Chapitre IX
Des verbes avec les suffixes objectifs.
220. a) Les verbes prennent les pronoms suffixes du régime direct, a l'exception de ceux de la troisième personne du pluriel, masc. et fém., qui demeurent isolés, mais perdent leur bé, vajf ,-Jf de vaJ<n eux, ^-âJoi elles, § 174.
En s'agglutinant au verbe, les pronoms sont réduits à leurs éléments les plus simples; celui de la première personne du singulier conserve cependant le noun, qu'il n'a plus quand il est suffixe d'un nom.
Les suffixes de la seconde personne ont kaph au lieu du taw de la forme isolée.
b) Quand le radical verbal est terminé par une consonne, les suffixes s'ajoutent selon la forme suivante : ^J + *x> « « ^ vo© ,-*«. Si l'on prend comme types de comparaison les suffixes de l'arabe, qui a conservé intact le vocalisme, ^ ^ <âf i ou * Ubji £Sf il devient évident que la voyelle qui unit en syriaque le suffixe au verbe est une ancienne voyelle finale qui, en devenant quiescente à la fin du mot, a passé devant la consonne, § 97. Il en est ainsi, du moins, pour les suffixes de
la seconde et de la troisième personnes du singulier ; quant à ceux de la seconde personne du pluriel, leur voyelle étant immuable dans une syllabe fermée, ils s'annexaient au moyen de a, qui n'est pas demeuré dans une syllabe ouverte, mais dont l'effet est encore sensible par l'aspiration du kaph, § 125. Cette voyelle est demeurée avec les suffixes de la première personne ^*J v , dont le singulier ne se distingue du pluriel que par un youdh quiescent.
Les personnes du parfait terminées par une consonne, qui prennent les suffixes de cette manière, sont la troisième masculin et féminin et la première du singulier, *^>ke b^b* 2>x>2^ ; cette dernière ne laisse pas reparaître Yi final, qui a passé devant le taw, § 180, mais dont l'influence s'exerce encore sur le verbe avec un suffixe fort, comme nous allons le voir. L'annexion opère dans le verbe un changement de voyelles, nécessité par la nature de la syllabe en syriaque, § 96 : de
*£&a on dit ^àlnfrn ^onofro ; de à-oà-o, >aJ2^o^-d aoft.g£o,
comp. MJ13TO ^xXjJsÉ • de à-oà-o, >+2b&&s> .... .oo2ioka; comp.
Les verbes qui, ayant e au parfait, ont pris un sens actif, laissent reparaître cet è, ^JM^£> elle m! a conçu, muta*?* je Vai aimé.
En dehors de la première personne du singulier, une voyelle finale se maintient devant les suffixes, dont elle évince la voyelle initiale, si elle ne se contracte pas avec elle : oc^a fait *Jaô:*o ^o£2*o ; la contraction des voyelles en diphthongues a lieu avec le suffixe de la troisième personne du masc. sing., par suite de la faiblesse du hé qui devient quiescent, ^<no£>2*&, §52, w*4uà^&A wnjicuk£)à-g? où **<* est diacritique, § 62, mais
dans y*~\Y\nhrs la voyelle du suffixe se fait valoir par distinction du suffixe du masculin ^Joo^o.
La voyelle finale â apparaît : à la seconde personne du masc. sing. ix>2>^>, comp. ÇDftÇ V-*?J^5 a 'a première du pluriel <-£>**», comp. liiiÉ ^PÇ ' ^ la troisième du féminin pluriel >l£>ka, ce qui indique une forme antérieure kathabâ (usitée encore dans
1. Sur la prononciation aspirée du taw à la troisième personne fém. ▼oyex $ 123 c.
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zedby G00gle
les targoums et en éthiopien, v. §§ 87 et 180), excepté avec les suffixes forts , oacka; après les terminaisons fortes du pluriel ^o ^ >Éiioo?vn vâiVê^n n^jjo^-oz^ ^i^x^x-. ..ha^\^i ^n^^ ainsi en arabe a se fait entendre après le noun des désinences du pluriel o>^*£.
Les deux formes du pluriel ac^) vao^, fém. «ïnhr. ^^^s § 180, étaient également usitées avec les suffixes; on trouve aussi le féminin écrit sans youdh ^qi*iMni,f p elles ne le trouvèrent pas, Anal. syr. p. 87, 1. 15, v. ci-dessus p. 60, note 1 et Barhébrseus, I, p. 122, 1. 25, et «i^r^, <*J^, id. p. 76 ult.
c) Les personnes de l'imparfait terminées par une consonne s'adjoignent les suffixes suivant la forme ci-dessus, excepté ceux de la troisième personne, qui sont précédés de i, ^qinâO?>r.i ct èDfsni, ainsi en hébreu les suffixes sont annexés à l'imparfait avec la voyelle e et au parfait avec a; cet i peut être comparé avec la voyelle finale de l'imparfait arabe <4*^o comp. p. 173. La forme <n o?vni sans youdh était aussi usitée et régulière (Matth. 8, 13, Act. 15, 38; Barhébraus, I, p. 102, 1. 8; 122, 20; 133, 24; 134, 3, 10; 150, 10).
