiques calcaires.

Diabase amygdaloïde : masse fondamentale géodique qui renferme des vésicules remplies de géodes de spath calcaire (Nassau, pays de Hof).

Toutes ces variétés les mieux caractérisées sont étroitement reliées par des termes de passage. Les changements dans la grosseur des grains, la formation de ségrégations porphyriques ou de sécrétions amygdaloïdes, l'apparition de la structure schisteuse, changent complètement le caractère <le la diabasesurde courts espaces (en Nassau). Les diabases se montrent rarement en filons ; elles sont presque toujours sous forme de couches entre les schistes argileux, les grauwackes, les calcaires et les schistes siliceux d'âge paléozoïque. Elles se sont étendues comme un manteau sur le fond des futures mers, et ont été recouvertes par des matériaux sédimenlaires avec lesquels elles se sont alliées par la formation dejtufs liés aux éruptions de diabase. En Allemagne, les diabases sont surtout développées dans la région de la Lahn, en Westphalie, dans le Ilarz, près Freiberg, en Voigtiand et dans le Fichtelgebirge. Elles ont une grande extension dan^ le bassin silurien de Christiania et dans la région schisteuse huronienne de l'Amérique du Nord.

Gùmbel distingue les diabases du Fichtelgebirge en :

1. Proterobase avec hornblende vert ou brun, augite brun-rougeâtre, tleux espèces de plagioclase, chlorite, fer titane, le plus souvent aussi du mica magnésien.

2. Leucophyre, de couleur claire : plagioclase saussurite, augite vertvitreux, chlorite et fer titane. Silurien supérieur.

3. Diabase avec augite brun-rougeàtre ou jaune vineux (traces de

CR£DSER, GÉOLOGIE. 6

8*i . MÉLAPHYRE.

hornblende rares), plagioclase, chlorite, fer magnétique et titane. Du silurien au dévonien.

4. Lamprophijre (diabase micacée) à augite brun-jaunâtre, un peu de hornblende verte, fibreuse, beaucoup de plagioclase, mica magnésien en quantité. Sous-carbonifère. .fi ;jt "

47. Méiaphyre. — On désigne sous ce nom des roches finement grenues ou compactes, parfois porphyriques, mais très-souvent amygdaloïdes, la plupart du temps dépourvues de quarz, qui sont composées de plagioclase et quelquefois aussi d'orthoclase, d'augite, d'olivine, de fer titane et magnétique et d'apalite. La masse du méiaphyre à l'état frais est compacte, dure ; elle est noire , verdàtre , brunâtre , rougeâtre , ou noirbleu ; sa cassure est inégale, peu conchoïdale ; sa dureté est celle du feldspath ou moindre ; son poids spécifique est de 2, 69. Par l'altération elle prend une consistance terreuse, et sa surface d'abord verte, prend une couleur brune ocrée; elle exhale une odeur d'argile et fait effervescence avec les acides ; elle contient par conséquent des carbonates par altération dis silicates. L'analyse chimique moyenne des mélaphyres de Thuringe et de Silésie donne : acide silicique, 56,80 : argile, 17,81; oxyde de fer 6,60; chaux, 7,01; magnésie, 5,01 ; potasse, 2,12; soude, 2,59; eau, 1,92; acides carbonique, phosphorique et titanique, 1,00.

L'observation microscopique nous apprend que les parties constituantes du méiaphyre sont quelquefois cristallines, mais que, d'autres fois, elles forment une masse non individualisée qui s'intercale aux gros cristaux isolés. Celte masse intermédiaire est plus ou moins abondante dans les mélaphyres de diverses localités et elle est, ou de consistance vitreuse, formant un véritable verre, plus ou mois chargé de microlithes, ou bien elle est presque opaque, de nuance vert sale, et on ne peut facilement reconnaître sa structure qu'en peu de cas. Les microlithes, qui souvent sont très -rapprochés dans la masse fondamentale vitreuse, se présentent comme des granules noirs ou des aiguilles et trichites disposés en faisceau et irrégulièrement distribués. Dans beaucoup de mélaphyres la substance vitreuse propre manque complètement et elle est remplacée par une matière amorphe, d'ordinaire non pellucide, qu'on ne doit considérer que comme un produit de transformation de la substance vitreuse. La proportion de cette partie vitreuse avec les autres parties constituantes cristallisées est extrêmement variable. Quelquefois elle forme la masse prédominante de la roche, mais souvent elle est peu développée, et dans certains cas elle semble disparaître. Les microfluctuations de structure ne se montrent pas seulement dans la disposition des microlithes : les cristaux microscopiques de feldsjpath et d'augite ont pris aussi une même direction

