‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 106 sur 209 · Pa'el et èthpa'al servent de paradigme aux dénominatifs · texte numérisé non relu

Pa'el et èthpa'al servent de paradigme aux dénominatifs

1. Dans ce verbe le sens neutre (caêtra movit) vient de l'actif, comme les verbes qui ont le sens d'oter, enlever (le* tentes) ont aussi celui de partir, comp. VÔa, JJDJ, néo-hébr. 7IM, creafpco dvaXuco àvourcaco; aj. *^}* sangler et partir, |f-a» délier et se fixer.

2. V. Elias de Tirhan, chap. XXIV, qui confirme le dire de Barhébrœus et cite les mêmes passages.

quadrilittères qui ne diffèrent des trilittères que par l'absence du redoublement : ,in\^ faire des disciples, l%n\f/\ devenir disciple, *-£*&£> appauvrir, ^nwv>^.t « appauvrir de ^É^rnsn, , mSoZ| * isoler de yniSn seulement, iUacZ] tourner le dos de |Skao derrière, wij^oil} *e /atre homme de *»igO, <nnS?i| s'opposer de flnnnN? adversaire, celui qui est en face, *f+&9 faire patriarche, «AâttâZ) devenir évêque (èrciaxorcoç), s^f^° accuser de xanfJYopo;.

Le syriaque a aussi des formes étendues, ^J^o^.) devenir gouverneur de xu(kpvifrn)ç, ,-Ai-tfffiZj devenir chrétien, ^^j^^>£\ devenir métropolitain*. Le youdh d'un participe ou adjectif demeure dans Jfluasij # /W permis de >mi«^ f*^^l augmenter de r-**-», «-4*^1 tomber malade de «-»jfi (Didasc. apost. de Lagarde'5, 17 ; 80, 16).

195. Pa'li. Quelques verbes ont la forme pa'li, c'est-à-dire, un pa'el sans redoublement, mais avec un suffixe i. Ces verbes de formation secondaire substituent la forme externe à celle interne et se conjuguent comme les pa'el des lâmadh-aleph ; ils comprennent, en majeure partie, des dénominatifs et des mots importés : ^a^ emmener en captivité 1^^, ^^ et **?r^4 être privé de, comp. >f*>, ^r* réjouir, comp. £J», ^jo^s ôter le voile l»^j, ^b^L familiariser de !&-*£>, wè<n^£> effrayer, hébr. rîn^3 et fDTQ terreur, >*b~2. soumettre de h~£ sous, *+j~A altercari de \iTA al ter, ^oi^z) être préoccuperai. Les lexicographes ajoutent ^•fcio étendre de %mMo, >éV>éé/ contrôler de >q^l, ^js^I sortir, se dà du /n«&, de ^; sêjoSà. nourrir est d'une forine incertaine; tO^L vient de *il, § 22 d.

196. Par'dj également usité dans les targoums et en néohébraïque, est une forme analogue à pa'el, où le redoublement est remplacé par l'allongement de la syllabe au moyen d'un riS, § 117 ; tels sont V^ rouler, Vifs* enchevêtra*, \2f* supplanter, 4^if£ mutiler, Mr* mettre à nu, ^\jw pousser des rejetons, +£ douter, ^s^ souffleter, ^o^ solliciter (Ephr. II, 440 a). Rio est formatif dans ces verbes, car on rencontre la forme pa'el avec un sens un peu différent, comme \]±jUer, ^Ls varier,

1. Ce verbe était cependant considéré comme une mauvaise locution, Bftrhéb. I. 148. 23.

De ]***A consanguin, on formait un pa'al ^r*** avoir de Vaffinité.

**s^ frapper } mais il est euphonique dans les radicaux faibles redoublés, dont la seconde radicale avait été éliminée et la consonne suivante, redoublée, v. § 201; il est dans ce cas produit par dissimilation, § 117, ^*^f^ être humble, >û^ murmurer, %lj4 bouillonner, bouillir, ui^j-j barbouiller, V9js-£} jouir, ^£>j-o-4 être effrayé.

197. Pau'el ou paVel. Cette forme, qui se compare avec l'arabe J*^», v. § 86, ne comprend que peu des verbes : r&zs, plus fréquent j^»m supporter, M*^ enflammer, <-9-£o^ associer, fDou tordre, r^-* repousser, \rM£i^ ètrfi changé J^.

198. ApKel et ettapKal suivent la conjugaison de pa'el et èthpa'al ; ils ont j comme caractéristique, au lieu du redoublement, mais au passif aleph formatif se confond avec le préfixe du réfléchi A, dont le taw redoublé est écrit deux fois ^fc^x?, par distinction de èthpa'al ^okaZ|? p. 99, note 1. Il y aurait eu quelque chose de choquant k écrire trois taw de suite aux personnes de l'imparfait qui ont un taw pour préformante ; on n'en mettait donc que deux ^ob^zz elle a été écrite. Cette observation s'applique aux passifs des pé-aleph et des cé-waw, qui ont deux taw au parfait, §§ 204 et 210; cependant on trouve YuSlll Job 39, 18 K

Aph'el a le sens d'un causatif, jjq^ passer, j^m faire passer, vâoS s'habiller, > *nS| faire habiller, vêtir, \ja savoir, \io\ faire connaître, Ul venir, ^fc-»i faire venir, amener.

