ÉLÉPHANTIASIS DE LA VULVE
Anatomie pathologique. — Les grandes lèvres hypertrophiées forment des masses volumineuses (pii peuvent dépasser les dimensions d’une tète d’adulte et dont le poids a atteint 10 kilogrammes. Leur hase est le plus souvent large, "mais il y a, d’autres fois, une véritable pédiculisation, et la tumeur affecte la forme que les anciens ont décrite sous le nom de molluscum pendulum, dénomination clinique qui comprenait, du reste, toutes les tumeurs polypoïdes du tégument, éléphantiasis, lipomes, fibromes ou myxomes. Beaucoup de cas publiés jadis, comme de prétendus éléphan I iasis avec intégrité de la peau, me paraissent provenir de cette confusion.
À l’examen histologique, on peut observer trois formes principales1 :
1° Dans la première, tout le derme hypertrophié revient à un état embryonnaire. Au milieu de ce tissu transformé, se produisent de vastes lacunes lymphatiques, comparables à celles qu’on rencontre dans les lymphangiomes.
2° Dans une seconde forme, qui succède souvent à des œdèmes répétés, l’engorgement des tissus s’étend sur une vaste surface. Il y a stagnation de la lymphe dans les capillaires, les troncs et les espaces lymphatiques.
C’est surtout dans ces cas que les ganglions eux-mêmes sont atteints et subissent une transformation fibreuse.
5° La troisième variété est remarquable par l'accroissement énorme de l’épaisseur du derme. Il existe, ici, une prolifération abondante des divers éléments constituants du derme, libres conjonctives, libres élastiques, fibres musculaires lisses. Comme dans les deux premières, on constate également dans cette variété une dilatation notable des lymphatiques. On a aussi signalé l’oblitération des lymphatiques par prolifération endothéliale (Hildebrand).
Quelques pathologistes ont fait jouer à la stagnation de la lymphe et à son abondance plus grande un rôle important dans la pathogénie de l élépban liasis, comme pouvant amener, par elle-même, une hyperplasie des éléments qu’elle baigne. En résumé, quelle que soit la forme
Fig. 788. — Éléphantiasis do la vulve.
1 Th: Sinktv {Manuel rfr gynécol., 1884. p. IiAXVIKK.
100) attribue cette description à Cornil et
TUMEURS DE LA VULVE
qu’on observe, la lésion anatomique conslanle (T qui doinine loules les antres, c est la dilatation des I vin plia l i ues .
Symptômes. — Le principal signe est la tuméfaction, qui arrive bientôt à gêner la miction et la marche. Des ulcérations peuvent se produire par le fait du frottement, mais elles ont une tendance naturelle à guérir. L’épaississement des tissus peut envahir toute la région vulvaire,
périnéale et anale et former d'énormes tumeurs. Il n'existe pas de douleurs. On observe souvent l’aménorrhée.
On a distingué : féléphantiasis glabre, quand la peau est lisse; verruqueux, quand elle est couverte d aspérités:
papiilomateux, quand ces saillies sont très hypertrophiées; dur, quand la consistance est ferme; mou, quand le tissu cède sous la pression, qui peut même laisser une empreinte comme dans l’œdème.
Diagnostic. — Il ne peut guère olfrir de difficultés; la tuméfaction hypertrophique de l esthiomène s’aceompagn e toujours d’ulcérations et reste contenue dans des limites très étroites. Les végétations papillaires sont implantées sur la peau, tandis que l’épaississement porte sur la trame même du derme dans I ’éléphan t iasis. Les fibromes et myxomes pédiculés, qu’on a abusivement dénommés parfois éléphan liasis partiel, sont toujours des tumeurs isolées, circonscrites, tandis que l’éléphanliasis est essentiellement diffus.
Étiologie. — Celle affection, très rare dans nos ( limais, est fréquente aux Antilles, et particulièrement aux Barbades. Dans ces pays, la période du début est souvent marquée par une lymphangite aiguë accompagnée de fièvre intense. Le traumatisme a été noté dans quelques observations (Verneuil).
