ARGILES
têtes de chat), dos gastéropodes terrestres et des restes de mammifères, 011 leur donne le nom de loess. Le lehm, le loess et la pelite forment de puissants dépôts surperficiels sur les pentes des montagnes, sur les plateaux et dans les vallées ; — le loess se rencontre surtout dans les vallées du Rhin et du Danube.
En certains points, les argiles par suite de la carbonisation ou par l'action d'éruptions basaltiques sont cuites et effritées, métamorphosées en roches toutes particulières appelées Jaspe basaltique ei jaspe porcelaine. Elles sont assez dures, à cassure conchoïdale, à éclat gras peu marqué, de couleur grise ou rouge, quelquefois rayée ou panachée (Duttweiler près Sarrebriik, Siebengebirge, Zwickau, Tepliz, Bilin).
On peut joindre ici en appendice le tschernose. C'est une sorte de minerai de fer noir, fin, contenant 6 à 10 pour 100 de substance organique, qui a une extension considérable dans la Russie centrale et sud, en Sibérie, de même que dans les Prairies du sud de l'Amérique du Nord, ou, par places, il atteint à une puissance de 7 mètres.
75. Arg^iie schisteuse. — L'argile schisteuse est une roche tendre, schisteuse formée d'argile durcie, de petites écailles de mica et du quarz pulvérisé. L'observation microscopique nous montre que, en outre des éléments fmiment pulvérisés et arrondis, il y a des éléments cristallins, produits de ségrégation (microlithes de hornblende, écailles de mica potassique, fragments de quarz, lamelles de mica, auprès desquels une masse fondamentale joue un rôle important dans la composition de la roche). Les argiles schisteuses varient d'ordinaire pour la couleur du gris au noir; il n'est pas rare qu'elles soient riches en restes végétanx et animaux. La pyrite aussi n'est pas rare comme minéral accidentel. iDn appelle schieferletten celles qui sont rouges et brunes et schistes bitumineux celles qui sont imprégnées de bitume.
Les argiles schisteuses sont nettement stratifiées et alternent avec le calcaire, le grès, la marne, etc. Elles atteignent un développement important dans les formations calcaire, liasique, wealdienne et tertiaire, tandis que les scbieferletten se rencontrent principalement dans le Rothliegend et le grès bigarré.
76. Schistes arg^iieux. — C'est unc roche argileuse dure, nettement schisteuse, de couleur d'ordinaire grise ou noire due à une petite quantité de charbon, quelquefois colorée en jaune, en vert, en rouge par l'oxyde de fer, à cassure raatte, homogène, d'apparence non cristalline. Elle contient très-fréquemment, avec des cristaux de pyrite et des concrétions, des nids de quarz, des noyaux calcaires, et enfin des restes organiques. L'observation microscopique de schistes argileux siluriens et dévoniens a montré quUls nC/Se composaient pas, comme on l'avait cru jusqu'alors, uni-
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quement d'éléments fragmentaires et pélitiques, et qu'ils n'étaient pas simplement une poussière fine durcie, mais qu'ils contenaient encore des parties cristallines et cristallis(^es, lesquelles souvent même jouaient le rôle le plus important. Ces parties constituantes inicrocristallines sont : de petites aiguilles brun jaunâtre, apparemment de hornblende, toutes disposées parallèlement au plan de stratification ; — des lamelles de mica verdâtres ou jaunâtres; — des écailles de calcaire lamellaire; — des grains de quarz ovales ou ronds avec de nombreuses inclusions liquides. Le bord des ségrégations de quarz se fond dans la masse environnante ; autour d'elles il y a quelquefois, disposées radialement, des lamelles délicates de mica.
La composition chimique des schistes argileux est variable ; la moyenne d'un grand nombre d'analyses donne les chiffres suivants : acide silicique, 59,00; argile, 20,00; oxyde de fer, 7,40; magnésie, 2,80; chaux, 1,60; potasse, 5,50; soude, 1,10; perte (bitume et eau), 4,00.
A côté des schistes argileux ordinaires, riches en minéraux accessoires, moins régulièrement schisteux, on distingue les variétés suivantes :
a. Les schistes ardoisiers et ardoises en tables (Dach et Tafelschiefer), la plus pure variété des schistes argileux, la plus régulièrement schisteuse, qui se laisse aisément diviser en fines lames, les pren^ières de couleur grise, les autres noires (Sainl-Goar sur le Rhin, Lehesten dans le Thuringcsrwald, Goslar dans le Ilarz).
b. Les ardoises à écrire (griffelschiefer) : pures, solides, qui par suite de l'apparition d'une fausse schistosité se laissent partager en baguettes en forme de crayon (Sonneberg en Thuringe).
c. La coticule (wetzschiefer) : gris jaunâtre ou verdàtre, homogène, pénétrée d'acide silicique (Ardennes).
d. \j&?, schistes graphiques (zeichnenschiefer), finement terreux, tendres, doux au loucher, noirs, très-riches en carbone (Haselbach dans le Thuringerwald).
e. Schistes alunifères. Schistes imprégnés de substances carbonées et de pyrite, noirs ; le carbone se montre quelquefois sous la forme d'anthracite revêtant les fentes et cavités de la roche. De l'altération de la pyrite se forment le vitriol de fçr et l'alun (Reichenbach en Voigtland).
f. Schistes grauwacke et grauwacke compacte (voy. p. 110): variété de grauwacke extrêmement fine ou compacte, schisteuse, quelquefois riche en mica, quelquefois complètement semblable aux schistes argileux.
