‹ Traité de géologie et de paléontologieChapitre 94 sur 278 · ÉRUPTIONS VOLCANIQUES · texte numérisé non relu

ÉRUPTIONS VOLCANIQUES

l'éruption du Votna Jokul, en Islande, à la fin de mars 1875, les cendres allèrent jusqu'à la côte de Norvège et même dans le voisinage de Stockholm. Les cendres et les graviers s'amoncèlent cependant, surtout dans les environs et sur les pentes du cratère qui les produit, et elles y forment des amas prodigieux (ensevelissement d'IIerculanum et de Pompéi). La formation et l'accroissement des cônes volcaniques sont dus à l'accumulation des fragments volcaniques autour de l'ouverture du canal d'éruption. Si les lapilli, les cendres, les sables tombent dans la mer, ils se disposent en couches horizontales qui peuvent former des complexes étendus et puissants, et qui contiennent assez souvent les débris des animaux surpris par la chute de ces matières. La vapeur d'eau chassée des volcans en quantité aussi énorme se condense aussitôt qu'elle arrive dans les régions froides de l'atmosphère , elle forme des nuages souvent fortement électriques, qui donnent • naissance à des éclairs, au tonnerre, se résolvent en averses torrentielles et tombent sur le volcan et ses pentes, entraînant les cendres et les blocs de lave en torrents de boue. L'eau de ces pluies contient quelquefois (Etna, août 1852) de l'acide sulfurique: elles noircissent et brûlent alors la végétation du pays sur lequel elles tombent. Aux eaux de ces pluies il n'est pas rare de voir s'ajouter des courants d'eau provenant de réservoirs souterrains ou produits par la fonte des neiges qui recouvraient le sommet du volcan.

Les éruptions volcaniques ne sont pas toujours accompagnées de phénomènes violents. « Ainsi l'Etna montre quelquefois à ceux qui l'habitent et à toute l'île sicilienne un feu d'artifice d'une beauté et d'une étendue que l'art ne saurait créer : tel était le spectacle qu'il présentait le soir du 8 décembre 1868. Par une atmosphère calme, il s'éleva au-dessus du cratère, couvert de neige, une énorme gerbe de pierres incandescentes et de scories, qui atteignit une hauteur de 1000 à 2000 mètres. Des traits de feu retombaient tantôt dans le grand cratère, tantôt décrivaient des arcs paraboliques avant de retomber sur le côté extérieur du cône. Ce spectacle dura pendant trois heures; on le vit très-nettement de la côte, à Palerme, à une distance de 21 milles allemands, et de Malte, à 28 milles. C'est seulement après minuit que la force cruptive du volcan diminua par degrés : les masses rejetées furent lancées moins haut , elles ne s'élevèrent plus au delà des bords du cratère, et ce beau spectacle était évanoui avant le lever du soleil. » (Von Rath.)

Une conséquence immédiate de l'activité d'un volcan est l'augmentation en volume de son cône d'éjection par suite de l'accumulation autour du cratère des matériaux rejelés, qui sont l'origine de la montagne volcanique et qui contribueront plus tard à l'accroissement de sa masse. C'est ainsi que le cône double de Montirossi, élevé de 800 pieds, parasite de

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