Traitement. — Le seul traitement rationnel est l’ablation, .le crois le bistouri préférable au thermo-cautère ou au galvano-cautère.
FIBROMES ET F1BRO-M YOMES. — MYXOMES DE LA VULVE. 1299
On réunira la plaie par première intention; la suppuration serait ici particulièrement dangereuse, à cause du grand développement des lymha tiques.
FIBROMES ET FIBRO MYOMES. — MYXOMES
Ces tumeurs proviennent ordinairement de la grande lèvre, quoiqu’on en ait trouvé aussi au niveau du périnée et même des petites lèvres. Elles contiennent du tissu fibreux pur (fîg. 700) ou mélangé à
Fig. 79(1. — Molluscuin de la vulve.
Coupe perpendiculaire à la surface de la tumeur (Latteux).
1. Couche cornée superficielle épaissie. 2. Couche de cellules aplaties granuleuses. 5. Corps de Malpiglii. t. Couche profonde pigmentée, o. Tissu conjonctif à faisceaux llexueux. 6. Centre de développement de cellules embryonnaires au voisinage des vaisseaux. 7. 7. Vaisseaux sanguins S. 8. Lymphatiques.
des fibres musculaires lisses (lig. 701), ou encore du tissu myxomateux. Elles se pédiculisent souvent, formant, quand leur consistance est molle, une des variétés de ce que les anciens app fiaient molluscuin pendulum 1 (Willan), et ce (fui a été ensuite décrit sous le nom de molluscuin simplex \
1 Bazin. Leçons théoriques et cliniques sur les affections cutanées . etc.. Paris, 1862.
2 Mauf.w. Avch. de tocol.. 1882. p. 705.
TUMEURS DE LA VULVE
Schrœder' a mi un fibrome de la vulve qui était gros comme une tète d’enfant et qui pendait entre les cuisses de la] malade. D’après cet
Fig. 791. — Molluscum île la vulve.
Coupe du pédicule (Pièce injectée.) (Latleux).
1. l ouche cornée superficielle. 2. Corps.de Malpiglii. 5. Couche profonde de cellules cylindriques pigmentées, i. Couche de libres conjonctives, formant un tissu dense, b. Gros vaisseau coupé en travers et rempli de matière à injection. 6. Capillaires ramifiés. 7. Glande sébacée dont la cavité est remplie de cellules épithéliales desquamées. S. Lobules sébacés isolés. 9. Lymphatique. 10. Fibres musculaires li-ses coupées en travers.
auteur, ces tumeurs peuvent s’infiltrer d’œdème, s’ulcérer et même subir la dégénérescence kystique.
Zielewicz1 2 l'apporte un cas de fibrome kystique de la lèvre gauche tpii mesurait 59 centimètres de circonférence.
Thomass (de Brandebourg)3 a enlevé, à une jeune fille de 17 ans, un fibrome pur, gros comme un œuf de poule, qui siégeait à l’extrémité inférieure de la paroi antérieure du vagin, immédiatement au-dessous du méat urinaire, entre les deux petites lèvres.
1 SœnrnoER et Hofsieieh. Loc. cil., p. 49.
- Zielewicz. Dent. med. Woch., 183(3, n° 24. — I’iebing. Prag. med. Woch., 1896, n° ‘22. — Geldker. Thèse do Grei'fswald, 3897. — Kciigio. Arch. di ost. e gin.. 1899. n" 8.
3 Tiiomvss. Centralb. f. Ciyn. 190‘2, n° 25, p. 657.
LIPOMES DE LA VULVE
Ces tumeurs sont bénignes et ont une marche lente; on les énucléera ou on en sectionnera le pédicule, sans danger d'hémorragie. On peut
Fig. 792. — Coupe d'un Molluscuni pendu 1 mu de la petite lèvre (X. Bender). (Grossissement : 80 diamètres.
tt. Couche cornée; b. Epithélium pavimenteux de revètemenl : c. Papille coupée obliquement <). Derme infiltré de leucocytes.
même intervenir pendant la grossesse, sans craindre des complications (Fritseh).
