AD AC
-A Beüw.
Fig. 807. — Coupe histologique de leucoplasie de la muqueuse endo-utérine (cavité corporelle).
(Grossissement : 45 diam.). (F. Jayle et X. Bender).
A, épithélium pavimenteux stratifié remplaçant l’épithélium cylindrique normal ; C, glande à peu près normale; D. glande transformée en kjste tapissé par un épithélium aplati.
la substitution d’un épithélium pavimenteux à l’épithélium cylindrique. Cette substitution est prouvée, d’une part, par la constatation d’un épithélium pavimenteux à la surface de fragments ramenés par curettage dans des cas d’endométrite chronique; d’autre part, par l’existence aujourd’hui avérée d’épithéliomas pavimenteux primitifs du corps
1 Chez une malade, F. Jayi.e et X. Bender ont constaté, après hyslérectomie, que la muqueuse du canal cervical présentait une coloration Blanche opaline, un épaississement manifeste et mi aspect lisse. Les lésions s’étendaient au delà de l’orifice interne sur la face postérieure de la cavité utérine jusqu’à l’union de son tiers inférieur avec son tiers moyen; il existaii à ce niveau une large plaque à bord irrégulier, dont la couleur opaline tranchait nettement sur la coloration rosée de la muqueuse, demeurée saine.
Ili- tologiquement, il existait une acanlhosc particulièrement marquée ou niveau du canal cervical. On ne trouvait de l’hyperkératinisation qu’en certains points limites ; il n’existait pas de couche granuleuse (la présence de cellules à éléidine dans la muqueuse endo-utéi inc a cependant été signalée par quelques auteurs, en particulier par Zeller et Piering).
LEUC0PLAS1E. — KRAUROSIS VULVÆ.
de r utérus. Cette substitution est peut-être due en partie aux divers modes de traitement médical utilisés dans les métrites chroniques.
KRAUROSIS VULVÆ
Aperçu historique. — Ce terme de kraurosis vulvæ a été créé par Iireisky 1 pour désigner une rétraction atrophique de la peau « atteignant. à des degrés divers et plus ou moins en même temps, le vestibule, les petites lèvres, le frein et le prépuce clitoridien, la surface interne des grandes lèvres jusqu’à la commissure postérieure et la peau du périnée » ; à ces lésions d’atrophie Breisky a joint des lésions de leucoplasie,«la peau étant blanchâtre et sèche, pourvue par places d’un épiderme épais et présentant çà et là des taches blanchâtres et des ramifications ectasiques vasculaires ».
Il est résulté de cette définition, comprenant deux ordres de lésions : l’atrophie, d’une part, la leucoplasie, de l’autre, que le terme de kraurosis n’a pas eu une signification nette, a prêté à la confusion et est devenu, pour certains auteurs, synonyme de leucoplasie vulvaire.
Des observations un peu disparates ont été successivement publiées sous le nom de kraurosis vulvæ par Janovski2, Orthmann3, A. Martin4, Czempin5, Peter6, A. Von Mars7, Jung8, J. Ileller9, Trespe10, Hugo Szasz11, etc., en Allemagne; Ohmann-Dumesnil12, Heitzmann, Bernays, Hallowel13, Smith14, etc., en Amérique; Noto15, en Italie ; Piehevin et Pettit16, Perrin17, Boursier18, Gaucher et Lousle19, F. Jayle et X. Bender2", L. Nonique2', en France.
1 Breisky. Ueber Kraurosis vulvae, einewenig beoachte Form von Hautatrophie am pudendum inuliebre [Z fil f. Heillainde, 1885, p. (39).
2 V. Janovski. Mpnatssch /'. pralt. Dermatologie , 1888, 1" octobre, t. VII. ir 19. p. 951.
3 S. D. Orthmann. Zeit. /’. Geb. u. Gyn., 1890, t. XIX, p. 285.
4 A. Martin. Sarnml. klin. Vort., Volkmann, 1894, F; Gynàkologie, n° 102, p. 107.
5 Czempin. Verhandl. lier Gesellschaft f. Geb. u. Gyn., Berlin, séance du 25 février 1894, in Zeit. f. Geb. v. Gyn., t. XXX, p. 294.