Ainsi on s'explique que le verbe à cette forme reçoive parfois un double régime ptmio ^«naJ^f chaussez-le de souliers, Luc. 15, 22; \^n mS^I il la fit entourer d'une haie, Matth. 21, 33. L'action double se divise logiquement et chacune a son régime (faites lui chausser des souliers).

Dans un autre sens, il est inchoatif, comme nos verbes neutres réfléchis et les verbes grecs et latins en axw esco, ^fl hmi) ^>lf lucescit, splendescit, coruscit, Sa«f albescit, *nYim* rubescit, <-a»'l s' éloigner, (caus.) éloigner, Va*| partir, (caus.) faire partir, — ^1 et j-à*f réussir, prospérer, Vaj»| agir sottement, ^r>J devenir lépreux.

1. Du reste, le syriaque ne répagne pas à récriture de trois consonnes de suite, V^2| se montrer insensé (Anal, syr., 3, 27), | / <■* WV> fondée de ^à-v. Sur la forme apocopée de l'impératif èttaph'al voyea § 193.

Aph'el forme des dénominatifs actifs (causatifs) ou neutres

(inchoatifs), <c j*| anathématùer de >cf**> ^>f°i combattre de V^f0 approche, combat, ^^o) devenir roi ^»o, W prendre un secret, dévoiler de |p|, ,-£u<5i tenir pour *#r ^^o), croire, f*| tenir |xmr

crat faj-s* ', ^dàiof rendre faible ou êfre faible de \*nâio (ancien participe d'une racine inusitée %ol, néo-bébr. ?1fi ê£re malade, hébr. "^JJ maladie), ^of| et ^o] accoupler de V^ol yowgf (aph'el ne se dit que d'une paire, pa'el se dit aussi de l'union matrimoniale, Barhébrseus, II, v. 1096), %o^} agir en impie Po^, ^a^, annexer, de «La^ auprès.

Comme inchoatif, aph'el se trouve k côté de p"al, sans différence de sens +»<* et *fS<n) tourner, s£>ka et *£>h*\ écrire; ou a côté de pa'el, ^i-i et ^2.) fortifier2.

Cependant cette tendance d'aph'el à se généraliser n'a pas été suivie par son passif. Ettaph'al est assez rare et parfois aph'el emprunte le passif d'une autre forme, soitèthp"el, Vlioz) foSM lâcha] %**£, passifs de Oàio^ >a£*4 iLxo] vLJ, soit èthpa'al, ^aM^4 +»<*£] de *ûmj| +3<n\.

Dans les verbes qui ont reçu deux acceptions, pa'el sert souvent pour l'une et aph'el pour l'autre : ^oh sauter de joie, ,-oji pleurer un mort, *£>fD offrir, *£>fO| combattre, *-*^ fendre, **^>jl réussir, \L** nettoyer, %J( profaner, \^d recevoir, \j&d\ aller à la rencontre, *\ accuser, ^XA faire reposer^, *i± déménager, *!*) perdre la raison, \\± interroger, \Vm prêter, Va3 amollir, \lâ| lâcher, **j-é* commencer, *++*>) faire habiter, *la répondre

(s. e. pa~ ka), ^lsf diriger.

199. SapVel et eëtaph'al sont les formes fortes du causatif. Les nuances qui les distinguent d'aph'el et de ettaph'al sont légères ; elles sont encore sensibles dans Mo) faire connaître, annoncer et ^?o-a- indiquer, mentionner, j*©l tarder (de *++*) der-

1. Dans ce sens, pa'el est aussi usité ^°?1 tenir pour juste *û*?l,

hébr. p*ian.

2. Comp. en hébreu K|p et W)\X1 rendre jaloux, DP3 et D^SH irriter, Piryp et JVHtffl êe corrompre, 2¥1?? et ^0? écrire, tandisque SÇD est employé dans un mauvais sens.

3. Le premier sens est celui de cacher, comme t^; de là abriter et une accusation, y. Elias de Tirhan, p. 45, 16.

nier) et f»a4, retarder qq., Iiésiter, *&±o) étendre la main, ordonner, consacrer, tn^ agir, ,^Sà> faire esclave, ]ra^y **N»f pousser, germer, ^hNé»*» changer.

D'autres verbes qui ont Saph'el, n'ont pas aph'el, *jl£ls, glorifier, >àSvi4> accomplir, ^X^a, achever, 1*0*, rendre solitaire, *£>oul** enflammer, hébr. 3n? flamme, \T± flatter, comp. j3S cajoler (on a vu dans ce verbe une racine ^,«* et on a fait un p"al ^,-a», Eph. III, 673 d; carm. nisïb. 9, 48).