LIPOMES
Les lipomes de la région vulvaire prennent naissance dans le pannicule graisseux des grandes lèvres ou du mont de Vénus. Ils peuvent acquérir de très grandes dimensions et simuler l'éléphan tiasis au premier aspect. Stiegele1 en a opéré un qui pesait 10 livres. Dans une observation de Bruntzel2 la tumeur s’était considérablement accrue, durant une grossesse. Fritseh 3 a enlevé un lipome dont le volume dépassait celui d’une tète d'adulte et descendait jusqu’au niveau des genoux.
Un trouve à la coupe que la tumeur forme des îlots traversés par de forts tractus fibreux. L’extirpation n'offre aucune difficulté.
1 Stikgki.k. Zeilsclir. f. Gltir. itnd Gpb.. 187)0. I. IX. 245.
- Iîiuxtzki.. Gentr. f. Gy'n.. 1882. p. 626.
■’ Fnirscii. Mal. des femmes, lrad.fr. do Stas, Paris, Maloino, édit., 1902, p. 65. — Carmalt.
1 mer. Jnuni. of Obstet., mai 1001. — Pi.ataü. Miïnch. med. Woch., 1004, il0 54.
TUMEURS DE LA VULVE
ENCHONDROMES
U’cnchondrome de la région vulvaire est une rareté pathologique. On connaît un cas de tumeur carlilagineuse du clitoris du volume du poing, pédiculée, qui présentait des parties calcifiées (Schneevogt)1. Un fait de prétendue ossification du clitoris, rapporté par Beigel2, est peut-être du même ordre, ainsi que la curieuse observation, si souvent citée, de Bartholin3, relative à une courtisane vénitienne (pii blessait ses amants avec son clitoris ossifié.
NÉVROMES
.l'en ai trouvé deux exemples dans la science : un de Simpson ', où il existait des noyaux douloureux, près du méat urinaire; un de Kennedy5, où les tubercules sensibles à l’attouchement ne pouvaient être vus qu’à la loupe : cette dernière observation n’est pas incontestable.
KYSTES DE LA VULVE
Je décrirai plus loin les kystes des glandes de Bartholin qui forment la grande majorité des collections des grandes lèvres.
Indépendamment de ceux-ci, il peut exister des kystes d’une origine différente sur diverses parties de la vulve :
A. — Aux grandes lèvres : superficiellement, des kystes sébacés; Winekel en a opéré un de la grosseur d'un œuf*.
Profondément, des kystes séreux, qui, pour beaucoup d’auteurs, seraient des hydrocèles enkystées du ligament rond, et qui. suivant Duplav7, seraient presque toujours des kystes sacculaires développés dans un sac herniaire déshabité.
On a observé également, dans les grandes lèvres, des kystes hématâques, qui' siègent à la partie supérieure de ce repli et sont, comme les kystes séreux dont je viens de parler, très distincts des kystes de
1 Schneevogt. Yerliandl. van het Genootschap ter Bevord. der Genees en Hcelkundc tr Amsterdam , 1855, l. II. p. (17.
2 11. Bkïgei,. Die K ran L II. des joeibl. Geschlechts, 1875, t. II. p. 728.
3 T ii . rîAiiTiroi.iN. Hisl. anal, et mal. rar. cent. III. Copenhague,' 1661 (hist. 69).
4 Simpson, cilo par P. Zwkifei.. Loc. cil., p. 85.
5 Kennedy. Med. Press and Cire.. 7 juin 1874.
0 I . Winckei.. Lehrb. der Franenl, r.. 2° édil.. 1890. p. 29.
7 Diiim.ny. Collections séreuses et hydatiquesde l'aine. Thèse de Paris, 1865.
KYSTES DE LA VULVE
la glande de Bartlmlin. Ils seraient dus, d’après Koppe1, à une héinatocèle dans l’intérieur de la portion terminale du ligament rond. Weber2 aurait, en effet, démontré que ce cordon est creux chez l’embryon, et cette cavité pourrait anormalement persister. Pour d’autres
Fig. 795. — lvysles de la pelite lèvre gauche.
