I. Du SYEIAQUE EN GÉNÉRAL
On sait que le nom de Syrie est d'origine grecque, Zupta, et qu'il a été formé de Acaupta pour désigner la partie occidentale de l'empire assyrien, en deçà de l'Euphrate K Le nom primitif de cette contrée, seul connu de l'ancien testament, est Aram, OPR; on distinguait: p^ Br% rDtt tf% iTT\ DT£, rÇÇfc DT£,
BTBÏ OUk El* H® ou DT*I nn#2- QueIle qu,ait été la position primitive d'Aram, ce nom fut de bonne heure étendu aux populations de la Mésopotamie, qui parlaient la même langue et qui étaient également vouées a l'idolâtrie, et araméen finit par devenir aux yeux des Juifs monothéistes synonime de païen, à peu près comme le mot 13. Cette acception passe dans la langue syriaque même, comme en témoignent les nombreux endroits de la P'âiftâ où V*so*j et V^^ traduisent l'original ëXXyjv et eXXiiveç (v. Thésaurus, Payne-Smith, sous <<3|). On comprend dès lors que ceux qui embrassèrent le christianisme, s'empressèrent d'accepter le nom de Syriens que leur avaient donné les Grecs, tandis qu'ils réservaient celui d'Araméens pour les habitants des villes idolâtres, comme Harran en Mésopotamie. Le syriaque, a proprement parler, est donc la langue des Syriens chrétiens et son histoire est intimement liée a celle de l'église chrétienne en Syrie. Cependant le mot araméen ne cessa
1. V. Renan, Histoire des langues sémitiques, 4* édition, p. 213 note.
2. Y. Journ. asiatique 1835, p. 214 et suiv. Selon M. J. Halévy, Mélanges fépigraphie et d'archéologie, p. 72 et suiv., l'Ar&m biblique, y compris Haran, Bêth-Naharaïm, Paddan-Aram, Our-Kasdim, doit être placé dans la Byrie ciseuphratique, à l'exclusion de la Mésopotamie.
pas, d'une manière absolue, de désigner la nationalité; il se rencontre souvent, du reste, dans les Ecritures comme nom de peuple, là où le sens de païen était inapplicable; araméen et syriaque étaient donc aussi synonimes. Dans la littérature talmudique, pareille confusion existe; quelquefois, néanmoins, le 8y riaque, "OT© JW?, se dit du dialecte vulgaire de la Palestine, et l'araméen, 'tt^lK ptÊH, du dialecte vulgaire de la Babylonie (Bâbâ qâmâ 83 a et Sota 496). Les Jacobites firent aussi une distinction : ils conservèrent la forme V^f dans le sens de païens, mais ils prononcèrent V^°'l dans celui d'Araméem, par dérivation de &) (Gen. 10, 22) !.
Aujourd'hui, on groupe sous le nom d'aramaïsme les anciens dialectes sémitiques de la Babylonie, de la Mésopotamie et de la Syrie proprement dite, auxquels on joint le samaritain et le palestinien qui se substituèrent a l'hébreu dans la Samarie et dans la Judée. Dans ce groupe, Taramaïsme chrétien ou le syriaque forme la langue la plus importante ; il se divise lui-même en plusieurs dialectes littéraires ou vulgaires.