MÉLAPinRE. 8»

et une même disposition. Dans la masse fondamentale dont nous venons de parler, apparaissent, sous le microscope, les stries du plagioclase et Yorthoclase, en cristaux soudés selon la loi des cristaux de Carlsbad (Mambach Kirn, SaintAVendel), les grains noirs et opaques de la magnétite, Volivine, qui est, après le feldspath et la magnétite, la partie constituante la plus importante du mélaphyre, Vaugitey diminuant fortement en quantité, Vapatite en aiguilles hexagonales incolores. Outre ces cinq éléments essentiels, il y a du quarz en petites particules, riche en inclusions vitreuses, comme dans le mélaphyre de Bosenberg (Saint-Wendel). Comme minéraux accessoires, il faut mentionner la rubellane, la pyrite, l'oligiste, et surtout le cuivre natif et l'argent (lac Supérieur).

Une propriété très-caractéristique du mélaphyre est sa grande tendance à prendre la structure amygdaloïde. La masse fondamentale du mélaphyre amygdaloide se trouve d'ordinaire dans un état d'altération plus ou moins marquée; sa couleur la plus habituelle est le noir-verdâtre, le noirbleuàtre ou le brun-rougeâtre ; les amygdaloïdes qu'elle renferme sont plus ou moins nombreux. Ceux-ci sont pyriformes ou en amande, sphériqucs'ou allongés, se ramifiant quelquefois (par exemple, au lac Supérieur, mont Maluti au sud de l'Afrique); ils oscillent comme dimensions entre la grosseur d'un grain de millet et celle de la tète. Les cavités qu'ils remplissent sont dues aux gaz et vapeurs qui se formaient au sein de la masse fluide, et les minéraux qui les forment proviennent d'infiltrations. Le premier revêtement de ces cavités est presque toujours formé de delessite, qui peut d'ailleurs former complètement la substance des petits amygdaloïdes; tandis que le remplissage est effectué dans les grands amygdaloïdes, par le calcaire, le manganèse, l'agate, le jaspe, la calcédoine, l'améthyste,, le cristal de roche, ou l'or et l'argent natifs (lac Supérieur). L'amygdaloïde peut aussi garder à son intérieur des cavités que revêtent le spath calcaire, le quarz, la datolite, la prehnite et les cristaux d'épidote.

Les mélaphyres sont des roches massives, non stratifiées, mais il n'est pas rare de les voir former des couches par suite d'épanchements successifs de la masse éruptive, comme au Netzberg près Ilfeld, Tholei dans le Ilundsrùck, et surtout dans la région du cuivre au lac Supérieur (Amérique du Nord).

Les mélaphyres se présentent en filons et en masses, mais principalement en couches de dimensions souvent colossales, entre les strates de la formation carbonifère et surtout du dyas ; c'est à ces époques qu'ont eu lieu leurs éruptions. En Allemagne, les mélaphyres ont une grande extension enSilésie (Lôwenberget Landshut); enThuringe (Ilmenau); dans la partie sud du Ilarz (Ilfeld); dans le bassin carbonifère de Zwickau (Planitz); dans

U ANDÉSITE AUGITIQIE.

le sud du Tyrol. Beaucoup de roches considérées comme mélaphyres ont cependant besoin d'études chimiques et minéralogiques plus approfondies, pour que leur place soit fixée d'une manière définitive.

48. Andésite augitique. — C'est unc combluaison d'augite et de plagioclase auxquels s'ajoute le quara dans des cas rares, la plupart des andésites augiliques étant privées de quarz.

Ces roches sont formées par une masse fondamentale, nettement et finement cristalline, de couleur grisâtre ou rougeâtre, dont les éléments sont le plagioclase et la sanidine, l'augite et la hornblende, la magnétite et quelquefois, en outre, une substance dévitrifiée. Il y a dans cette masse fondamentale des cristaux ou des grains cristallins de plagioclase et d'augite, les premiers en feuillets minces lâchement rapprochés, les seconds en individus cristallins nettement caractérisés, brillants. Il y a de plus des cristaux de sanidine et de hornblende. La magnétite et le mica magnésien s'y rencontrent comme minéraux accidentels. La composition chimique moyenne de l'andésite augitique sans quarz peut se représenter par : acide silicique, 57,15; argile, 16,10; oxyde de fer, 13,00; chaux, 5,75 ; magnésie, 2,21 ; potasse, 1 ,81 ; soude, 3,88 ; le poids spécifique moyen est de 2,84. Les andésites augitiques ont donc une teneur en acide silicique un peu moindre, et un poids spécifique un peu plus élevé que l'andésite amphibolique. On les rencontre principalement parmi les roches éruptives des montagnes trachytiques transylvaniennes et hongroises, et parmi les laves du sud-ouest de l'Islande, du Chimborazo, de Ténériffe, Ischia, du nord de la Nouvelle-Zélande. .