(Howard A. Kelly.) ,
de cas, des kystes dermoïdes, contenant du tissu dermique, des poils et même des dents6. Villar6 a publié une observation sous ce litre.
Enfin, Léon Weber’ a réuni quatre cas de kystes à épithélium cilié qu’il croit d’origine wolfienne.
B. — Aux petites lèvres, les productions kystiques, quoique infiniment plus rares, ont été signalées par plusieurs auteurs. Morestin8 a publié un cas de kyste de la petite lèvre gros comme un petit œuf, à contenu rougeâtre et filant ; il siégeait à la face externe de ce repli. Bluhm9 relate aussi deux kystes gros comme de petites pommes,
auteurs, ces collections hématiques, comme les collections séreuses, se font toujours dans des sacs herniaires déshabités (Voir p. 1051 : Tumeurs des ligaments ronds).
On observe encore dans cette région des produits kystiques dont l’origine est très obscure. La structure de ces tumeurs rappellerait celle des kystes de l’ovaire3.
K lob1 a émis l’opinion que certains de ces kystes se développent autour de thrombus, d’autres par ectasie des vaisseaux lymphatiques.
Boys de Loury et lvlebs ont décrit, mais sans citer
1 Koppe. Zur Geriése une! klin. Deutung dcr Vulvarcvsten ( Ccnlr . f. Gyn ., 1887, n° 40, p. 659).
2 Weber, cité par Gottschalk. [Ccnlr. /'. Gyn.. 1887, n°2l, p. 554).
5 Wertii. Zur Anatomie dcr Cysten dcr Vulva [Ccnlr. f. Gyn.. 1878, p. 512).
4 K lob. Path. Anat., p. 465.
5 Klebs. Handbuch, etc., 1875, p. 987.
6 Villar, in Thèse Sage, Bordeaux, 1894-95.
7 Léon Veber. Contribution à l’étude des kvstcs vulvaires (Kystes wolffiens). Thèse. Paris, 1898.
8 Morestin. Hull. et l\lrm de la Soc. anat., 1902, 21 mars.
ISluiim. Arcli. f. Gyn.. I. LXII. n° 1. Idem Cent. /'. Gyn., 1902, n° 5, p. 115. — Sneguireff. Arch. /'. Gyn., LXII, H- 1.
TUMEURS DE LA VULVE
<|ii il considère comme étant d origine glandulaire. Howard A. Kelly l'apporte un cas de kystes multiples de la petite lèvre variant en dimensions de 1/2 à 2 centimètres de diamètre (fîg. 795).
Les kystes des petites lèvres sont des kystes graisseux, développés aux
dépens des glandes sébacées, on des kystes muqueux dont la pathogénie prête à discussion.
C. — Au niveau du clitoris, on a mentionné quelques cas de kystes à contenu ordinairement hématique. IToward A. Kelly en a figuré un assez volumineux qui renfermait une matière épa i sse , d’aspect sébacé (fig. 794).
D. — Au niveau du vestibule, entre le méat urinaire et le clitoris, on a vu des kystes qui atteignent le volume d’un haricot, qui contiennent un liquide séreux ou jaunâtre et sont tapissés d’épithélium cylindrique. Ils proviennent, probablement, de petites glandes sébacées'.
Léon Weber a publié un cas de kyste d n vestibule à épithélium cilié.
E. — Au niveau du pourtour du méat et au niveau de la muqueuse même de l’urètre on trouve des kystes variant du volume d’une noisette à celui d’un œuf d’oie,
déterminant parfois des plié-
Fig'. 79-1. — Kyste du clitoris.
le capuchon du clitoris embrasse la convexité de la tumeur, s’étendant d’une petite lèvre à l’autre. Un petit kyste lenticulaire se trouve à la base de la petite lèvre gauche (Howard A. Kellv).
se développant en bas, du côté du vagin, nomènes de compression de I urètre.
Ces kystes se développent soit aux dépens de l’urèlre, soit aux dépens des canaux ou glandes de Skene, soit enfin aux dépens des vestiges embryonnaires de l'embouchure du canal de Gartner.