6 Peter. Monats. f. Geb. u. Gyn., 1890.1. III, p. 297.
7 A. von Mars. Monats. /'. Geb. u. Gyn., 1898, I. VII, p, 010.
8 Pu. Jung. Dent. mal. Woch., 1900. n° 21 et Zeit. f. Geb. und Gyn.. 1904, I. LII, p. 15.
9 J. Relier. Zeit.f. Geb. u. Gyn.. 1900. t. XLIII. p. 120.
10 Trespe. Avch. /'.Gyn., 1902, l. LXVI, p. 521.
11 Hugo Szasz. Monats. f. Geb. u. Gyn., 1905,1. XVII, p. 1020.
12 A. II. Ohmann-Dumesnil. Monats. f'.prakt. Dermatologie, t. X, p. 295.
13 Hallowel. Northwestern Lancet, 1891, I. XI. p. 561.
14 Smitii. Buffalo med. and surg. Journal, 1890-1891, t. XXX, p. 160 -fcilé par Oiimann-Dimesnil).
13 Noto. Arcliivio di Ost. c Ginec., 1899, p. 550 et 595.
16 Pichevin et Pettit. Semaine gynécologique, 1897, n° 7, p. 49.
17 Perrin. Annales de dermatologie et de syphiligraphie, 1901 , janvier, p. 25.
15 Boursier. Journal de médecine de Bordeaux. 1904, t. XXXIV. p. 549.
19 Gaucher et Louste. Congrès français de médecine. 1904; Comptes rendus, p. 442.
20 F. Jayle et X. Benuer. Bull, de la Soc. anal., 1905, p. 026.
21 L. Nonique. Thèse de Paris, 1905.
KRAUROSIS VULVÆ.
Avant Breisky, Lawson-Tait1 avait déjà décrit, sons le nom de vasculav degeneration of the nymphal with atropliy of mucous membran, une atrophie particulière non compliquée de leucoplasie, identique à certains cas de kraurosis publiés par Breisky ou d’autres auteurs; A. Martin2 a cependant exclu du kraurosis la maladie observée par Lawson-Tait.
D’autre part, au cours d’une discussion sur le kraurosis de Breisky, Olshauscn3 désignait sous ce nom l’atrophie vulvaire et la sténose vaginale survenant après la castration ovarienne.
Ces diversités de vues ôtaient toute signification précise au terme de kraurosis.
S’en tenant à l’étymologie stricte du mot kraurosis (xpaupornç, rétraction), F. Jaylc 4 * réunit sous ce nom toutes les variétés d’atrophie vulvaire, avec sténose de l’orifice vaginal, sépare nettement le kraurosis de la leucoplasie et donne la description suivante :
Définition. — Le kraurosis vulvæ n’est pas une entité morbide; c’est un syndrome clinique caractérisé par l’atrophie scléreuse progressive des téguments cutanéo-muqueux de la vulve, conséquemment par l’affaissement des grandes lèvres, la disparition des petites lèvres, du capuchon et dn frein clitoridien, la rétraction de la région vestibulaire et hyménéale et par suite la sténose de l’orifice vaginal.
Histologiquement, le kraurosis n’est pas le résultat de lésions spéciales et constantes de la peau.
Celte définition permet de séparer le kraurosis delà leucoplasie.
Variétés cliniques du kraurosis. — Le kraurosis peut s’accompagner de lésions diverses macroscopiques et s’observe dans des conditions étiologiques particulières.
II présente ainsi des formes ou des variétés cliniques dont F. .layle a proposé de nommer les principales sous les noms suivants :
III Kraurosis leucoplasique ou kraurosis blanc. I snnP|l ’
1 1 I syphilitique
tVj rr • • n . • i • ^ folliculaire,
‘2 Kraurosis înilammaloire ou kraurosis rouge . .