On considère comme andésites augitiques quarzifères certaines andésites des Andes, dont la teneur en acide silicique (en moyenne 65-66 pour 100) surpasse celle de l'oligoclase, ce que l'on attribue à la présence du quarz. On connaît des andésites augitiques d'Elbruz, dont la masse fondamentale, de couleur gris-noirâtre et de nature semi-vitreuse, contient, près de nombreux petits cristaux de plagioclase, des grains de quarz plus gros.

Pour ce qui concerne le mode de gisement des andésites amphiboliques et augitiques, il est utile de dire que, d'ordinaire, ces roches se présentent en masses isolées, coniques ou en dôme (volcans homogènes), qui sont souvent disposées en séries. Ces conditions de dépôt font supposer des éruptions en filons, qui en effet se rencontrent fréquemment. Les laves andésitiques se sont épanchées en courants et en nappes.

49. Dolérite plagioclasiqne, anamésite Ct basalte plagloclasiqae.

— Un grand nombre de roches noires, d'apparence homogène, à base de labrador, comme on l'admettait, d'origine éruptive récente, ont été considérées comme basaltes. II a cependant été démontré par les observations de Zirkel : 1" que le feldspath, quand il existe dans ces roches, pourrait

DOLÉRITE. BASALTES. 85

difficilement être du labrador, mais serait vraisemblablement un feldspath de soude et de chaux plus riche en acide silicique (par conséquent de l'oligoclase) ; 2° que de nombreux basaltes n'ont aucun feldspath, et que la leucitc ou la ncphéline leur en tient lieu ; 5° que les basaltes aphanitiques sont dus à une modification dans la solidilication des dolérite, anamésite et leucitophyre, à grains grossiers ou finement grenus, envers lesquels ils sontdansles mêmes rapports que la diabaseaphatinique avec la diabase, et que, par conséquent, ils sont aussi peu que celle-là des espèces indépendantes. — Comme cependant on ne peut contester à ces roches une identité presque complète pour l'aspect extérieur, une grande ressemblance dans leur constitution chimique, une étroite alliance pour le temps de leur éruption ; que d'ailleurs leurs caractères extérieurs permettent de les reconnaître immédiatement comme basaltes, et que c'est seulement l'observation microscopique qui permet de distinguer s'il s'agit d'un basalte plagioclasique, Icucitique ou néphélinique, il y a lieu de conserver le nom collectif de basalte, pour ces roches aphanitiques.

La dolérite plagioclasique est un mélange en grains gros ou de moyenne taille de feldspath triclinique et d'augite, avec un peu d'apatite et de magnétitc titanée, qu'accompagnent habituellement un peu de carbonate d'oxyde de fer et du carbonate de chaux. Le plagioclase surpasse d'ordinaire de beaucoup en quantité les autres parties constituantes; il se montre en cristaux tabulaires Jjlancs ou gris-pâle, brillants; Vaugite est en courtes colonnes noires ou vert sombre. La magnétite est d'ordinaire à l'état pulvérulent ; elle est plus rarement en cristaux octaédriques et en grains visibles. On peut conclure à la présence de carbonates intimement mélangés (produits par un commencement d'altération) par l'effervescence que fait la poudre de la roche lorsqu'on la traite par les acides.

L'observation microscopique de minces lamelles de dolérite a montré de l'augite, à couleur brun-clair, du feldspath tricline, reconnaissable à la lumière polarisée ; en outre, des grains d'olivine pâles, des grains de magnétite noirs, et enfin des aiguilles d'apatite, minces, hexagonales, incolores. Il ne se rencontre de substance intermédiaire amorphe qu'à l'état d'exception, et elle est alors très-peu abondante.

La dolérite plagioclasique prend quelquefois un aspect porphyrique par la présence de gros cristaux isolés d'augite ou de feldspath dans sa masse homogène ; elle peut devenir amygdaloïde lorsqu'elle admet des cavités vésiculaires avec zéolithes et carbonates. Les laves doléritiques font partie des matières rejetées par l'Etna, le ^rombolî et autres volcans.

Composition chimique moyenne : acide silicique, 50,59; potasse, 14,10; oxyde de fer, 16,02; chaux, 9,20; magnésie, 5,09; potasse, 1,05; soude, 2,19; eau, 1,78 : poids spécifique, 2,75 à 2,96.

«6 DOLÉRITE. BASALTES.