1 G. PixKimi [Amer, jount. of'ObsIrl., 1891. i. XXIV. p. 1155) a observe un kysle du ('liions contenant environ 00 grammes d'un liquide couleur chocolat.
TUMEURS VASCULAIRES DU MEAT URINAIRE
On a trouve des kystes à contenu graisseux ou des kystes à contenu muqueux.
F. — Au niveau de l’hymen, des kystes congénitaux ont été d’abord observés par Winckel1 2 *. Ils sont très petits, et contiennent le produit de la désintégration de cellules épithéliales pavimenteuses. Dôderlein* attribue leur formation à la soudure de deux plis de l’hymen, qui produit une cavité close : il a pu saisir sur le fait ce processus qui rappelle celui qui donne naissance à certains petits kystes du vagin. Léon Weber en a relevé dans la science neuf cas, observés presque exclusivement chez des enfants en bas âge, siégeant de préférence sur la ligne médiane et sur le segment supérieur de la membrane, offrant un petit volume (lentille, pois, noisette).
TUMEURS VASCULAIRES DU MÉAT URINAIRE
Ainsi que j’ai essayé de le démontrer5, l’hymen 11e constitue pas un organe isolé, mais seulement la majeure partie d’un appareil hyménal qui comprend : 1“ la bride masculine du vestibule; 2° l’encadrement du méat urinaire; 5° l’hymen. Si l’on examine avec attention le méat urinaire d’une petite fdle ou d’une jeune fdle vierge, en attirant en bas l'hymen, on voit très nettement le prolongement supérieur de cette membrane entourer l’orifice externe de l’urètre par un véritable anneau qui forme la boucle supérieure, très réduite, d’un 8 de chiffre dont l’hymen figurerait l’énorme boucle inférieure. Ce 8 est surmonté par une mince bandelette verticale, la bride masculine, qui part du méat et se perd dans le tiers supérieur du vestibule. L’encadrement de l’urètre forme, chez certaines femmes, un bourrelet saillant, de la partie inférieure duquel on voit se détacher une petite languette, en forme de luette qui se renverse dans l’intérieur du canal. Cette dépendance de l’hymen est parfois tellement nette et distincte, qu’on pourrait, par analogie, l’appeler hymen urêtral. Comme l’hymen vaginal, il a pu constituer, anormalement, une membrane continue, donnant lieu à l’i m perforation du méat urinaire; comme lui4, il
1 Wixckel. Luc. cil., p. 82. (Les deux premiers cas observés, pendant l'hiver de '1883-84, à la clinique de Munich, ont. été publiés par Bastelbergek, élève de Winckel.)
2 Alb. Dodiiiilrin, Arr.h. f. Gyn., 1880, I. XXIX, p. 288. — Voir aussi Zeigenspeck . Ibid., I. XXXII. n° 1, p. 159. — - 0. Pieuing. Piay. med. Woch., 1887, n° 49, p. 409. — Biciiaku Palm. Arr.h. f. Gyn.. 1896, t. LI, p. 485. — Weber. Thèse de Paris, 1898.
■’ S. Pozzi. De la bride masculine du vestibule et de l’origine de l'hymen {Comptes rendus rl nient . de lu Sur. de lliolnyie. 20 janv. cl 10 février 1884. — Annal, de Gyn., avril 1884. I. XXI. ]i. 268).
4 1 1 i.N le a ci (c des cas où l'hymen contenait du (issu caverneux dans son épaisseur. Cette
particularité rend compte des hémorragies très graves qu’on a observées, à la suite de la défloraison.
TUMEURS UE LA VULVE
peut exceptionnellement offrir une structure érectile, qui témoigne de son homologie avec le corps spongieux de l'urètre de l'homme, dont I appareil hyménal représente le tissu matriculaire non développé, la charpente fibro-élaslique non éreetilisée.
Je crois les considérations précédentes propres à jeter un certain jour sur la pathfgénie des tumeurs vasculaires du méat urinaire.
Anatomie pathologique. — Signalées d’abord par Morgagni', sommairement décrites par Boyer1 2 * 4 * * et d’autres auteurs, ces tumeurs, qui sont le plus souvent pédiculées et méritent le nom de polypes, ont
Fig. '79rj. — Papillonne du mcat urétral (X. Bendei).