D f vasculaire.
5° Kraurosis sénile.
4° Kraurosis post-opératoire.
1 Lawson-Tait. Diseuses of women, 1877, p. 45. Cette indication bibliographique est reproduite d'après L. Nonique. Thèse de Paris, 1905.
1 A. Martin. Ceul. f. Gyn., 1894, p.510 et 515.
3 Or.siiAusKN. Ceul. /'. Gyn., 1894, p. 512.
,l F. Iayi.e. Le Kraurosis vulvæ. Livre d'Or du professeur S. Pozzi, 8 juillet 190G et Hev. de
Gyn. et deChir.abd., n° 4, juillet-août, 1900, p. 655.
1350 LEUCOMAS1E. — KRAUROSIS VULVÆ.
Kraurosis leucoplasique ou kraurosis blanc ou kraurosis de Breisky. — Le kraurosis leucoplasique est caractérisé par la coexistence des lésions du kraurosis et des lésions delà leucoplasie (fig. 808).
1° La leucoplasie peut se développer sur une vulve déjà atteinte de kraurosis; 2° la leucoplasie et le kraurosis peuvent évoluer simultanément; 5° la leucoplasie peut aboutir au kraurosis, ainsi <] ne l’ont pensé Janovski, Orthmann, Noto, Perrin, Hugo Szasz, etc...
Noto admet même que le kraurosis est l'aboutissant naturel de la leucoplasie; les lésions se succéderaient dans l’ordre suivant : 1° plaques opalines ; 2° plaques blanches; 5° kraurosis.
Symptomatologie. — Les
symptômes physiques du kraurosis leucoplasique sont ceux qu’a décrits breisky: ils tiennent du kraurosis et de la leucoplasie et les ligures 808 et 81 1 , en donnent une idée suffisante. Ils consistent essentiellement : en disparition des petites lèvres; abaissement et coloration pâle des grandes lèvres; rétraction de la commissure postérieure; atrophie, dans un stade avancé, du gland et du clitoris; existence de plaques blanches, leucoplasiques, plus ou moins développées. Au toucher, la région kraurolique est aussi sèche que les tissus environnants. En écartant les lèvres on voit se former un pli transversal au dessous du méat; à la partie postérieure de la vulve la peau, inextensible, forme également des plis lorsqu’on cherche à la distendre ( fig . 811). L’aspect général est une rétraction de toute la vulve, amenant une sténose vestilmlaire marquée, avec développement de plaques blanches.
Les symptômes fonctionnels consistent en prurit, cuisson (exagérée après les mictions, par le contact de l’urine), tension douloureuse surtout pendant la marche ; coït douloureux ou impossible; ces signes sont d’ailleurs inconstants.
Diagnostic. — Il doit être lait avec la leucoplasie simple, (pii
Orthmunn d'I.
F iy. S(J1). — Coupe liiïlologique d’un k rail rosis leucoplasiqne de la vulve dans le t-lade de rétraction. (A. Martin).
«, Stratum corneuin; b, Stratum muÇpsum; c, Chorion, très pauvre en cellules d’aspect vi I ré.
Localement, on s’assurera qu’il n'existe pas d’induration limitée pouvant faire penser à un début d’épithélioma. Par le toucher on cherchera s’il n’existe pas quelque lésion néoplasique du vagin ou du col.
Anatomie pathologique microscopique. — L’examen histologique a donné entre les mains de divers auteurs des résultats différents parce que, suivant que le kraurosis ou que la leucoplasie prédomine, les coupes m on ti en t des aspec ts variables : « à la dégénérescence et à la rétraction de l’épiderme et des couches supérieures du chorion constatées par Fischel, Orthmann , Peter, Jung et Trespe1, il faut opposer les résultats constatés par
1 Trespe. Arch. /’. Gyn., 1902, t- LXYI, p, 321.
Fig-. 810. Coupe histologique d’un cas de kraurosis leueoplasique de la vulve, dans le slade inflammatoire (A. Martin). < i , Stratum corneum ; b , Stratum mucosum ; t\ Chorion avec infiltration embryonnaire et vaisseaux peu nombreux.