Les éruptions de dolérite plagioclasique ont commencé à la période tertiaire et durent encore maintenant; elles ont traversé en filons les roches voisines et se sont épanchées en nappes ou en courants, ou bien se sont ■élevées en masses au-dessus de leur orifice de sortie. Les gisements de clolcrite les plus caractérisés sont ceux de Meissner en liesse, du Lôven- Jburg dans le Siebengebirge, de Brinkenkopfchen dans l'Eifel, d'Oberbrechen en Nassau. La dolérite est très-développée en Irlande, en Ecosse ■et aux îles Féroë.

Vanamésite est un agrégat des éléments de la dolérite plagioclasique en structure si finement grenue que, si l'œil nu peut le reconnaître <;omme formé d'individus minéraux cristallins, il ne peut en distinguer les éléments constituants. La couleur de l'anamésite est le grisâtre ou le noirâtre. Ses parties constituantes sont celles de la dolérite comme nous Tenons de le dire, soit le plagioclase, l'augite, la m.ngnétite, un peu ■d'apatite qu'accompagne plus ou moins souvent l'olivine. Entre les parties ^constituantes cristallines de l'anamésite on distingue au microscope une matière fondamentale amorphe et dans celle-ci des trichites sans nombre. Le poids spécifique de cette roche oscille entre 2,7 et 2,8 ; il est en général un peu moindre que celui du basalte plagioclasique. L'anamésite se rencontre principalement en Irlande, en Ecosse et en Islande. En Allemagne, elle se trouve, par exemple, à Steinheim près Ilanau et à Wilhelmshôhe près Cassel.

Le basalte plagioclasique est une roche d'aspect compacte, de couleur noire. Indépendamment des ségrégations porphyriques visibles à l'œil nu qu'elle contient, les forts grossissements la montrent au microscope ■comme formée de deux sortes d'éléments : d'une part d'individus minéraux microscopiques de plagioclase, d'augite et de magnétite pure ou titanée, en outre d'olivine et d'un peu de néphéline. D'un autre côté, une substance amorphe remplit l'espace entre les parties constituantes individualisées.

Cette matière vitreuse du basalte est le résidu du magma basaltique primitif resté à l'état amorphe, après que les parties constituantes que nous avons énumérées se sont séparées à l'état cristallin. Elle peut être tout à fait vitreuse, semi-vitreuse ou dévitrifiée (entglast). La masse intermédiaire vitreuse est complètement homogène, elle possède une couleur brun-jaunâtre et se comporte à la lumière polarisée comme une substance monoréfringente, dans V état semi-vitreux, elle apparaît remplie de trichites noirs en forme de cheveux, d'aiguilles ou de granules noirs nettement délimités. Les trichites sont quelquefois droits, d'autres fois courbes ou contournés, quelquefois épaissis en massue et disposés en faisceaux, en réseaux ou ramifiés. A l'état dévitrifié, la masse interraé-

DOLÉRITE. BASALTES. 87

diaire est formée d'un agrégat microscopique de granules, aiguilles, capillicules ou petits cristaux disposés parallèlement les uns aux autres ou d'une manière confuse. La quantité de matière amorphe varie beaucoup dans sa proportion aux ségrégations cristallines. Quelquefois elle est tellement réduite que, sur des lamelles minces, k basalte semble un agrégat cristallin entre les éléments duquel persistent des traces de matière fondamentale. Elle peut être aussi la partie prédominante : les ségrégations cristallines sont alors incluses isolément dans la masse amorphe et peuvent montrer une structure fluidale en conséquence de laquelle les coupes en forme de gouttières des feldspaths, les cristaux allongés d'augite et les petits rectangles de néphéline courent parallèlement les uns aux autres et se disposent en courants qui serpentent entre les gros grains d'augite, d'olivine et de magnétite. lui.yw, .o-i\imiM-i

Les minéraux ségrégés dans le basalte feldspathique sont principalement des cristaux de feldspath tricline (vraisemblablement l'oligoclase) qui sont prédominants et paraissent bariolés à la lumière polarisée ; Vaugite, dont les plus gros cristaux sont le plus souvent rendus impurs par des inclusions vitreuses et des grains de magnétite; Volivine, de couleur gris-verdàtre, tout à fait incolore en très-minces lames ; la magnétite et le fer titane, en grains noirs ; quelquefois aussi la néphéline en rectangles incolores, non striés, Vapatite, en longues aiguilles incolores, très-rarement la leucite et le mica, mais jamais l'ha,ûyne ni la mélilithe. w-i^ï.U\ k'jiUvriià kwh hy^vA^ s*!) ;ii,oin ".a

Dans cette masse fondamentale basaltique qui paraît homogène, on voit parfois, disséminés porphyriqucment, de plus gros grains ou cristaux de plagioclase, augite, olivine, magnétite. Parmi ceux-ci, l'olivine est le minéral accidentel lé plus caractéristique, il forme des grains brillants, de couleur jaune-olive, ou des agrégats arrondis, grenus. Quelquefois l'olivine se trouve en quantité prédominante. La hornblende, quelquefois en cristaux gros comme le pouce, est commune comme minéral accessoire.

