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Traité de grammaire syriaque

Le manque d'une grammaire syriaque écrite en français justifie suffisamment, croyons-nous, ce livre. Nous nous sommes inspiré, en le composant, des travaux les plus récents, parmi lesquels ceux de M. l'Abbé Martin en France et ceux de M. Nœldeke en Allemagne occupent le premier rang autant par leur valeur que par leur importance. La première partie, traitée au point de vue comparatif et historique, a reçu des développements que comporte le sujet; car une connaissance exacte des lois de la phonétique et de l'orthographe est indispensable k celle des formes. On verra par les citations, que nous avons largement mis à contribution les œuvres grammaticales de Barhébreus, qui sont le document ancien le plus complet que nous possédions sur la grammaire syriaque.

Les quinze premières feuilles de ce livre étaient tirées, quand parut k Leipzig la grammaire syriaque de l'illustre professeur M. Nœldeke. Nous n'avons donc pu la mettre à profit que pour la syntaxe que nous n'avions pas encore achevée. Elle a été pour

nous d'un grand secours; nous ne pouvions mieux faire que de suivre son excellente méthode, qui en fait une œuvre de beaucoup supérieure k toutes les grammaires syriaques précédentes.

Avons-nous atteint le but que nous poursuivions? Nous savons combien un travail de ce genre prête le flanc k la critique; certaines parties peuvent être facilement attaquées. Nous nous défendrons, cependant, de ne pas avoir adopté la nouvelle théorie, qui envisage la plupart des racines faibles, notamment celles concaves ou géminées, comme d'anciens bilittères imparfaitement développés !. Quelque spécieuse qu'elle soit, cette théorie ne sera définitivement admissible que lorsque les sérieuses objections qu'elle soulève, auront été écartées.

Un volume aussi détaillé que celui-ci, est difficilement abordable à ceux qui commencent l'étude du syriaque; cette raison nous a conduit k mettre, en tête, des tables complètes qui, par elles-mêmes, forment une grammaire élémentaire. On pourra, pour se reporter aux explications données dans le corps de l'ouvrage, consulter la table analytique qui se trouve k la fin.

Nous avons ajouté une liste des principaux termes techniques et des divisions en usage chez les grammairiens syriaques. Cette liste a un double but : faciliter la lecture des traités grammaticaux des auteurs indigènes; fournir quelques données pour l'histoire de la grammaire. Elle est suivie d'un index des mots d'une forme rare ou exceptionnelle, qui ont été expliqués dans les deux premières parties.

On voudra bien parcourir les corrections et les additions qui se trouvent k la fin du volume. Les fautes restées dans le texte,

1. V. A. Mtiller dan» la Zeitschr. der D. M. G. XXXIII, p. 698 et Bernbard Stade, Lehrbuck der hebr. Sprache, Leipzig 1879, § 143.

malheureusement en trop grand nombre, trouvent leur excuse en partie, dans l'éloignement où nous nous trouvions du lieu d'impression, en partie, dans la confusion a laquelle prêtent quelques-uns des caractères syriaques. Nous avons relevé les plus importantes et négligé celles de ponctuation, faciles a reconnaître. En terminant, nous adressons nos remerciements a M. Vieweg, éditeur a Paris, et a M. Holzhausen, imprimeur a Vienne, pour les soins qu'ils ont donnés a cette publication, dont ils nous ont rendu la tâche aisée.

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