KHAUKOSIS VULVÆ BLANC OU LEUCOPLASIQUE.
ne s’accompagne ni de rétraction ni d’atrophie ( tig. 801). Comme cause générale, on recherchera la syphilis avec le plus grand soin.
LEUCOPLASIE. — KRAUROSIS VULVÆ.
Mars, Heller et Ohinann : hypertrophie ou hyperplasie des couches de l'épiderme et du choriou, par [daces ». Mais tous les auteurs sont d'accord silice point qu'il s'agit d'une inflammation chronique des couches épidermiques et sous-épidermiques de la peau(fig. 809 et 810).
Il faut remarquer que la couleur blanche, leucoplasique, de la peau n’entrai ne pas l’existence de Lhyperkératinisation, ni de l’hypergranu-
lose. Milian 1 a insisté à nouveau et fort justement sur ce point et émis l’idée (|ue la couleur blanche tient simplement à un état moléculaire spécial des cellules du corps muqueux. Ainsi l'on comprend facilement qu’une atrophie de l’épiderme peut coexister avec une couleur blanche. Dans un cas de leucoplasie du vagin, Jayle et Dernier2 avaient déjà observé l’absence d’hyperkératose et d’hypergranulose.
Kraurosis leucoplasique syphilitique. — Certains auteurs, Landouzy, Gaucher®, etc., soutiennent que toute leucoplasie est d'origine
Fig. un. — Kraurosis leucoplasique syphilii ique de la vulve Syphilitique. Si Celte idée
avec leucoplasie anale (femme de 3$ ans). (F. Jayle). doctrinale est acceptée
par la suite, la variété précédente disparaîtra et tout kraurosis leucoplasique sera considéré comme syphilitique.
La symptomatologie du kraurosis leucoplasique syphilitique ne présente aucun signe différentiel avec le kraurosis leucoplasique simple (tig.81'1).
Le diagnostic si* fera par la recherche des antécédents. Pour relever.
1 Mu. us. La leucoplasie. llapporl au Congrès de Lisbonne. 1901», avril; Caz. îles hô/i., 1900, n° 51, p. 005.
- F. Jayle cl X. Benueii. lieu. île Gyn. el île dur. abd., 1905, p. 086.
5 L. Lampouzy, E. Gauciieh. La Presse Medicale. 1903, 8 juillet, p. 493.
KRAUROSIS VtJLVÆ ROUGE OU INFLAMMATOIRE.
trouver, reconnaître des antécédents, des lésions, des stigmates de syphilis ancienne, il faut non seulement des connaissances spéciales de la part de l'observateur, mais encore de la bonne foi ou de la mémoire de la part des malades.
Dans certains
Kraurosis inflammatoire ou kraurosis rouge. cas, le kraurosis donne à l’œil un aspect nettement inflammatoire soi L par un développement anormal de petits vaisseaux dont la couleur rouge tranche nettement sur le fond pâle de la muqueuse, soit par la congestion intense et même la suppuration des folliculesde la muqueuse vestibulairc. Cette couleur rouge peut faire accepter la dénomination de kraurosis rouge, par opposition au terme de kraurosis blanc sous lequel serait alors désigné le kraurosis leucoplasique.
Développement des vaisseaux et inflammation des follicules peuvent s’observer simultanément chez le même sujet; mais ils peuvent
aussi exister isolément et F. Jayle subdivise le kraurosis inflammatoire
Fig. 81:2. — Kraurosis rouge ou inflammatoire, post-opératoire (remarquer les taches, qui étaient rougeâtres, sur le pourtour de l'anneau vulvaire), chez une femme de 55 ans (F. Jayle).
en vasculaire et folliculaire.