Les schistes argileux sont nettement stratifiés ; ils alternent avec les .schistes siliceux, les calcaires, les grès, les grauwackes, et se rencontrent
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principalement dans le silurien, le dévonien, quelquefois aussi dans le carbonifère, mais seulement par exception dans les formations plus jeunes. Son plan de schistosité ne correspond pas toujours à sa stratification, mais elle entrecoupe celle-ci d'une manière indépendante, phénomène qui a été considéré comme une schistosité fausse ou transversale.
L'argile, les schistes argileux, les ardoises argileuses et le micaschiste argileux passent l'un à l'autre et se laissent seulement caractériser dans leurs extrêmes. Le micaschiste argileux véritable (thonglimmerschiefer) est nettement cristallin ; il enferme de nombreux minéraux accidentels, et appartient principalement aux formations schisteuses primitives du huronien. Les schistes argileux ont une cassure matte ; ils sont durs, nettement schisteux et, très-communément, ont une fausse schistosité; ils sont souvent riches en pétrifications, ne contiennent que peu de minéraux accessoires et appartiennent surtout aux formations anciennes ; les argiles schisteuses, douces ou tendres, sont des formations moyennes ou récentes.
i. Famille. — Tufs
Les tufs sont quelquefois des amas de boue volcanique durcie, quelquefois des formations volcaniques sous-marines, des roches fragmentaires, composées de cendres, de sables et de lapilli, soudées entre elles, stratifiées et quelquefois fortement altérées par l'influence de l'eau.
77. Tuf porphyrique. — C'est uuc rochc Compacte, terreuse dans sa coupe, quelquefois cellulaire, très-variable dans sa couleur, provenant de porphyre ou de felsit boueux. Il n'est pas rare qu'elle renferme des grains cristallins de quarz, des cristaux de feldspath ou des lamelles de mica, quelquefois des fragments de porphyre (passant ainsi aux brèches), et enfin des fossiles végétaux, surtout de troncs d'arbres silicifiés. Sa composition chimique moyenne est très-semblable à celle du felsitporphyre : acide silicique, 77,00; argile, 12,60; oxyde de fer, 2,60; potasse, 4,500; soude, 1 ,00; chaux, magnésie et ti*aces d'eau. Les tufs porphyriques sont quelquefois très-nettement stratifiés ; ils se montrent, par exemple, dans le bassin des monts Métalliques, au bord nord-ouest des montagnes granulitiques, comme membre du Rothliegcnd inférieur, en rapport avec les porphyres ; de même près Rednitz en Bohême et près Dohlen, non loin de Dresde. Quelquefois, les tufs porphyriques forment des sortes de collines de 100 pieds et plus de puissance, comme le Zeisigwald près Chemnitz et la montagne de Rochlitz.
78. Tuf diabasiqne (grûnstcintuff). Le tuf diabasique est un agrégat
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compacte de débris de diabase fins, sableux ou pulvérulents, dont la couleur est d'ordinaire le vert sale, et qui est imprégné de carbonate de chaux. Les tufs diabasiques sont souvent schisteux, et il n'est pas rare qu'ils contiennent des débris organiques (comme ceux de Planschwitz en Saxe, qui appartiennent au dévonien). Très-souvent ils passent à la grauwacke schisteuse en se chargeant de matières argileuses sédimentaires, et ils forment dans le Voigtland saxon, dans la Franconie, dans le Devonshire, entre les roches siluriennes et dévoniennes, de puissants dépôts étroitement liés aux vraies diabases. Dans le Tyrol du sud, les débris de porphyre augitique en fines granulations, forment une suite régulière de minces couches de tuf qui ont l'aspect de grès noirs, tantôt compactes, tantôt spongieux et qui sont intercalés dans les couches du trias supérieur.
79. Sehaistein [Roche à texture écailleuse). — C'est un tuf diabasique schisteux imprégné de carbonate de chaux et mélangé de boue calcaire et argileuse. Sa masse fondamentale est finement terreuse, schisteuse, verje, grise, jaunâtre ou rougeàtre, ou bigarrée, imprégnée entièrement de carbonate de chaux et quelquefois d'écaillés de chlorite. Elle renferme des fragments de schistes argileux, de rares cristaux et grains de feldspath, et des grains, des nids, des fragments de spath calcaire. Quand ceux-ci se détruisent, il reste une roche spongieuse (Blattersteinschiefer). La composition chimique moyenne du schalstein est la suivante : acide silicique 34,10; argile 15,10; oxyde de fer 8,20; magnésie 1 ,60; potasse 2,40; soude 2,80; carbonate de chaux, magnésie, oxyde de manganèse 35 à 34,00; eau 5,10; traces d'acide phosphorique; poids spécifique 2,6 à 2,8. On peut distinguer les variétés suivantes :
a. Schalstein normal.
h. Schalstein amygdaloïde, avec beaucoup de grains, noyaux et lentilles de spath calcaire.
c. Schalstein brèche traversé de veines de calcaire spathique en réseau selon lesquelles la masse fondamentale se partage en fragments anguleux.
d. Conglomérat de schalstein.
e. Schalstein porphyrique avec des cristaux de labrador disséminés. Les schalsteins sont dans les plus étroits rapports, d'un côté avec les
diabases, d'un autre côté avec les roches dévoniennes vraiment sédimentaires et ils forment le passage entre ces deux sortes de roches. Certains schalsteins du Nassau fournissent des fossiles dévoniens. Les schalsteins sont intercalés principalement dans le dévonien du Nassau, du llarz et dans le silurien de Bohème.
80. Tufs des roches trachytlqnes et basaltiques. B. Tuf trachytique
tantôt spongieux, compacte et dur, formé de matière trachytique réduite