La troisième personne du féminin prenait les suffixes comme la seconde du masculin: >é1\étpz j1éV>.é que ta droite me secoure, Ps. 18, 36, comp. Ps. 118, 13.
Le youdh quiescent qui suit dans quelques cas la terminaison in de la seconde personne du féminin, § 181 fin., devient quelquefois articulé devant les suffixes : véIéIoo.z? pour que tu (fém.) me captives, *iéi*\£iZ que tu me pilles (fém.), Barhébrseus, I, p. 74 ult., 101, 1. 19X; Î03, 4; 139, 6.
Les terminaisons du pluriel . o . inséraient à entre le verbe et le suffixe, ^<n.àioor\ni >é11q2isJ. La forme <nJo£>£*&j est également usuelle, Job 37, 3, Hos. 5, 6, Act. 23, 2. 10. 24, Jacq. 5, 14, Barhébrseus, I, p. 123, 1. 7; 134, 4. On trouve aussi une forme apocopée, analogue a celle du parfait, ^«ooksJ, comme dans Matth. 8, 25 : ^<jio^j?, Apoc. 22, 3 : ^qiasvi à i suivant quelques manuscrits, comp. Mand. Granvm,, p. 278, note 1.
Lorsque l'imparfait était pris dans le sens d'un impératif (volontatif ou précatif), il s'annexait les suffixes de la même manière que celui-ci >+! * no a ±L j3 ne m'abandonne pas, véS\;. V
ne nous induis pas, Luc. 11, 4, comparez Elias de Tirhan, chap. 29 fin; aciiS// que tu le donnes, Barhébraeus, I, p. 76, 1. 19.
d) L'impératif se distingue par ses formes lourdes : il prend les suffixes avec une voyelle â (ai) que nous avons déjà, constatée dans les lâmadh-aleph, § 213 S; en outre il conserve les voyelles légères dans une syllabe ouverte, >»1éoo2ip ^ol^o&a (Ll£)oLo (par contraction de k'thoubayâh, § 104, 2°) ^-àôoLe. Les voyelles légères demeurent également k l'impératif de pacel ou aphcel, ^i+ifé, ^<n iNon, <n-àûb|; elles tombent généralement au pluriel écourté : ^mohr^} aginàoV ; mais, **<n iinà^iV (Barhébraeus, I, p. 148, 1. 13, 18 ; 149, 20 ult. ; 150, 20). Quand la seconde radicale est une labiale, § 93, 2°, la voyelle ou du pluriel se reproduit souvent comme un écho devant cette consonne : vAoïofLooj Matth. 10, 27, >*Jnsv>oV Gèn. 23, 8, *-k*o^>o?
Jean 18, 31 etc., (comp. Barhébraeus, I, p. 146, 1. 19 k 24; 148, 7 à 9, Elias de Tirhan, chap. XV). Le même effet se produit entre deux emphatiques, § 93, 3°, wtUoLâ^, Barhébraeus, I, p. 146, 1. 22. Hors ces cas, la voyelle ou de la forme passait de la seconde radicale sur la première aux pluriels écourtés, mais elle demeurait sur la seconde aux pluriels forts : uqioolofl ^qujJoQoZ^ (Barhébraeus, I, p. 122 ult).
Le féminin singulier présente la forme étendue que nous avons déjà rencontrée k l'imparfait, >é ui»ro^ >é ur»|ag> de £ iaL3, Mi.iiSilJ de l'aph'el W|l (Barhébraeus, I, p. 74, 1. 23; 101, 16; 103, 2; 138, 8); mais elle était peu usitée.
*û<w donne perdait sa voyelle au pluriel chez les Jacobites,
v*«ûûOT «o£>oi, mais il la gardait chez les Nestoriens, *+mo£iè%
oiooct ; au smg. masc, on disait ^<n^a<n ou *-*ou*£><ji mais «-*£><« ;
au sing. fem., ^oioaooi ôuaéx* ; au plur. masc, ^oiacoi. L'impératif s^uc prends avait des formes pareilles *+<*.*£& m àom mais ô*oûo (Barhébraeus, I, p. 147).
e) L'infinitif *£>kaio prenait les suffixes de la même manière que le parfait *£>£-©; quelquefois aussi il insérait i devant le suffixe de la troisième personne du singulier, comme l'impartait; on disait donc oir^nV) <k£>b^&o ou w»CTo»r>ftnV) (n-t^àtaLo
(v. 3/and. Gramm.j p. 278, note Ie). Les infinitifs qui sont
terminés en o, s'adjoignent les suffixes objectifs, suivant l'état construit Zo, § 281.