Kraurosis inflammatoire vasculaire ou kraurosis de Lawson-Tait. — Lawson-Tait1 a parfaitement décrit celte variété de kraurosis en 1875, soit dix ans avant le travail de Breisky.
L’étiologie en est mal connue. Le kraurosis inflammatoire vasculaire s’observe au moment de la ménopause (Lawson-Tait), après la castration (Olsbausen, F. Jayle), chez des femmes séniles ou atteintes de sénilité vulvaire précoce. (Voir plus loin Kraurosi< sénile.)
1 Lawson-Tait. Loc. cil.
LEUCOPLASIE. — KRAUROSIS VULVÆ.
La symptomatologie se caractérise au point de vue fonctionnel par de la dyspareunie, des sensations de cuisson, de brûlure, de tension; au point de vue physique par l’atrophie des petites lèvres et parfois des grandes, la rétraction de l’orifice vaginal, un aspect rouge de tout 1 anneau vulvaire dû soit à de fines arborisations vasculaires en traînées serpigineuses (Lawson-Tail), soit à des taches rougeâtres des dimensions d’une tète d’épingle, d’une lentille, d'une pièce de cinquante centimes; ces taches (fi g. 812) varient de ton depuis le rouge brique jusqu’au rouge intense.
L’anatomie microscopique est encore peu connue. Lawson-Tait avait relevé l'existence d’une atrophié progressive de la muqueuse, les derniers tissus atteints étant les capillaires et les fibrilles nerveuses; au niveau des taches rouges il avait noté que le réseau des capillaires avec leurs parois amincies et dilatées se trouve presque sans protection.
F. Jayle et X. Bendcr ont également signalé un développement vasculaire marqué soit dans le derme ( fi g . 814, c), soit dans l’épaisseur même de l'épiderme (fig. 815, B); ils ont signalé une infiltration leucocytaire sous-épithéliale (fig. 815, C) se condensant parfois en véritables amas (fig*. 815, b et //). Le derme est sclérosé et les libres élastiques hyperplasiécs.
Fig. 815. — Coupe histologique d'un kraurosis rouge, postopératoire, correspondant à une plaque rouge (X. Bender).
A. Epithélium légèrement aminci, mais sans lésions bien manifestes; 11. Vaisseau sanguin dilaté enclavé dans l'épithélium dont il a refoulé la couche basale; C. infiltration leucocytaire sous-r'pitheliale, formant une nappe à peu près continue au-dessous de la couche basale; II, derme sel rosé cl inliltré de leucorytos.
Krausoris inflammatoire folliculaire. — Le kraurosis inflammatoire folliculaire (fig. 816) se caractérise par l’inflammation des follicules glandulaires qui occupent le vestibule de l’urètre ou l’entrée du vagin.
La symptomatologie ne présente comme particularité que celle qui eu fait une variété clinique; outre les symptômes ordinaires du kraurosis, on constate des points rouges dus à l'inflammation des lollicu les et situés en cinq points principaux : sur la ligne médiane, cuire le clitoris cl le méat, de chaque côté du méat dans une dépression que l’on observe chez la plupart des femmes, enfin au niveau de l’orifice
KRAUROSIS VULVÆ SENILE. 1355
du canal des glandes de Barlliolin; parfois à la pression on peu! faire sourdre une gouttelette de liquide louche ou purulent.
Le diagnostic est facile: il faut toutefois bien écarter les petites
Fig. 815.
Fig. 814 et 815. — Coupes histologiques de kraurosis post-opératoire, correspon lant a une plaque
rouge brique (X. Bender).
Fig. 814. — L’épithélium présente, une épaisseur variable suivant les points considérés. En n. le nombre des couches de cellules épithéliales est voisin de la normale; en ce nombre est très diminué : l'épithélium est aminci et le relief papillaire à peine indiqué. Sous l’épithélium on trouve une infiltration leucocytaire abondante, formant nue nappe à peu près continue b. Le derme c est sclérosé; il contient des vaisseaux en assez grand nombre.
