‹ Traité de grammaire syriaqueChapitre 145 sur 209 · Chapitre XX · texte numérisé non relu

Chapitre XX

Anomalies propres à des noms ou à des groupes de noms.

274. Les lâinadh-aleph de la forme V*^ \Q^J0 1°}~ 1+°* uc se rencontrent pas k l'état absolu, comme nous l'avons dit § 257 a-, il en est de même des quelques noms qui commencent par un waw : l^o port, \auo esclave d'importation £**'$, tyo rose >j£, V*'° ramier o^ji; Barhébrœus, I, p. 68, 1. 2. On cite encore MA cerf, ]i-**o été, auxquels on pourrait ajouter une longue liste de noms d'animaux ou de végétaux peu usités, comp. § 253 a.

De pa^ couleur, pooi intelligence, les Nestoriens disaient régulièrement ^q^ ^oot, § 92, mais les Jacobites faisaient ^o^ %ooi, Barhébraeus, I, p. 68, 1. 15.

275. Les noms suivants ne formaient pas de pluriel : \£o)n argent, plio manne JJp, 1I05 m, \icol au, panJ fente, \ioJz± froment, |iNVïv> discours, )b^Zs> effroi, ]*>+*> vérité, \b^ol id., \bjs boue, )££ colle, ]1soa0 saindoux, l»Xo» douceur; avec la terminaison du féminin : Jzai* haine, \2à&±£> grossièreté, \h**&*> stUlation?, fovul

souffle foYiNi* = rfiÛ^n Job 6, 6, 1*^4 poussière de farine, \zho2

^?eur, |à£><ji5 précipitation, \h^m péché, \Lo^i filiation, j/os* ctre, l^o-u^/orme, l^o»? encre.

Les collectifs qui suivent n'avaient pas de singulier et étaient marqués de ribboui, § 139 : \^g bétail, \%±l oiseauœ de proie, p£ petit bétail, \L*$ reptiles, \loï chevaux; faas» cellule était employé comme singulier et comme pluriel; pSao villages est également un collectif.

2o? ne paraît pas avoir été très-usité, en dehors du singulier2;

1. Suivant le même grammairien, II, p. 22 comment., V»ûûa était ordinairement usité pour les nombres 2 à 7 ; rarement pour ceux supérieurs à

y .. e sept, <-*Loa» ^à^L 30 jours, Deut. 34, 8.

2. 1^' désir ne formait pas non plus de pluriel; on se servait dans

ce sens de Jk-^S^, Barhébrœus, I, p. 31, 1. ô.

jij|, à l'état emphatique, n'est pris comme singulier que dans le composé V^tf^ h<mme, sinon il a le sens du pluriel et il est marqué du ribboui, \*J\> abs. t^-^1 des gens, quelques-uns; mais l'absolu ^âJ| est employé seul avec le sens de quelqu'un. Jàiooào serment était construit comme singulier et comme pluriel; dans ce dernier cas, on lui donnait ribboui; on disait aussi au pluriel Jà-fciooio, Barhébraeus, I, p. 26, 1. 9, II, 1. 3 du comment. l et Rœdîger Chrestom. sous p0-»-

276. En sens inverse, n'ont pas de singulier : )2& eaux, l^o? prùc, l^tosi^. dans le sens de prodiges, l^oL, délices, JL^. vagues'1, p^ absinthe, Po^ tresses, ]b^-^o et J^o^s carrefours. l«via, qui n'avait pas de singulier, était construit tantôt comme pluriel, tantôt comme singulier ; de même 11* vie, traité comme singulier et comme pluriel dans le même verset, Jean 1, 4, comp. Barhébraeus, I, p. 27 et suiv.

Outre II*, quelques autres pluriels avaient aussi le sens d'abstraits : ]bo-j* liberté, Rom. 8, 21, ]2^5 miséricorde (Iiûm$ a le sens de matrice), poko virginité, D^flS3.