Des cavités vésiculeuses ne sont pas rares dans le basalte compacte ; elles sont remplies ou revêtues par les carbonates et silicates des espèces minérales les plus variées (desmine, stilbite, natrolithe, analcime, chabasite, apophyllite, harmotome, calcaire spathique, aragonite), enfin par le quarz, la calcédoine, l'hyalithe.

Comme variétés de structure du basalte plagioclasique on distingue celles qui sont : compactes, porphyroïdes, à ségrégations d'augite, de plagioclase et de hornblende, en forme d'amande, avec aiguilles et nids formés par les minéraux que nous venons d'énumérer.

La composition chimique moyenne du basalte plagioclasique est la suivante : acide silicique, 43,00; argile, 14,00; oxydes de fer, 15,30;

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chaux, 12,10; magnésie, 9,10; potasse, 1,50; soude, 5,87; eau, 1,50: le poids spécifique est de 2,9 à 5,1 .

La plupart des basaltes plagioclasiques font effervescence sous l'influence des acides, ils contiennent donc des carbonates. A cet état ils représentent le premier stade de décomposition sous l'action atmosphérique. L'altération continuant, il se forme d'abord de la wacke basaltique par l'enlèvement d'une partie de la chaux, de la magnésie, des alcalis, des oxydes de fer et de l'acide silicique par l'eau chargée d'acide carbonique qui circule dans la roche. Le dernier degré de cette altération progressive, le résidu pour ainsi dire de ce lessivage, est Vargile basaltique ou wackenthone qui est essentiellement un silicate d'alumine hydraté. Ces wackes basaltiques paraissent compactes ou terreuses, leur couleur varie du grisverdàtre au noir-brunâtre. Ils sont doux au toucher, tendres et donnent une odeur argileuse au souffle, ils enferment des lamelles de mica, de l'augite et des cristaux de hornblende avec des grains de magnétite et ils offrent des cavités remplies de zéolithes et de carbonates.

De nombreuses laves basaltiques sont en connexion étroite avec les basaltes plagioclasiques. Au point de vue pétrographique ils concordent quelquefois si parfaitement que les connexions avec un volcan stratifié peuvent seules décider s'il s'agit ou non d'une lave. Les laves basaltiques sont presque généralement spongieuses ou poreuses à la surface du courant, tandis que les parties intérieures sont compactes et dures.

Le mode de dépôt des basaltes plagioclasiques est le même que celui des roches éruptives récentes dont nous avons déjà parlé. lisse présentent en masses (volcans homogènes), en filons, en courants, en nappes. Cellesci se répètent quelquefois les unes au-dessus des autres et forment une sorte de système de couches. C'est surtout le cas en Islande et en Ecosse. Dans un très-grand nombre de points le basalte se fait remarquer par upe division régulière en colonnes ou en sphères.

Les éruptions des basaltes plagioclasiques ont eu lieu pour la plupart à l'époque tertiaire, mais elles durent encore de nos jours. Ce sont les roches basaltiques qui ont la plus grande extension. C'est à elles qu'appartiennent la plupart des épanchements du pays rhénan (ex. : Weilberg, Oelbcrg dans le Siebengebirge ; Casseler-Ley, Unkel-Leiberg, Minderberg, Landskron, Nùrburg dans l'Eifel), de liesse (Stillberg, Bausberg dans rilabichtswald) ; beaucoup de basaltes de Bohème (Leipa, Walsch) et enfin tous ceux d'Ecosse et des Hébrides. Parmi les laves qui doivent se ranger ici, il faut citer celles de l'Etna et les laves basaltiques d'Auvergne.

G.\BBRO.

