Chapitre VI
Des verbes dérivés.
190. Les dérivés du verbe simple ou radical sont au nombre de sept : trois actifs, pa'el, aph'el et êaph'el ; quatre réfléchis, formant le passif du verbe simple et des trois actifs dérivés, dont ils se distinguent par les voyelles et la particule des réfléchis 4, v. § 173, 4°. Cette particule s'agglutine en tête du radical ; si celui-ci commence par une sifflante, le taw du préfixe passe après elle, en se modifiant suivant la nature de celleci, v. §41.
191. Le passif du verbe simple *£>bx>z\ a pour voyelle de la seconde radicale e par opposition à l'a de l'actif et garde cet e dans toute sa conjugaison. Quand e tombe dans une syllabe ouverte, la première radicale a la voyelle a, b&h*^ 2^h*>A{m
L'impératif ramène l'accent tonique en avant, la voyelle de la deuxième radicale tombe et il naît une forme apocopée *£>&fi^|, avec marh'tânâ.
Cette forme s'étendait à tous les verbes, autres que les lâmadhaleph, même a ceux qui avaient une gutturale ou un ri§ : \iôL-àr| j£?z| ^ômZ] ui^e^l » iiSqzj. Dans ces cas, ou lorsque la dernière lettre était une liquide, on devait faire entendre un e ouvert pour la facilité de la prononciation V^w.J ethJjiaml*] mais si c'était une muette, elle s'appuyait sur la précédente et elle était dure *£&L4 eihkatb, v. § 123 b.
Ethp'fel a encore quelquefois le sens réfléchi, \|fc-â,J se faire prier, refuser, xopatTéofJica.
192. Pa'el se distingue de p"al par le redoublement de la deuxième radicale et les voyelles qui meuvent les deux premières radicales.
Dans les verbes dont la deuxième radicale n'était pas susceptible de redoublement, § 115, la voyelle légère a demeurait sans s'allonger. Cependant les Nestoriens prononçaient le p'thâfrâ comme z'aàphà dans les verbes qui avaient rié ou fé, comme *£>r^ s»^ ^£>; il faut excepter les trois formes |f*J |j-* ]+**£> de **+** commencer, où le riô renforcé supportait le redoublement (Barhébrœus, I, p. 132, 1. 6, v. ci-dessus §§ 48 et 115).
A la première personne de l'imparfait, la première radicale était également redoublée *£>kôj Jiê|; v. § 13b fin.
Pa'el indique la répétition de l'action exprimée par p"al, \m±c frapper, >*mV> f rappel" de coups, %^as séparer, * M>q mettre en pièces, Jj-i pousser, ^j-J repousse»9, ^n^ récolter, %ftnS glaner ; il embrasse plusieurs choses, jas Ker 99., jas Zter ensemble, embrouiller; et se prend dans un sens figuré, %a^£ couper, ^i-ù torturer (se dit des douleurs), )i£> construire, vUc édifier, consoler, ^r© semer, ^ disséminer, >o»i aimer, >a*rf avoir pi&e.
Quand p"al est neutre, pa'el donne le sens actif, né^o être usé, mSd user, *£>+& s'approcher, *£>fD approcher, offrir , <-ûi*? brûler, *û^? enflammer, p, s'incliner, ^^, fléchir, prier. Pa'el est doublement transitif, quand p"al est transitif, «-»^3 vaincre, ^^ /atre vaincre, ^L^ gouverner, J^m, faire gouveimer, ïqK •■ signer, ^cL* faire signer. Dans ce sens il confine k l'aph'el, le vrai causatif.
D forme des dénominatifs, *£><*? dorer de V^?, Ja^ mettre en ordre de l«a^, ^aa^ former de V430^ Qflw, N>k£> déflorer de )&.^ofr-o vierge, owSûa» nommer de I&l*,, par renforcement d'aleph en hé, § 33 a, ?o| approvisionna* de J?o1, ^09 dilater de V*°> vew<.
Pa'el peut avoir un sens neutre, comme intensif de p"al : *à\ s'en aller (Barhébrœus, II, v. 966), va*, déborder, se répandre (id. II, p. 105, comm., 1. 11) ^4io arriver peu à peu (Esth. 4, 3; Jean 4, 35, on se sert aussi d'aph'el, Barhébrœus, I, p. 106, 1. 20 et 22), +Lm aller (pa'el a même évincé p"al inusité, l'hébreu a les deux formes, Ewald, Lekrb., § 120 d).
Il réunit parfois le sens actif et le sens neutre, *i± partir et changer \ ^]^ priver et être privé (Barhébrœus, I, p. 94, 1. 10).
193. Ethpa'al sert de passif à pa'el, dont il se distingue, outre le préfixe 2.\, par la voyelle a de la seconde radicale qui est redoublée.
Chez les Jacobites, l'impératif est apocope, comme celui d'ètlip'^el *£>h*>£]f mais avec cette différence qu'un e ouvert se fait entendre après la seconde radicale, marquée de m'kagg'yânâ; la dernière consonne était donc aspirée, quand c'était une muette sujette k l'aspiration et on prononçait ethkath'bh, v. § 1236. Les Nestoriens ne distinguaient pas l'impératif du parfait ; Barhébrœus (I, p. 154, 1. 1), prétend que la forme apocopée se trouve encore dans de nombreux passages de la Massore nestorienne 2, cependant la forme pleine était la plus ancienne, car les autres dialectes araméens et les anciennes poésies syriaques ne connaissent qu'elle (Mand. Gramm., p. 229, not. 2).
Les Jacobites prononçaient aussi >o»^| aie pitié, k cause de la gutturale, Matth. 9, 27, Barhébrœus, p. 153, 10.
Ils avaient encore la forme apocopée k l'impératif des passifs de aph'el, àaph'el ou saph'el et des radicaux redoublés, *£x»tadvt ^^1, Barhébrœus, I, p. 155, 1. 23.
Souvent èthpa'al a encore le sens réfléchi : \^>k»| se rendre intelligent, comprendre, r&?4 s'étonner, admirer, *&***£] se rendre compte, réfléchir; surtout dans les dénominatifs, ^4 se faire chair de \r^7 ^r^l avoir conscience de V^°> t&rg. JPTIOrKtfK avoir connaissance de JH1Û, 2>Jiûi»i} se mettre en colère de )&^û», ^-±n] devenir prince U-é-^, vr*0^ devenir maître. Le syriaque jouit d'une grande liberté dans ces formations, comp. à-*lo?)i ,©0 v^*?]^., Chrestom. Mich, p. 34, 1. 5; «tu fais le zouz (pièce de monnaie courante), mais tu seras traité en pièce fausse », c'està-dire, tu t'enorgueillis, mais tu seras méprisé, de y[o\ et \*\\.