Fig. 815. — L’épithélium «présente la même disposition que dans la figure 814. On trouve aussi la même infiltration leucocytaire disséminée; mais en deux points b et b' cette infiltration se condense sous la forme d’amas au contact immédiat de la couche génératrice de l’épiihéiium. Le derme et le tissu cellulaire sous-cutané c sont plus denses, plus lamelleux que dans la figure 814. Les vaisseaux y sont aussi moins nombreux.
lèvres et étaler la région du vestibule de l’urètre pour voir les follicules enflammés.
Kraurosis sénile ou présénile. — Le kraurosis sénile doit son nom à l’âge des malades chez lesquelles il s’observe; il prend le nom de présénile quand il survient à un âge peu avancé : quarante et même trente ans.
LEUOOPL ASIE. — KRAUROSIS VULVÆ.
La symptomatologie n'olfre aucun caractèijÉ spécial et on retrouve le cortège clinique décrit avec les variétés précédentes (fig. 817).
Le diagnostic doit être fait avec l'atrophié sénile qui, dit Martin1 avec, raison, ne se confond pas avec le kraurosis : « Dans l’atrophie sénile, il n'y a pas disparition des petites lèvres ; de plus, au microscope, on ne constate pas la disparition des nerfs et des glandes comme dans le kraurosis. » Le kraurosis n'est pas, en effet, la lerminaison naturelle de l'évolution de l'appareil génital externe. Si les petites lèvres disparaissent, si l’entrée du vagin se sténose, avec ou sans inflammation vasculaire ou folliculaire, il y a état pathologique, il y a kraurosis.
Kraurosis post-
Fig. SIC». — Kraurosis folliculaire de la vulve chez une femme opératoire. — Après
de 20 ans (au début) (F. Jayle). ,a castration OVa-
F, F, dépression avec follicules enflammés ; B, B, orifices des canaux . . . ,
des glandes de liarthôHn enflammés. FICUIIC, il 11 GSl |)<IS
l'are de constater du
rétrécissement de l’orifice du vagin avec atrophie des petites lèvres; si les lésions ne s’accompagnent ni de développement vasculaire ni de folliculite, les symptômes fonctionnels sont nuis; les malades ne se plaignent pas plus de leur sténose vestibulaire que de l’atrophie des petites lèvres; elles se senlenl seulement, el non toujours, plus étroites. Mais, s'il survient les lésions du kraurosis vasculaire ou folliculaire, on relèvera la dyspareunie, le prurit, la cuisson, etc.
Cette variété ne mérite d’être mise en vedette qu’au point de vue de son étiologie spéciale et de sa fréquence assez grande.
La symptomatologie ne présente pas de particularité; les signes fonctionnels sont à peu près nuis dans le kraurosis simple, el si un
1 A. Martix. Ceulr. [. Gyn.. 1H!M, p. 510.
ETIOLOGIE DU KRAUROSIS VULVÆ.
élément vasculaire ou folliculaire le complique, le tableau clinique devient celui du kraurosis vasculaire ou folliculaire, déjà décrit.
Étiologie du kraurosis. — Le kraurosis vulvæ survient dans les conditions les plus diverses et sa pathogénie esl loin detre claire.
Il faut d’abord remarquer que les inflammations locales les plus vives ne lui donnent pas naissance ; une blennorragie très forte, des abcès multiples des glandes de Bartholin, des poussées fréquentes confluentes d’herpès, des érysipèles, des ulcérations chancreuses, tuberculeuses, cancéreuses, peuvent exister ou avoir existé sans qu’on trouve le kraurosis. La ménopause n’amène pas non plus fatalement le kraurosis.
Pour que le kraurosis se développe, il faut des conditions spéciales dont deux au moins nous sont connues : la syphilis et la castration.
Le kraurosis syphilitique existe incontestablement, sans qu’on puisse préciser le mode d’action de la syphilis.