5. — ROCHES PLAGIOCLASIQCES CO?iTEMA>T DU DIALLAGE OU DE L HTPERSTHENE

50. «abbro, — C'est un agrégiit granitoïde de plagioclase labrador et de diallagc ou de smnragdile. Le labrador peut être remplacé par la saussurite ; il forme des individus plus ou moins gros, brillants, de couleur grisblanchàtre ou bleu-violet; les acides chlorbydriquc ou suli'urique concentrés l'attaquent et il est fusible au clialumeau. Il est souvent riche en inclusions liquides, mais en général il est rempli de tricbites microscopiques noirs, de granules ponctiformes et de lamelles hexagonales qui déterminent sa couleur sombre. La saussurite est compacte, mate, blanche ou verdàtre ou blanc-bleuàtre, elle est formée de microlithes incolores ou v^rt de vessie et d'une masse fondamentale incolore et gi'ënué'; elle est liée au labrador par des passages. Le (Hallage est de couleur grise, olivâtre ou brunâtre; il se clive très-facilement dans la^directior^de l'or- Ihopinakoïde ; cette surface de clivage possède uh écISf métallique et nacré. Ses individus atieigUent souvent la dimension de plusieurs pouces; il n'est pas rare qu'ils soient énlourés sur leurs bords d'une^^corce oe hornblende de couleur sombre, de manière que les axes principaux et les faces de clivages des deux minéraux soient parallèles. Cet enveloppement du diallage par la hornblende est surtout facilement observable sur des lames fines ; il parait dû à la transformation du premier en la seconde. Le microscope montre que le gabbro diallagique est complètement rempli de microlamelles de couleur brun-sombre ou noire disposées avec leurs larges faces parallèlement à l'ortho- et au klinopinakoïde. La smaragdite sg montre en individus de couleur vert-^?as àéclat nacré. Les gabbros contenant du diallage et ceux qui contiennent de la smaragdite ne s'éloignent pas seulement les uns des autres au point de vue pétrographique, ils sont aussi séparés dans l'espace ; ainsi au mont Rosa on ne trouve presque que les premiers, dans la haute Italie les seconds existent presque exclusivement. T i/.^ , ^'i--''-^-.

Une partie accessoire tout à fait caractérisée du gabbro est l'o/iyine. Elle forme des petits grains de couleur vert-sombre et dépasse même en quantité le diallagc dans certains gabbros, mais elle n'apparaît nettement que dans les lames minces. Une particularité toute spéciale de l'olivinc du gabbro, en opposition à celle de l'olivine du basalte, semble être son ej:traordinaii'e richesse en microlithes courbés en croclïet et disposés en "étoile. Les gabbros riches en olivine sont appelés gabbros oliviniques (Volpersdorf, Velllin, îles écossaises de MuU et de SUye.

Les parties constituantes du gabbro sont soudées eiî un agrégat grenu, irrégulier. L'observation microscopique ne montre aucune trace de sub-

90 IIYPERSTIlÉiNITE.

stance vitreuse amorphe entre les individus minéraux, la microstructure est au contraire granitique.

Nous donnerons comme exemple typique de la composition chimique normale du gabbro l'analyse d'une roche provenant de Radauthal dans lellarz : acide silicique, 53,65; argile, 20,77; oxyde de fer, 7,01; chaux, 9,16 ; magnésie, 1,57 ; potasse, 1,61 ; soude, 3,33 ; perte, 1,33.

Les minéraux accidentels remarquables sont, on outre de l'olivine : talc, mica, hornblende, grenat, serpentine, pyrite magnétique, pyrite sulfureuse, magnétite.

Le gabbro est le plus souvent une roche massive partagée en polyèdres, qui se rencontre en amas puissants entre les granités, les gneiss et les micaschistes, comme dans les grauwackes et les schistes argileux ; dans la haute Italie, cependant, et dans l'île de Mull, entre les couches tertiaires. Très-souvent, il est accompagné par la serpentine, qui alors en est une transformation. Des gisements de gabbro bien connus sont ceux de Zobten, de Neurode et d'Ebersdor en Silésie de Radauthal dans le Harz, Dillenburg €n Nassau, Rosswein et Penig en Saxe, Volpersdorf dans le comté de Glatz.

La Palalinite est une roche finement grenue ou compacte d'un brungrisâtre ou noirâtre, d'aspect mélaphyrique, basaltique ou de pechstein. C'est un agrégat de plagioclase, de diallage, (? ou d'augite), de fer titane et magnétique, d'apatite, auquel s'ajoute une substance vitreuse parfois prédominante; ces individus minéraux peuvent descendre à une petitesse microscopique. S'il était démontré que la partie augi tique de la palatinite est du diallage, cette roche représenterait un nouveau type de gabbro à substance fondamentale vitreuse. L'éruption de la palatinite appartient au dyas et son extension géographique est dans la région de la Sarre et de la Nahe. Là elle se montre moyennement ou finement granuleuse (Norheim), compacte comme du basalte (Steinbach), porphyrique et amygdaloïde (Oberstein).