Les participes suivent les noms pour les suffixes.
à-*i il est prend les suffixes pour exprimer les personnes du verbe être; c'est un ancien nom ^-»M emph. VM existence x, qui prend les suffixes avec la terminaison ai, comme les pluriels masculins des noms, § 281 : **M je suis. ^*M fém. sta*&~») tu
es, *j*tob+) il est «-*à-»l elle est, r-*M nous sommes, . asufc-»! fém. ^-^cu^) vous êtes, vo«-»à-»| ifo aowtf, ^m-*^] elles sont Le négatif fc-*i> tZ n'e*£ pcw; composé de ]3 et M, reçoit les suffixes de la même manière.
221. Les suffixes avec les lâmadh-aleph. Les lâmadh-aleph ayant des désinences propres, se distinguent des autres verbes.
a) Au parfait, les personnes qui sont terminées par une consonne, comme la première, la deuxième masc. et la troisième fém. du singulier, n'offrent rien de particulier. La troisième du masculin singulier conserve la voyelle à de l'actif, même avec le suffixe de la seconde féminine, >-j£o ^j-o ^£o ^ou*^o etc.; mais les dérivés qui ont i, changent cet i en youdh avec lequel s'articule la voyelle du suffixe, naJUo» ^o» sta*a» ok*o» etc., de oon. La troisième personne du féminin singulier conserve la voyelle a chez les Jacobites <jià-*o*, les Nestoriens prononçaient avec â mhùoï • on admettait cependant une forme <n£-»a*. dans la Massore karkaphienne, v. Mand. Gramm., p. 285, note 2.
La deuxième pers. du fém. *-»£-* j£ prenait les suffixes comme
La diphthongue du pluriel oj— o se décomposait en deux voyelles, séparées par aleph ^Jo]^ ^oio|^o ; mais l'aleph étant devenu trop faible pour maintenir l'hiatus, on prononça ensuite qrawoun, q'rawoui et l'on écrivit conformément k cette prononciation ^éJoo^o wkoiooj-o ou, en maintenant l'aleph traditionnel,
1. Ce mot était très-usité, au lieu de 1^°!, avant le VIe siècle (Lettre de Jacques d'Edesse, éd. Martin, ?, 22; éd. PhUipps, ^, 2); voyez le pluriel V*^) dans le sens d'éléments dans Ancdecia syriaca, p. 49, 1. 1;
l'abstrait |<£oà*| est formé de k*l. Voyez sur ce mot Mand. GramnUy p. 293, note 5,
^toofa ^oicil^, v. §§ 56 et 104, Barhébr., Œuv. gr. I, p. 206, 1. 3; Chroniq. p. 216, ult. ^è<nooV*ào; Âssemani, Bibl. Orient. IH, I, p. 391; ^oioojj-à, ^oioopj». Les dérivés q*ééV> o*4 etc., faisaient ^VuééV^ ^ctq é «v> éIoéééj ^oioam|.
6) Les personnes de l'imparfait terminées en è maintiennent cette voyelle devant les suffixes. La seconde personne du fém. sing., outre la forme ordinaire >*iL*foZ, avait une forme étendue vaJul»^o1 (Barhébrseus, I, p. 112 ult., comp. § 220 c) et une forme poétique ^ouà^tZ y, qui étaient usitées dans le sens d'un impératif.
e) L'impératif masc. sing. prend les suffixes avec la voyelle qui forme sa désinence, i au p"al et à aux dérivés. Le fém. sing. a une forme simple, où la diphthongue ai se maintient devant le suffixe et où la prononciation est facilitée par un
ç wâsà, >^1a-» j-o ^oiaAApO «-a^o —*^o de ^fo ; et une forme éten-
due avec les suffixes de la première personne ^JLOa^o <-^»f° (Barhébraus, I, p. 112, 1. 25). Le pluriel masc. avait les deux formes ^«e|^-o et ^ouaJoJ^o (Barhébr., p. 113, 1.23), mais le féminin, la forme forte seulement, ^<n-o^o (Barhébr., p. 113, 1.24). d) Les verbes qui ont pour dernière radicale un aleph fort, § 214, prennent les suffixes comme les pa'els des verbes forts :
viJVt£> tK° «V^ *+o*oXa£> suivant les Jaco Dites, ^mo^ suivant les Nestoriens (Barhébrœus, I, p. 149, 1. 17), fém. plur. ^4l£>
^oi^V1^ ? imparfait >-J|-^£j tV^^3 ci^ûj ou ^<*cu]-éjqj oi^j^aJ ^3o]^oj .
impératif NAJUJiû comme naJU^ (Barhébraeus, I, p. 128, 1. 11), «*«u»)Iû ^<ji©Ia£> ou ^«rioVfcû, **<n^JolIû (Barhébraeus, I, p. 149,
1. 17), fém. sing. >êiQ*o ^*cncuV*-o plur. vàiiijio ^m è\è)in.