Le kraurosis consécutif à la castration ovarienne est d’observation'assez fréquente. La suppression des deux ovaires chez des femmes jeunes peut déterminer le kraurosis. Est-ce par suite de la suppression de la sécrétion interne, est-ce par suite de sections nerveuses opérées par l’opération9 F. Jayle 1 ne croit pas à l’influence du traumatisme causé par l’intervention et se rallie à l’hypo- I lièse d’un trouble nerveux d’ordre réflexe causé par la suppression de la glande ovarienne, trouble qui ne survient d’ailleurs que dans des conditions particulières restant à préciser. Continuant cette hypothèse, il pense que les femmes non ovariectomisces qui présentent des phénomènes de kraurosis sont de celles chez lesquelles les ovaires sont atteints eux-mêmes de lésions atrophiantes.
’ F. Jayle. Luc. cil.
LEUC0PLAS1E.
KRAUROSIS M l, V I'..
Un élément infectieux local, folliculite, etc., vient-il se surajouter à la lésion kraurotique, 'les symptômes fonctionnels augmentent il intensité. Mais cet élément seul ne peut créer le kraurosis; il laut de plus un trouble d’ordre nerveux pour le déterminer.
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Pronostic. — Le pronostic varie suivant la variété clinique. Le kraurosis leucoplasique s'accompagne de lésions cancéreuses (fig.
818) dans une proportion de cas assez marquée.
Trespe,sur 67 observations de kraurosis leucoplasique, a relevé G cas de cancer.
Il importe défaire ressortir que l'élément leucoplasie tient une grande placerions celle variété de kraurosis et que par conséquent le kraurosis leucoplasique participe du pronostic, de la leucoplasie.
Le kraurosis sénile peut se compliquer de cancer (fig. 8 1 9),
mais la fréquence de cette complication est absolument inconnue.
Le kraurosis post-opératoire ne se complique pas de dégénérescence épithéliomateuse.
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. SIS. — Kraurosis leucoplasique de la vulve, compliqué de cancer (deux ulcérations à droite chez une femme de f>7 ans) (A. Martin).
Traitement. — Quelle que soit sa variété, leucoplasique, vasculaire, folliculaire, le kraurosis relève d'un traitement médical dans la majorité des cas, d’un traitement chirurgical dans des conditions que l’on peut assez bien préciser.
Le traitement médical consiste d’abord dans une propreté méticuleuse de la région vulvaire. Pour l’obtenir, il y aura lieu souvent de traiter une mélrite chronique.
Les injections et ablutions adoucissantes , et, ou particulier, les
TRAITEMENT DU KRAUROSIS VULVÆ-.
injections à l’eau de pavot, de tilleul, de camomille, donneront de frequentes améliorations.
Les urines seront examinées et si elles sont irritantes par contact, au moment de la miction, on prescrira un traitement spécial (diurétiques, lavages de la vessie, etc.), concernant le rein ou la vessie.
S’il s’agit de kraurosis folliculaire, on cautérisera tous les points enflammés à la solution concentrée, de permanganate de potasse au moyen d’un lin stylet garni d’une très mince couche de coton qu’on fait pénétrer dans les cryptes folliculaires après l’avoir imbibé de cette solution antiseptique et légèrement caustique.
1 . Fiy. 819. — Kraurosis sentie de la vulve, complique de cancer süs-clitoridien
Le kraurosis citez une femme de 72 ans. — T, tache brunâtre (F. Jayle).
syphilitique peut,
si les lésions sont de date récente, comporter un traitement anti-syphilitique.
En cas de plaques leucoplasiques persistantes, le traitement chirurgical sera à conseiller et il consistera dans l’ablation large de toutes les parties atteintes.
Contre la dyspareunie, l’excision des tissus sclérosés de l’anneau vulvaire peut ctre indiquée; il faudra alors procéder avec soin à la reconstitution autoplastique de l’orifice vaginal.
Pozzi. — 4“ tjdil.