51. Hypersthénite. — L'iiypcrsthénite est un mélange finement ou grossièrement granuleux de labrador et d'hypersthène. Le labrador domine d'ordinaire et il est, dans la règle, gris-blanchâtre, quelquefois aussi verdâtre, jaunâtre ou bleuâtre. L'hypersthène est brun-noiràlre ou noirverdâtre et possède la plupart du temps, sur ses faces principales de clivage, un éclat chatoyant et métallique couleur de cuivre. Cet éclat est déterminé par l'interposition d'un nombre énorme de lamelles transparentes, brunâtres, dirigées parallèlement entre elles et relativement à la surface de clivage. Quelquefois les individus d'hypersthène sont entourés de hornblende noirâtre ou soudés avec ce dernier minéral.

Composition chimique d'un hypersthène typique de Penig en Saxe : acide silicique, 49,90; argile, 16,08; oxytiedefer, 7,81; chaux, 14,48; magnésie, 10,08; potasse, 0,55; soude, 1,68; eau, 1,46.

HYPERSTIIÉNITE. 91

Il faut citer comme minéraux accidentels : pyrite sulfureuse, magnétite, fer titane en nombreuses mouchetures, grenat, mica et apatite'en cristaux isolés. L'hypersthénite est une roche granitoïde, massive, jamais stratifiée, qui s'est épanchée en filons ou amas, mais qui n'est connue qu'en peu de points. Son éruption appartient aux périodes paléoiitologiques les plus récentes. Ses gisements, peu connus, sont Igalliko en Groenland, Farsund on Norvège, île Saint-Paul, la côte du Labrador.

Le gabbro-norite qui se rattachée la roche gabbrahypersthéni^ue est un mélange de labrador prédominant, d'orthoclase riche en soude, de diallage, d'hypersthénite et, d'ordinaire, de quelque peu de quarz. On le rencontre à liitterôé, une des îles norvégiennes.

52. Schiiierfeis. — C'est uuc roche primitivement formée d'anorthite et d'un minéral augitique, l'enstatite (protobastite) à laquelle s'ajoute, comme produit de transformation de ce dernier par l'hydratation, de la bastite (schillerspath), de la serpentine et du fer chromé ou magnétique. Vanortliite est grise, compacte, Venstalite est transparente, de couleur brun-clair ou jaune-verdàtre avec un reflet nacré sur ses faces de clivage, tandis que \e schillerspath, comme nous venons de le dire, est un produit de transformation de la protobastite, à l'éclat métallique accentué, vert, jaune ou brun avec des grains de serpentine. Les rapports de quantité entre ces parties constituantes sont très-variables, l'anorthite et la protobastite alternent et peuvent se remplacer complètement — par où la roche se rapproche des roches simples.

Composition cliimique moyenne d'une roche protobastique de Radauberg (Ilarzbourg) : acide silicique, 49,23; argile, 25,15; oxyde de fer, 1,30; oxyde de chrome, 0,03; oxydule de fer, 3,29; oxydule de manganèse, 0,54; chaux, 12,57; manganèse, 8,92; potasse et soude, 0,99; eau, 0,64.

Localités : Radauberg à Ilarzburg, Schriesheim sur le Bergstrasse.

6. ROCHES PLAGIOCLASIQOES CONTENANT DE l'OLIVINE (oU DE LA SERPENTINE)

53. Foreiienstein. — C'est un agrégat de plagioclase (anorthite) etd'olivine transformée en serpentine. Vanorthite est de couleur blanc-grisàtrc ; parfois elle a des parties cristallines, d'autres fois elle est compacte. La serpentine est finement grenue, très-sombre. Au microscope on peut reconnaître que ces grains, qui paraissent entièrement formés de serpentine, possèdent encore quelquefois un noyau d'olivine déjà traversé cependant par de petites aiguilles de serpentine. Dans le feldspath assez altéré on peut trouver des veines de serpentine.

Localités : Volpersdorf, Uarzburg, Drammen.

92 • ROCHES NÉPHÉUNIQUES.

7. — ROCHES NÉPHÉLINIQOES 54. Dolérite néphélinlque et basalte néphélinlqiic. — La dolél'ite