(Grossissement ; 50 diamètres.)
a. Épithélium pavimenteux considérablement épaissi ; — b, b. Formations conjonclivo-vasculaires
intra-épithéliales.
été, pour la première lois, l’objet d’un examen histologique par G. Simon" et par Verncuil \ qui les décrivit sous le nom de polypes papillaires et insista sur leur grande vascularité. Elle est telle que quelques auteurs leur ont donné le nom (Ïliémorrhoïdes de l'urèlre 8 et que
1 J.-B. Morgagm. De sedibus cl causis mnrborum, etc., 1. cycle. 1767, t. III. épist. 50.
- Boyer. Maladies chirürç/.. t. X. p. 404.
5 G. Simon. Charité- Annal., 1850. t. I. p. 2.
4 \. Vi.iiNi.i ii.. Comptes rendus des séances de la Soc. de biol., 1855, p. 123.
* Itiom t. Gaz. des hôp., 1872, n° 64. p. 505. et il" 05. p. 514. — Hctciiixson. Lancet, 1871,
t. II. p. 855.
TUMEURS VASCULAIRES DU MEAT URINAIRE
Wedl ' a comparé les vaisseaux de ce lissu pathologique aux va sa rorlicosa de la choroïde. Pour Virchow, ce (pii les différencie des tumeurs lélangiectasiques ordinaires, c’esl que les parois des vaisseaux ne sont pas épaissies ni dilatées. Jondeau'2 a pratiqué l'examen histologique de deux polypes urétraux. A la hase, il a trouvé du tissu conjonctif adulte, enchevêtré de fibres élastiques assez abondantes. Entre les mailles de ce tissu, les écartant et les dissociant, on voyait de gros vaisseaux dilatés ayant conservé leur paroi propre, formant par leur réunion, en certains points, de véritables lacs sanguins. Sur une coupe pratiquée suivant l’axe de la tumeur, tous ces vaisseaux paraissaient divisés plus ou moins obliquement et même longitudinalement, ce qui démontrait leur direction parallèle à l’axe du pédicule. Plus loin, dans le corps de la tumeur, au tissu conjonctif adulte succédait un tissu embryonnaire, caractérisé par de fines travées et des fibres conjonctives. Là encore et jusqu’à la périphérie de la tumeur, on apercevait des vaisseaux dilatés, bien que d’un moindre volume; ces vaisseaux n'avaient pas de paroi. Enfin, tout à fait à la périphérie de la tumeur, on trouvait des papilles hypertrophiées et recouvertes d’un épithélium pavimenteux stratifié. Cette hypertrophie des papilles paraît être secondaire et accessoire.
En somme, il semble qu’il y ait là simplement apparition anormale de tissu érectile dans une région qui eu comporte le développement chez l’homme, mais qui, chez la femme, en est dépourvue. Les efforts de la miction contribuent, sans doute, à la pédiculisation des tumeurs.
Il y a des cas où la tumeur est plutôt formée par la muqueuse prohibée que par des polypes distincts. Je ne crois pas que ces prolapsus de la muqueuse urétrale soient essentiellement différents des productions polypoïdes, car ils coïncident toujours avec une augmentation notable de vascularité. Il n’y a qu’une question de degré entre ces faits et les précédents. Mais le relâchement général de la muqueuse, dû à une idiosyncrasie ou à une faiblesse générale, joue ici un rôle marqué3.