Eâtaph'al se forme régulièrement, ^ooà-^J promettre, ^\\r *| s'élever, se glorifier, v^^fc-a,} aimer à croire; f**-aj être de reste a été simplifié de ^Loh^\ demeurer.

Sur la forme apocopée de l'impératif, v. § 193.

199 bis. Saph(el et fotaph'al sont des formes de causatif que présentent quelques verbes seulement, où ^» apparaît au lieu de ^, sans autre différence dans les flexions : ^m+n hâter ou (incboatif) se hâter, s£><jôki&| être pressé, \ nnw combattre, se porter

en avant, Vdoàj»} se présenter, survenir, ar. ^JJj^»!, targ. Prov. 12, 27, ^2pDDK, >*»*» soigner, comp. *jc\, *dJ£ vider, comp. pH )1aai, >*—» chanter, comp. rUH \

La forme tapKel ne se rencontre pas en syriaque, on trouve en hébreu TJ*lfl conduire, comp. V^r* égarer, Chrestom. Knos 112, v. 71; le taw que Ton trouve en tête de radicaux, où il ne paraît pas appartenir à la racine, s'explique donc par une forme réfléchie ramenée à la forme simple, comp. joLl et wm5 blâmer, \£>£ rechercher et )Lo chercher, * n2$ faiblir et wol être vaincu, \a± avoir confiance, ar. ,J£> et «jioj de J^j 2, ^e^ &re anxieux et *£>la ê£re souffrant 3.

Quand èstaph'al et èstaph'al avaient un sens actif, on en tirait un nouveau passif au moyen d'un second taw, ^?o2i^|

être rendu notoire, public, ^]o<Lb-±] être rendu à la vie, ^<3th^ljo\ être activé; on disait dans un sens figuré s£>ot S / h a,| être en-

1. Dans le sens de marcher qu'a KJC en néo-hébreu, c'est un saph'el d'une racine ga j-a*» la racine V^ ayant le sens de être nombreux.

2. Comp. ^a© qui croit, ?-£al-^ôio attente, Bar ali 5910 et 5911 et

Elias de Tirhan, p. 46, 20.

yy

3. \î£ n'est pas à comparer avec l'hébreu 1T1V1 ou min, mais avec K3D de la gemâra et H3tf de la miana, par permutation de noun en ris.

flammé d'amour (Barhébrœus, I, p. 142 pénult), mais ces formes artificielles ne paraissent pas avoir été très-usitées.

200. Pa'lel et eihpa'lal, rares dans les radicaux forts, comprennent auelques dénominatifs <pjs réduire en miettes )&**+*, §242, if*£><^ être brutal ^^r^? Qn<"M être paresseux )iin»; de radicaux faibles : <J©<"^| se mettre dans l * esprit po<n, ^à^q^j l'éclipser de V^* cessation, woé>z| ëfre A^J^ de J^oo grossier, "a^-£j ruminer de l^o^, ar. JP^-1, woo^J *e refroidir de \hz& froid K

201. Radicaux redoublés. Le redoublement du radical indique la répétition fréquente de l'action, le fractionnement, la diminution, comp. § 242; on le trouve dans quelques radicaux forts, où il n'affecte que les deux dernières radicales : foN^nS»/! sommeiller, >oVinN/J être esquissé, dessiné, ^o^û^aZ] être noirâtre, comp. rflrntîttf et Ewald, Lehrb., § 157, ^v^o^l être muselé, rendu muet (Barbébrœus, I, p. 141, 1. 23). Dans ces mots, le redoublement des deux dernières radicales était d'autant plus facile, que c'étaient des consonnes faibles. Quelques l&madhaleph ont aussi cette forme, ^»1o}mZ| se faire regarder, ^Joi^z) être blâmable, v*JolLoZ) être compté un à un, iSnS^| faire le jeune homme, ^JoJfcj») se faire détester, >àSnS^ avoir une forme penchée, *^aL*£| faire sombre, >éSnS^zt se manifester souvent (Barhébr., I, p. 141, 1. 23; p. 142, L 1*7). La seconde radicale était également une liquide ou un zaïn, qui participe de la faiblesse des consonnes2; le waw était un renforcement de youdh, avec lequel il permute dans les formes fortes, § 104, 1°.

Mais c'est principalement dans les cé-waw ou les double -'é que le redoublement du thème est usité; ces radicaux sont traités comme des bilittères et se confondent dans une même forme palpel, ethpalpal : }£>}£> dépouiller, N«nwn mettre en pièces, ry^ traîner, ïwtw charmer, » a fr * 3 crépiter, fio^io aigrir, irriter, ^yA moutoir, troubler, \\\\ exciter la tempête, \ *Ss souiller, r-ûlo disposer harmonieusement de )Méo mélodie, ^r* célébrer

une fête J?V*, îofei exalter, s^rV^l désirer ardemment, ^^>h^,] atxrir des JiaUucinations, comp. hébr. HÇ^Ç ^j?*?î? k côté de la forme ordinaire D©1p 331D.

1. Ces formes ne sont pas identiques à celles hébr. 331D, DÇlp, qui se déVeloppent de la racine et non pas d'un nom.

Page 1