néphélinique est un agrégat cristallin grenu de népliélinc, d'augite et d'un peu de magnétite. La néphéline grise, grisâtre ou jaunâtre, est d'ordinaire en grains cristallins, quelquefois en colonnes nettement hexagonales ; elle est reconnaissable à sa cassure conchoïdale, son éclat gras ; l'acide chlorhydrique la décompose, Vaugite est noire et communément en cristaux. La magnélite se montre sous forme de grains ou d'octaèdres qui peuvent être très-petits ou atteindre la grosseur d'un pois. La roche e quelquefois grossièrement, quelquefois finement grenue, et c'est tantôt la néphéline, tantôt l'augite qui sont prédominants. Comme minéraux accidentels on connaît l'olivine, la titanite, la noséane dans des cas rares, la sanidine, mais principalement l'apatite en colonnes minces et aiguilles blanches. La dolérite néphélinique typique est limitée en Allemagne à deux localités, le Katzenbuckel dans l'Odenwald et le mont Lobau dans la haute Lusace. Au Katzenbuckel on trouve le type granitique, aussi bien qu'une variété porphyrique. Dans ce dernier cas, la roche est trèsfinement grenue et montre à l'observation microscopique une structure microfluidale caractérisée. Elle contient des cristaux plus gros de néphéline et de noséane. La dolérite néphélinitique de Lobau est grenue, formée de néphéline et d'augite et contient, outre ces minéraux, des grains d'une substance amorphe gris-verdâtre qui montre la structure microfluidale lorsqu'on l'examine à l'aide de plus forts grossissements. A côté de ces roches se place une espèce voisine mais qui contient, en plus que la néphéline et l'augite, du feldspath et de la sodalite (Meich en Hesse) .

Le basalte néphélinique est une roche noire, compacte, qui ne se laisse distinguer en rien du basalte plagioclasique, par ses caractères extérieurs. Au microscope, cette masse d'apparence compacte se résout en un fin agrégat de néphéline, d'augite, d'olivine et de magnétite, près duquel peuvent se rencontrer un peu de plagioclase et de leucite, des lamelles de mica magnésien et des colonnettes d'apatitc. La substance fondamentale vitreuse qui prend une part si essentielle à la composition du basalte plagioclasique joue un rôle très-inférieur dans le basalte néphélinique, sans cependant en être complètement bannie.

La composition chimique moyenne du basalte néphélinique est : acide silicique, 45,52; argile, 16,50; oxydes de fer, 11,20, chaux, 10,62; magnésie, 4,35; potasse, 1,95; soude, 5,40; eau, 2,68 : poids spécifique, 2,9 à 5,1. ^

ROCHES LEUCITIQUES. 95

Le basalte néphélinique devient porphyrique quand il apparaît dans sa masse compacte des cristaux plus gros et isolés de néphéiine. Il existe aussi des variétés vésiculeuses et amygdaloïdes ainsi que des laves; et ces dernières se rencontrent principalement dans la région de l'étang de Laach et en Eifel. Elles se caractérisent par leur richesse en mélilithe et par l'abondance de haùyne (courants de lave de Niedermendig, de Bellenberg; Hochsimmer).

Les basaltes néphéliniques n'ont pas l'extension des basaltes plagioclasiques; ils sont cependant plus fréquents que le basalte leucitique. Kohibach (Bayreuth), Joachimsthal, Spechtshausen, Scheibenberg, Landberg (monts Métalliques), Kosakow, Tichlowitz (Bohème), Kaltenordheim (Rhôn), Sinsheim (Bade), Auerbach (Bergstrasse), etc.

Leur éruption date de l'époque tertiaire et post-tertiaire ; ils forment des courants, des filons et des amas isolés.

55. Leucltophyre et basaKe leucltiqne. — Le Icucitophyre OU porphyre leucitique est un agrégat cristallin-grenu de leucite, d'angite et de magnétite, auquel s'ajoutent de la néphéiine, de l'olivine et du mica en moindre quantité. Ces minéraux forment une masse fondamentale d'apparence compacte, de couleur gris de cendre ou gris-rougeàtre, identique avec le basalte leucitique que nous allons décrire. Dans la masse fondamentale il y a des cristaux de leucite de couleur blanc-grisàtre, variant en grosseur entre les dimensions d'un pois et celle d'une noisette, des cristaux d'augite noirs ou d'un vert sombre et, distribués aussi çà et là, de petits cristaux de néphéiine blancs et brillants. Les cristaux de leucite du leucitophyre enferment dans leur masse de petits grains scoriacés ou des petits cristaux en colonne d'augite comme à Cività sur le Tibre et à Rieden près Laach. Dans cette dernière localité la noséane se montre aussi comme partie constituante essentielle du leucitophyre. Elle se présente en grenatoèdres de 1-5 millim. gris-noiràtre, gris-clair par altération, ségrégés avec les cristaux d'augite et de leucite dans une masse fondamentale finement grenue. Le leucitophyre se trouve principalement aux volcans italiens récents; il est surtout abondant dans les monts Âlbains et au Vésuve. On le trouve cependant en masses isolées dans le tuf et dans la région de l'étang de Laach. A propos de la présence dans les monts Métallitjues d'un leucitophyre qui, évidemment, est en étroits rapports avec les basaltes leucitiques de cette région, il faut rapporter aux cristaux de leucite les pseudomorphoses de 2-8 cent, de dimension qui s'y trouvent ; leur localité est le Wicsinthal de Bohême.

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