Étiologie. — - Cette affection se rencontre assez souvent chez les
1 Wkiil, cité par Winckel. Die Krankh. der weibl. Ilarnrohre and Blase ( Deutsche Ghir., n" 62. p. 55).
2 Jondeau. Elude sur les tumeurs vasculaires polypoïde» du méat urinaire chez la femme. Thèse do Paris. 1888.
3 Tavign’ot. Hernie de la muqueuse urétrale ( Examinateur méd., 1842, p. 75 et 85). — J. Patron. Du renversement de la muqueuse de l’urètre et de la muqueuse vésicale ( Areli . f/én. île méil., 1857, 5° sér.. t. X. p. 549). — Creusant. Bull, de thérap.. 1866, t. LXXI, p. 507. — Rizzoi.i. Des excroissances et des tumeurs qui se développent à l'intérieur et à !’ orifice de l'urètre , chez la femme , trad. Gaulez, Bruxelles, 1875. — Bluu. Des affections de l’urètre chez la femme (Arch. gén. de méd., 1877. 6' sér., I. XXX, p. 509). — H. Blanc. Prolapsus do la muqueuse urétrale chez la femme {Ann. des malatl. des org. génito-urin.,
1895, p. 525). — A. Buooa. Le prolapsus de P urètre chez les petites fi Iles {Ann. de Gun.,
1896, t. XLV, p. 211).
TUMEURS DE I.A VULVE
I ic li 1rs lilles. Larcliri'1 cl Itollez2 en ont réuni de très nombreux exemples. Benicke el R tige" onl observé la procidence de la muqnensc nrélrale, chez des enfants de 7 à I I ans. C’est vers l oge moyen de la vie, toutefois, que ces lésions se rencontrent le plus souvent. On les observe aussi chez les vieilles femmes : une malade de lié la I avait 75 ans. Toutes les causes d irritation locale du méat miliaire, de congestion des organes du petit bassin, d inflammation des voies urinaires, chez les adultes, de débilité ou de cachexie générales chez les enfants, favorisent leur production
Symptômes. — Pour bien voir les polypes, il faut écarter les petites lèvres el presser sur l'urètre avec le doigt introduit dans le vagin de manière à ramener hors du méat le petit polype qui pourrait s’y être caché. Leur volume est variable et peut aller de celui d'une tète d'épingle à celui d'une noix3. J’en ai enlevé un, sur une vieille femme, qui avait le volume et l’apparence d’une framboise. Il est possible que tout le pourtour de l’urètre soit saillant et forme une procidence circulaire. comparable à certaines hernies delà muqueuse rectale, produites par des hémorrhoïdes.
Le point d'implantation le plus fréquent des polypes est la partie inférieure du méat, au niveau de la saillie en forme de luette que j y ai signalée comme disposition normale assez fréquente. La base d'implantation est ordinairement large : mais il peut y avoir un pédicule, ou plutôt un étranglement voisin de leur insertion.
Leur couleur est muge vineux ou violacé : ils pâlissent par la compression et diminuent un peu de volume. Leur surface est lisse, mais ils s'excorient facilement el saignent alors avec abondance. Le prolapsus de la muqueuse constitue une tumeur cylindrique, qui occupe la place du méat el qui présente, à son sommet, une fente parfois difficile à découvrir. Elle est rarement réductible. Les tumeurs occasionnent de la douleur spontanément et au moment de la miction, du coït, el peuvent être la cause d’une forme de vaginisme0; il y a parfois des crises de dvsurie el de rétention d’urine, par action réflexe.
Diagnostic — Les phénomènes douloureux, en l’absence d’un examen local suffisant, pourraient faire croire à une cystite, à du
1 I. arciikr. Des polypes chez 1rs petites filles. Thèse de Paris, 1854.
- Doi.lez. Polypes chez les petites filles. Thèse de Paris, 1866.
liiiMcM-, et Ùüge. Soc. obst. et yyn. de Berlin, 24 janv. 1890 [Centr. /'. Gyn.. 1890. j> 165 .
4 Tkrriu.on. Excroissances polvpeuses de Purètre, symptomatiques de la lubrrculisalion des organes urinaires chez la femme (Progrès méd., 1880, p. 101, 124 et 145). Cette lésion n'a. dans ce cas particulier, rien de pathognomonique cl n’a pas la valeur que Eauleur lui attribue.
5 P. Petit (Bull. Soc. Anat., 1889, p. 468) a observé un polype de la grosseur d'une noix. I, examen histologique l’a conduit à le qualifier d’angiome caverneux.
0 Boiiioumuî. Union méd.. 1880. 5e sér., t. XXX. p. 51 et 85.