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COURANTS DE LAVE

TEtna, s'est formé, en IG69, par une éruption de scories continuée pendant trois mois. La quantité de cendres et de poussières rejetée pendant cette éruption a dû être énorme, si l'on considère qu'elles ont comblé toutes les inégalités de terrain dans un rayon de presque un demi-mille autour de Montirossi. Lors de l'éruption de l'Etna du '29 août 1874, il s'ouvrit sur son versant nord une fente d'environ 5 kilomètres de long et d'une largeur maximum de 50 à 00 mètres. Il s'y produisit, dans l'espace de quelques heures, en outre du cratère principal, 55 plus petits cônes, dont l'un atteignit 25 mètres de haut, et dont quelques-uns donnèrent issue à un courant de lave. On estime la quantité de matière volcanique rejetée pendant cette courte éruption à 1 351000 mètres cubes. En général, c'est un phénomène très-ordinaire pour beaucoup de régions volcaniques, comme par exemple la Campagne romaine et les Champs-Phlégréens, que la masse de cendres et sables rejetée prédomine de beaucoup celle des produits cohérents.

La grosseur et la consistance variables des produits volcaniques, la succession d'éléments tour à tour grossiers et fins, bombes, lapillis, sables, cendres, les pauses qui généralement entrecoupent les éruptions, sont les causes qui déterminent la structure stratifiée des volcans. Les éruptions sous-marines, qui produisent des amas locaux de débris volcaniques s'élevant peu à peu au-dessus du niveau de la mer, sont l'origine des îles volcaniques,

§ 14. Courants de lave. — Les bruits volcaniques, les tremblements de terre, les pluies de cendres et les éruptions de bombes atteignent leur paroxysme un peu avant l'instant où la lave s'élance soit du cratère luimême, soitde fentes quise sont produites sur ses flancs. Elle forme alors un courant qui se répand dans les environs, et recouvre souvent des espaces très-étendus. 11 est fort rare que, dans les grands volcans, les éruptions de lave aient lieu par le cratère principal, elle s'échappe le plus souvent par des fentes latérales, bien que celui-ci ne reste pas inactif, mais vomisse des masses de gaz et de vapeurs avec des cendres, des sables et des bombes. Suivant les lois de la pesanteur, la lave descend les pentes de la montagne, s'étend en nappes sur les surfaces planes, comble les inégalités du terrain qu'elle rencontre dans sa course, surmonte les obstacles qui se trouvent sur son passage, pour retomber ensuite comme une cascade (murs de Catane en 1669) ou se partage en plusieurs bras qui contournent l'obstacle et peuvent même, quelquefois, se réunir encore. La rapidité avec laquelle se meut un pareil courant dépend du degré de fluidité de la lave, de la quantité de matière en mouvement, de la pente et de la nature du sol sur lequel elle coule. Certaines laves peu denses se précipitent sur des pentes liquides avec la rapidité du vent; d'autres

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sont en un mouvement à peine appréciable et n'avancent que d'un petit nombre de pieds par beure.

La surface d'un courant de lave se refroidit assez rapidement et forme une enveloppe scoriacée si peu conductrice que l'on peut marcher dessus loi-s que sa masse interne, visible par les fentes, est encore à l'état igné. Quelquefois ces revêtements de lave consolidée se rompant, la matière liquide qu'ils contiennent s'en écbappe et forme de petits courants latéraux ou des inégalités ondulées à la surface du courant lui-même. Les courants peuvent avoir les formes les plus variées ; la lave peut former des sortes de stalactites, se présenter sous forme de blocs détachés et disposés en amas, à l'état pulvérulent, etc. L'état pulvérulent de la lave des courants est dû alors à la décrépitation qui s'est faite pendant son refroidissement.

Le temps pendant lequel un courant de lave peut progresser est aussi très-variable : dans des cas particuliers, il a dépassé deux ans. Les courants de lave, vingt, trente et même quarante ans après leur éruption, sont très-souvent encore liquides ou au moins ont encore une chaleur trèsimportante, tandis que la surface a pris depuis très-longtemps la température de l'atmosphère et peut être couverte de lichens. Ces phénomènes sont dus, d'une part, à ce que la chaleur rayonnante est remplacée en partie par la chaleur qui devient libre lors de la cristallisation de la lave ; d'autre part, à l'extrême non-conductibilité de la lave solidifiée qui revêt d'une enveloppe la lave encore en mouvement, et qui se forme au

fur et à mesure de sa progression. En suite de cette rapide solidification, on voit la partie antérieure d'un courant de lave se solidifier dès l'instant de son contact avec le sol, formant ainsi un chemin pour le reste du cou- ¥i". 32. — Coupe d'un courant ^ant. C'cst la raison pourquoi la coupe de de lave du Vésuve de 1872 en- jout courant de lave (fig. 32) montre une

tre Saint-Sébaslien et Mai"sa di , . , , . , , .

So,nn,a couche scoriacce supérieure et une autre m-

a, couche scoriacée; b, lave basa!- féricurc entre lesquelles sc trouvc la lave cristique avec beaucoup d'olivine ; c, . ii- ^•^ couche scoriacée fondamcnlale ; talUnC SOllde.

d, ancien tuf de la Somma. j gg phénomènes quc détermine l'éruption

de la lave au sein de la mer ne sont pas aussi formidables qu'ils devraient l'être, n'était cette enveloppe qui recouvre immédiatement tout courant de lave. C'est grâce à elle aussi que cette matière peut se répandre sur un champ de neige sans la fondre complètement.

Ces sortes de tubes en lave solidifiée, comme ceux que nous venons de décrire, sont quelquefois conservés longtemps après que la lave fluide a coulé plus loin, lorsque, par suite d'arrêt de l'éruption, la lave nou-

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