Dans le composé l^V^ libre, pi. }H* **£>, le second mot avait toujours la forme du pluriel et ne s'employait isolé qu'au féminin \*>]~, Barhébrœus, I, p. 26, 1. 13.

277. \*2*4 jeune-homme, \*çD fraction, V*r* poitrine faisaient au pluriel lîiLj fi^o V^V* 4, par un mélange du pluriel des lâmadhaleph et de celui des autres radicaux.

Les adjectifs des radicaux doublement faibles, de la forme V*t^ superbe, V*p fatigué, \*\, puant, \+\9 beau, faisaient chez les Occidentaux >^ V*P V*!^ V*]*, mais les Orientaux traitaient

1. Comme le fait observer M. Nœldeke, Mand. Gramm., p. 168, note 1, Barhébrœus se contredit II, p. 69 comment.

2. Quelques auteurs admettent un sing. ft^^, v. Thesanr. Payne Smith; il est possible que la forme primitive fût P^, usitée encore par Josué le 8tylite, éd. Martin, p. 56, 1. 11, dans le sens de tourbillon, comp. ci-dessus § 261.

3. Ewald, Lehrb., p. 472, note 3, est donc trop exclusif, quand il dit

.a* qu'en dehors de V"*, ces pluriels ne se rencontrent qu'en hébreu.

«np r o 9 y

4. Le pluriel Ht* »« disait surtout des êtres animés, I^Of*», § 263, s'appliquait plutôt aux chairs des victimes, v. Barhébrseus, II, p. 15 comment, et 94, vers 1108.

l'aleph, seconde radicale, comme une gutturale et disaient V*f« V»P H^ V^V3, avec une proclitique V>V^ Ï*K?> v- Barhébraeus, sur Jérém. 13, 9 et Œuv. gramm., I, p. 30, 1, 5 et suiv., comp. ci-dessus § 104, 1°.

278. Nous avons cité, §246, Va, quelques noms qui n'avaient que l'état construit, tels étaient aussi : y>^& dans le sens de marque, P^$? \hsas y>j£> marque de la plante des pieds, Deut. 2, 5; Zo^us dans le sens de moitié, |àS^ ^a^*9 l<*> moitié de la nuit, Luc. 11, 5, comp. Barhébraeus, I, p. 67, 1. 9.

D'autres n'avaient que l'état absolu, Vaû|z importé de l'hébreu f?50 et quelques autres noms, § 253.

279. Les noms suivants présentent des anomalies qui leur sont propres et qui n'ont pas été notées sous les paragraphes précédents :

0 y np "* y 0 y y

]kX mille, abs. et const. *a^ pi. V*^ et llik, Barhébrseus, I, p;30, 1. 4.

V*o| égal, unanime, pi. V>"°?«

\^fils, abs. et const. ji, pi. \ïio Zi£> T^t-i£>; ]£+£> fille, abs. ?fc const. z+a, pi. |kïo ^-i£> ,-i£.

]L*£) maison, abs. ^£>, const. 2^aô; pi. ]£•£> **ke> ^*2^£>.

I^r» nouveau, abs. et const. z^, pi. Vfï*; fém. }£,*• nouvelle,

const. <££f», pi. I^r*».

V*jiû et \$z seigneur; le premier se disait de Dieu seulement, le second de Dieu et des hommes; l'état absolu et construit était dans les deux cas \^o {$& n'était usité qu'avec les pronoms . suffixes, § 284) ; le pluriel était Ç£> ou |iô£o, § 263.

]2^ê^i jeune fille faisait au pluriel ^iSj, par analogie de V&4, § 277, tandis que le pluriel régulier ^*S; avait été conservé dans le sens de servantes, Barhébrseus, I, p. 33, 1. 15; II, vers

Il est inutile de revenir sur les irrégularités des autres noms, que nous avons énoncées, soit dans la première partie en traitant des lois de la phonétique, soit dans la seconde en parlant des formes.

Page 1